TERRE
nature des débris organiques qu'ils renfemicnt, ont reçu if nom de séries. Elles correspondent aux grandes périodes gcoloyiques. Les séries elles-mêmes se di\'isenl en syslèmes, les systèmes en groupes et en étages, les étages en soits-élages et en zones. Voici le tableau de classilication des terrains scdimentaircs, tel qu'il est maintenant à peu près généralement adopté :
l*" SÉRIE AZOÏQDE [ludivise) ; 2* SÉBIE PALÉOZOÏQDE ou PRI- MAIRE : Système silurien, S. dévonien, S. carbonifère, S. permien ; 5° série mésozoïqce ou secondaire : Système triasique. S. jurassique, S. crétacé: i° série céxozoïqie ou tertiaire : Système éogène, S. néogène: 5° série quaternaire.
II. Ten-ains éruptif» ou plutoniens. Ces terrains ont une origine analogue à celle des roches volcaniques actuelles. Ils se sont épanchés à la surface du sol par des bouches volcaniques ou bien se sont solidifiés en profondeur, formant soit des liions, soit des amas lenticulaires, soit des nappes intrusives au sein des roches qu'ils traversent. Leur âge relatif se détermine d'après 1 âge des terrains sédimentaires qu'ils ont altérés dans leur épanchement. Leur classification est basée sur leur structure et sur leur composition iniiiéi-alogique. Voy. roches.
III. Terrains métamorphiques. On appelle ainsi des terrains d'origine sédimentaire, qui ont été tellement modifiés au contact des roches éniplives, lorstjue celles-ci étaient encore à une haute température, ou qui ont subi des actions mécaniques tellement intenses, que leur com^M>sition minéralogique en est profondément modifiée et qu ils
firéseiUent maintenant une structure plus ou moins crislaliiie. Les terrains de la période azoïque, désignés aussi sous le nom de terrains cristallophylliens, sont tous des terrains métamorphiques : gneiss, micaschistes, chloritoschistes, etc. Mais les terrains sédimentaires do toutes les époques ont pu subir des actions métamorphifjues. Voy. métamorphisme.
TERRAMARES. Voy. préhistorique.
TERRASSE ^de l'ital. terracia), élévation de terre ménagée dans un parc ou un jardin, surtout au-dessus d'une rivière, d'une vallée ou de la mer, et plantée d'arbres, pour servir de promenade et de point de vue. On cite, en France, les terrasses de St-Germain-en-Laye. de Meudon et de Sl-Cloiul. — Par extension, on donne le nom de terrasse à la toiture d'une maison lorsque c'est une plate-forme, comme sont la plupart des toitures dans le Midi et l'Orient.
TERRASSEMENT, terrassier (de terrasse). Le travail de terrassement est celui qui se rapporte aux mouvements de terre déblais et remblais). Les terrassiers font usage de pioches pour ameublir la ferre, de pelles pour la jeter à courte distance, de brouettes, tombereaux, wagonnets sur rails traînés par des iiommes, des chevaux ou des machines selon le cas, jwur le transport des terres.
TERRE (du lat. ten^a). La Terre est une planète qui. dans l'onlre <les distances au Soleil, se place entre Vénus et Mars, sa masse j^/^^,, de celle du Soleil, sa densité moyenne 5,5 (celle de l'eau étant prise pour unité). Comme toutes les planètes, elle est animée de deux mouvements : l'un de translation autour du Soleil, qui s'effectue d'occident en orient, dans l'espace de 5t)5 jours 25658 .: c'est sa révolution sidérale; l'autre de rotation autour d'un axe appelé la ligne des pôles, qui s'effectue également d'occident en orient, et dont la durée est d'un jour sidéral, ou de Sô"" 56' 5", 95. Le mouvement de translation de la Terre autour du Soleil a pour effet un mouvement apparent du Soleil, en vertu duquel cet astre semble décrire, dans l'esiMice d'un an, d'orient en occident, un grand cercle de la sphère céleste en parcourant successivement les douze constellations du zodiaque. La rotation de la Terre sur son axe a pour effet le mouvement diurne, en vertu duquel la sphère céleste paraît exécuter, d'orient en occident, autour de la ligne des pôles, une révolution complète daus l'espace d'un jour sidéral. Voy. dicrne (mocvevext).
