THÉORIE
THÉMIS, 24» petite planète, trouvée le 5 avril 1853 par Gasparis. à Naples. Voy. planètes.
THÉNAR (du gr. Sr^vap), saillie qui se trouve, dans la paume de la main, à la base du pouce,» et que forment les muscles court abducteur, opposant et court fléchisseur du pouce.
THÉNARDITE, sulfate de sodium anhydre naturel [Na-O.SO'], en croûtes cristallines dans les salines d'Aranjuez (Espagne) et de Bolivie.
THÉOBROIMA (c.-à-d. en grec noun'ilure des dieux), nom latin botanique du Cacaoyer ( Voy. ce mot). — On appelle Théobromine une base organique qui existe dans le cacao : elle est peu solublc dans l'eau, d un goût amer et peut se volatiliser.
THÉOCRATIE (du gr. ^ecxpatia), gouvernement où les chefs de la nation sont regardés comme étant les ministres de Dieu même. Le gouvernement des Israélites, avant qu'ils eussent un roi, était une véritable théocratie. L'Egypte fut sans doute primitivement gouvernée par les prêtres au nom de leurs dieux. Le Pérou le fut de même par les Incas, que l'on regardait comme fils du Soleil. Mahomet, parlant au nom de Dieu, exerçait un pouvoir théocratinue. Le gouvernement du Grand Lama au Thibet, celui qu exercent en Amérique les chefs des Mormons, sont encore des exemples de théocratie. — On a aussi appliqué le nom de théocratie au gouvernement du pape tel qu'il était au moyen âge : Joseph de Maistre, dans son livre Du Pape, s'est montré chaud partisan de la théocratie, et a soutenu la suprématie temporelle et universelle du souverain pontife.
THÉODICÉE (du gr. 6eô<;, Dieu, et ôCxt), justice), titre donné par Leibniz à ses Essais sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et l'origine du mal, dans lesquels il répond aux objections de Bayle contre la justice de Dieu et montre que l'existence du mal se concilie avec celle de la Providence. — Dejiuis lui, on a étendu le nom de théodicée h la théologie naturelle tout entière. Voy. ce mot.
THÉODOLITE (orig. inc), instrument à l'aide duquel on mesure, en Géodésie, les angles réduits à l'horizon, c.-à-d. leur projection sur le plan horizontal. 11 se compose essentiellement d'un limbe ou cercle divisé que l'on peut rendre horizontal à l'aide de vis calantes. Au centre de ce limbe s'élève un axe perpendiculaire à son plan, contre lequel est appliqué un second limbe dont le plan est par suite vertical. Les déplacements de ce limbe autour de l'axe sont indiqués sur le limbe horizontal par les dé])laccments d'une alidade ou d'un curseur. Enfin une lunette peut se mouvoir autour du centre du limbe vertical et dans son plan. Pour déterminer à l'aide de cet instrument un angle réduit à l'horizon, on le place au sommet de cet angle et l'on amène successivement la lunette à viser les points qui déterminent les deux côtés de l'angle. Le résultat cherché est représenté par l'arc dont le curseur s'est déplacé sur le limbe horizontal. Le théodolite peut servir encore à déterminer d'un seul coup, à l'aide de lectures effectuées sur les deux limbes, l'azimut et la distance zénithale d'une étoile sur laquelle la lunette se trouve braquée. — Les premiers théodolites paraissent avoir été construits en Angleterre : ceux de Ramsden, opticien de Londres, étaient fort estimés à la fin du xviii' siècle. Cet instrument a été perfectionné en France par Dorda, Fortin, Gambey, Brunner, Gautier et a pris une forme entièrement symétrique que l'on a pu réaliser en d'assez grandes dimensions sous le nom d'altazimut.
THÉOGONIE (du gr. Sreoyovta), titre d'un ancien poème grec dans lequel Hésiode expose un système de cosmogonie [loy. ce mot), sous une forme mythologique et en enseignant la filiation des dieux. Il a été commenté par Guigniaut [De la Théoaonie d'Hésiode, 1835). — Par extension, on dit dans le même sens la Théogonie des Indiens, des Egyptiens, etc.
THÉOLOGAL, chanoine institué dans le chapitre d'une église cathédrale ou collégiale, pour enseigner la théologie et prêcher en certaines occasions.
Vertus théologales. Voy. vertu.
THEOLOGIE (du gr. ©eoXoyîa), science de Dieu et de ses attributs.
