‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1634 sur 1729 · TUBE · texte numérisé non relu

TUBE

ou plale-forme, et désigne si)ccialemcnt : 1° un çrand billard plus long et plus large que les billards ordinaires ; 2» une sorte de camion, et, dans les Chemins de Ter, une plateforme montée sur des roues, sur laquelle on élève au moyen d'un mécanisme des voitures et des bagages afin de les transporter au loin; 5» un appareil en usage dans les Théâtres pour faire mouvoir certains décors et exécuter des changements à vue. — T7nic se prend aussi pour secret, moyen caché d'exécuter un tour de passe-passe ou de pliysi([ue amusante.

TRUCHEMENT. Vov. drogman et interprète.

TRUELLE (dimin. du lat. trua, cuiller à pot), outil dont se servent les Maçons et les Couvreurs pour employer le plâtre et le mortier; les Ramoneurs, pour nettoyer les corps de cheminée, etc. La truelle des Maçons est ordinairement en cuivre, de forme rectangulaire (en trapèze isoscèle), et garnie d'un manche en bois un peu recourbé. — La truelle est un des principaux symboles des Francs-Maçons.

Dans les Ménages, on donne ce nom à un instrument en métal, à peu près de la même forme, avec lequel on découpe et on sert le poisson à table.

TRUFFE, Tubei; genre de la famille des Champignons Ascomycètes-Tubéracées. Les Trulfes croissent, vivent et se reproduisent au sein de la terre : ce sont des masses mformes, charimes, raboteuses, dont la grosseur varie depuis celle d'une noix jusqu'à celle d'un œuf, sans apparence de racine, et oll'rant à peine quelques signes extérieurs d'organisation; leur chair est ferme, traversée par des veines disposées en réseau et dirigées en tous sens. Comme tous les Champignons, les Trulfes ont un myceliiun qui, à une certaine époque de l'année, s'étend à travers le sol et donne naissance à de nouvelles truffes. — L'espèce la plus importante est la T. comestible [T. melanosporum) : c'est la plus commune en France et la plus estimée pour sa saveur et son parfum. Dans le Commerce, la Truffe noire est souvent mélangée avec la T. d'été, qui a le même aspect, mais qui lui est inférieure sous le rapport du goût. Parmi les autres espèces, on remarque le Ter/'ei des Arabes, la T. imis-

?uée, etc. On appelle T. de cerf les Elaphoviyccs. — es trulfes se trouvent dans toutes les contrées du globe ; mais la France et le Piémont sont les pays qui en produisent le plus ; celles du Périgord sont particulièrement estimées. Les truffes entrent comme assaisonnement dans une foule de ragoûts ; on en garnit les pâtés de foies gi'as, on en farcit les volailles, etc. ; elles ont une odeur et un goût qui flattent le palais : elles excitent l'appétit, mais elles sont indigestes et échauffantes, quand on en maiige sans modération. La recherche des trulfes est difficile : elle se fait au hasard, en piochant la terre dans les lieux où l'on croit qu'il s'en trouve ordinairement, c.-à-d. dans les forêts de cliènes et de châtaigniers, dont le terrain est argileux, mêlé de sable et humide. Le plus souvent on emploie à cette recherche les porcs, les truies ou les chiens, à cause de la finesse de leur odorat. Quand la truie approche d'une truffière, le chercheur observe avec soin la manière dont elle fouille la terre, et, au moment où elle va découvrir la truffe pour la manger, il l'écarté avec le bâton et achève lui-même la fouille. Pour dresser les chiens à cet exercice, on met dans leur pâtée des trulfes hachées; on leur fait ensuite chercher cette pâtée dans la terre, puis on les conduit dans une truffière : il faut environ un ou deux mois

[)our dresser un chien. Les truffes se conservent assez bien lors de terre pendant un mois, et même plus, pourvu qu'elles n'aient point été entamées, qu'elles soient tenues à l'abri de l'humidité et de la grande chaleur, dans de la terre ou du sable. Quand on veut les conserver longtemps, il faut les faire sécher au four.

L'usage des Truffes était déjà connu des Romains : ils les faisaient venir particulièrement de Libve.

Truffe d'eau, un des noms vulgaires rfe la Macre.

TRUIE, la femelle du Verrat. \'oy. cociiox.

Les anciens immolaient la truie à Cérès parce qu'elle détruit les productions de la terre. On sacrifiait aussi cet animal à Junon, honnrée comme protectrice de la terre. Lorsqu'on faisait quelque alliance ou qu'on jurait la paix, la transaction était conlirmée par le sang d'une truie.

