‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1667 sur 1729 · VERTU · texte numérisé non relu

VERTU

les Conseils pour faire tme Version latine. Ho GoiTaux ; !«' Manuel de la Version latine de M. E. Lcvèqup, cl, pour le bon clioix ot la variété des sujets, le Choix gradué de Versions latines de MM. Paret et Legouëz.

En Chirurgie, on appelle version le changement de position que les accoucheurs font éprouver au fœtus lorsqu'il ne se présente pas dans sa position naturelle : c'est la mauœuvri! pai- laquelle on donne à la tête du fœtus la position qu'elle doit présenter.

VERSO (du lat. versus, retourné), mot lalin francisé, s'emploie pour désigner la seconde jwge, le revers d'un leuillet recto. Voi/. ce mot.

VERSOIR, partie de la charrue qui sert à renverser la tranche de terre soulevée par le soc.

VERSTE (du russe versta), mesure itinéraire employée en Russie, vaut 500 sagènes et 1 500 archines, ou, de nos mesures, 1 kilom. 67 mètres.

VERT (du lat. iimV/js), l'une des couleurs principales du spectre solaire. Il occupe le 4= rang dans le spectre solaire, à partir du rouge. La couleur verte est regardée comme la l)lus propre à reposer la vue. Voy. couleur, peinture et

TEINTURE

En Agronomie, vert se dit des plantes qu'on fait manger vertes aux hestiaux pendant le printemps.

Vert antique, marbre brèche connu des anciens, qui lont employé très souvent dans la consiruction de leurs monuments ; ils le tiraient de la Macédoine et de l'Egypte.

Voy. MAHDRE.

Ker< de Bninswich, le chlorure cmvrique.

Vert Campan, marbre vert que l'on tire de la vallée de Campan, dans les Pyrénées.

Vert de Chine [lo-lcao], matière tinctoriale qui produit un vert bleu estimé, est (lue à un arbrisseau de la famille des Nerpruns, le Rharnnus s/nensis (en chinois hani-biloza), qui ne croît pas en Europe.

Vert de chrome, couleur verte fournie par l'oxyde de chrome.

Vert de Corse, espèce de granité orbiculaire, susceptible d'un beau poli. Voy. granité.

Vert de cuivre, la Malachite soyeuse.

Vert d'eau. Vert préparé, couleur verte faite avec l'acétate de cuivre [Voy. vert-de-gris) et qui sert surtout au lavis des plans.

Vert-de-gris, nom que l'on donne à la substance verte qui se forme sur les ustensiles de cuivre ou de bronze : c'est un sous-carbonate de cuivre. On nomme aussi, dans les arts, vert-de-gris ou verdet l'acétate de cuivre que l'on obtient en soumettant ce métal aux vapeurs d'acide acétique ou à l'action du marc de raisin aigre. On en produit dans le midi de la France, surtout à Montpellier et à Narbonne, une grande quantité.

Vert minéral, carbonate basique de cuivre qui a la même composition que la Malachite.

Vert de montagne, cuivre carbonate impur.

Vert de Scheele, couleur d'un vert âpre et éclatant : c'est un arsénite de cuivre, qu'on peut obtenir en mélangeant un sel de cuivre à de l'arsénite de sodium. Ce vert est employé pour la teinture des papiers et la peinture à l'huile.

Vert de Schweinfurt ou Vert de Vienne, combinaison d'acétate et d'arséniate de cuivre qu'on obtient en faisant agir l'acide arsénieux sur l'acétate basique de cuivre.

Vert de Suse, marbre du Piémont de couleur verte.

Vert de vessie, couleur verte qu'on emploie en lavis, est préparée avec le suc des baies de nerprun : son nom vient de ce qu'on renferme dans des vessies la pâte avec laquelle on fait cette couleur.

VERTE, nom vulgaire d'une espèce de Couleuvre, la C. verte [Coluber viridissimus) de Surinam. — On appelle aussi Verte-jaune la C. commune (C. atrovirens) de nos contrées.

Verte-bonne, nom d'une variété de Prune et d'une Laitue; — Verte-longue, variété de Poire verte et sucrée : il y a aussi la V. -longue panachée.

VERTÉBRAL, qui a rapport aux vertèbres. On appelle : colonne vertébrale, l'ensemble de toutes les vertèbres {Voy. RAciiis); — canal vertébral, le conduit qui règne dans toute la longueur de la colonne vertébrale ; — ligaments vertébraux, deux bandes ligamenteuses qui régnent dans toute la longueur du rachis. il y a encore les artères vertébrales, les nerfs vertébraux, etc.

