BATTEMENT
Vov. Desgodets, Lois des bâtiments fédit. augm. par Lepage, 18o7) ; Frémy-Ligneville, Traité de la législation des bâtiments{lSiS]. — Toy. aussi architecte, entrepreneur, voirie.
Conseil des Bâtiments civils. Voy. conseil.
Dans la Marine, on nomme Bâtiment toute espèce de navire, petit ou grand, toute construction pontée et disposée pour naviguer en pleine mer. On les divise, selon la nature du moteur, en B. à rames, B. à voiles et B. à vapeur. On les nomme, selon leur destination, B. de guerre, de commerce, de pêche, de transport, et on les distingue, selon leur force, leur mâture, leur grécmcnt, leur destination, par les noms particuliers de Vaisseau, Frégate, Brick, Flûte, Goélette, Cotre (Cutter), Sloop, Lougre, Aviso, Canonnière, Gabare, Galiote, Paquebot, Barque, etc.
BATISTE, toile fine de lin ou de chanvre, qui sert à faire des mouchoirs et de la lingerie de luxe, a été ainsi noumice de Baptiste Chambray ou de Cambrai, qui en fabriqua pour la l'* fois au sur siècle. On emploie, pour tisser la batiste, un fil très blanc nommé rame, qu'on tire du Haiiiaut. La fabrication de la batiste, qui a été longtemps un privilège exclusif de la France, s'est étendue auj. en Angleterre, dans les l'ays-Bas, en Suisse, etc. La batiste s'imprime maintenant aussi bien que les étoffes de coton et se fait avec dessins ou vignettes de toutes couleurs. — On appelle : B. Iiollandée la batiste la plus forte, parce que, comme la toile de Hollande, elle est très serrée et très unie ; toile d'ortie, une batiste écrue. faite avec du lin grisâtre. — On appelle improprement B. d'Ecosse une étoffe de coton dont le tissu est très serré.
BATITURES ou battitires, écailles ou parcelles qui se détachent d'un métal que l'on forge.
BÂTON (du radical bast, porter). De toute antiquité, le bâton a été employé comme marque de dignité et de pouvoir. Chez les Romains, les consuls portaient un bâton d'ivoire [scipio eburneus] ; les augures, un bâton, dit lituus, recourbé en forme de crosse, comme le B. pastoral que portaient autrefois les évèques et les abbés ( Voy. crosse). Les premiers rois de France tenaient d'une main le sceptre et de l'autre un bâton surmonté d'une main qu'on appelait mat» de justice. De tout temps, les généraux d'armée ont porté un bâton de commandement ; on appelle auj. B. de maréchal un bâton court, revêtu de velours violet et parsemé d'abeilles d'or, que portent les maréchaux de France.
En Blason, on appelle bâton la bande, réduite à un tiers de sa largeur et seule : alésé, le bâton se nomme bâton péri et sert généralement de brisure. De dextre à sénestre il est péri en bande, et dans le sens contraire péri en barre.
En Marine, on nomme : B. de vadel ou de guipon un long bâton garni de bouchons d'étoupe, dont on se sert pour goudronner le navire; B. d'hiver, une espèce de petit mât qu'on substitue à chacun des mâts de perroquet, dans la saison des vents.
En Musique, on appelle bâton de mesure un bâton de petite dimension dont les chefs d'orchestre se servent pour battre la mesure. '
En Botanique, on nomme vulg. : B. de Jacob, l'Asphodèle jaune; B. roya/. l'Asphodèle rameux; B. d'or, la Giroflée jaune à fleurs doubles; B. de St-Jean, la Persicaire et la Giroflée à fleurs rouges.
BÂTONNET, nom donné, en Histologie, à divers éléments anatomiques de forme allongée et régulière : par ex., les bâtonnets de la rétine, qu'on observe à rextrémité des fibres nerveuses sensorielles de l'œil.
BÂTONNET (jeu dc). Il cousistc à faire sauter vigoureusement, à l'aide d'un bâton, un autre petit morceau de bois pointu à ses deux extrémités.
BÂTONNIER de bâton). On appeUe ainsi le chef de l'ordre des avocats, parce que, les avocats formant autrefois une confrérie, dite de St-Nicolas, le chef de cette confrérie portait dans les cérémonies le bâton du saint. Le bâtonnier est chargé de présider les conférences des avocats, et de veiller à tout ce qui regarde la discipline de l'ordre ; il est assisté du Conseil de l'ordre. L'élection du bâtonnier appartient à l'assemblée générale des avocats (décret du 10 mars 1870) ; il est élu pour un an et il peut être réélu l'année suivante.
BATRACHOMYOMACHIE (dugr. paTpa/ojiuoixaYÎa; de ai-cpa/oî, grenouille, }jlû;, rat, et ixi/J,, combat). Combat des rats et des grenouilles, titre d'un poème héroïcomique, de 294 vers, qu'on at'ribue faussement à Homère,
et dont 1 auteur serait, dit-on, Pygrès, frère d'Artémisc, reine de Carie. C'est une espèce de parodie de l'Iliade.
