‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1559 sur 1729 · TARENTULE · texte numérisé non relu

TARENTULE

naissance «lans l'Inde et avoir passé de là chez les Assvriens el les Egyptiens, qui employèrent les premiers le métier à basse lisse, comme on en peut juger par quelques fragments conservés au nmsée du Louvre. Le prix que l'on allachait dés le temps d'Homère aux lapis prouve la perfection des ouvrages fabriqués alors à la main ou au métier. Les produits les plus renommés venaient du centre de l'Asie (Babylone) ou du littoral (Sardes, Pergame, Milet, Tyr). Cette industrie fut ensuite cultivée à Alexandrie et à Byzance (Constantinople) et passa de là en Italie, puis en France. Dès le ix' siècle on fabriqua des tapisseries à haute lisse. Suspendues aux murs dans les églises, elles concouraient à la décoration par la représentation de sujets tirés de la Bible ; dans les châteaux, elles reproduisaient, d'après les miniatures, les fêtes, les chasses, les expéditions guerrières : témoin la fameuse tapisserie de Bayeux, allribuée à la reine Matliilde et qui représente la conquête de l'Angleterre par Guillaume. Les tapisseries d'Arras et celles de Bruxelles étaient renommées au xv siècle. A !a Renaissance, des peintres illustres composèrent des cartons, par ex. Raphaël (musée de South-Kensington),J. Romain (musée du Louvre". — En 1604 fut fondée à Chaillot la célèbre manufacture de la Savonnerie, réunie plus lard à celle des Gobelins, qui devint manufacture de l'Etat en 1662 : Ch. Lebrun en fut directeur; J. Bérain. Boucher, etc., y composèrent des modèles. Aujourd'hui, au lieu de copier des tal)leaux, la manufacture des Gobelins et celle de Beauvais demandent à des artistes spéciaux des comj)ositions simples qui comportent une touche franche, ce qui est bien préférable. Les Gobelins de St-Pétersbourg et surtout la manufacture de tapis de Turin sont jusqu'ici ce qui s'en rap|)roche le plus à l'étranger. Voy. tapis.

La tapisserie de yeuilly, d'invention plus récente, est une application du métier à la Jacquart; le dessin y est monté comme pour un châle.

Consulter : Lacordaire, Notice historique sur les manufactures de tapisseries des Gobelins et de tapis de la Savonnerie; VioUet-Ie-Duc, Dictionnaire du mobilier français, etc. Voy. décoratio.n.

TAPISSIER. On distingue le marchand-tapissier, qui vend des tapis, et le tapissier-décorateur, qui |X)se les tapisseries ou tentures d'appartement, les rideaux, les dais «le lit, les portières. recouvTe les meubles, tend les tapis sur le parquet, et s'occupe, en un mot, de toutes les parties de l'ameublement. Cette dernière profession exige Ix-auconp de goût et touche presque à l'art. — Voy. Gariiier-Audiger. Manuel du tapissier-décorateur; J. VerdelK't. Manuel géométrique du tapissier.

TAPISSIÈRE, voiture suspendue, couverte, mais ouverte sur les côtés, qui sert aux tapissiers pour transporter des meubles, et qu'on emploie aussi pour tout autre usage.

En Entomologie, on donne le nom de Tapissières : 1" a des Abeilles qui coupent les pétales des fleurs pour en tapisser leur nid ; — 2° à une tribu de la famille des Araiieides, comprenant les Araignées qui filent des toiles serrées, horizontales et régulières.

TAQUE, se dit, en termes de Commerce, de toute plaque <le fer fondue, i-omme celles qui forment le contre-cœur des cheminées.

TAQUET. On appelle ainsi : i» un petit morceau de bois t.iillé qui sert à maintenir l'encoignure d'un meuble, «l'une armoire ; 2' des piquets que l'on enfonce eu terre pour servir de repères dans un alignement ; 3° un morceau de bois ou de métal, lixé en une partie quelconque du navire, et servant à tourner les manœuvres ou les cor- «lages de façon à les maintenir dans une position déterminée. — En Fauconnerie, mettre des oiseaux au taquet, c'est les placer, dès qu'on les a dénichés, dans des aires artificielles, caisses ou tonneaux défoncés, fixés à des arbres, où on leur apporte régulièrement leur nourriture.

TAQUOIR. C'est, en termes d'Imprimerie, un morceau de bois tendre, très uni, doublé de bois de chêne, dont on ?e sert, en le frappant avec un marteau, pour mettre au même niveau les caractères dont une forme est composi'e.

TARANDUS. nom latin scientificruc du genre Renne.

TARANTASS, sorte de voiture de voyage, très grande et fort lourde, dont la caisse repos*', sur deux longues travei-ses de Ixtis flexibles, supportées par des essieux. Ce véhicule est d'un usage habituel dans la Russie méridionale.