Mal verlébral de Potl. Voy. mal vertébral.

VERTÈBRES (du lat. verlebra, de vertc7'c, tourner), petits os qui. s'cmboîtaut les uns dans les autres, forment la colonne vertébrale ou rachis, destinée à soutenir le tronc et à le faire mouvoir. Ils sont courts, en forme d'anneau, munis d'apophyses nombreuses. Dans le squelette humain, les vertèbres propr. dites sont au nombre de 24, que l'on divise en 3 séries : 7 vertèbres cervicales, on du cou ; 12 vertèbres dorsales, ou du dos; 5 vertèbres lombaires, ou des lombes. On les désigne dans chaque région par leur numéro : mais trois cervicales ont des noms spéciaux : la 1"= ou atlas, la 2° ou axis et la 7» ou proéminente. On y ajoute généralement 5 vertèbres sacrées, se soudant avec l'âge en un os unique [sacrum), et 3 ou 4 vertèbres coccygiennes, soudées entre elles et constituant l'os coccyx.

Le nombre des vertèbres varie dans chaque espèce d'animaux. On en compte 31 dans le cheval. Chez les Oiseaux, les vertèbres cervicales sont toujours très nombreuses, à cause de la longueur de leur cou. Chez les Poissons, les vertèbres ne se divisent qu'en deux classes, les dorsales et les caudales. Chez les Reptiles, leur nombre est considérable : on en compte plus de 300 chez certains serpents.

VERTÉBRÉS, nom donné dans la classification zoologique au 1"^ embranchement du Règne animal. Il comprend des animaux caractérisés par la présence d'un squelette intérieur ayant pour axe la série des petits os appelés vertèbres [Voy. ce mot), un appareil cérébro-spinal et un canal intestinal complet. Les Vertébrés forment le type le

[dus élevé parmi les animaux : ils possèdent les cinq sens, eur système musculaire est très développé et le nombre de leurs membres ne dépasse jamais deux paires. — On les partage en 5 grandes classes, formant 2 sous-embranchements : 1° les Mammifères, les Oiseaux et les Reptiles, qui ont une vésicule allantoïde [Voy. ce mot) avant la naissance et qui respirent à laide de poumons; 2" les Batraciens et les Poissons, qui n'ont pas de vésicule allantoïde et qui ont des branchies, les uns pendant le jeune âge, les autres toute la vie.

VERTEX, mot latin qu'on a transporté dans la langue française comme synonyme de sinciput, désigne le sommet ou la partie la plus élevée de la tète, celle qui est comprise entre les deux oreilles.

VERTICAL (du lat. verticalis). On appelle verticale la droite perpendiculaire au plan de l'horizon, autrement dit la normale à la surface terrestre en un point donné. La direction de la verticale est celle du fil à plomb; c'est la ligne que suit un corps en chute libre. Les verticales des différents points du globe vont passer approximativement au centre de la terre; elles y passeraient rigoureusement si la terre était exactement sphérique. — Tout plan conduit par la verticale s'appelle un plan vertical.

VERTICILLÉ (du lat. verticitlus, le bouton qui est au bout d'un fuseau), nonr donné, en Rotanique, à un ensemble de parties (rameaux, feuilles ou fleurs) au nombre de trois ou davantage, qui naissent autour d'un axe commun et sur un même plan horizontal. On appelle faux verlicilles, des verticilles incomplets, dans lesquels les fleurs ne partent pas de tout le pourtour de l'axe, et y laissent des intervalles. — On donne encore l'épithète de verticillées aux plantes ou parties de plantes qui présentent une disposition en verticille.

VERTIGE (en lat. vertigo, de vertere, tourner), indisposition dans laquelle il semble que toutes choses tournent, ou que l'on tourne soi-même [Voy. étourdissement). — Dans l'état de santé, le mouvement de la balançoire, le roulis d'un vaisseau, la vue et même le souvenir d'un précipice peuvent donner le vertige.

Chez les animaux, le vertige, ditaussi vertigo,esl une affection cérébrale caractérisée par une stupéfaction plus ou moins profonde, avec tendance à aller en avant et impossibilité de reculer. Elle est due à une congestion ou une inflammation des enveloppes cérébrales ou du cerveau lui-même. Le traitement consiste en saignées abondantes et révulsions énergiques. C'est un état grave, qui peut devenir mortel. Les symptômes du vertige peuvent encore se présenter dans d'autres affections, en particulier dans les indigestions. Cette seconde forme du vertige est désignée sous le nom de vertige symptomatique , par opposition au nom de vertige essentiel que l'on donne au précédent.

