‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 166 sur 1729 · BÉCASSE · texte numérisé non relu

BÉCASSE

reux), acte par Inquci le pape déclare que l'âme d'une personne qui a vécu sainlomtnit jouit dans le soin de Dieu du l)onlHnir élpriiel ou bàatitude, cl permet <lc lui rendre un culte particulier. Cet acte ne peut avoir lieu que 50 ans après la mort de la personne. La béatification précède la canonisation; elle ne peut être prononcée que s'il ^ a au moins deux miracles avérés opérés par l'intercession de celle personne ; les honneurs qu'on rend aux béatifiés sont

Erovisoires'et limités quant aux lieux cl aux personnes, e pape Alexandre III a fixé les rèples à suivre pour la béatification et la canonisation. Par décret d'Urbain V'III, il est interdit de rendre aucun culte public à un mort avant que l'Eglise ait iirononcé la béatification; on ne pciU que le vénérer [Vou. vénérable). Le pape Benoît XIV (1734) et P. Lambertini (1833) ont écrit De beatificalione servorutn Dei.

BÉATITUDE (du lat. bealitudo), état des bienheureux dans la vie éternelle. Les théologiens distinguent la li. objective, qui est Dieu même, et la D. formelle, qui consiste dans la connaissance, l'amour de Dieu et la joie de le voir et de l'aimer. Ils appellent B. surnaturelle h jrossession de la grâce et des vertus surnaturelles qui disposent le juste au bonheur éternel, et l'assemblage des biens que la nature ne peut acquérir par ses nropres forces.

On nomme li. évangéliques les huit maximes qui servent d'exorde au discours de J.-C. sur la montagne, et qui renferment comme un abrégé de sa morale (St Mat- Inieu, ch. 5, v. 3 et suiv.) ; ces maximes commencent par ces mots : « Heureux [beati] ceux qui, etc. : car le rovaume des cieux leur appartient. » De là leur nom.

'bÉATRIX, 83» petite planète, trouvée le 26 avril 1865 par de Gasparis à Naples. Voy. planètes.

BEAU (du b.-lat. bellus). Le beau est ce cjui plaît à l'homme, sans lui être directement et immédiatement utile. On dislingue trois principales sortes de beautés : la beauté sensible, la beauté intellectuelle et la beauté morale. Toutes trois supposent un accord de l'objet en qui elles résident, et de l'esprit qui les y découvre. L'objet peut être soit un être réel, soit une œuvre de l'art humain. Quant à l'esprit, on a souvent agité la question de savoir comment il jugeait du beau. Il ne semble pas que ce soit au moven d un raisonnement, en jugeant de l'objet d'après un idéal préconçu (car toutes les formules qu'on a voulu donner du beau : « le beau est l'unité dans la variété », « le beau est l'expression de l'idée par la matière », ont été trouvées insuffisantes); il semble au contraire que ce soit par pur sentiment (c'est ce que prouve la diversité des goûts en matière eslliétique). — Il faut bien se garder de confondre le beau avec : 1" le joli, qui n'est que le beau affaibli, et presque affadi; 2° le gracieux, qui est une forme particulière du beau, le beau qui se révèle par l'aisance aans les mouvements et la vie ; 3° le poétique, autre forme particulière du beau, qui consiste dans 1 essor donné à notre imagination par une sensation ou par une idée ; 4" le sublime, plus grave que le beau, plus imposant aussi, et qui parfois même atteint au triste ou au terrible. — Voy. Kant, Critique du Jugement ; Ch. Lévêque, la Science du Beau. — Voy. art.

BEAU-BLANC, nom donné dans l'Anjou à un cépage qui concourt à faire les bons vins blancs de cette région. Le grain est jaune d'or à la maturité, à chair juteuse et sucrée. C'est un plant précoce.

BEAU -FILS, BEAU-PÈRE, BEAn-FRÈRE. Voy. ALLUNCE et PARENTÉ.

BEAUPRÉ (de l'ail. Bug-spriet, proue). Voy. uXr.

BEAUX-ARTS. On réunit sous ce nom tous les arts qui ont pour but de charmer l'âme en s'adressant à la vue ou à l'ouïe : les arts du dessin (peinture, sculpture, gravure, architecture), la musique, etc. — Voy. Winckelmann, Histoire de l'art chez les anciens. Du sentiment du beau dans les ouvrages de l'art, etc. ; A. G. Schlegel, Leçons sur l'histoire et la théorie des beaux-arts; Cousin, Du beau et de l'art [Rev. des Deux Mondes, \" sept. 1865). Voy. aussi beau et esthétique.

