‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 168 sur 1729 · BELLADONE · texte numérisé non relu

BELLADONE

mont sur l'Eglaiilicr, et qui est produite par la piqûre d'un Cynips [Voy. ce mot).

BEDON (o^i^^ inc). Ce mot, qui jadis était svnonyme de tatiiboiir, à désigné spécialement un petit tambour de basuue, garni de castagnettes, dont on se sert encore en Biscaye, et un gros tamlxnir de Suisse à 2 faces, qu'on fraj)pîiil avec deux petites baguettes.

BEFFRO." (du vieux ail. berfreit, tour de défense). Ce mot désignait dans l'origine une machine de guerre construite en forme de tour, portée sur des roues et assez élevée pour dominer les remparts des villes : elle était rem- Ïilie de soldats qui écartaient les assiégés des murailles, en es accablant de traits. — Dans la suite, on donna le même nom à tout clocher ou tour, d'où l'on faisait le guet, et où il y avait une cloche jwur sonner l'alarme. Lors de rétablissement des communes, un des premiers privilèges qu'elles réclamèrent fut celui d'avoir un beffroi. La possession du droit de beffroi devint alors pour les villes une marque de liberté et oe franchise. II est resté un certain nombre de beffrois remarquables, celui de Bruges par exemple. — Auj. le mot beffroi ne désigne plus qu'une grosse cloche ou la cloche prmcipale d'une église ou d'une tour et la charpente qui la soutient.

BÉGARDS, hérétiques. Voy. le Dict. d'Hisl. et de Géogr.

BÉGAYEMENT (de bègue; du radical beg, onomatopée), embarras plus ou moins grand de la parole, caractérise i)ar l'bésilalion, la répétition saccadée, la suspension pénible et même l'empèfliement complet de la faculté n'articuler iLittré'. Il ne faut pas confondre le bégavement avec la blésilé et le grasseyement, ni avec le hredouillement [Voy. ces mots) et le balbutiement. Le bégayemenl semble beaucoup plus rare chez les femmes que chez les hommes. — Colomnat, qui a fait de cette mfirmilé une étude particulière, admet deux espèces principales de bégayement : la 1", paraissant avoir quelque analogie avec la cfiorée, a reçu le nom de labio-choréiquc ; la seconde, appelée gutturo-tétanique, est caractérisée par une sorte de raideur tétanique de tous les muscles de la respiration, principalement de ceux du larynx et du pharynx. — Quant au traitement, tout moyen qui entrave les mouvements umullueux des organes de la parole, qui les assujettit à ime certaine régularité, peut, avec de la constance et une volonté ferme, corriger et même faire cesser le bégayement. (l'est d'après ce principe que, dans ce siècle, diverses méthodes ont été employées avec des succès variés, notamment : la méthode dltard, en 1817; la méthode américaine de Mme Leigh, de >'ew-York, importée en Europe en 1825 et perfectioiniée par Malbouche; la méthode de Colombat, dont le rythme est une des principales hases; en s'aidant de ce puissant auxiliaire, l'auteur a imaginé une espèce de gymnastique qu'il distingue en pectorale, gutturale, linguale et labiale : il en a décrit les divers mécanismes dans son Traité complet de tous les vices de la parole (1833) ; enfin la méthode de Chervin, dont l'application est plus . récente. — Voy. aussi les écrits de Serres d'Alais, Becquerel (1843), Mathieu (1847), etc.

BÉGONIE (de Bégon, intendant de la marine au xvii" s. , Uegonia, genre type de la famille des Bégoniacées, se compose d'un grand nombre d'espèces, toutes originaires des régions mtertropicales, cl remarquables par leurs feuilles obliques, diversement colorées, et leurs fleurs irrégulières, monoïques, disposées en panicules. La li. discolore, de la Chine, à rameaux teintés de rouge, à fleurs d'un rose vif, perd ses tiges en automne, mais se conserve par ses tubercules vivaces qui émettent de nouvelles pousses au printemps. La B. toujours fleurie, du Brésil, donne tout l'été des fleurs blanches en petites panicules. — La famille des Bégoniacées se rattache aux Aristolochiées, c.-à-d. aux Apétales à ovaire infère.

BÉGU. Les Vétérinaires appellent : bégu un cheval chez lequel la cavité des dénis incisives persiste au delà du temps ordinaire, ce qui le fait paraître plus jeune qu'il ifest rûcllenient; et faux-bégu, celui ciiez lequel le cône d'émail qui circonscrit le cornet dentaire persiste également plus longtemps que chez les autres chevaux.

BÈGUE. Voy. bégavemest.

BÉGUIN, sorte de coiffe, formée de trois pièces, qu'on met aux enfants sous leur bonnet, tire son nom de la ressemblance avec la coiffe des béguines. Voy. ce mot au Dict. d'Hist. et de Géogr.

