‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1550 sur 1729 · TABLEAU · texte numérisé non relu

TABLEAU

Havre. Dieppe. Morlaix. Naiile». Toulouse. Bordeaux. Cliàli'llerault, Toiineins, Marseille, Nice, Lyou. Metz, Nancy, Strasbourg et Lille; il n'y en a plus que 14 auj. Les départements qui fournissent des lalwes à la régie sont le Lot, le Lot-et-Garonne. rille-et-Vilaine, le Nord, le Pas-de- Calais, les Bouches-du-Rliône, le Var. la Gironde, la Meurtheet-Moselle : elle reçoit, en outre, des feuilles de tabac de Hongrie, de Grèce, de Hollande, de la Virginie, du Kenlucky, du Maryland, de la Pensylvanie, du Mexique, du Brésil, de la Chine et de l'Algérie.

La culture du tabac ne s'introduisit en France qu'en 1024, sous le ministère du cardinal de Richelieu. Dès 1674, le gouvernement s'attribua le monopole de la fabrication et de la vente des tabacs. En 1718, le prix du bail s'élevait à quatre millions; en 1790, il avait atteint 52 millions. Un décret du 24 février 1791 permit de cultiver, fabriquer et débiter librement le tabac par toute la France ; nnais sous l'Empire, les décrets des 29 décembre 1810 et M janvier 1811 rendirent à l'Etat le monopole des tabacs et mstiluèrent la Régie. Ce monopole a depuis été maintenu par diverses lois successives; la dernière est la loi du 26 décembre 1892. De 1811 à 1814,1a vente des tabacs

firoduisit au Trésor un bénéfice annuel de plus de 25 milions; depuis, ce produit n'a fait que s'augmenter: il atteint aujourd'hui plus de 500 millions. — Le tabac est également monopolisé en Autriche, en Italie, en Espagne et en Portugal; la culture et la vente sont libres en Belgique, dans les Pays-Bas, dans l'empire d'.Allemagne et en Russie. En Angleterre, la culture est interdite, mais la fabrication <^t la vente sont libres.

Bureaux de tabac. Voy. débit.

Tabac de montagne ou des Vosges, nom vulgaire de r.\mica; — T. marron, esjièce de Morelle dont les nègres d'.\mérique fument les feudles.

TABANIENS ^du g.-lype Tabanus, Taon), 5« famille de l'ordre des Diptères, caractérisée par une trompe saillante et terminée par 2 lèvres, des palpes avancés, le deniier article des antennes annelé et un suçoir de 6 pièces. — Cette famille renferme les genres Taon, Pangonie, Dicranie, I\hinomy<e,Diabase,Acanthocère,Hétnatopole,Hexalome, Chrysops, Sihnus, Haphiorynqiie et Acanthomère.

TABANUS. nom latin scientifique du genre Taon.

TABASCHIR, concrétion irrégulière dans les nœuds de certains bambous de l'Inde, formées essentiellement de silice hydratée, et constituant par suite une variété d'opale.

TABELLION (du lat. tabelUo), nom donné, dans l'antiquité et au moyen âge, aux fonctionnaires publics appelés aujourd'hui notaires. V<i>j. ce mot.

TABERNACLE ^du lat. litbernacvlum, lente). Chez les Israélites, ce nom fut d'abord donné, pendant leur séjour <lans le désert, à la tente qui leur servait de sanctuaire; il fut ensuite conservé à la partie la plus reculée et la plus sainte du temple de Jérusalem, celle où l'on conservait l'arche d'alliance. — Chez les Catholiques, le tabernacle est une petite armoire, placée au-dessus de l'autel, et dans laquelle on renferme soit le saint ciboire rempli d'hosties consacrées, soit riiostiequi sert à donner la bénédiction du St Sacrement. — L'expression tabernacles éternels désigne le ciel.

TABIS (tiré de l'arabe), nom donné autrefois à de gros lafl'etas ondes par la calandre; on l'appelle auj. moire.

TABLATURE (de table]. On nommait ainsi jadis la totalité ■des signes dont on se serrait pour noter la musique, ainsi que l'art de les lire. On appelle encore auj. tablature un tableau indiquant l'étendue et le doigter d'un instrument à vent.

On appelait tablature alphabétique l'emploi qu'on a fait longtemps des lettres de l'alphabet pour noter les prties du luth, de la guitare et de Quelques instruments de même genre. On figurait les cordes par plusieurs lignes parallèles : A. sur la lig^e d'une corde, marquait qu'on devait la pincer à ville ; B, qu'il fallait mettre mi doigt de la main gauche sur la prenuère touche du manche, etc.

TABLE (du lat. tabula). Outre le meuble usuel de ce nom. ce mot désigne : 1" une lame ou plaque de cuivre, d'airain ou de tout autre métal, un morceau de marbre ou de pierre, plat et uni, sur quoi on peut écrire, graver, peindre, -etc. : c'est dans ce sens qu'on dit les tables de la loi; — 2» les deux lames de tissu compact qui révèlent à l'extérieur les os du crâne ; — 5° des pierres précieuses taillées de manière que la surface en est plate ; ainsi on dit : diamant en table, table de rubis, etc.

