‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 164 sur 1729 · BAUME · texte numérisé non relu

BAUME

d'acoustique que l'on oblienl en produisant siinultanémcnt deux sons livs voisins de l'unisson. On entend alors un seul son qui parait alternativement alFailtli et renforcé, comme s'il était discontinu. Plus on est voisin de l'unisson,

ftlus les battements sont lents. De là un moyen d'accorder es deux sons; il suflit de modifier l'un d'eux jusqu'à ce que les battements disparaissent. Ce phénomène est dû à ce que le son résulte d'une vibration transmise par l'air du corps sonore à l'oreille. Les impulsions excitées par les deux corps sonores mis ensemble en action viennent alternativement s'ajouter cl se détruire dans l'oreille, parce qu'elles sont alternalivcmenl de même sens et de sens contraire. Voy. INTEBFÉRF.SCE.

On appelle! encore ballemcnl : en Musique, 1° un agrément de chant ; 2° l'action de battre la mesure ; — en Chorégraphie, certains mouvements en l'air qui se font avec une jambe, tandis que l'autre soutient le poids du corps ;

— en Escrime, un coup qui consiste à frapper d'un coup sec la lame de son épee contre celle de son adversaire : on distingue le B. de tierce, le H. de quarte, etc. ; -— en Architecture, une tringle de bois ou de fer, qui cache la jonction des deux vantaux d'une porte ou d'une croisée. Le battement peut être rapporté ou faire corps avec le battant de porte ou de croisée.

BATTERIE, en Art militaire, réunion de plusieurs bouches à feu destinées à agir concurremment. On désigne les batteries suivant le but qu'elles poursuivent fB. à démonter, de brèche, de démolition), leur composition (B. de mortiers, de canons), leur genre de tir (B. à tir plein fouet, à tir plonireanl. à tir vertical), leur position par rapport à la position attaquée (B. de revers, d'enlilade).

On doinie encore le nom de batterie : à un ouvrage de fortification (B. de côte), à une construction destinée à abriter des bouches à feu (B. blindées, casematées) ; — aux parties d'un navire où sont installées les pièces ; — à une compagnie d'artillerie et son matériel (B. de campagne, de montagne, etc. ; B. à cheval, B. à pied) ; — à une pièce d'acier qui couvre le bassinet des fusils à silex et contre laquelle se heurte la pierre qui porte le chien; — aux divers airs que l'on bat sur le tambour pour régler le service dans les troupes (la générale, Vassemolée, le rappel, le réveil, etc.).

En Musique, on donne le nom de batterie à une manière de frapper l'une après l'autre les différentes notes d'un accord. — On appelle encore batterie, dans les orchestres, la réunion des instruments à percussion.

Batterie électrique, B. galvanique, en Physique, appareils disposés pour produire de fortes décharges électriques.

Voy. BOUTEILLE DE LEYDE et PILE.

BATTEUR D'OR, artisan qui bat les lames d'or, et les réduit en feuilles très minces, destinées à la dorure. L'or qu'on emploie pour ce travail doit être parfaitement pur. Après avoir réduit le métal, par plusieurs laminages successifs, à un ruban de 0"',001 d'épaisseur, on le coupe par quartiers d'environ 0°',04 de long; on bat ensuite ces quartiers d'abord à nu, puis entre des feuilles de vélin formant un cahier appelé moule à caucher. Les feuilles d'or, ainsi battues, sont coupées en 4 et placées entre des feuilles de baudruche : le nouveau cahier, appelé chaudret, est encore battu et les feuilles d'or réduites à une ténuité telle que 30 gr. d'or peuvent fournir 5 000 feuilles carrées de 0",09 de côté, et couvrir, par conséquent, une surface de 40 m. carrés. Les rognures qui se détachent de ces feuilles servent à faire \'or en coquille, destiné à la peinture. On se sert des mêmes procédés pour battre l'argent et même le cuivre. — L'art du batteur d'or est très ancien, il était connu des Romains; mais, suivant Pline, on ne tirait alors d'une once d'or que 5 à 600 feuilles de quatre doigts en carré.

BATTEUSE, se dit, en Mécanique agricole, d'une machine destinée à séparer les grains des tiges qui les portent. On distingue surtout les lutteuses pour céréales et les batteuses pour graines fourragères. Elles sont mues soit à la main, soit plutôt par un manège ou par une machiiK à vapeur.

— Les premières batteuses mécaniques, destinées à remplacer le fléau, ont été construites au xyiii» siècle par l'ingénieur écossais Meikle. On en fait aujourd'hui de nombreux modèles.

BATTOLOGIE ^du gr. paTToTvOvîa, du poète Battos qui était bègue], répétition inutile d'une même expression. C'est le défaut des personnes qui ont adopté un mot qu'elles placent à tout propos , et qu'elles prononcent comme machinalement ; défaut aussi fatigant qu'il est répandu.

