‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 169 sur 1729 · BÉNÉDICTION · texte numérisé non relu

BÉNÉDICTION

des lieux liabités et dans les bois, atteint plus de 1 m. et forme de larges buis^ms d'un aspect triste; ses feuilles molles, pubescentes, répanden', quand on les froisse une cnleur vireiise et nauséabonde : ses Heurs d'un rouge violet au dehors, tirant sur le jaune au dedans, donnent naissance à des baies d'abord vertes, puis brun-rougeàtres, semblables à la cerise guigne, et dont le jus est un poison très violent. — La belladone agit sur les fonctions intellectuelles comme surexcitant : loin qu'elle soit un narcotique, l'empoisonncment qu'elle produit est caractérisé par I insomnie avec des transports furieux, de «ombres agitations et un délire pareil à celui de l'ivresse. Elle dilate considérablement la pupille : aussi la médecine l'emploie-t-elle pour faciliter 1 exploration de l'œil et les opérations qui obligent à pénétrer dans son intérieur; elle paralyse la contraction spasmodique des muscles et calme les douleurs névralgiques : de là son emploi dans l'asthme, le hoquet, la coqueluche, la contracture anale, les douleurs, etc. : enfin, par son action sur les nerfs vaso-moteurs, elle produit une sécheresse extrême de la bouche, du pharvnx, et même de l'œsophage, au point de rendre impossible l'ingestion des aliments : la peau et les muqueuses deviennent pâles et insensibles. La belladone doit ces divci-ses propriétés à un alcaloïde très énergique, l'atropine [Vou. ce mot), qu'on peut extraire de toutes ses |tarties. — Les substances employées pour combattre rennwistmnemcnt par la belladone sont : l'iodurc de |Hitassium, le tannin, qui en arrêtent l'absorption, les vomitifs ci les purgatifs, l'opium qui l'attaque dans ses effets eux-mêmes, en contractant la pupille et en déprimant le système nerveux surexcité, enfin les boissons aicmiliques comme stimulants.

On donne encore le nom de Belladone a deux espèces d'Amaryllis, à la Mandragore et à la Morelle. Voy. ces mots.

BELLE (jeu de \.k]. Il est analc^e au loto et au biribi, et se joue avec un tableau aux numéros duquel correspondent d'autres numéros renfermés dans un sac. — C'est aussi le nom d'un jeu de cartes qui a quelques points communs avec le trente-et-un.

BELLE-DAME, nom vulg. d'un papillon du genre Vanesse et dune plante du genre Arroche.

BELLE.DE-JOUR. dite aussi Liseron de Portugal (Convohiihis tricolor\ espèce de Liseron, à fleurs bleues et blanches qui ne s'épanouissent que pendant le jour et se referment la nuit; on la cultive en touffes et en bordures.

Voy. LISEROX.

BELLE-DE-NUIT, Mirabilis jalappa, nom vule. du yyctage faux jalap, plante exotique de la famille des Nyctaginées. dont les fleurs, rouges ou jaunes, semblables à celles du liseron, ne s'épanouissent qu'après le coucher du soleil. — C'est aussi le nom vulgaire de l'oiseau appelé Rousserolle ou Rossignol de rivière.

BELLE- DE-ONZE- HEURES ou daxe-de-onze-heures, Ornithogalum lunbellatum, nom vulg. d'une Liliacée, dont les fleurs ne s'ouvrent que vers les onze heures du matin.

BELLE-D'UN-JOUR, nom vulg. de VHéniérocalle. Voy.

BELLE-FILLE, eelle-mère, belle-sœcr. Voy. alliance

et PARENTÉ.

BELLÉROPHON (nom mythologique), genre de Mollusques fossiles, appartenant à l'ordre des Gastéropodes Prosobranches, st)us-ordrc des Aspidobranches : coquille spirale, enroulée suivant un plan de symétrie bilatérale, à tours plus ou moins découverts dans l'ombilic et pourvus sur le bord, au milieu antérieur, d'une entaille profonde qui s'oblitère à mesure que la coquille croît et laisse comme trace une bande distincte sur la coquille. Le dernier tour est toujours très évasé. — Les Bellérophons se trouvent dans tous les terrains paléozoïques.

BELLÉROPHOx (tETTriES de) . Belléroplion avant été envoyé par Prœtus, roi d'Argos, à lobate, roi de f,ycie, avec une lettre prescrivant à lobate de tuer Bellérophon, on a appelé lettres de Bellérophon les lettres de reconunandation perfides.

BELLES- LETTRES. Voy. littérature.

Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Voy. inscriptions et INSTITUT.