\. Théologie naturelle. Cette dénomination, empruntée par St Augustin à Varron et à l'antiquité, désigne la connaissance de Dieu fondée sur les seules notions de la raison humaine. Cette connaissance, démontrée par les plus grands docteurs de l'Eglise aussi bien que par les philosophes de tous les temps, ne saurait être niée au nom de la révéla-
tion, sans détruire enseml)ie la révélation et la raison. — La Théologie naturelle, appelée aussi Théodicéc, comprend deux questions, la démonstration de l'existence de Dieu, celle de ses attributs et de ses rapports avec le monde [Voy. DiEc et providence). Les écrits les plus célèbres sur ce sujet sont : 1» au point de vue dogmatique, Platon, Timée. Lois; krhlotc, Métaphysique [Viv. xii) ; Cicéron, De ta nature des dieux; Plotin, Ennéades (Irad. de Douillet) ; St Augustin, De la vraie religion. De la cité de Dieu, De la Trinité ; St Anselme, Proslogium, Monologiutn ; St Thomas d'Aquin, Somme contre les Gentils, Somme de théologie; Descartes, Méditations; Bossuot, Connaissance de Dieu et de soi-même; Fénelon, Traité de V existence de Dieu; Malebranchc, Entretiens sur la métaphysique; Leibniz, Théodicéc; Clarke, Démonstration de l'existence et des attributs de Dieu ; Kant, Critique de la raison prat'ique; Maret, Théodicéc chrétienne; Gratry, Connaissance de Dieu; J. Simon, la Religion naturelle, etc.; — 2" au point de vue historique et critique, J. Simon, Théodicéc de Platon et d'Aristotc; Ch. Jourdain, Philosophie de St Thomas d'Aquin ;Kani, Critique de la raison pm-e ; Saisset, Essai de philosophie religieuse ; Ch. de Rémusat, Philosophie religieuse [De la théologie naturelle en France et en Angleterre) ; Caro, l'Idée de Dieu et ses nouveaux critiques ; Ravaisson, Philosophie au xix" siècle. Voy. métaphysique.
II. La Théologie révélée, ou Théologie propr. dite, basée sur la révélation, comprend deux parties : le dogme et la morale, ce qu'il faut croire et ce qu'il faut pratiquer : d'où sa division en T. dogmatique et T. morale. Sous le rapport de la méthode, on distingue la T. positive, qui admet une manière moins didactique, un style plus oratoire, et qui se trouve dans les écrits des Sts Pères, spécialement de St Augustin, et la T. scolastique, qui suit une marche plus rigoureuse, définissant, divisant, distinguant, argumentant, et usant de toutes les ressources de la dialectique. Cette seconde méthode paraît avoir été d'abord employée chez les Grecs, par St Jean Damascène; chez les Latins, elle a été mise en œuvre par St Anselme. Elle a été surtout pratiquée par Pierre Lombard et, un peu plus tard, par St Thomas d'Aquin, qui en a donné le modèle dans sa Somme. Parmi les théologiens plus récents, les plus célèbres sont Suarez, Tournely, IJilluart, Collet, don Liguori, le P. Perrone. Les ouvrages généralement adoptés en France pour l'enseignement théologique sont ceux de Mgr Gousset, de Mgr Bouvier, de Bailly, de M. Carrière, du P. Gury, du P. llurter, du P. Lemkiill, du P. Marc. Richard a donné un Dictionnaire des sciences ecclésiastiques (1760), et Bergier un Dictionnaire théologique (l'789, complété par Mgr Doncy, 1853). V Histoire de la théologie (jusqu'à St Bernard) a été écrite par D.-Bonav. d'Argonne (Lucques, 1785) et par Slaûdlin (eu allem., 1810-11). L'abbé Goschle a publié \\n Dictionnaire encyclopédique de la théologie catholique (Irad. de l'allcm. de \Velzer et Welte, 1858 et ann. suiv.). — Voy. aussi EXÉGÈSE et herméneutique.
Facultés de Théologie, corps chargés de l'enseignement de la Théologie. Ces Facultés, qui jetèrent tant d'éclat au moyen âge, et au premier rang desquelles se plaçaient la Faculté de Paris et la Sorbonne, ont auj. beaucoup perdu de leur renommée et de leur importance. Il n'y a plus de Facultés officielles de théologie catholique : il y a encore une faculté officielle de théologie protestante à Paris et une autre à Montauban.
THÉOPHILANTHROPES (c.-à-d. amis de Dieu et des hommes). Voy. ce mot au Dict. d'Hist. et de Géogr.
THÉOPHRASTE, Theophrasta, genre type de la famille des Myrsinées, voisine des Primulacées, ne comprend que quelques arbustes, parmi lesquels le T. de Jussieii, petit arbre de l'Amérique troiiicale, à grandes feuilles ramassées au sommet d'un tronc simple.
THÉORBE, instrument de Musique. Voy. téorbe.
THÉORÈME (du gr. SrewpTjixa), se dit, en Mathématiques, d'une proposition que l'on rend évidente au moyeu d'une démonstration : on l'oppose à problème. Celte jiroposition : La somme des trois angles d'un triangle rcctiligne est égale à deux droits, est un théorème. Ce sont surtout les vérités de l'Arithmétique, de l'Algèbre et de la Géométrie que l'on expose sous forme de théorèmes. Cependant Spinosa, Wolf et quelques autres ont essayé d'exposer sous cette forme leurs doctrines pliilosopliii]ues.
THÉORIE (du gr. SfEwpîa, contemplation;. TantiU ce
THEOSOPHIE