‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 156 sur 1729 · BAROMÈTRE · texte numérisé non relu

BAROMÈTRE

BARGR, barque à voile carrée et à fond plat, dont on se sort sur les rivières.

BARIGEL (lie lital. bargello), nom du chef des sbires dans plusieurs villes de l'ilalie. Yoy. sbire.

BARIGOULE, sorte de Champignon comestible, du genre Agaric. — On doime aussi ce nom à une manière de préparer l'artieliaut ; elle consiste à farcir ce légume et à le faire cuire doucement dans une tourtière avec quelques cuillerées de bonne huile ou saindoux.

BARIL (pour barril; origine celtique), tonneau de bois destiné à contenir des marchandises sèches ou liquides et dont la capacité varie suivant les usages auxquels on l'emploie. En France, les anc. ordonnances prescrivaient de donner aux barils la 8' partie de la caoacité d'un muid ou 18 boisseaux de Paris (235 litres). Le baril de poudre contient 50 kilogr. : le baril de savon, 126 kil. ; 1 000 harengs forment un baril.

BARILLE, nom commun à plusieurs plantes marines qui donnent de la soude. Voy. socde.

Soie bai'ille. Voy. cabesse.

BARILLET (dimin. de baril). On appelle ainsi : en Anatomie, une cavité assez grande située derrière le tambour de loreille; — en Horlogerie, un tambour plus ou moins

Elat, (jui renferme un ressort plié en spirale : il y a le arillet de la sonnerie et celui du mouvement; — en Hydraulique, un corps de bois cylindrique avec un clapet dé bois placé sur le dessus, ou bien le piston d'une pompe à bras qui n'a pas de corps de pompe, mais qui joue dans un tuyau de plomb et élève l'eau par aspiration.

BARILLET, Dolioliitn, cspècc de Tunicier de la Méditerranée, se présente comme un corps gélatineux d'un blanc hvalin en forme de baril : il sert de refuge à un petit crustacé parasite du genre Phronime.

BARITA, nom scientifique du cassican.

BARITE, BARIUM. Voy. baryte, baryum.

BARKHAUSIE. plante. Voy. crépide.

BAROCENTRIQUE (du gr. jîâpoî, poids, et xsvTpov, centre). On a donné le nom de courbe barocentrique à la courbe enveloppe des verticales menées aux différents points d'un méridien. Elle se réduirait à un point si la terre était sphérique.

BAROMÈTRE (du gr. pàpo;, poids, et [xÉTpov, mesure), instrument de Physique servant à indiquer les variations qu'éprouve la pression de l'atmosphère. Il se compose en principe d'un tube de verre long d'env. 0 m. 90, qui, après avoir été rempli de mercure, est renversé par son extrémité ouverte dans une cuvette également remplie de mercure ; on voit que le mercure reste suspendu dans le tube à une hauteur voisine de 76 centim. ; au-dessus, dans la chambre barométrique, il y a le vide. La pression exercée sur la surface horizontale du mercure contenu dans la cuvette est égale à celle exercée par l'atmosphère, puisque la pression doit être constante sur toute l'étendue d'une couche horizontale d'un liquide en équilibre. Ceci montre que la pression sur un cent, carré est égale au poids de ■76 centim. cubes de mercure, c.-à-d., puisque la densité est 15,6, à 1033 grammes. La colonne d'eau qui ferait équilibre à la même pression aurait 10 m. 33. 1

Les variations de hauteur de la colonne barométrique, qui peut, au niveau de la mer, atteindre 785 mm. ou descendre à 730 millim., indiquent les variations de pression de l'air, lesquelles sont, jusqu'à un certain point, en rapport avec la pluie et le beau temps, d'où l'emploi commun du baromètre. En général le temps est beau quand le baromètre est élevé, mauvais quand il est bas ; mais il ne faut pas trop se fier à des observations faites en un seul point. On admet, pour Paris, la correspondance suivante : Très sec (785 mm.) — Beau fixe (776) — Beau (767) — Variable (758) — Pluie ou vent (749) — Grande Pluie (740) — Tempête (751). — Ces variations accidentelles ne se remarquent pas entre les Tropiques, où le baromètre subit seulement des variations diurnes; il y a, suivant Humboldt, deux minima, à 4 h. du matin et 4 h. du soir; l'amplitude de l'oscillation diurne est de 2 mm. 55, celle de l'oscillation nocturne de 0 nun. 84. On peut reconnaître dans nos climats, en comparant un très grand nombre d'observations, des oscillations analogues mais plus faibles.