VERTU (du lat. virtus, force, qualité virile). En Morale, la vertu est l'habitude d'obéir à la loi du devoir. Les phi-

\'ERTL'GADIN

VESPERTILION

losophos lont tléfmic de diverses manières : Platon l'appelle la science du bien (qui établit lliarmonie entre les facultés de ràmci : Aristote, {'habitude de diriger noire conduite par l'intelligence par suite, un juste milieu] ; les Stoïciens, la disposition de l'cbne qui pendant tout le cours de la vie est d'accord avec elle-même (conslare stibi ; Malcbranclie, l'amour de l'ordre; Kant, la force morale par laquelle nous obéissons aux ordres de la raison [Voy. devoiri. En comparant toutes ces définitions, on voit que la vertu implique essentiellement deux conditions, la connaissance du devoir, une disposition ferme et constante à le pratiquer. — Les anciens ramenaient toute la Morale à 4 vertus, dites V. cardinales, la Sagesse, le Courage, \& Justice et la Tempérance [Voy. ces mots). Aristote distingue des V. morales (tempérance, libéralité) et des V. j/j<e//ec<MeZ/cs (sagesse et prudence). Plotin, dans une théorie reproduite parMacrobe (Commentaire sur le Songe de Sci/non, I, 8) et résumée par vSl Augustin (de la Musique, M, 15, de la Quantité de l'âme, o3), donne dos quatre vertus cardinales des définitions différentes, selon qu'elles s'appliquent à la vie sociale [V. civiles], ou bien qu'elles détachent l'âme du corps en calmant les yassiims (V. pwificatives], puis la tournent vers l'Intelligence divme ( l'. intellectuelles], enlinla rendent semblable à son modèle \Y. exemplaires]. C'est là le genre de perfection auquel aspirent tous les mystiques.

Dans la Religion chrétienne, on distingue, outre les Y. cardinales ovi vertus morales, les V. théologales, qui ont Dieu pour objet, et qui sont au nombre de trois, savoir : ia Foi, l'Espérance et la Charité {Yoy. ces mots). Ces dernières sont recommandées par St Paul comme étant la somme de la religion et renfermant la théologie tout entière.

Les Vertus forment le 2" ordre de la 2° hiérarchie céleste : on leur attribue la force de faii'c des miracles et de fortifier les anges inférieurs dans l'exercice de leurs fonctions. Voy. ANGE.

VERTUGADIN (en esp. verdugado, gardien de vertu), sorte de lx)urrelet que les femmes se plaçaient autrefois au-dessous de la taille pour soutenir la jupe de leur robe et la faire baller, comme on disait alors : cette mode était venue d'Espagne. Voy. panier et jcpe.

VERVEINE, Verbena, genre tvpe de la famille des Ver- Wnacées, renferme des plantes herbacées et de petits arbrisseaux, à tiges dures, quadrangulaires, avec quelques rameaux étalés, presque nus ; à feuilles opposées, oblongues, irrégulièrement découpées ; à fleurs en épis ou en capitules tci-minaux ; à fruits capsulaires. — La V. commune [V. officinalis], vulg. Herbe sacrée, est im végétal vivacc, inodore, qui croît le long des haies, sur le bord des cliemins, etc. ; ses petites fleurs purpurines, qui durent tout l'été, sont disposées en longs épis grêles. La V. coucltée {V. spinosa. très rapprochée de la précédente, est beaucoup plus petite. — La V. citronnelle, dite aussi V. odorante ou V. à trois feuilles ( V. citriodora, V. triphylla], est un arbrisseau originaire du Chili. à feuilles temées, lancéolées, aiguës, im peu visqueuses et qui, froissées entre les doigts, répandent une odeur de citron, à fleurs petites, blanchâtres et nombreuses, formant une panicule à l'extrémité des rameaux. Cette espèce est cultivée dans les jaj'dins. On en fait quelquefois un genre à |)art sous le nom de Lippia. — La 1 . à feuilles de Chamsedrys [V. chamsedryfolia], à fleurs d'un rouge cramoisi éblouissant ; la V. putchella, à fleurs nombreuses, d'un bleu clair, disposées en cyme terminale ; la V. à bouquets ou de Miquelon (V. Aubletia], à fleurs purpurines, à épi long, sont trois espèces d'Amérique qu'on cultive aussi comme plantes d'ornement.

