‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1570 sur 1729 · TEMPS · texte numérisé non relu

TEMPS

(>■ lieux et le mélancolique. Ils ont été conservés par les | modernes, qui en ont ajoulc quelques autres secondaires, | de sorte que le nombre en est devenu fort arbitraire. Si à une cLTtamc époque on a abusé de la doctrine des tcm- | péraments pour expliquer l'état moral de l'homme, on ne | saurait pourtant nier qu'il existe une relation intime entre ' l'état pliysique et l'état moral de notre être. L'indication ' du tempérament est toujours basée sur la prédominance ' d un système sanguin, lymphatique, nerveux, etc.; il j | a en outre des formes mixtes qui résultent de la combi- j naison de deux svstèmes, d'où des tempéraments lympha- | tico-sanguin, bilioso-nerveux, etc. ;

En Musique, on entend par tempérament l'égalisation approximative des demi-tons cliromatiques de l'échelle musicale, égalisation que les accordeurs de piano et d'orgue obtiennent en altérant un peu la justesse absolue de tous les intervalles.

TEMPÉRANCE (du lat. tempérantia], l'une des quatre vertus cardinales des anciens, a pour objet la juste satisfaction des besoins du corps et 1 usage modéré des plaisirs des sens. Elle comprend la sobriété et la chasteté. Les vices opposés sont la gourmandise, l'ivrognerie et Vimpudicité, dont les excès altèrent et ruinent la santé en même temps qu'ils portent atteinte aux facultés intellectuelles et morales. Socrate [Mémorables de Xénophon), Platon (Gor^iaa), Cicéron (des Devoirs, I. 27, 28), Bossuet [de la Concupiscence^, etc., ont admirablement traité de cette vertu, i'oy. abstixence.

Sociétés de tempérance, associations qui ont pour but d'arrêter ou de prévenir l'abus des spiritueux, dont les elfets sont si funestes. La première idée de ces sortes d associations remonte au xiv" siècle, époque à laquelle on en trouve plusieurs établies en Allemagne, notamment à Maycnce. Tombées depuis en discrédit, elles ont repris faveur de nos jours, surtout dans l'Amérique du N'ord et en Angleterre. La première de ces Sociétés modernes de tempérance fut fondée en 1828, aux Etats-Unis, et dès 1830 on comptait dans ce pays 1 700 de ces associations. Les prédications du Rév. P. Mathew ont beaucoup contribué à ce résultat. Il existe en France une Association contre l'abus des spiritueux.

TEMPÉRANTS, remèdes propres à modérer l'activité de la circulation et à atténuer les propriétés excitantes du liquide sanguin.

TEMPÉRATURE. On appelle température d'un corps son état calorifique. Deux corps sont à la même température quand, étant au contact, il ne passe pas de chaleur de l'un à l'autre ; un corps est à une température plus (•lovée qu'un autre quand il lui cède de la chaleur, plus basse quand il en reçoit. La température s'évalue à l'aide du thermomètre [I'oy. ce mot . — La température moyemie d'un lieu se mesure par la moyenne de degrés observés au thermomètre pendant tout le cours de l'année. On appelle lignes isothermes des lignes idéales tracées à la surface de la terre, et passant par les points qui jouissent d'une même température moyenne. Voy. isothermes (lioes).

Pour la température interne du globe terrestre, et pour celle du sang, voy. terre et sang.

TEMPÉRÉ (style). Voy. style.

TEMPÊTE. Voy. ORAGE, OURAGAN, CtC.

TEMPLE (du lat. templum). Dans l'origine, les Romains donnaient le nom de temple à la partie de l'horizon déUmitée avec le lituus, que les augures choisissaient pour contempler le ciel et tirer des présages des signes qu'ils y auraient observés. Dans la suite, ils appliquèrent ce nom à de petites chapelles construites sur un lieu élevé, et enfin à tous les édifices religieux. — Parmi les temples les

flus célèbres de l'antiquité, on cite, outre les temples de Inde et de l'Egypte : le Temple de Salomon à Jérusalem, reconstruit par Hérode et détruit par Titus en 70 ; le T. de Diane à Ephèse ; le T. de Jupiter à Olympie ; le T. d'Apollon à Delphes ; le Parthénon d'.\thènes, consacré à .\tnèna (.Minerve) ; le Capiiole à Rome, etc.

Aujourd'hui le mot temple ne s'emploie plus guère en France que pour désigner les églises protestantes, si ce n'est dans le style poétique et oratoire, où il s'étend à tout édifice religieux. — Les églises des TempUers s'appelaient spécialement temples : de là le nom de Temple donné à un de leurs plus anciens monastères à Paris, devenu depuis une célènre prison et aujourd'hui démoli. Voy. ce mot au Dict. d'Hist. et de Géogr.

