‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1633 sur 1729 · TRUC · texte numérisé non relu

TRUC

Trous de loup, excavations qu'on fait autour d'un ouvrage de fortification pour en rendre les approches nlus difliciles; ils sont de fonne Ironconique et ont 1 m. 50 de profondeur; le fond en est garni de piquets appointés ainsi que les espaces qui les séparent.

TROUBADOURS (du provençal trobairé au cas sujet, trobaduf au cas régime, de trobar, trouver). On désigne sous ce nom les poètes presque exclusivement lyriques qui ont écrit dans les divers dialectes de la langue d'oc du XII' siècle au xvi". Ils allaient de château en château, par les cours, et trouvaient toujours auprès des plus grands seigneurs et des plus nobles châtelaines une hospitalité empressée. Ils récitaient eux-mêmes leurs poésies, mais ils étaient généralement escortés de jongleurs (joglars) qui soutenaient leurs récitations d'un accompagnement musical (violes, harpes, tamixjurijis, castagnettes, etc.). Ceux-ci pouvaient à leur tour s'élever à la dignité de trouhadours. Ils ont cultivé toutes les formes de la poésie lyrique : les cansôs qui expriment toutes les variétés de l'amour chevaleresque; le sirventès qui dilfère de la chanson d'amour t)ar l'inspiration oui en est ordinairement satirique ou )elliqueu5e ; le j)lanh ou complainte ; les tensôs. sortes de combats poétiques, Y aubade, la pastourelle et la ballade. Près de deux cents d'entre les troubadours ont joui d'une véritable célébrité à leur époque. On les divise ordinairement en 5 groupes : 1' l'Ecole de Provence, qui comprend les Provençaux propr. dits. ÏE. de Vienne et \'E. de Mont ferrât ; "2° l'E. d'Aquitaine, qui comprend r£. limousine, où l'on voit Bertrand de Uorn et Bernard de Ventadour, l'E. de Gascogne et l'E. de Saintonge: ô" l'E. d'Auvergne avec Pons de Capdueil. Pierre Rogier et Pierre d'.\uvergne; 4° l'E. de liodez; .')<> l'E. de Languedoc, qui comprend l'E. de Toulouse, ÏE. deSarbonne et l'E. de Béziers. — La poésie des troubadours se faisait déjà rcmai-quer par la perfection de la forme et une très grande variété de rythmes. Mais la guerre des Albigeois, en |xjrtant atteinte à l'indépendance du Midi, frappa du même coup la poésie provençale qui, d'ailleurs destinée à charmer les cours galantes et polies du Midi, ce qui lui fit donner le nom de poésie courtoise, ne pouvait ptmsser dans le peuple de profondes racines.

On a imprimé un grand nombre de Hecûeils renfermant un choix oe poésies des troubadours ; les principaux sont dus : à Raynouard, Choix des poésies originales des troubadours, 1816; à Rochegude. à K. liiez, ta Poésie des troubadours, à Mary Lafon, etc. M. C.-A.-F. Mahn publie à Berlin la collection complète des poésies des troubadours. Voy. aussi : Chrestotnalhie provençale, par Bartsch, 1880; les Derniers Troubadours de la Provence, par Paul Meyer, 1871 ; Des rapports de la poésie des trouvères avec celle des troubadours Honiania, janvier 1890. t. XIX, p. 1, 62), par Paul Meyer.

L'Histoire des troubadours de îldlot (1774) est fort arriérée. Voy. Fauriel, E. de Laveleve, Gatien-Arnoult, E. Baret, Les troubadours et leur influence sur la littérature du midi de l'Europe, 5* édil.. et surtout Karl Bartsch [Grundriss zur Geschichle der Provenzalisclien Lileratur, 1872).

TROUBLE (de troubler, du b.-lat. lurbulare). Eu Jurisprudence, ce mol se dit de l'interruption qui est faite à quelqu'un dans sa possession. On appelle : T. de fait, celui qui se commet par quelque action qui nuit au possesseur, comme quand un autre vient prendre possession du même héritage, qu'il le fait labourer ou ensemencer, qu'il en fait récolter les fruits, ou quand il empêche le possesseur de le faire ; T. de droit, celui qui. sans faire obstacle à la possession de fait, empêche néanmoins qu'elle ne soit utile j)our la prescription, comme quand on fait signifier quelque acte au possesseur pour interrompre sa possession. 'Le propriétaire ou bailleur est tenu d'indemniser le locataire ou fermier lorsqu'il a été troublé dans sa jouissance (C. civ., art. 1725-26).

TROUBLE ou TRCBLE, sorlc de filet en forme de poche, monté sur un cercle ou un ovale, traversé par une perche qui en forme le manche, et dont on se sert pour pêcher le long des rivages, en l'enfonçant dans l'eau de manière à la troubler. — In troubleau est une petite trouble.