TRUITE 'du lat. truila), Salar, espèce du genre Saumon, dont (luelqucs-uns font un genre spécial, ne diffère des vrais Saumons que par les deux rangées de dents dont est armé le corps du vomer. Les Truites abondent dans les mers circumpolaires ainsi que dans les eaux douces et vives de toute l'Europe. La T. commune [S. Ausonii) a

une teinte généralement grisâtre, avec des reflets dorés cl argentés ; ses lianes sont d'un jaune doré mêlé de vert ; ses nageoires sont ornées de nuances pourprées, et tout son corps est couvert de taches rouges, entourées d'un cercle plus pâle. Les poissons de cette espèce, qu'on pêche dans la Semé et ses affluents, ont de 0 m. 50 à 0 m. 40 et pèsent un demi-kilogr. ; mais dans l'Arve et le lac de Genève on en trouve qui pèsent 10 kilogr. et plus : du reste, ce ne sont pas les meilleurs. La 7'. saumonée [Salmo Iruita) a la chair rose comme celle du Saumon ; les taches de son corps sont noires ; sa tête est petite et en forme de coin; elle atteint jusqu'à 0 m. 80. Cette espèce se trouve dans les ruisseaux qui se jettent immédiatement dans la mer ; mais ce n'est que vers le milieu du printemps qu'elle entre dans l'eau douce. La T. de montagne [S. lacuslris) a des taches noires, rouges et argentées, sans anneaux, le dos verdâtre et le ventre blanc : c'est la plus petite espèce ; elle est commune en Suisse ; on la trouve jusque dans le lac élevé du Mont-Cenis; sa chair est tendre et délicate. Une de ses variétés, la T. pointillée ou Carpioii, est commune dans les lacs des Alpes. La T. ombre-chevalier n'a point de taches sur le corps : dos blanc changeant en vert, chair gi'asse délicatCianalogucàcelle de l'anguille: cette espèce est particulière au lac de Genève.

TRUMEAU (orig. inc), l'espace de mur situé entre deux fenêtres ou entre deux baies de portes; il se dit aussi d'un parquet de glace qui occupe cet espace, ou qui est placé au-dessus d'une cheminée. — Dans les églises du moyen âge, le trumeau est plus particulièrement le pilier qui divise en deux baies une grande porte, sous un même arc, et qui soutient le tympan. Ce pilier est souvent orné d'une statue.

En termes de Boucherie, on appelle trumeau le jarret ou la partie coupée au-dessus de la jointure du genou du bœuf.

TRUSQUIN ou TROussEQUi.N, outil de Menuisier servant à tracer des lignes parallèles au bord d'une planche, se compose d'une planchette que traverse à frottement une tige carrée portant latéralement une pointe. Pour s'en servir, on enfonce plus ou moins la tige, puis on fait glisser la planchette le long du bord de la planche.

TRYPSINE, diastase existant dans le suc pancréatique [Voy. ce mot) et transformant les matières albuminoïdes en peptones. Son action est tout à fait comparable à celle de la caséase [Voy. caséase).

TSAR. Voy. czAR.

TSCHY, ou correctement chtchi, potage russe, maigre ou gras, dont les choux forment la base.

TSÉTSÉ, Cynomyia, Glossina morsitans, espèce de Mouche africaine très redoutable aux animaux domestiques, mais qui attaque peu l'homme; elle appartient à la tribu des Conopsaires et a beaucoup de rapports avec les Stomoxcs. Elle est un peu plus grande que la mouche commune ; son corselet est châtain pâle et couvert de jioils gris, son abdomen jaunâtre tacheté de noir; sa trompe est longue et ressemble à une soie cornée. Celte mouche vole au bord des marais et fait entendre un bourdonnement mêlé de bruits sourds et de sons éclatants.

TUB (mot angl. qui signifie cuve, baauet), large cuvette plate en métal, garnie de bords peu élevés, qui sert aux ablutions corporelles.

TUBA. Voy. sax.

TUBE (du lat. tubus, tuyau), petit tuyau d'un diamètre étroit, par où l'air, les gaz et les liquides peuvent passer et avoir une issue libre. — En Chimie, on se sert, pour recueillir les produits gazeux sous l'eau ou sous le mercure, de tubes conducteurs en verre auxquels on donne divers noms, selon leur forme ou l'emploi auquel ils sont destinés. On appelle tubes de sûreté, des tubes droits ou coudés nue l'on adapte à un appareil pour empêcher le passage d'un liquide d'un vase dans un autre, lorsque la pression exercée à la surface de ce liquide vient à changer. Les tubes à essai sont de petits cylindres de verre mince fermés à un bout dans lesipiels on effectue des réactions qui ne peuvent être obtenues que sous l'action de la chaleur. (Jn emploie aussi, en Chimie, des tubes gradués de toutes formes. — En Physique, on se sert également de tubes dans une foule de circonstances. Certains appareils ont la forme de tubes, p. ex. les thermomètres, les baromètres, etc. Voy. TDYAu.

Tube digestif, T. intestinal. Voy. digestif (appakeu.^

et INTESTIN.

TLBER

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