‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1585 sur 1729 · THERMODYNAMIQUE · texte numérisé non relu

THERMODYNAMIQUE

mot se dit de toute connaissance qui s'arrête à la simple «{léculation sans passer à l'action, cl alors on oppose la théorie à la pratique; tantôt il désigne un ensemble de connaissances enchaînées de manière à donner l'explication romplètc d'un certain ordre de faits : c'est dans ce sens (ju'on dit, en Physique, la théorie mécanique de la chaleur, la théorie de l'électricité, de la gravitation, etc.

Dans l'Armée, on désigne communément sous le nom de théorie tous les règlements d'exercice ou de manœuvre.

Les Grecs donnaient le nom de théories aux députations solennelles qu'ils envoyaient à Delphes, à Tempe, à Délos, etc., pour honorer certaines divinités; les membres de la députation s'appelaient théores. La théorie qu'Athènes envoyait tous les ans à Délos était surtout célèbre. La galère paralienne transportait les théores, et pendant toute la durée de leur voyage, qui était de 50 jours, la ville était en fêtes et l'on ne pouvait exécuter aucun condamné.

THÉOSOPHIE |du gr. Bîôî, Dieu, et aoaîa, science), doctrine qui se donne jwur une inspiration divine, sans être cependant l'objet d'une révélation positive. Les théosophes forment une école de philosopiies mystiques qui, dédaignant la raison humaine et se croyant éclairés par im principe intime et surnaturel, mêlent ensemble l'enihousiasme et l'observation de la nature, l'extase et la philosophie, la théologie et la métaphysique, l'alchimie et la médecine. On en trouve l'analogue dans les mystiques de tous les temps; mais les théosophes propr. dits ne datent que du xvi"= siècle, et commencent avec Paracelse. On les divise en deux branches : l'une, plus mystique que savante, à laquelle appartiennent J. Bœhm, Swedenborg, Martincz-Pasqualis et St-Martin; l'autre, savante, plus philosophique que théologique, à lanuelle se rattachent Paracelse, Corn, .\grippa, ^al. Weigel, Rob. Fludd, Van llelmont. Récemment une Société théosophique s'est formée à Madras et a essayé d'importer en Europe la théologie bouddiiique, en la fondant avec les idées des kal)balistcs et des alchimistes. Voy. Papus, Traité méthodique de science occulte, 1891.

THÈQUE (du gr. 2fT,xTj, boîte), se dit, en Botanique, de l'asque des Champignons Ascomycètes ( Foy. asqce).

THÉRAPEUTES, secte juive. Voy. ce mot au Dict. d'Hist. et de (jéogr.

THÉRAPEUTIQUE (du gr. SrcparEUT'.xfi), partie de la Médecine qui a pour objet le traitement des maladies, c.-à-d. qui donne des préceptes sur le choix et l'administration des moyens curatifs et des médicaments en même temps que l'indication des procédés chirurgicaux applicables suivant les cas.

THÉRAPHOSES, nom donné par AValckcnaër à une tribu de l'ordre des Aranéides, dans laquelle il range les genres Mygale, Oletera, Actinopus, Mtssulena, Calommata et Cyriocephalus.

THERBIUM. Voy. terbium.

THERESIA. 295"= petite planète, trouvée le 17 août 1890 par l'alisa, à Vienne. Voy. planètes.

THÉRIAQUE (du gr. S;T,ptaxf,), médicament qu'on a longtemps employé comme stomachique et comme calmant, et qu'on croyait propre à combattre les poisons et à guérir les morsures des animaux venimeux : d'où son nom (du gr. &f|p, bêle danuereuse}. Il y avait plusieui-s sortes de tiiériaque, mais on donnait surtout ce nom à un élecluaire imadné, dit-on, par Andromaque, médecin de Crète, ou, selon d'autres,' par Mitiiridate, roi de Pont. La formule originale s'en trouve dans Galien. Elle offrait un bizarre assemblage de substances hétérogènes; mais le Codex actuel l'a beaucoup simplifiée. Voici les principales sul)stances qui la composent : scille, poivre long, agaric blanc, iris de Florence, canielle fine, scordium, roses rouges sèches, semences de navet sauvage, suc de réglisse purifié, baume de la Mecque, racines de polcntille et de gingembre, feuilles de dictame, sommités de marrube, nard indien, cacbou, safran, poivre noir, écorce de citron, racines de gentiane, d'acorus, de valériane; térébenthine de Chio, sommités de millepertuis, d'amome; semences d'anis, de fenouil, de séséli: gomme arabique, terre de Lemnos, racine de petite aristoloche, bitume de Judée, encens en larmes, opium, etc., le tout pulvérisé et délayé avec du vin de grenache et du miel blanc. — Pendant longtemps ce fut Venise qui eut le privilège de fournir la thériaque à toute l'Europe ; on l'y préparait chaque année avec solennité. Auj. les Pharmaciens peuvent la faire partout en suivant le Codex, oii elle a été fort simplifiée; elle

doit son activité principalement à la petite quantité d'opium qu'elle contient.