La Verveine était en grande vénération chez les anciens ; ils lui attribuaient une foule de propriétés, comme de guérir les maux de tète, la jaunisse, l'ophtalmie, l'hydro-

tiisie, etc. ; de rallumer les feux de l'amour, de resserrer es liens de l'amitié, de réconcilier les ennemis, etc. ; ils s'en servaient pour orner les autels pendant les sacrifices ; ils se présentaient dans les temples couronnés de verveine, ou tenant ses rameaux à la main ; ils faisaient avec des rameaux de verveine des aspersions d'eau lustrale, pour chasser des maisons les esprits malins. Les Druides accordaient aussi à la verveine la propriété de guérir toute sorte de maladies, de détruire les maléfices, d'inspirer la gaieté, etc. Du reste, on n'est pas bien d'accord sur la plante à laquelle les anciens appliquaient le nom de ver-

veine. Le mvrtc, l'olivier, le laurier, le romarin sont souvent confoiufus sous le nom de verbena.

VERVET, espèce de Guenon. Voy. ce mot.

VERVEUX (du lat. vertebolum), sorte de filet de pèche en entonnoir. C'est une espèce de nasse soutenue sur des cerceaux.

VÉSANIE (du lat. vesania], nom donné, en Médecine, à toute lésion des facultés intellectuelles et affectives, qui n'est point accompagnée de fièvre. Quelques médecins emploient ce mot comme synonyme d'aliénation ou de maladie mentale. Ils comprennent sous ce nom l'hypocondrie, la mélancolie, la manie, la démence, l'idiotisme, le somnambulisme, l'hydrophobie, etc.

VESCE. Vicia, genre de la famille des Papilionacées, tribu des Viciées, renferme des plantes fourragères, très voisines du genre Lathyrus, et n'en différant guère que par leurs folioles, ^ui sont beaucoup plus nombreuses. — La 1'. commune (V . saliva] a des liges couchées ou grimpantes; des feuilles alternes, composées de 5 à 7 paires de folioles, le pétiole terminé par une vrille, les stipules déniées; des fleurs d'un |)ourpre assez vif, axillaires, presque sessiles; des gousses oblongues, un peu velues dans leur jeunesse. Elle croît dans les champs, parmi les moissons; on la cultive pour la nourriture des bestiaux; les graines servent particulièrement de nourriture aux pigeons ; ses tiges, lorsqu'elles ont été battues, sont encore très bonnes pour nourrir les moutons. On peut la semer avec l'avoine, et les couper toutes deux en vert. Elle sert aussi à fertiliser les terres ; comme toutes les Papilionacées, elle est améliorante, grâce à ses tubercules radicaux, où s'accumulent des matières azotées sous l'action d'une liactérie qui y vit en symbiose avec la plante ; pour fertiliser le sol. on la renverse avec la charrue lorsqu'elle est en fleur. — La V. jaune { V. luteà] a des fleurs jaunes solitaires ; on la cultive dans l'Italie et dans le Levant : elle peut procurer un bon pâturage ou être enterrée comme engrais. — Un connaît encore la V. des haies, la V. à fleurs nombreuses ou Cracque, la V. pisi forme, etc., qui sont des espèces moins importantes. — La Fève des marais ( Vicia faba n'est qu'une espèce du genre Vescc dont on fait quelquefois un genre particulier. Voy. fève.

VÉSICAL du lat. vesica, vessie), ce qui a rapport ou appartient à la vessie. — Trigone vésical ( Voy. trigone) ; — Catarrhe vésical. Voy. cystite.

VÉSICANT, se dit de tout ce qui produit des ampoules ou phlyctènes à la peau [Voy. vésicatoire). On appelle vésication l'action d'un topique vésicant.

vÉsicANTs, famille d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères hctéromcres, comprend les genres Méloé ou Scarabée onctueux, My labre, Cantharide ou Mouche d' Espagne, etc.

VÉSICATOIRE, nom générique donné à tous les topiques qui. apphqués sur la peau, en soulèvent l'épiderme et produisent une ampoule en forme de vessie [vesica] ; tels sont les cantharides, la moutarde, le garou, l'euphorbe, l'ammoniaque, etc. Les vésicatoires s'appliquent sous forme d'emplâtres, de cataplasmes, de taffetas, etc. Voy. aussi

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