La plupart des nations civilisées, la France surtout, ont créé diverses institutions pour encourager et pour perfectionner les beaux-arts; les principales sont : 1° Y Ecole des Beaux-Arts, fondée à Paris dès 1793, établie plus tard rue des Petits-Augustins, dans le local de l'ancien musée : cette école, constituée par ordonnance du 4 août 1819 et régie auj. par le décret du 30 sept. 1883, comprend l'enseignement de la peinture, de la sculpture, de la gravure

et de l'architecture ; des concours annuels donnent lieu a des grands prix dont les titulaires sont envoyés à Y Académie de France à Home ; — 2" le Conservatoire de Mu-

Louis XIV sous le titre A' Académie de peinture et de Sculpture, augmentée en 1671 d'une Acadétnie d'Architecture, et comprise depuis dans l'Institut, où elle forme la i" classe : elle com|tle 40 titulaires, répartis en 5 sections (peinture, sculpture, architecture, gravure, composition musicale) ; depuis 1858 celte académie publie un Dictionnaire des Beaux-Arts ; — i" diverses sociétés libres, telles que la Société des amis des Arts, fondée avant 1789, l Athénée des Beaux-Arts, fondé en 1834, tous deux à Paris, etc. — On peut encore compter au nombre des plus puissants moyens d'encouragement les Expositions annuelles des Beaux-Arts ou Salons.

BEC (origine gauloise), organe particulier aux oiseaux, leur tient lieu de bouche et renferme assez souvent les organes de l'odorat ; il est revêtu d'une lame cornée et se compose de deux pièces nommées mandibules, qui affectent les formes les plus diverses. Chez certains oiseaux, cet organe ne sert pas seulement à saisir la nourriture, à la dépecer et à la concasser, il fait aussi l'office d'une troisième patte pour s'accrocher et grimper aux branches. Le mot bec s'applique également à d autres classes d'animaux, lorsque leur liouche ressemble plus ou moins au bec d'un oiseau, par ex. aux tortues, aux têtards, aux seiches et à tous les mollusques céphalopodes. Il désigne aussi l'avance cornée de la tête du charançon et celle que fait le front de la sauterelle, de la cigale, etc. ; enfin, le suçoir qui fait le caractère de l'ordre des Hémiptères, etc.

En Anatomie, on appelle bec de cuiller une petite lame fort mince qui sépare la portion osseuse de la trompe d'Eustache du canal destiné au passage du muscle interne du marteau. — Les anciens Chirurgiens ont donné le nom de bec à plusieurs espèces de pinces, aujourd'hui abandonnées, dont la forme rappelle le bec ou le museau de certains animaux : tels sont le Bec-de-cane, le B.-d'oie, le B.-dccygne, le B. -de-grue, le B.-de-corbin, le B. -de-vautour, le B. -de-perroquet, le B.-de-lézard, le B.-d'âne Voy-

DAVIER, PINCES, TIREBALLE, CtC.

En Botanique, on appelle bec de cigogne, de grue, de héron, plusieurs espèces du genre Céranium.

En Géographie, on appelle Bec une pointe de terre, au confluent de deux rivières : tel est le Bec d'Ambez, nu confluent de la Dordogne et de la Garonne.

Dans l'Industrie, on donne le nom de bec à l'orifice de diverses sortes de tuyaux, notamment de ceux qui servent à l'éclairage, soit à l'huile, soit au gaz. Voy. éclairage.

En Musique, on appelle bec la partie de la clarinette que l'on place dans la Iwuche pour jouer de cet instrument.

BECABUNGA (de l'ail. Bachbunge, plante d'eau), espèce de Véronique. Voy. véronique.

BÉCARD, nom vulg. d'un Saumon et de l'oiseau appelé Grand Harle. Voy. ces mots.

BÉCARDE, Psaris, genre d'Oiseaux, de l'ordrtî des Passereaux denlirostres, famille des Pies-Grièches, a pour type la Pie-Grièche de Cayenne, remarquable par son bec large et bombé en dessus et en dessous.

BÉCARRE, signe musical qui a cette forme H, et qui, placé devant une note, indique qu'anrès avoir été altérée accidentellement par un dièse ou un némol, cette note doit revenir à son ton naturel. Son nom lui vient de B carré : le B, qui signifiait le si dans l'ancienne notation, était a|>pelé B dur ou à panse carrée, quand il formait la quinte supérieure du fa, et B mol, ou à panse ronde, quand il était baissé d'un demi-ton. Telle est l'origine des mots bécarre et bémol. Le bécarre servait ainsi à détruire l'effet d'un bémol antérieur; lorsque par la suite on imagina le dièse, qui élevait la note d'un demi-ton, on employa également le bécarre pour la ramener au ton naturel.

