‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1657 sur 1729 · VENT · texte numérisé non relu

VENT

raisin est le plus mûr jwssible ; mais il est dos pays où le raisin no parvient jamais à une maturité complète : clans ceux-là il vaut mieux vendanger le raisin encore vert que d'attendre les temps humides de l'automne, qui pourrissent les grains et ajoutent à la mauvaise qualité du vin. Dans ce cas, le raisin, au moment de la vendange, conserve encore un principe acerbe qui souvent donne au vin une qualité particulière (Voy. vis). — Dans beaucoup de pays, le moment où la vendange doit se faire est indiqué par un arrêté de l'autorité municipale : cet arrêté est ce qu'on appelle le ban de vendanges; il n'est publié que sur l'avis des plus experts vignerons du pays. Cet usage, du reste, ainsi que le grappillage ( Voy. glanage), tend à disparaître.

VENDANGERON ou rouget. Voy. lepte.

VENDÉMIAIRE (du lat. vindemia, vendange), le 1"mois du Calendrier républicain, commençait, suivant les années, le 22 ou le 23 septembre et finissait le 21 ou le 22 octobre.

Voy. CALENDRIER.

VENDETTA (mot italien qui signifie vengeance, latin r indicta), désigne, surtout en Corse, l'usage barbare, mats consatré par les mœurs, qui oblige tous les membres d'une famille à venger le meurtre d'un de leurs parents, soit sur le meurtrier, soit sur sa famille, sans recourir à l'intervention de la justice. — La vendella n'est pas exclusivement propre à la Corse : on la retrouve à toutes les époiiues de civilisation peu avancée, où la force l'emporte sur le droit; en Corse elle provient des innombrables dénis de justice dont les habitants eurent si longtemps à souffrir sous la domination génoise. Il y a quelque chose d'analogue dans la Bible [Nombres, \\\\,i9, ^21) ; au moyen âge, les guerres j)rivées étaient des espèces de vendella ; aujourd'liui elles existent encore en Sardaignc, parmi les montagnards du Caucase, du Monténégro, de l'Albanie, etc.

VENOIDAD SADE, livre sacré des Parsis. Voy. le Dicl. d'IIisl. el de Géogr.

VENDREDI (du lat. Vejieris dies, jour de Vénus), le r>» jour de la semaine. Chez les anciens, ce jour était cousucré à Vénus. Les Chrétiens le consacrent à la |)énilence et au jeune, en mémoire de la Passion de Jésus-Christ, et beaucoup le considèrent comme étant de mauvais augure : l'abstinence de viande est prescrite par l'Eglise en ce jour. Les gens superstitieux le regardent comme de mauvais augure. — Le vendredi est pour les Mahométansce que sont le samedi pour les Juifs et le dimanche pour les Chrétiens.

Vendredi saint, celui qui précède le jour de Pâques : il est consacré à la mémoire de la Passion et de la mort de Jésus-Christ sur la croix.

VÉNÉNEUSES (sudstances). Voy. poisons.

VÉNÉRABLE [du lat. vcnerabilis), titre d'honneur, s'est donné autrefois : 1» dans l'empire d'Orient, à une classe de hauts fonctionnaires, tels que les proconsuls, les «îcrétaircs des ministres, elc. ; 2" en France, à quelquesuns de nos rois, notamment à Philippe I""" et à Louis VI.

11 se donne encore aujourd'hui : 1° aux personnages morts en odeur de sainteté; 2° aux prêtres et aux docteurs en théologie, comme titre honorifique, dans les actes (p. ex. : Fut présente, discrète el vénérable personne, iV., prêtre, elc.) ; 3" au franc-maçon qui préside une loge.

VÉNÉRICARDE (c.-à-d. cœur île Venus), genre de Wollustjucs acéphales, détaché à tort du genre Cardite. Voy. ce mot.

VÉNERIE (du Y. fr. vener, du lat. venari), art de chasser, avec des chiens courants, toutes sortes de bêtes, particulièrement des bêtes fauves, le cerf, le daim, le chevreuil, le sanglier, le loup et le renard [Voy. chasse). La vé'n'erie comprend la formation des équipages de chasse, l'éducation et l'entretien des chiens [\oy. meute), l'art de découvrir la trace de la bête, de la lancer, de la réduire aux abois. C'est dans les traités de Vénerie de J. du Fouilloux, de Robert de Salnove, de Chappeville, d'Yauville, qu'il faut étudier les pratiques de cet art, si longtemps en honneur en France. Consulter aussi Lecoute-Dcsgraviors, Essai de vénerie (1810), E. Lcmasson, Nouvelle vénerie (1841); A. d'Houdetot, Petite vénerie, etc.

C'est au moyen âge que la chasse devint un art véritable, avec ses règles et son langage particulier. Sous l'ancienne monarchie, et même sous l'Empire et la Restauration, tous nos souverains eurent des véneries montées. Voy. chasse et ci-après grand veneur.