BATTRE (maohises à). Voy. battage.

BATTUE. On appelle battue toute chasse au fusil dans laquelle des traqueurs font lever le gibier et le rabattent sur les tireurs. On chasse en battue dans les grandes chasses réservées et dans les propriétés de l'Etat pour détruire les animaux nuisibles. Voy. chasse et louveterie.

BATTUE, bruit que fait entendre le cheval en posant à terre soit un pied, comme dans le pas, soit un bipède diagonal, comme dans le trot.

BATZ (de l'ail. Batzen), anc. monnaie de Suisse et d'Allemagne : c'était une petite pièce de cuivre, saucée d'argent, oui valait env. 0 fr. 15. Le batz suisse a été réduit à ô fr. 10, en 1850, quand le système monétaire français fut adopté en Suisse.

BAU, nom donné à de longues solives qui traversent un navire d'un flanc à l'autre, et servent à soutenir les tillacs et afl'ermir le bordage. On nomme : B. de dalle le premier bau vers l'arrière ; B. de lof, le dernier bau sur l'avant ; maître bau, celui qui traverse le bâtiment dans sa plus grande largeur; faux baux, des solives semblables aux baux ordinaires, placées à 2 m. de dislance l'une de l'autre sous le premier tillac des grands vaisseaux, afin de fortifier le fond du bâtiment, et de former le faux pont.

BAUBI ou CHIEN NOR.\rANit, variété du Chien domestique, dont le corps est épais et la tête courte ; on l'emploie à la chasse du renard et du sanglier.

BAUCIS, 172° petite planète, trouvée le 5 février 1877 par Borrelly à Marseille. Voy. planètes.

BAUD, race de Chiens, originaire de Barbarie.

BAUDET, nom vulg. de l'Ane étalon. Voy. âne.

BAUDRIER (du b.-lat. balterarius, de oalteus), bande de buffle, de cuir ou d'étoffe, qui se met en écharpe, et sert à porter l'épée ou le sabre. Le baudrier existait chez les Romains : au moyen âge, c'était un signe de commandement. Dans nos armées, il a été plusieurs fois abandonné et repris : supprimé par Louis XIV en 1690, remis en faveur vers la fin du siècle dernier, il a été auj. remplacé par le ceinturon.

Baudrier de Neptwte, espèce d'Algue. Voy. laminaibk saccharine.

Baudrier d'Orion. Voy. orion.

BAUDROIE ou baudreuil (comme le suiv.), Lophius, dite aussi Baie pêcheuse ou Diable de mer, genre de Poissons acanthoptérygiens, de l'ordre des Squamodcrmes, famille des Pectorales pédiculées, commun dans la Méditerranée et dans l'Océan d'Europe. Ce poisson est surtout remarquable par sa forme bizarre et laide, par sa tête énorme et sa taille, qui atteint presque 2 m. 11 vit habituellement sur le sable ou enfoncé dans la vase, et fait flotter au-dessus les filets longs et mobiles dont sa tête est armée, attirant ainsi les poissons, qui les prennent pour des vers.

BAUDRUCHE (du vieux franc, baudrée, cuir, peau, d'où baudrier), pellicule membraneuse qui tapisse le gros intestin du bœuf et du mouton : on en fait, en la dégraissant et la préparant, une espèce de parchemin fort léger que les médecins emploient quelquefois pour garantir du contact de l'air les plaies et les surfaces malades (d'où son nom àe peau divine), et les batteurs d'or pour réduire l'or en feuilles; elle sert aussi à faire de petits ballons ou aérostats.

BAUFFE ou Maîtresse Corde. Les pêcheurs maritimes nomment ainsi une grosse corde le long de laquelle sont distribuées nombre de lignes garnies d'haims ou hameçons et dont l'extrémité reste ordinairement fixée au rivage.

BAUGE (du b.-lat. bugia), endroit touffu et marécageux où le sanglier fait sa reposée pendant le jour.

bauge ou bauche. Voy. torchis.

BAUHINIE (des frères Bauhin, botanistes du xvi" siècle], Bau/iinia, genre de la famille des Légumineuses Césalpiniées, renferme des arbrisseaux élégants, propres aux régions équatoriales. La B. cotonneuse est un excellent vermifuge.

BAUME (du gr. pà)iaa[iov), Balsamum. On comprend sous ce nom un grand nombre de substances liquides ou concrètes, d'origine végétale, qui contiennent de l'acide benzoïque ou cinnamiquc, quelquefois les deux rémiis, soit à l'état libre, soit associes à divers alcools sous forme d'éthers; ils renferment aussi en même temps une ou plusieurs huiles essentielles, comparables aux essences de térébenthine, de thym, etc., ainsi que différentes résines. Les principaux baumes sont : le benjoin, le liquidambar, le baume du Pérou, le baume de Tolu, le storax, le

Page 1