BATRACIENS (du gr. ^axoayoç, grenouille), ou ahpiii- BiENs, ordre de la classe des 'Reptiles, caractérisé par l'absence d'écaillés à la surface de la peau, par l'existence de métamorphoses, et aussi parce que, comme les poissons, ils sont dépourvus d'allantoîde. Ce sont des animaux à sang froid et à circulation double et incomplète : le sang traverse deux fois le cœur; mais comme celui-ci n'a qu'un seul ventricule, le sang artériel se mélange avec le sang veineux. La respiration, aquatique au début et s'effectuant avec des branchies, est plus tard aérienne et pulmonaire : de plus la respiration cutanée prend une importance qu'elle n'a pas chez les animaux couverts de poils ou d'écaillés. Presq^ue tous sont ovipares. Certains batraciens ont la propriété de réparer leurs pertes et de se compléter après Su'on les a mutilés : les Salamandres et les têtards des renouilles peuvent reproduire non seulement leur queue détruite, comme le font les Lézards, mais aussi une partie de la tête et des membres entiers. — Parmi les espèces éteintes nous citerons : les Archégosaures, qui ont apparu à l'époque permienne ; les Labyrinthodons et Mastodontosaures, animaux triasiques; enfin le Telerpeton elginense de Mantell, le plus ancien des vertébrés aériens que l'on connaisse. D'espèces vivantes, on en connaît environ 200. On les a rangées dans 4 groupes : 1° les Anoures ou Batracides, qui à l'état adulte perdent par résorption la queue et les branchies qu'ils possédaient à l'état jeune ; on les divise en deux familles : les Pipadés [Pipas, Dactylèthres) qui n'ont pas de langue, et les Banidés [Rainettes, Grenouilles, Crapauds) ; 2° les Urodèles ou Salamandres, qui perdent leurs branchies, mais gardent leur queue [Salamandres, Tritons) ; 3° les Cécilies ou Faux Serpents, qui ont la forme extérieure des serpents et, sous le rapport des métamorphoses, sont intermédiaires entre les Urodèles et les Branchifères ; 4" les Branchifères ou Pérennibranches, ou Pseudo-Salamandres, qui gardent pendant toute leur existence leurs branchies et leur queue [Tritomégas, Protées, Sirènes, etc.).
BATTAGE (de battre), opération d'Agriculture qui a pour but de séparer les grains de leur épi et les graines de leurs enveloppes. Il y a peu de temps encore, le blé, le seigle, les pob, les Haricots, le trèfle, la luzerne, etc., ne se battaient guère que de deux manières : au fléau [loy. ce mot), sur l'aire de la grange, ou bien en les faisant fouler aux pieds par des chevaux ou des mules : ce dernier mode de battage, particulièrement usité dans le Midi, est connu sous le nom de dépiquage. Il y avait aussi le B. au rouleau, pratiqué au moyen de rouleaux en bois ou en pierre, traînés par des cfeevaux. Ces divers moyens étaient lents, coûteux et laissaient perdre beaucoup de grain. Ils ont été remplacés avec avantage par la batteuse mécanique, ou machine à battre, mise en mouvement à laide d'un cheval ou d'une locomobile. Cette machine, imaginée en 1786 par l'Ecossais Andrew Meikle. ne fut introduite en France qu'en 1818. Perfectionnée depuis par divers constructeurs, elle tend à devenir d'un usage général. — On se sert encore de battes ou de baguettes pour ^rener la navette et le colza, ou bien on frappe les tiges, réunies en bottes, sur les parois d'un toiuieau, défoncé d'un côté. On égrène le maïs en frottant les épis les ims contre les autres, et le lin, au moyen d'un peigne à dents de fer. On rencontre aussi dans les industries textiles des machines à battre le coton ou la laine, qui ont pour but de les débarrasser des corps étran^rs qui y sont mélangés. — Dans l'industrie des cuirs, l'opération du battage a pour but de leur donner de la fermeté et régulariser leur épaisseur. — Le battage des métaux a pour but d'obtenir des feuilles très minces, à l'aide du marteau.
BATTANT BROCHEUR, machine imaginée par Meynicr, de Lyon, à l'aide de laquelle les dessins ou bouquets des étoffes de soie brochées sont faits chacun séparément, sans qu'il soit besoin, de couper .ni de perdre aucune partie des lils colorés.
BATTEMENT (de battre), nom donné, en Médecine : aux mouvements de contraction ou de dilatation du cœur et des artères [Voy. pocls) ; aux mouvements spasmodiques
3u'on observe quelquefois dans les muscles des {jaupières, e la face, des organes intérieurs, etc. ; enfin, aux pulsations que font éprouver certaines parties enflammées et les poches anévrismales.
En Physique, on appelle battements un phénomène