BÉ6UÏTÉ. Voy. iikgc.

BEIGE ou DÈcHE, espèce de serge écrue. Voy. serge.

BEIGNETS, sorte d'entremets sucré. On fait des beignets avec des pommes, poires, abricots, crèmes, riz, etc., trempés dans une i)àte spéciale et frits. Les beignets soufflés sont une pâte à choux que l'on fait frire.

BEI RAM, fête musulmane. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

BÉJAUNE. Voy. bec-jaune.

BÉLEMNITE (du gr. !îeXeijlv[ttiî), Belemnites, genre de Céphalopodes dioranchiaux des terrains secondaires, voisin des Sepia et caractérisé par une coquille interne composée de deux parties : le rostre et le ph?-agmocone divisé par des cloisons et dont le prolongement constitue le proostracutn. Le rostre est -formé de fibres calcaires rayonnantes et présente souvent des sillons à l'extrémité apicale ou un sillon unique du côté dorsal ou ventral. La forme générale du rostre est conique, lancéolée ou comprimée. Les vraies Belemnites, dont on doit distraire les Bélemnilelles, commencent dans l'Infralias et s'élèvent jusque dans le Cénomanien. Anciennement on donnait sur la nature des Belemnites les interprétations les plus bizarres, on les désignait sous les noms de pierre de foudre ou de lynx, de doigt de diable, etc. ; on les employait en pharmacie.

BÉLEMNITELLE, Bclemnilella, genre de Céphalopodes de la famille des Bélemnitidés, différant des Belemnites par la fissure ventrale marginale dont est munie la partie antérieure du rostre. Les Bélemnitelles, auxquelles il faut réunir les Aclinocamax, apparaissent avec l'étage turonien et disparaissent avec l'étage sénonien.

BELETTE (du vieux franc, bêle, ou du lat. mêles, martre), Putorius mustela, mammifère carnassier, appartenint au genre Martre, section des Putois. La belette est un peu plus petite que le rat, effilée, souple, de couleur fauve en dessus, blanche ou jaune en dessous : elle a l'œil vif et lin, le museau pointu, les pattes courtes; elle court avec beaucoup de vitesse ; son odeur est extrêmement forte. Cet animal se trouve dans toute l'Europe : l'été, il se nourrit de mulots, de jeunes lapereaux, d'oiseaux qu'il surprend dans leur nid, et même de crapauds et de couleuvres; l'hiver, il s'introduit dans les fermes, et fait de grands dégâts dans les colombiers et les poulaillers. La fourrure de la belette passe quelquefois dans le commerce, où elle reçoit une teinte brun foncé et se vend sous le nom de martre lustrée.

BÉLIER (du flamand bel, clochette; mouton qui ixirtc la clochette), le mâle de la brebis. Voy. mouton.

BÉLIER, Aries, constellation zodiacale, située entre les Poissons et le Taureau et au-dessous d'Andromède. Au temps d'Ilipparque, à l'époque de l'équinoxe du printemps, le soleil était dans cette constellation, tandis qu'auj., à la même époque, par suite de la précession des equinoxes, il en est distant d'un signe tout entier. Le bélier renferme \ étoile de 2° grandeur, 2 de 3°, 3 de 4», 11 do 5*. Son ascension droite moyenne est 2 h. 30, sa déclinaison 18» nord.

BÉLIER, machine de guerre dont on se servait, avant l'invention de la jKJudre. jxnir enfoncer les portes et même les murailles des villes assiégées. Elle consistait essentiellement en une énorme poutre garnie à son extrémité d'une tête de bélier en fer ou en bronze ; elle était suspendue à une forte charpente avec des chaînes et de gros câbles, et on la mettait en mouvement à force de bras. L'invention du bélier remonte à une très haute antiquité. — La machine dont on se sert auj. pour enfoncer les pilotis iwrte le même nom.

Bélier hydraulique, machine inventée en 1797 par Montgolfier, sert à élever l'eau d'une rivière à une certaine hauteur, au moyen de la force même du courant. Il a été établi pour la 1" fois au château de la Celle Saint- Cloud, près Paris.

BÉLISANE, 178° petite planète, trouvée le 6nov. 1877 par Palisa à Pola. Voy. planètes.

BELLADONE (de l'ital. bella donna, belle dame, parce qu'on se servait de son infusion jwur blanchir le teint), Atropa, genre de la famille des Solanées, renferme des arbrisseaux et des herbes à tiges rameuses, à feuilles alternes ovales aiguës, à fleurs violacées en forme de clochettes pendantes à 5 dents. La plupart des espèces sent vénéneuses, surtout celles qui croissent sans culture. La B. commune [A. belladona), qu'on trouve en France près

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