‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1658 sur 1729 · VENTILATION · texte numérisé non relu

VENTILATION

Parmi les vents périodiques, il faut aussi compter les brises qui peiulaut le jour soufllcnt de la mer vers la terre, et pendant la nuit, de la terre vers la mer.

Les anciens n'avaient aucune idée de la cause des vents : c'est à Halley et à Franklin que l'on doit les premières notions exactes sur leur origine. Ces savants ont montre qu'en général les vents résultent des différences de densité produites dans l'atmosphère par suite de l'inégal échauffement de la surface terrestre par les rayons au soleil, soit dans l'espace d'une journée, soit dans l'espace d'une année. Conune causes accessoires, il faut ajouter la condensation des vapeurs atmosphériques, les commotions électriques dans les orages, et. pour certains vents réguliers, conune les vents alizés, la rotation de la terre. Voy. mocsso.ns et ALizKS (vents). Voy. aussi ocragax, orage.

On a imaginé divers instruments soit pour indiquer la direction du vent [girouettes, aiiémoscopes), soit pour en mesurer la force et la vitesse {anémomètres, anémographes). A l'aide de ces derniers on a constaté que la vitesse du vent varie depuis 50 mètres par minute pour le vent le plus faible, jusqu'à 2700 mètres, vitesse qu'atteint quelquefois l'ouragan ; un vent onlinaire parcourt près de 100 mètres par minute.

Les vents exercent l'influence la plus puissante sur la température, sur la végétation et sur la santé de l'homme : tantôt salutaires, ils adoucissent les rigueurs du froid ou tempèrent les chaleurs excessives, ils favorisent la végétation en transportant les vapeurs humides et chaudes de l'Océan dans les contrées sèches et arides, ils purilient l'air en dis|)ersant dans l'espace les miasmes délétères accumulés à la surface du sol ; tantôt funestes, ils propagent les épidémies, ils apportent la désolation et la mort par leur sounle ou glacial (l^ise, mistral], ou brûlant (simoun, sij-occo, khatnsin). C'est au vent que sont dues les tempêtes, les trombes, les cyclones, etc.

Tout le monde sait comment l'homme a su appliquer à son usage la force du vent, soit comme moteur mécanique dans les moulins à vent [Voy. moclix], soit comme propulseur dans la navigation à voiles. Grâce à l'étude de la direction générale des vents, la longueur des traversées a été considérablement ré<luite depuis quelques années. On le doit surtout aux recherches du lieutenant américain Maury. M. Braull, reprenant les études de Maury relatives au régime des vents et en étudiant non seulement leur direction, mais aussi leur intensité et leur succession, est parvenu à dresser des cartes de la plus haute importance, non seulement pour les navigateurs, mais aussi pour la météorologie. Ainsi il a pu constater un grand centre de rotation atmosphérique dans les parages de l'île Florès (Açores), la marche des calmes équatonaux, et pour ainsi dire l'existence de deux immenses cheminées d'aspiration au Sahara et dans le golfe du Mexique. — Consulter Duclaux, Cours de physique et de météorologie. Voy., pour le reste de la bibliographie, au mot orage.

Dans le langage des marins : avoir vent en poupe, c'est avoir vent en arj-ière ; avoir vent debout, c'est avoir le vent contraire à la route que l'on veut suivre. On appelle : vetit d'amont, ou de leire, celui qui vient de terre ; vent de mei\ celui qui vient du large, etc. — Les Marins distinguent aussi les vents par leurs vitesses relatives : de là 12 nuances ou gradations qui ont chacune leur dénomination particulière : calme, presque calme, brise légère, petite brise, jolie brise, bonne brise, vent frais, grand vent, vent impétueux, coup de vent, tempête ci ouragan.

Les anciens faisaient les Vents fils du Ciel et de la Terre, ou bien encore d'Astréus et de Rbéa ou d'IIéribée. Eole, leur roi, les tenait enfermés dans les cavenies des îles Eoliennes. Les noms des principaux vents étaient chez eux : pour le Nord, Borée et Aquilon; pour le Sud, Sotus, Auster, Africus ; pour l'Est, Eurus; pour l'Ouest, Zéphire et Favonius.

Vents, flatuosité. Voy. pseumatose.

VENTAIL, partie inférieure de l'ouverture d'un casque. — Battant de porte. Voy. vantail.

