‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1603 sur 1729 · TOURMALINE · texte numérisé non relu

TOURMALINE

clict, à laide duquel le mouvement de rotation est transmis à la pièce. Le second n'a qu'une seule jjoupée, à l'es- Ircmilé de laquelle la pièce est fixée et qui toumc avec elle, ce qui laisse la pièce libre sur jiresque toutes ses faces. Le tour à pointes convient surtout aux jiièces longues ou à celles qui ne doivent être tournées que dans le sens de leur lonjjucur; le tour en l'air convient aux

Sièces d'un grand diamètre, présentant peu de saillie et evant èlre tournées jusqu'à leur centre : il est seul applicable lersfjuo la pièce doit prendre un mouvement de translation, comme dans les tours à gvillocher et à fileter. Il existe, en outre, une infinité de tour» destinés à des usages spéciaux, comme le T. ovale, le T. carré, le T. universel et le T. à portraits, à l'aide duquel on peut opérer la réduction des Iws-reliefs de toute grandeur [Voy. scciPTinr. îiécanhick), etc. Enfin on a imaginé des T. verticaux pour façonner les matières molles et peu résistantes, comme la terre à potier : ils se com|M)sont d'une roue mise en mouvement par le pied de l'ouvrier qui, de sa main, présente à l'action de la roue l'objet à travailler. — Voy. de Valicourt, Manuel du tourneur.

Les Cliaudroniners ap|)ellent tour \mc machine qui sert à façonner les cliaudrons et les poêlons; les Lapidaires, une machine à laquelle sont attachés certains outils que l'on fait tourner au moyen d'une roue: les Ciriers, un cylindre tournant sur un arbre monté sur deux pieds, et qui sert à dévider la Ijougic au sortir de la filière.

Tour d'Espagne, sorte de dévidoir formé de dcui pièces de Ijois verticales A\\.cs pelles et fixées chacune dans un fort billot de l>ois. L'écheveau est placé sur toutes les deux, et on les écarte suffisamment pour qu'il soit bien tendu. IVès d'une des pelles et sur le même billot est fixé un montant au haut duquel est pratiquée une fourchette qui reçoit à charnière une règle de bois nommée vigogne; I autre bras de ce levier est chargé à son extrémité d'un poids suffisant |)our tenir toujours élevé l'autre Iwut, auquel est fixé un crochet en verre sur lequel passe le fil que l'on veut dévider. Voy. TOintr.

Tour mort, enroulement d'un cordage autour d'une pièce de lx)is ou de fer de façon qu'il ne puisse glisser.

TOUR. On ap()elle encore ainsi une espèce d'armoire tournante, pratiquée dans l'épaisseur d'un mur, et qui sert, dans les monastères, les hospices d'enfants trouvés, les réfectoires, etc., à faire jwsser ce qu'on reçoit du dcliore ou ce qu'on y apporte, sans avoir Ijcsoin d'ouvrir la |K)rte et sans être vu. Oans les couvents de femmes et les hospices, la sopur chai-gée du service du tour est appelée loitrière. — Les tours des hospices d'enfants trouvés ont été introduits d'abord par le seul usage dans quehpies localités ; ils ont été légalement établis par un décret île 1811 ; depuis ils ont été alternativement supprimés, rétablis et enlin supprimés. Voy. enfants tbocvés.

Tour iFéc/ielle. nom donné autrefois à une sorte de servitude qui consistait dans le droit de passer sur la propriété du voisin }x»ur les réparations à faire à une maison ou à un mur contigu. Ce droit n'existe plus qu'en vertu d'un titre ou moyennant indemnité.

TOURACO, Turacus, Corythaix, Opœtus, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Grimpeurs, renferme des espèces t)ropres à l'Afrique : bec plus court que la tète, fort, arge, dentelé ; huppe érectile et diversement colorée. Les Touracos sont des oiseaux confiants et curieux, au vol lourd, mais qui sautent avec agilité débranche en branche. Us se nourrissent de fruits et nichent dans le creux des arbres. On distingue : le Touraco de Buffon, de Guinée ; le T. pauline.lo T. louiy et le T. géant, tous trois du Cap; le Musophage, de Sénégambie, qui tire son nom de son goût pour le fruit du Bananier [Musa), etc.

TOURAILLE. tocraii.i.on. Voy. bikre.