TEjcPLE. Les Tisserands appellent ainsi un instrument qui sert à tenir l'étoffe tendue en largeur sur le métier. Ce sont deux barres de bois attachées l'une à l'autre par une ficelle, et dont lés bouts sont garnis de petites pointes de fer. On accroche ces deux bouts aux deux lisières de l'étod'e, auprès de l'endroit que l'ouvrier travaille. — Les Charrons donnent le même nom à un morceau de bois plus

[liât gue rond, dont ils se servent pour marquer, quand es rais sont placés dans le moyeu, la distance à laquelle il faut former les mortaises dans la jante.

TEMPORAL (du lat. lemporalis), tout ce qui a rapport aux tempes. L'o« temporal occupe les parties latérales et inférieures du crâne : on y distingue \a portion écailleuse, la portion mastoïdienne et la portion pierreuse ou rocher; la fosse temporale est une excavation qu'on observe de chaque côté de la tète ; elle est remplie par le muscle temporal, destiné à élever la mâchoire inférieure. — Les artères temporales, les nerfs temporaux, sont les artères et les nerfs qui se rendent aux tempes.

TEMPOREL (du lat. temporalis), se dit par opposition à spirituel [Voy. ce mot). — C'est aussi le revenu qu'un ecclésiastique tire de son bénéfice.

TEMPS (du lat. tempus). En Philosophie, le temps est cette durée idéale, continue, illimitée, que nous concevons comme contenant toutes les durées particulières des êtres contingents. Considéré en lui-même, le temps est indéfini. L'existence des êtres contingents, par les hmites de leur propre durée et la succession des phénomènes qui la manifestent, introduit dans le temps les déterminations de présent, de passé, de futur, ou de simultanéité, d'antériorité, de postériorité. Le temps se mesure à l'aide d'une unité, c.-à-d. d'un certain élément de durée toujours pareil à lui-même. Il semble impossible de définir a priori ce que c'est que deux durées égales : mais de nombreux phénomènes que nous sommes habitués à regarder comme identiques dans leurs répétitions permettent de le faire dans la pratique : les résultats auxquels on parvient ainsi sont concordants. L'idée de temps dérive-t-cUe de l'expérience ou de la raison '? le temps est-il une propriété des choses ou une simple forme de l'esprit ? On retrouve ici, à propos du temps, les mêmes discussions qu'à propos de l'espace. Clarke confond le temps avec l'éternité divine. Leibniz définit le temps l'ordre des successions. Kant lui attribue une réalité purement subjective et en fait une des formes nécessaires de la sensibilité. — Consulter : Fraaments de Royer-Collard [Œuvres de Reid, trad. par Jouffroy, t. IV) ; John Stuart Mill, la Philosophie de Hamilton; J.-M. Guyau, la Genèse de l'idée du temps (Essai v). Voy. éternité.

Les anciens avaient fait du Temps une divinité : ils le représentaient sous la figure d'un vieillard armé d'une faux et tenant un sablier à la main. Ils le confondaient aussi avec Saturne [Kronos], père de Jupiter.

En Astronomie, on appelle : temps vrai, le temps exprimé à l'aide du jour vrai et de ses subdivisions ; temps moyen, le temps exprimé à l'aide du jour moyen ; temps sidéral, le temps évalué en jours sidéraux. On appelle aussi temps un angle horaire, indépendamment de la notion de durée : le temps vrai est l'angle horaire du soleil vrai, le temps moyen est l'angle horaire du soleil moyen, le temjis sidéral est l'angle horaire du point vernal.

En Droit, on appelle temps légaux tout ce qui est relatif aux prescriptions, déchéances, délais, dates. Jurées, âges requis par la loi. Voy. ces mots. — Voy. Souquet, Dictionnaire des temps légaux.

En Grammaire, on appelle temps les diverses modifications du Verbe qui servent à exprimer le présent, le passé et l'avenir. On distingue les T. principaux : le présent, le passé ou parfait et le futur, et les T. secondaires, comme l'imparfait, le passé défini ou aoriste, le plus-que-parfait et le futur passé. On distingue aussi, sous le rapport de la forme, des T. simples, comme, en français, j'aime, j'aimais, f aimerai, et des T. composés, qui se combinent avec les auxiliaires être ou avoir : fai aimé, je suis venu. Chaque motle a ses temps; on dit donc : les temps de l'indicatif, du subjonctir, de l'infinitif, etc. Voy. verbe.

En Musique, on appelle temps la subdivision en 2, 3 ou 4 parties de la mesure [Voy. ce mot). Tous les temps n'ont pas la même importance au point de vue de l'accentuation, ils sont, selon le cas, dits forts ou faibles : dans la mesure à 2 temps, le \" temps est fort, le 2' est faible; dans la mesure à 3 temps, le 1" seul est fort; dans la

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