Voy. BÉMOL.

BÉCASSE (de bec), Scolopax, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Ecbassiers limicoles, famille des Longirostres : bec long, droit, gi'êle, peu ferme, renflé et crochu à la pointe ; mandibules sillonnées jusqu'à moitié de leur longueur, narines latérales, fendues en long près du bord de la mandibule et recouvertes d'une membrane; pieds et ailes m 'diocres, tarses totalement emplumés, queue courte. Ce genre se divise en 3 sous-genres : Bécasse, Bécassi>u et

BÉCASSEAU

Bécassine-Chevalier. — La Décasse ordinaire {S. ruslicola est longue de 0 m. 35; elle a les |iarlies supérieures varices de marron, noir et gris ; 4 bandes transversales noires sur le cou; de chaque côté de la tête, une petite bande noire qui s'étend depuis le bec jusqu'aux yeux; le bec et les pieds couleur de chair, ombrés de gris. La Bécasse se trouve par toute l'Europe; elle habite, selon la saison, les lx)is ou les plaines marécageuses, et vit ord. par couples ; elle se nourrit de vers et d'insectes. Cet oiseau marche mal, mais court assez vite ; son vol est rapide, mais lourd et peu soutenu ; poursuivi par le chasseur, il se tapit sous les feuilles sèches et reste souvent immobile sous l'arrêt. La Bécasse est peu intelligente ; son allure gênée, sa tète comprimée et sa mauvaise \-ue lui donnent ime phvsionomie slupide qui est devenue proverbiale. Sa chair est estimée lorsqu'elle est grasse et qu'elle est faisandée.

BÉCASSE DE MER. f'oy. COIRLIEC et CE.NTRISQUE.

BÉCASSEAU, Trin^a, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Echassiers limicoles, tamille des Longirostres. Ce sont des oiseaux de rivage, qui ont beaucoup de ressemblance avec les bécasses. Ils habitent le Iwrd des lacs, des marais et les côtes de la mer. Le B. Cocorli. commun en Europe, est long de 0 m. 20. Au genre Bécasseau appartiennent le Combattant et \' Alouette de mer. Voy. ces mots.

BÉCASSINE, sous-genre du genre Bécasse, se distingue de la Bécasse propr. dite par la partie inférieure du ta^i-so dénuée de plumes. La B. ordinaire iScolopax gallinayo , vulg. Cul-blanc, est longue de 0 m'. 25, y compris le bec qui en a 9 ; sa tête est divisée par 2 raies longitudinales noires et 5 rougeâtres ; le menton est blanc, le cou varié de brun et de rougeâtre; la poitrine et le ventre sont blancs: le dessus du corps est varié de brun, de rouge pâle et de noir. La Bécassine est un oiseau de passage, qui arrive en France au printemps et niche dans les joncs et les roseaux des marécages; en été. elle quitte nos contrées, pour revenir en autonme et disparaître en hiver. Son vol est rapide et irréçulier ; aussi sa chasse demande-t-elle de l'adresse. La Double Bécassine, très commune en France, est plus grande d'un tiers que la précédente. La Petite Bécassine, dite aussi Sourde. Décassin ou Décasson. a 0 m. 20 : elle n'a qu'une bande noire sur la tète; le fond du manteau a des reflets vert bronzé ; un demi-collier gris occupe la nuque ; ses flancs sont mouchetés de brun comme la poitrine. Elle habite les prairies marécageuses.

BÉCASSi.NE CHEVALIER, sous-geurc du genre Bécasse, se distingue de la Bécasse propr. dite par le doigt extérieur et celui du milieu réunis par une petite membrane ; ce sont de véritables Chevaliers Voy. ce mot) à Ijec de l)écassine. A cette espèce appartient la B. ponctuée de l'Amérique du Nord, qui se nourrit de coquilles qu'elle trouve dans les marais salins.