THÉRIDION (du gr. 2rT,ptoiov, petite Ijète), genre d'Arachnides, de l'ordre des Aranéides, renferme des araignées très petites, ayant 8 yeux presque égaux entre eux, une lèvre courte, des mâchoires inclinées sur la lèvre, allongées et étroites; des pattes fines et allongées. Le T. bienfaisant [T. benigntim), ou Petite Araignée de raisin, est long de 0 m. 004 et d'un brun fauve ; son abdomen est ovale et globuleux. Cette espèce fait une petite toile irrégulière qui est très fine, mais qui suffit pour préserver les i-aisms de la morsure des autres insectes : d'où son nom de bénigne. — Voy. i.atrodecte.

THERMALES (eaux). Voy. eaux.

THERMAUXISME, se dit, chez les Végétaux, de l'action de la chaleur sur la croissance.

THERMES (du lai. thermx, du gr. Sépp-a), bains publics de l'ancienne Rome. Ils se composaient : 1» des diverses salles spécialement destinées au service des bains : l'apodytérion, où les baigneurs se déshabillaient; le frigidariuni, pour le bain froid ; le tepidarium, pour le liain tiède; le sudatorium, pour le bain de vapeur, le caldariutn, ou étuve sèche; l'unctoriutn, où, après le bain, le baigneur se faisait essuyer, frictionner et parfumer; 2" de galeries pour les exercices de la paume, de la lutte et autres jeux gymniques ; 5° de salles de conversation et de cours et portiques pour la promenade. Tout le monde y était admis sans distinction, les grandes personnes pour un quadrant (20 c), les enfants gratis : les sexes étaient séparés. — Le luxe de ces Ijains publics commença sous le règne d'Auguste lorsque le peuple put jouir des thermes qui lui furent légués par Agrippa : ces thermes, situés au milieu du Champ de Mars, avaient plus de 57 000 mq. de superficie. Sous les empereui-s suivants furent construits des thermes encore plus magnifiques, ceux de Néro7i ou T. alexandrins, de Hovatius, de Titus, de Caracalla (les plus vastes de tous), de Dioclélien et de Constantin. Les provinces eurent aussi leurs thermes, qui rivalisaient avec ceux de Rome ; on voit encore à Paris, dans les dépendances du musée de Cluny, les ruines des T. de Julien, qui faisaient partie du |)alais construit par cet empereur ausuddeLutèce.

THERMIDOR (du gr. Sepuô;, chaud), 11' mois du calendrier républicain. Voy. calendrier.

THERMOBAROMÈTRE. Voy. svmpiézomètre.

THERMO-CAUTÈRE, appareil destiné à cautériser par action de la chaleur. Le T. Paquelin est un fil de platine porté au rouge et maintenu incandescent par le contact de vapeurs d'essence minérale qu'il condense en grande abondance. Le T. galvanique comprend un fil de platine porté au rouge par un courant qui le parcourt. Avec ces instruments on prévient les hémorragies et on diminue la douleur. — Le T. est également employé pour la peinture brûlée, ou thermo-gravure.

THERMOCHIMIE, partie de la Chimie qui étudie les phénomènes calorillqucs accompagnant les reactions chimiques. Les progrès récents de la tnermochimie sont dus au savant allemand Thomson et surtout à M. Bertlielot. M. Bcr- Ihelot a formulé les principes de la thermochimie dans son ouvrage la .Mécanique chimique (1879) et les a développés dans de nombreux mémoires insères aux Annales de chimie et de physique.

THERMOCHROSE (du gr. Sfspixdv, chaleur, et yoûaiî, coloration), mot qui désigne, dans l'étude de la clialeur rayonnante, l'analogue de coloration dans l'élude de la lumière. Ainsi on appelle • thermochroique, tout corps qui laisse passer certains rayons de chaleur seulement, de même qu'un corps coloré ne laisse passer que certains rayons de lumière; athermochro'ique, celui qui laisse passer toute espèce de ravons; il est analogue à incolore.

THERMODYNAMIQUE '(du gr. Srspjiôv, chaleur, et ôjvaijii;. force 1. partie de la physique dans laquelle on étudie les relations de la chaleur avec le travail mécanique. Ces relations se déduisent, par le raisonnement, de deux principes fondamentaux. Le premier consiste en ce que la disparition et l'apparition d'une certaine quantité de chaleur peuvent être accompagnées de l'apparition et de la disparition d'une quantité de travail mécanique proportionnelle: de sorte que l'unité de chaleur équivaut à un certain nombre d'unités de travail qu'on appelle équivalent mécanique de la chaleur [Voy. ce mot K Ce princi|)e. entrevu par Seguin, énoncé avec précision par un médecin allemand, J.-R. Mayer, puis par Colding, de Copen-

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