VÉNÉRUPE (c.-à-d. Vénus de rocher), genre de Mollusques acéphales, qui se confond avec le genre Pétricole. Voy. ce mot.

VENEUR (guand), auparavant Grand Forestier cl Maître de la vénerie, grand officier de la couronne qui avait sous ses ordres immédiats tout ce qui concernait le service des chasses du roi. Chaque équipage destiné à la chasse d'une espèce d'animaux était sous les ordres d'un lieutenant de vénerie. Cet officier avait lui-même sons ses ordres un sous-lieutenant de vénerie, des pages, des piqueurs, des valets de limiers, des valets de chiens. A l'exception des piqueurs et autres subalternes, tout le personnel de la vénerie se composait de gentilshommes. — L'office de grand veneur est fort ancien; mais c'est sous Charles VI qu'on en trouve le premier litre. On le voit reparaître, après une longue interruption, sous les derniers Valois et sous les Bourbons. Supprimé en 1850, il fut rétabli par Napoléon III en 1853. Il a disparu avec le régime qui l'avait créé.

VENGEANCE (de venger, du lat. vindicare), action jwir laquelle on lire satisfaction d'un outrage ou d'un tort. Appliquée aux actes coupables que la loi punit, la vengeance prend le nom de justice, de vindicte publique; mais quand elle est accomplie par les particuliers, elle devient criminelle. Dans certains cas, elle prend le nom de vendetta [Voy. ce mot). — Les anciens avaient personnifié la vengeance céleste sous le nom de Némésis. Dans l'Iconographie chrétienne, la vengeance divine est exprimée par un ange armé d'une épée flamboyanle.

VÉNIEL (du lat. venialis, c.-à-d. pardonnable), se dit, en Théologie, des péchés qui ne font pas perdre la grâce, par opposition aux péchés mortels. Voy. péché.

VENIN (du lat. venenum, poison), produit de sécrétion dont certains animaux sont pourvus et qui leur sert à se défendre ou à tuer leur proie. Le venin diffère du virus en ce qu'il ne communique pas, comme celui-ci, ses pro- |)riétés spéciales aux humeurs ou aux tissus qu'il a altérés. Son action est proportionnelle à la quantité absorbée. — On connaît comme animaux particulièrement venimeux : l" les serpents de la famille des Vipéridés {Voy. ce mot), dont l'appareil venimeux est situé à la base de certaines dents de la mâchoire supérieure dites crochets; 2» les Abeilles, dont le venin consiste en un fluide clair et limpide inoculé par le dard ou aiguillon : on a vu des chevaux périr pour avoir été piqués par un grand nombre d'abeilles; ù" les Scolopendres, noiit la piqûre est quelquefois aussi dangereuse que celle du scorpion fauve ; 4° les Scorpions, dont le venin est inoculé par l'aiguillon caudal, et produit des accidents graves sans qu'on puisse cependant citer un cas de mort bien authenlique ; 5° la plupart des Arachnides : le venin de celles-ci ne possède toute sa force que pendant les mois de juin, juillet et août, éj)oque des grandes chaleurs et de l'accouplement, et il agit à peu près de la même manière pris à l'intérieur ou produit par la piqûre (Ozanam). — On a proposé un grand nombre de remèdes contre les accidents résultant des piqûres ou des morsures des animaux venimeux : le mieux est de cautériser avec l'ammoniaque ou, dans les cas graves, avec le fer rouge, tout en ralentissant l'absorption du poison par une ligature du membre blessé.

VENT (du lat. venlus), mouvement de l'atmosphère c(ui consiste dans le transport plus ou moins rapide d'une masse d'air d'un lieu dans un autre. La direction des vents est généralement parallèle à l'horizon, quoiqu'on voie quelquefois, surtout |)endant les oraj^es, (les vents soufller sous toutes les inclinaisons. Pour indiquer la direction du vent on conçoit tout le contour de l'horizon partagé en 32 arcs égaux fournissant 52 points (les 4 cardinaux, les 4 collatéraux, les 8 intermédiaires et les 16 marins), dont l'ensemble compose ce qu'on appelle la rose des vents [Voy. aire de vent). Certains vents se propagent dans le sens même où ils soufflent et sont connus sous le nom de vents d'insufflation ; d'autres se propagent en sens inverse, ce sont les vents d'aspiration.

Les vents les plus ordinaires ne sont soumis à aucune loi simple, dans leur direction et leur apparition : ils ont reçu pour celte raison le nom de vents irréguliers. Mais il y a aussi des vents réguliers ou constants, comme les vents alizés, qui soufflent toujours dans la même direction, et des vents péiioitiques, comme les moussons, qui soufflent une partie de l'année dans une direction et pendant le reste de l'année dans la direction opposée. A cette dernière classe se rattachent les vents étésiens, au'on observe dans la Méditerranée et qui sont de véritables moussons soufflant du nord pendant l'été et du sud pendant l'hiver.

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