BEC-CROCHE, le jeune Ibis rouge. Voy. idis. BEC-CROISÉ. Loxia, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux conirostres, famille des Fringillidés : l>cc robuste, épais et comprimé, dont les mandibules sont tellement œurbes que leurs jwintes s'entre-croisent en sens inverse. Les Becs-Croisés habitent le nord des deux continents. Le B. des pins [L. curvirosira), long de 0 m. 17, a le plumage verdàtre. les ailes et la queue brunes, le bec et les pieds noirs. Cet oiseau se nourrit de graines de pins et de fruits ; sa présence est un fléau pour les cultivateurs. BEC-DE-LIÈVRE, vice de conformation, consistant dans une division verticale des lèvres. Tout à fait exceptionnel à la lèvre inférieure, le B.-de-L. de la lèvre supérieure peut être médian, ce qui est très rare, unilatéral droit ou gauche (variété la plus fréquente) ou bilatéral. Il se complique quelquefois de la division de la voûte palatine et du voile du palais ; il peut même y avoir saillie en avant de la portion de l'os maxillaire supérieur qui porte les incisives. Le B.-de-L. est dû à un défaut de soudure des différents bourgeons qui doivent par leur union constituer les maxillaires. Il est nuisible au développement de l'enfant, puisqu'il gêne la succion. On y remédie au moyen d'une opération qui consiste à aviver et à affronter les bords de la division, en les maintenant par des points de suture. Beaucoup de chirurgiens veulent qu'on opère immédiatement après la naissance ; d'autres préfèrent attendre jusqu'à 5 mois, d'autres jusqu'à l'âge de 3 à 5 ans : dans le cas de saillie de l'os intermaxillaire, il faut nécessairement attendre la ô' année.

BEC- DUR. le Gros-Bec commun. Voy. gbos-bec. BEC-EN-CISEAUX, ou coupepr o'eau, Rhynchops, genre

BÉDÉGLAR

d'Oiseaux de l'ordre des Palmipèdes, famille des lond pennes. Ils ressemblent aux Hiro'ndelles de mer par S petits pieds, leurs longues ailes, leur queue fourchue, maS s en distinguent par leur bec, dont Ma mandibule sS! neure est d un tiers plus petite oue l'inférieure; louïs deux sont droites et comprimées. Le B. noir est blanc à calotte et manteau noirs, avec une bande blanche sur l'aile elles grandes plumes de la queue blanches en dehors- le' bec et les pieds sont rouges. Ces oiseaux, dont la taille CMle celle du pigeon, vivent en troupes dans les mers a .\menque.

ce mot'^"'''**"'"'""" "*"" "^^""^ •*" ^'^'""'*- '«y-

r^l^u^"^' """' ""n^'^^r *^" Gobe-Mouches voir et du Gobe-Mouches a collier {Voy. coBE-MorcHEs. -Dans le mid, de la France et en Italie on domie aussi le nom de Bec/igues a différentes espèces d'oiseaux insectivores. Fauvettes, Becs-lins, etc., qui, en automne, se nourrissent de figues, de raisins et autres fruits, ce qui les engraisse et donne a leur chair un goût fin et délicat. - Becfiaue d hiver, nom vulgau-e de la Linotte et du Finit Vou ces mots. *^ • ' "a-

BEC FIN, genre d'Oiseaux, de Tordre des l'assereaux dentiros res renferme les sous-genres Traquet. BubTeuJ^

eiTa1Jn;J""""'7''^^'''-^''' '^joglodul, Hochegueue et tailouse <^ue Ion reumt aussi sous Tes noms de Sv/viades ou d Oscmes (chanteurs). Ces oiseaux ont le bec l^it comme une alêne et vivent d'insectes, de vers ou de fruits mous ; ils nous arrivent en France au commencement du printemps.

j BÉCHAMEL, sorte de sauce blanche que l'on sert le dIus isouven avec le ptusson, tire son nom îiu marquis de Bé!

BËCHARD, espèce de houe. Voy. hoce

(J\^ \\'^- ^..^"'^"e)' ou'il de jardinage, formé d'un fer large et tranchant, avec un manche de^b«;is d'enriron 1 mefre, sert a couper la terre et à la retourner. On en

Ï«1T? P ""f ""^ ?'Pr^' '.'^ ^«"^'''^'' ï» ^^'^hette ou bê- .chotte.h bechon, la béquille ou béquillon, elc

1 Al^^^f^'^l '? ™™^ ^"^ ^^^^«' Béche-Lisette, la Çr'ne ' ^* *"*"* '^^ ^Eumolpe de la

; BÉCHIQUES (du gr. pT./ixôî, de ^^1$, toux), remèdes } adoucissants employés contre la toux, tels oue l'infusion de j fleurs de violettes, la guimauve, le sirop de capillaire, les ' dattes, les jujubes, les figues, les raisins secs, etc. Voy.

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