Au Figuré, table s'emploie pour signifier : soit un relevé, méthodique ou alphabétique, qui indique les matières

; traitées dans un li\Te. et qui renvoie aux iJages; ou dit ; en ce sens : table des chapitres, table de^ matières, ett ; ' soit un tableau dans lequel certaines matières sont disposées méthodiq^uement, de manière à être embrassées d un ! seul coup dœil ou trouvées facilement, comme les tables ! de signaux, la table de multiplication, les tables de \ logarithmes, les tables chronologiques, etc.

Table alimentaire, nom domié à une inscription sur bronze découverte eu 1774, en Italie, à Velcia, près de Plaisance, et qui est conservée aujom'd'hui à Parme, au palais Farnèse. Elle renferme la liste d'un grand nombre de fonds de terre dont les revenus avaient été aflectés par l'empereur Trajan à l'entretien des enfants pauvres. Cette inscription a donné lieu à d'importants travaux archéologiques. M. Ern. Desjardins l'a publiée en 1855, avec de savantes remarques. Une table semblable a été trouvée à Campolattaro en 1842.

Table d'harmonie, partie sonore de la caisse des instruments à clavier et à cordes : c'est celle sur laquelle on appuie le chevalet des violons, altos, basses, etc.

Table de marbre, nom donné autrefois à trois juridictions qui siégeaient au Palais de Justice de Paris : ce nom venait de ce que la grande salle où elles s'assemblaient était occupée par une grande table de marbre destinée aux banquets royaux, et autour de laquelle se plaçaient le-; juges. Les trois juridictions étaient : 1° la connétablie et maréchaussée de France ; 2" l'amirauté ; 5" la réformation générale des eaux et forets. La dernière était la plus considérable par le nombre et l'importance des causes : on l'appelait spécialement la chambre de la table de marbre. La table de marbre fut détruite par le gi-and incendie du nalais en 1618 ; mais les trois juridictions qui siégeaient à l'entour n'en conservèrent pas moins leur nom justju'en 1790. Il v a encore au Palais de Justice de Rouen une

fraude taLle de marbre noir qui peut donner une idée de ancienne table parisienne.

Table rase. Voy. empirisme.

Table sainte ou Sainte table, balustrade ou grille qui, dans les Eglises, sépare le chœur du lieu où se trouvent les fidèles, et devant laquelle ceux-ci viennenl s'agenouiller, pour recevoir la communion ; on y attache des nappes, que l'on rejette en dedans après la communion. Par extension, ce mot s'entend de la communion même.

Tables astronomiques, tables qui contiennent les calculs des mouvements, des lieux et des phénomènes des corps célestes. Les plus anciennes sont celles de Ptolémée, qu'on trouve dans son Almageste; viennent ensuite les Tables alphcnsines, dressées au xiii' siècle sur l'ordre d'Alphonse X, roi de Castille; celles dOuloug-beg, et les Tables i-udolphines, rédigées par Tycho-Bralié et Kepler. Les meilleures ont été dressées par Delambre, Bûrg, Burckhart, Plana, Carlini, Hanseii, Le Verrier, Newcomb, etc. .\ujourd'hui, en France, le Bureau des longitudes est chargé de rectifier les tables astronomiques et d'en tirer des éphémérides des astres : son travail parait chaque aimée dans la Connaissance des temps.

Tables de la loi, tables de pierre sur lesquelles étaient gravées les lois que Dieu donna à Moïse sur le mont Sinal, et qui renfermaient le Décalogue.

Tables loxodromiques, tables où la différence des longitudes et la route qu'un vaisseau parcourt en suivant un certain rumb sont marquées de 10 en 10 minutes de latitude. Voy. LOXODROMIE.

Table de "mortalité, de population, etc. Voy. mortalité, POPULATION.

Tables tournantes, tables frappantes. Voy. spiritisme.

Tables trigonométriques, tables dans lesquelles, à coté de chacun des arcs du premier quadrant, on a mis les valeurs de leurs sinus, tangentes, cosinus ou cotangenles, ou mieux les logarithmes de ces lignes. Signalons les tables de Callet, de Dupuis, de llouël, de Schrôn, de Lalande, du Service géographique de l'armée.

Pour la Table isiaque, monument ^pt. ; la Table Théodosienne ou de Peutinger, anc. carte de l'emp. romain exécutée au iv* ou au v s. ; la Table ronde, ordre de chevalerie au moyen âge. et lesLow des Douze Tables, code publié à Rome par les Décemvirs, voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

TABLEAU (d'un dimin. du lat. tabula), ouvrage de peinture exécuté sur une toile ou sur une table de bois, de cuivre, etc. {Voy. peinture, galerie, mcsée, pinacothèque).— En Droit, les tableaux sont considérés : comme immeubles, quand ils sont placés à perpétuelle demeure ;

Page 1