VENTE (de vendre). C'est, aux termes du Code civil (art. 1582', une convention par laquelle une personne s'oblige à livrer une chose, et l'autre à la paver : le vendeur contracte l'obligation non seulement de livrer la chose vendue, mais encore de garantir l'acheteur contre Vévictionel les vices de la chose [Voy. ces mots). Celte convention se forme par le seul consentement des parties ; elle est parfaite et la propriété est acquise de droit à l'ache-

teur, dès qu'on est convenu de la chose et du prix, quoique la chose n'ait pas encore été livrée ni le prix payé (art. 1585). Toutefois la vente d'un immeuble ne donne à l'acheteur un droit opposable aux liei-s que lorsqu'il a fait transcrire son titre (loi de 1855 sur la transcnption). La vente peut être faite purement et simplement, ou sous ime condition suspensive ou résolutoire (art. 1584). — La promesse de vente vaut vente ; si elle a été faite avec des arrhes, chacun des contractants est maître de s'en départir, celui qui a donné les arrhes en les perdant, celui qui les a reçues, en restituant le double (art. 1589, 15001. La vente peut être faite par acte authentique ou sous seing privé ; les frais d'actes sont à la charge de l'acheteur (art. 1595). — Lorsque plusieurs individus possèdent en commun un objet sur la vente duquel ils ne peuvent s'entendre, il est

[trocédé à la vente par voie de licitation ( Voy. ce mot) : a vente est dite alors vente forcée. Il y a encore vente forcée lorsqu'il s'agit de l'expropriation des biens d'un débiteur. Dans ces divers cas, la vente est ordonnée par la justice, ce qui la fait appeler vente judiciaire; elle doit être faite avec les formalités preR-rites par le Cotle civil et par le Code de procédure. — La vente peut être résolue en cas de réméré [Voy. ce mot) ou pour défaut de payement du prix ; elle est rescindable pour lésion de plus des sept douzièmes au préjudice du vendeur. — Consulter les Traités de la vente de Laurent, Guillouard, etc.

On appelle ventes domaniales, en Droit administratif, les ventes d'objets compris dans le domaine public. — La vente des créances et autres choses incorporelles prend généralement le nom de cession ou de transport. Voy. ces mots.

Les ventes de Bourse sont appelées marchés [ Voy. ce mot). — Vendre à découvert, c'est obérer sur des valeurs que l'on ne possède pas, dans l'espoir de profiter, suivant les cas, de la hausse ou de la baisse. Voy. bourse.

Vente publique de marchandises en gros. Aux termes de la loi du 28 mai 1858, l'autorisation du tribunal de commerce n'est pas nécessaire pour la vente publique des marchandises énumérées dans le tableau annexé au décret du 50 mai 18()5. En outre, les tribunaux de commerce peuvent autoriser la vente publique des marcliandises de toute espèce et de toute provenance, après décès ou cessation de commerce et dans tous les autres eas de nécessité dont l'appréciation leur est soumise.

Dans les Eaux et Forets, vente se dit des différentes coupes de bois destinées à ctre vendues, qui se font à des époques réglées, ainsi que de la partie d'une forêt ou d'un bois qui vient d'être cou|)ée.

Les Carbonari donnaient le nom de vente aux diverses loges ou sections de leur société secrète.

VENTILATION, ventilateur (du lai. ventilare, exposer à l'air). La ventilation a pour but d'enlever des l<H*aux habités l'air altéré par les respirations des êtres vivants ou les fermentations qui s'y opèrent, ou par les gaz dégagés dans l'éclairage et le chauffage, et à restituer une égale quantité d'air pur pris au dcliors. L'air ainsi altéré est dit confiné, et ce qui le rend particulièrement dangereux ce n'est pas tant la diminution d'oxygène et la présence d'acide carl)onique, mais un poison organique spécial étudié par Brown-Séquard et d'.\rsonvaI. Dans les guerres et les insurrections on a vu dos prisonniers enfermés dans des locaux trop restreints succomber rapidement. La quantité d'air à enlever et à remplacer est très variable : pour les écoles, on admet 8 à 10 m. cubes par heure et par enfant; 20 m. dans les prisons, et plus (jusqu'à 40 m. cul>es) dans les hôpitaux. — Les principes généraux d'une bonne ventilation sont les suivants. L'air qui pénètre dans la pièce doit être de bonne qualité. 11 faut que la ventilation soit insensible, c.-à-tl. que l'air n'entre pas avec une vitesse supérieure à 0 m. 50 par seconde, sans quoi il forme courant d'air et devient pénible. 11 faut que toutes les parties d'un local aient leur air renouvelé, qu'il n'y ait pas de points morts où séjourne perpétuellement de l'air confiné. Il est en outre nécessaire que l'on pratique au moins une fois par jour, pendant l'absence des habitants, une ventilation par larces courants d'air qui complète les autres modes de ventilation artificielle. L'ouverture des portes, des fenêtres, constitue la ventilation naturelle, qui est à la fois la plus simple et la plus efficace.

On appelle ventilateurs les appareils spéciaux chargés de produire la ventilation. Ils comprennent : 1° une cheminée d'évacuation; 2" des conduits d'air pur; 5° les

Page 1