Comme la colonne mercurielle se déprime à mesure qu'on s'élève dans l'atmosphère, parce qu'elle fait alors équilibre à des couches moins élevées et moins denses, on tire parti de ce fait pour employer le baromètre à mesurer les hauteurs. Le niveau de la mer étant pris pour point de

départ, on peut constater une dépression de 0 m. 001 <lans la hauteur de la colonne barométrique par 10 m. d'élévation, pour les hauteurs faibles. Au delà on se sert d'une formule donnée par Laplace :

X = 18405" (1 -f 0,002552 cos 2 ).) [l -f- ?^^^'] log "

où X est la hauteur en mètres entre les deux stations, X la latitude, T, /, H, h les températures et les pressions aux deux stations. On peut substituer à cette formule la formule plus simple due à MM. Laussedat et Mangin :

X = (H + /»)[(22-,63-0-.008(U-fA)][l + ill^'']

qui peut servir jusqu'à 1500 m.

Galilée parait avoir eu la première idée du baromètre ; elle lui fut suggérée par un fontainier de Florence qui avait remarqué que l'eau ne pouvait s'élever dans les corps de pompe au-dessus d'une certaine hauteur ; mais ce fut Torricelli, son disciple, qui construisit le premier instrument de ce genre en 1645. Pascal démontra, par les expériences du Puy de Dôme et de la tour St-Jacques, que le phénomène du vide de Torricelli était bien dû à la pression de l'air.

Baromètre à cuvette. Dans le baromètre à cuvette ordinaire, les indications ne sont pas bien exactes, parce que le niveau du mercure dans la cuvette, qui est considéré comme fixe, s'abaisse ou s'élève suivant que le mercure monte ou descend dans le tube ; on remédie en partie à cet inconvénient en donnant à la cuvette beaucoup plus de largeur qu'au tube. — Dans le D. de Fortin, la cuvette porte un fond en peau de chamois, qu'une vis fait monter ou descendre à volonté ; la partie supérieure de la cuvette porte une petite pointe en ivoire, qui indique le point d'affleurement auquel il faut amener le mercure pour avoir un niveau constant. Ce baromètre est portatif; il est enfermé dans un élui en métal, fendu sur les côtés, et qui porte des divisions ; la cuvette est recouverte par une peau perméable à l'air et imperméable au mercure. On fixe cet instrument à un support qui le soutient suspendu verticalement. — Le B. à siphon est formé d'un tube en U avec deux branches inégales, la plus courte ouverte et servant de cuvette, la plus longue fermée. On doit mesurer la différence de niveau entre les deux branches, ce qui se fait dans les baromètres d'usage commun au moyen d une planchette divisée mobile dont on amène l'extrémité inférieure en coïncidence avec le niveau dans la cvivette. — Le B. de Gau-Lussac est un baromètre à siphon dans lecjuel les deux oranches d'égal diamètre sont séparées par une portion de tube capillaire dont le diamètre est assez fin pour que l'air ne puisse traverser le mercure et le déplacer ; 1 extrémité de la courte branche est entièrement fermée, et ne présente, sur le côté, qu'une petite ouverture par où l'air peut pénétrer, mais qui ne permet pas au mercure de sortir. Ce baromètre est portatif et a une graduation fixe dont le zéro est entre les deux niveaux ; on ajoute les deux lectures. — Le B. de Bunlen est formé de deux tubes soudés dont le supérieur, terminé en pointe, s'enfonce un peu au-dessous de la soudure, de manière à laisser autour de la pointe un petit espace circulaire. De cette sorte, les bulles d'air qui peuvent rester adhérentes aux parois du tube capillaire dans le renversement de l'instrument, au lieu d'arriver jusque dans la chambre barométrique, viennent se loger dans l'espace circulaire laissé autour de la soudure.

Le Baromètre à cadran est un baromètre à siphon, disposé de manière à faire mouvoir une aiguille: un flotteur repose sur la surface du mercure ; on y attache un fil qui s'enroule sur une poulie et qui porte un contrepoids à son extrémité ; quand le mercure monte ou descend dan& la courte branche, le flotteur en suit le mouvement et fait marcher l'aiguille. Les frottements et les adhérences rendent la marche de cet instrument irrégulière et ses indications peu exactes. Voy. barométrographe.

Baromètre de précision. Dans un tube étroit le mercure subit une dépression due à la capillarité, qu'on peut corriger à l'aide de formules, mais toujours d'une façon un

Ceu incertaine. Dans le baromètre qui porte son nom, Gayussac avait espéré corriger cette erreur par compensation, mais en réalite il n'en est rien. Pour les observations précises on emploie des baromètres non transportables, à large tube, 5 ou 4 centim. de diamètre, dans lesquels la dépression capillaire n'existe plus et on relève la hauteur verticale entre les deux niveaux à l'aide du calhétotnètre ( Voy. ce mot).

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