TROU-MADAME jeu duJ. Il rappelle notre ancien billard de terre et se joue avec des boules qu'on tâche de pousser dans des ouvertures en forme d'arcades marquées de dilférents chiffres. Avec des billes d'ivoire et des arcades ad hoc il peut se jouer sur une table de billard.

TROUPE. Voy. armée, ligxe, infanterie, etc.

TROUPIALE. Iclerus, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux conirostres, famille des Sturnidés, renferme des espèces d'Amérique, qui ont les mœurs de nos Etourneaus. Les Troupiales vivent en troupes nombreuses dans les plaines, les cliamps cultivés et les vergers ; ils se nourrissent d'insectes, de vers, de baies et de graines; leur vol est rapide et léger; leur chant consiste en une sorte de sifflement. Ils construisent leur nid avec beaucoup d'art. On les apprivoise facilement; quelques-uns même i sont susceptibles d'éducation. Les espèces prhicipales sont : I le Troupiale varié, le T. de St-Domingue, le T. à tête ! dorée ou Demoiselle, le T. jaunâtre, le T. à aile de ! pourpre ou Commandeur, etc.

; TROUSSE (de trousser, du lat. tortiare, lier ensemble), faisceau de plusieurs choses liées ensemble, de quelque nature qu'elles soient, linge, clefs, herbes, etc. : c est ainsi qu'on appelle trousses ou trosses ces grosses bottes de foin que les cavaliers rapportent du fourrage.

TROUSSE, espèce d'étui ou de portefeuille divisé en compartiments, et contenant les instruments les plus nécessaires à un chirurgien, tels que ciseaux droits et courbes, bistouris, pince à anneaux pour les pansements, pince à disséquer, spatule, sondes, 2 ou 5 stylets, crayon garni de pierre infernale, rasoir, lancettes, porte-mèche, érigne, aiguille à séton, aiguilles à suture, etc.

Autrefois on donnait le nom de trousses à de larges chausses, comme celles que portaient les pages : doù l'expression avoir quelqu'un à ses trousses.

TROUSSEAU (de trousse). On entend le plus souvent par ce mot les robes, habits, linges et nippes de tout genre que la fille, en se mariant, reçoit de ses parents. Sous l'empire du Droit coutumier, dans certaines provinces de France, les filles mariées appelées à la succession de leurs père et mère devaient rapporter leurs trousseaux à la masse de la succession. Sous le régime du Code civil, si le trousseau est estimé une certaine somme par le contrat de mariage, cette somme fait partie de la dot et en partage les privilèges.

TROUSSE-GALANT, nom vulgaire donné à plusieurs maladies épidémiqucs, comme le choléra-morbus, ainsi appelées parce qu'elles enlevaient en très peu de temps les hommes les plus robustes.

I TROUSSEQUIN (de trousse], pièce de bois cintrée, qui ' s'élève sur le derrière d'une selle; par extension, on I nomme ainsi la partie postérieure de l'arçon qui se relève légèrement pour former le siège. — Les selles dont le I troussequin forme une saillie marquée sont dites à troussequin, les anciennes selles d'ordonnance de l'armée étaient de ce modèle; les autres sont dites rases, les selles anglaises sont de ce genre; les peuples qui pratiquent beaucoup l'équitalion, les Cosaques, les Arabes, les Mexicains, ont des selles à troussequin 1res développé. — Outil. Voy. TRusQUis.

TROUSSER, terme sous lequel on désigne, chez le cheval, une modalité de l'allure du trot consistant en un fort relèvement des genoux.

TROUVÈRES (du b.-lat. trovator), poètes de la langue d'oïl, au moyen âge [Voy. trouvères au Dict. d'Uist. et de Géogr.j. — Barbazan, Lcgrand d'Aussy, Méon, A. Jubinal, Francisque Michel, Arthur Dinaux, etc., ont public un grand nombre de fabliaux et de contes de nos anciens trouvères. On peut encore consulter sur celte jjartie de l'histoire de notre poésie Yillemain, Edg. Quinet, Gervais, De la Rue, etc.

TROX (du gr. xpwc, ver), genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères penlamères, famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides, renferme une cinquantaine d'espèces, répandues partout. Le Trox sabulosus est assez commiui aux environs de Paris : on le rencontre par terre, dans les champs, dans les endroits sablonneux et un peu secs.

TROY (livre), poids d'Angleterre. Voy. livre.

TRUAND (du b.-lat. trutannus, du celtique fru, misérable?), vieux mot français, se disait d'un mendiant vagabond, d'un vaurien qui vit dans le libertinage et la fainéantise Au moyen âge, la Cour des miracles, à Paris, était le repaire de ces bandits. Il ne reste plus d'autre trace de leur existence aujourd'hui que les noms de Graiule et Petite-Truanderie, portés par deux rues du quartier des Halles.

TRUBLE, filet. Voy. trouble.

TRUC ;de l'angl. truch), se dit en général de toute table

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