TOURBE 'de l'allcm. Torf], charbon fossile dont l'origine ne remonte pas au delà de la période quaternaire, et dont le dépôt se forme encore auj. au milieu de certains marécages ou tourbières , dans de nombreuses régions. Elle est surtout le produit de la décomposition d'une mousse du genre Sphagnum, mais les cj-péracées et l)eaucoup d'autres végétaux peuvent prendre part à sa formation. La tourbe est tantôt compacte, tantôt grossière, spongieuse et mélangée de terre; elle est généralement grisâtre ou roussàlre, brûle facilement avec ou sans flamme, et répand une fumée d'une otleur désagréable. L'analvse de cette substance donne en moyenne : matière ligneuse, 49; matière ulmique, 12; matière résineuse, 4; parafline, 1 ; matière terreuse, 9;

eau, 13, Par distillation, elle fournit des gaz inflammables et des huiles, et il reste un charbon poreux, connu sous le nom de tourbe carbonisée, qu'on obtient aussi en faisant subir à la tourl)e une combustion incomplète et qu'on substitue quelquefois au charbon de Iwis dans les fourneaux de cuisine et dans certaines usines. La tom"be est aussi employée en nature comme combustible dans plusieurs contrées ; mais la mauvaise odeur qu'elle répand empêche son usage de se généraliser. — La tourlxî forme dans le nord de la France, en Hollande, dans l'Allemagne septentrionale, en Irlande, des dépôts étendus qui ont souvent une profondeur considérable. Les plus gi-andcs tourbières exploitées en France sont celles de la vallée de la Somme, entre Amiens et Abbeville ; de la vallée de l'Ourcq, près de Bcauvais : de celle d'Essonnes, près de Paris, etc.

TOURBILLON (d'un diminutif du lat. turbo), mouvement circulaire et violent que prennent l'eau ou le vent quand ils sont très agités. Voy. cyclone et trombe. Tourbillon rital. Voy. nctritio.n.

Système des tourbillons, système imaginé pr Descaries pour expliquer les mouvements des corps célestes et le mécanisme de l'univers. Ce philosophe suppose qu'il existe autour de chaque astre un grand nombre de particules très petites de matière, disposées en couches sphériques, et qui se meuvent i)crpétuellement autour de lui comme autour d'un centre commun. Le système des tourbillons est abaudonné depuis que Newton a démontré la gravitation universelle. Fontenelle en fut un des derniers défenseurs.

TOURDELLE (du lat. /Mrrfu«), nom vulgaire d'une espèce de (]rive. Voy. ce mot.

TOUR ET (de tour). En Mécanique, on donne ce nom : i' à une petite roue qui, dans les machines à tourner, reçoit son mouvement d'une plus grande ; — 2° à une pièce de fer, de cuivre, etc., ayant deux branches parallèles unies en haut et en bas pr une partie pleine qui reçoit un tourillon et une vis, et dont l'effet est de tendre ou de détendre une corde, etc. ; — 5" à une roue de fer que les lapidaires emploient pour graver des pierres et des médailles, et qu'ils font tourner avec le pied : cette roue fait mouvoir les outils qui y sont fixés et auxquels on présente la pièce que l'on veut graver.

Tourel, sorte de dévidoir ou de rouet à l'usage des cordiers. C'est un cylindre de liois traversé d'un axe de fer, et terminé à ses deux Iwuts par deux tringles ou planches de lx)is assemblées en sautoir. Les cordiers roulent dessus le fil de caret à mesure qu'il est fabriqué, afin d'en former de gros pelotons.

TOURETTE, plante crucifère. Voy. arabette.

TOUR JE, grosse Ixiuleille de grès entourée de paille ou d'osier, dont on se sert, dans le commerce des produits chimiques, pour transporter les liquides. On donne quelquefois à ces sortes (le Ixmteilles les noms de daniesjeannes et de Jacqueline».

TOURIÈRE. Voy. tour.

TOURILLON (de tour). Ce mot se dit. en général, des axes de fer sur lesquels se meuvent les tours ou treuils, les bascules, les roues hydrauliques, les cabestans, etc. : c'est un cylindre qui termine un arbre de rotation, et qui est soutenu par un coussinet. — Il se dit particulièreraeut du gros pivot sur lequel tourne une porte cochère, une grille, un ponl-levis.

En termes d'Artillerie, on nomme tourillons les deux

[)artics rondes et saillantes qui sont vers le milieu d'une wuchc à feu (canon, obusier, mortier), et qui servent à l'assujettir sur son alTùt.

TOURLOUROU, nom vulgaire donné, dans les Antilles, à un Cruslacé du genre Gécarcin. Voy. ce mot.

TOURIMALINE (de Turamali, dans l'ile de Ceylanl. On comprend sous ce nom un groupe d'espèces minérales identiques quant aux caractères cristallograpliiques ; elles se présentent en prismes généralement triangulaires, par hémiédrie du prisme hexagonal, terminés différemment aux deux extrémités, La tourmaline est pyroélectrique {Voy. pvroélectricité), d'où son nom a^imunActire-rendre. Au point de vue de la comjjosition, c'est un borosilicate fluorifère d'aluminium, de fer, de magnésium, de manganèse, de lithium; pour expliquer les divergences que présentent les analyses, M. Tscherm.ik a proposé de considérer les dilTérentes tourmalines comme des mélanges isomorphes de trois Ixjrosilicates différents; cette théorie, encore qu'un peu hypothétique, parait satisfaisaute. On distingue les espèces suivantes : 1° Achroîte^ incolore, jaune, rose ou

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