La Terre, dans son mouvement annuel autour du Soleil, décrit une ellipse dont le Soleil occupe un foyer, et dont le plan fixe dans l'espace est appelé le plan de Técliptiqiie. L'excentricité de cette ellipse est de 0,0168. Son demi-grand axe qui représente la distance moyenne de la Terre au Soleil, est de 20 280 rayons terrestres, ou environ 58 millions de lieues de 4 kilomètres. L'excentricité
de l'ellipse diminue annuellement de 0,000417 environ; le grand axe lui-même n'est pas fixe : il tourne dans le sens direct de 12" environ par an. Quant au mouvement de rotation de la terre, l'axe autour duquel il s'etfectue, en vertu des phénomènes connus sous les noms de nutation et de précession des équinoxes [Voy. ces mots), décrit en 18 ans et demi, dans le sens rétrograde, un cône elliptique autour d'une droite, qui décrit elle-même dans le même sens un cône droit de 25" 28' d'ouverture dans l'espace de 26 000 ans. Ce dernier angle n'est d'ailleurs pas constant et diminue environ de 48* par siècle. On présume cependant que celte diminution ne dépassera pas ù», après quoi il y aura de nouveau augmentation. Ces diverses variations sont dues à ce que l'attraction du Soleil et de la Lune, par suite du renflement équatorial de la Terre, ne peut pas être considérée comme passant par son centre.
\a Terre est sensiblement sphérique : on le reconnaît à ce que la dépression de l'horizon sensible est à très peu près constante pour un point donné au-dessus de la surface terrestre tout autour d'une même verticale. Celle sphéricité toutefois est incomplète : il résulte en effet, des mesures effectuées au xviii» siècle, que la longueur de l'arc d'un degré du méridien (c.-à-d. de l'arc du méridien compris entre deux verticales faisant entre elles un arc d'un degré) est au Pérou de 56 750 toises, en France de 57 060 toises, en Laponie de 57 422 toises. Cette variation de longueur du degré montre évidemment que le méridien a la forme d'une ellipse dont le petit axe coïnciderait avec la ligne des pôles. Le diamètre de la Terre est dès lors moindre dans le sens des pôles que dans le sens de l'équateur, ce qu'on exprime vulgairement en disant que la Terre est aplatie au pôle et renflée à l'équateur. Les mesures les plus récentes donnent 1/299 comme valeur de ra|)latisscment de la Terre. En se fondant sur ces diverses valeurs, on a calculé que la distance du pôle à l'équateur, ou quart du méridien terrestre, est de o 150 740 toises : c'est cette longueur qui. partagée en 10 millions de parties égales, a donné le mètre. La circonférence de la Terre, dans le sens du méridien, est donc de 40 millions de mètres; son rayon moyen est de 6 566 kilomètres.
Les anciens avaient essayé déjà de déterminer les dimensions de la Terre. ,\rislolé lui attribue 400 000 stades de circonférence ; Eratoslhène faisait le degré de 694 stades et la circonférence totale de 250 000 stades; Posidonius attribuait à cette même circonférence 240 000 slades ; enfin Plolémée avait fixé la longueur du degré à 5 000 stades, mesure qui s'accorderait, dit-on, avec celles qui furent prises au ix' siècle par ordre du calife .\lmamoun dans les plaines du Sindjar. Dans les temps modernes, Femel, le premier (1528), essaya de mesurer les dimensions de la Terre, el malgré l'imperfection de ses procédés (il mesura la distance de Paris à Amiens à l'aide d'un compteur adapté aux roues de sa voiture), la valeur, 57 070 toises, qu'il trouva pour le degré, diffère très peu de la valeur exacte. Après lui, Snellius, Picard (1670), les Cassini, les Maraldi, Labire, etc., obtinrent, dans leurs mesures, des résultais plus ou moins heureux. Enfin, c'est aux travaux de Bouguer et I^ Condaminc (1756) d'une part, de Clairaut et Mauperluis d'autre part, et enfin de Delambre et Méchain (1790), que sont dus les résultats cités plus haut. Les corrections qui y ont été apportées depuis par Puissant (1856 , par Bessel (1840) et par Stnive (1858) ont peu d'importance. D'immenses travaux géodésiques, exécutés surtout dans la seconde moitié du xix' siècle dans toutes les parties du monde, ont donné une connaissance très exacte de la configuration du globe.
La Terre n'a pas toujours eu son relief actuel; elle a au contraire, dans le cours de plusieurs milliers de siècles, subi des mo<lifications profondes et incessantes. Sans remonter à cette éjxKjue extrêmement reculée où notre planète, selon Laplace, était encore à l'état de nébuleuse, les géologues s'accordent à peu près tous pour admettre que le globe terrestre a été primitivement incandescent [Voy. FEU central). Ce n'est qu'après une longue suite de siècles qu'une croûte solide a pu se produire à sa surface par l'eflet du refroidissement. Les premières mers résultèrent de la condensation des vapeurs contenues dans l'atmosphère; elles devaient probablement couvrir primitivement toute la surface terrestre. Le refroidissement continuant, l'écoi'ce solide devint trop petite et dut se plisser. De là, des rides à la surface de la Terre, qui