TARARE, espèce de blutoir qui sert à vannerie blé et à nettoyer le grain. C'est un ventilateur d'un bois léger et

mince, renfermé dans une espèce de taml)Our ouvert des deux bouts. On le meut à bras, au moyen d'une manivelle, ou bien on le place dans un moulin où des machines lui impriment le mouvement. Au-dessus du tarare est une trémie où l'on verse le çrain à vanner et à nettoyer, et sous cette trémie, une petite auge qui reçoit le grain pour le renverser dans le tarare.

TARASPIC, nom vulgaire du Thlaspi. Voy. ce mot.

TARASQUE. représentation d'un animal monstrueux que l'on promène solennellement à Tarascon deux fois par an. Cette image rappelle un dragon ou un crocodile dont le pays, suivant une légende, aurait été délivré par Ste Marthe, sœur de Ste Madeleine.

TARAUD (du Jat. taratrum, tarière), morceau d'acier de forme conique, taillé en vis, et dont on se sert pour tarauder,c.-k-d. pour percer une pièce de bois ou de métal en spirale ou en écrou, de manière (|u'elle puisse recevoir une vis. Tarauder une vis, c'est faire ces cannelures qui mordent dans le Iwis ou s'enchâssent dans les écrous et fixent la vis avec solidité.

TARAXACUM. nom latin botanique du Pissenlit.

TARBOUCH. Voy. tuubax.

TARCHONANTHE, Tarrhonanthus, arbrisseau du Cap. forme un genre de la tribu des Hélianthées-Inulces, famille des Composées.

TARDIGRADES (du lat. tardus, lent, et gradiri, marcher), nom donné, en Histoire naturelle : 1° à une famille de Jlammifères, de l'ordre des Edentés ( Voy. paresseux ; : — 2° à une famille d'.\rthropodes microscopiques, qui fait partie de la classe des .\rachnides : ce sont de très petits êtres munis de 4 paires de pieds, qui vivent dans les gouttières et la mousse des toits; après ime longue dessiccation, im peu d'humidité suffit pour les faire renaître à la \\c.

TARE (de l'aralie tarah, rejeter), se dit, dans le Commerce, de tout défaut ou déchet qui se rencontre sur le poids, la quantité ou la qualité des marchandises. Par suite, il s'est dit de toute défectuosité, notamment de celles des chevaux, et, au figuré, des vices, des imperfections morales : un homme taré est un homme perdu de réjiutation.

Tare se dit aussi du poids des caisses, tonneaux, sacs et emballages des marchandises, ainsi que du rabais ou de !:« diminution que l'on fait sur le poids et le prix de la marchandise par rapport au poids des caisses, etc. Le poids île la marchandise avant la défalcation de la tare est le poids biiit; après cette défalcation, \e poids net. Le plus souvent on ne prend pas la peine de peser à part les caisses el emballages, l'usage ou les tarifs établis par l'adminislralion ayant fixé le montant de la lare : ainsi il est fait pour tare les déductions suivantes : sucre brut en caisses ou en futailles, 15 p. 100; en balles ou sacs, 2 p. 100; café, cacao, poivre, en caisses ou en futailles. 12 p. 100; en balles ou en sacs; 5 p. 100; indigo en caisses. 21 p. 100; en surons, 9 p. 100. etc.

On nomme : tare d'espèces une diminution que l'on supporte dans le compte de l'argent lorsqu'on change un billet ou une monnaie, et qui est le droit du changeur: tare de caisse, une perte qui a lieu communément sur les sacs d'arçent, soit à cause des fausses espèces, soit à cause des mécomptes auxquels on est exposé en payant ou en recevant.

TARENTELLE, danse et air de danse d'un caractère gai, en mesure à 6/8. L'air de cette danse est court, mais on i le répète plusieurs fois. Voy. tarexttle.

TARENTISME, maladie. Voy. tarentule.

TARENTULE, Lycosa tarentula, en ital. Tarantolo, Ragno arrabbiato, grosse .\raignée du genre Lycose ( Voy. ce mot), qu'on trouve surtout dans la région méditerranéenne, principalement en Italie, aux environs de Tarente : d'où son nom. On la rencontre aussi dans l'Amérique sej)tentrionale. D'après les recherches les plus récentes, la piqûre de la tarentule détermine réellement les phénomènes de cette singulière affection nerveuse qu'on a appelée tarentisme et qui consiste en une sorte de choree, de musicomanie. Le tarentisme a régné épidémiquement pendant près de deux siècles dans le midi de l'Europe : on en trouve la première mention dans Nicolo Peretto. qui vivait au XIII* siècle. On a signalé aussi une maladie analogue en Abyssinie, dans le Tigré. C'est dans les ciiamps, à réjKique de la moisson, que les paysans apuliens sont ordinairement piqués de la tarentule. Ils tombent rapidement sous l'empire d'une étrange exaltation nerveuse: ils crient, rient, soupirent, ne peuvent supporter la vue du noir ou du blt-u.

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