BELLIGÉRANTS (du lat. belltim gerere, faire la guerre). On nomme ainsi, dans le Droit des gens, les souverains ou puissances qui sont en guerre. On les oppose : i" aux neutres [Voy. ce mot) ; 2° aux Insurgés à 1 égard desquels

on n'est pas tenu d'observer les usages reçus entre belligérants. Voy. DROIT DES GENS, GUERRE.

BELLINO, variété de cépage cultivée dans le Piémont comme raisin de table. La grappe en est volumineuse et compacte; le grain est gros, d'un noir pruiné, à chair croquante et juteuse, à saveur agréable.

BELLIS (du lat. belliis, joli). Voy. p.iQCERETTE.

BELLONE, 28= petite planète, trouvée le 1" mars 1854 par R. Luther à Bilk, près Dûsseldorf. Voy. planètes

BELLOTE, variété du Chêne vert. Voy. chêne.

BELONE, j)oisson. Voy. orphie.

BÉLOSTOME (du gr. ^éXo;, dard, et aTÔjia, bouche), Belostoma, genre d'Hémiptères hétéroptères, de la famille des Népiens. Ce sont des pimaises aquatiques 'de grande taille, propres aux contrées tropicales, notamment au Brésil, et (jui se trouvent chez nous à l'état fossile.

BELUGA, cétacé. Voy. orque et dauphin.

BELVÉDÈRE (de lital. belvédère, belle vue), petit pavillon qui couronne et domine les maisons de plaisance. Le plus fameux était celui du Vatican, élevé par le Bramante : on y admirait V Apollon du Belvédère. Il y a à Vienne un palais du Belvédère.

BELVISIA (de P. de Beauvois). Voy. sapoléoxe.

BEMBEX (du gr. PéjjlSt,;, toupie), genre d'Insectes, de l'ordre des Hyménoptères porte-aiguillon, famille des P'ouisseurs. ainsi nommés de la forme de leur alxlomen. On les trouve dans les lieux sablonneux et exposés au soleil. Le B. à bec, noir avec des bandes jaune-citron, est commun aux environs de Paris.

BEMBIDION (de ^£[a6t,$), Bembidium, genre d'insectes, de l'ordre des Coléoptères pentamères, famille des Carabiques. caractérisé par l'avant-dernier article des palpes extérieurs renflé en forme de toupie. Ce sont de petits insectes voisins des Elaplires, qui vivent

[iresque tous au bord des eaux, courent sur la vase et dans e sable.

BÉMOL, signe musical qui s'écrit ainsi : S a pour objet,

3uand on le place devant une note, de l'abaisser d'un emi-ton. Voy. bécarre.

BEN, Moringa oleifera. espèce du genre Moringa et type de la famille des Moringées. C'est un arbre de moyenne grandeur, originaire de l'Inde et qui croît aussi dans l'Amérique du Sud : ses feuilles sont peimées. ses fleurs irrégulières ; son fruit est une silique uniloculaire à trois valves. L'écorce, la racine et même les feuilles ont une saveur et une odeur analogues à celles du raifort sauvage. Le bois [bois néphrétique) s'emploie dans les néphrites calculeuses; les semences [noix de ben] contiennent une amande qui donne par l'expression une huile grasse [huile de ben], inodore, transparente, purgative. Cette huile se sépare en deux parties, l'une solide et l'autre liquide, très difficilement congelable : les parfumeurs l'emploient |K)ur extraire les huiles essentielles des fleurs dont on ne peut rien retirer par la distillation, telles que le jasmin et la jonquille.

BÉNÉDICITÉ, courte prière, qui commence par le mot benedirite bénissez), et qui se dit avant les repas.

BÉNÉDICTINE, se dit d'un petit biscuit aux abricots, et aussi d'une liqueur de table.

BÉNÉDICTINS, religieux. Ycy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

BÉNÉDICTION (du lat. benedicere, bénir). L'usage d'appeler la protection divine sur ceux qu'on aune a toujours existé. De tout temps, un père a donné sa bénédiction à ses enfants, surtout au lit de la mort; un vieillard a béni des personnes d'im âge inférieur. On voit, dans l'Ecriture, les rois patriarches prononcer la bénédiction sur leur peuple tout entier. De bonne heure aussi, le droit de donner la bénédiction a été du ressort des ministres du culte. Moïse charge expressément les lévites de cette mission et leur en prescrit les termes; de nos jours encore, la bénédiction n'est prononcée dans les synagogues que par des descendants d'Aaron. — Chez les "Chrétiens, les prêtres Ix-nissent soit en faisant simplement le signe de la croix, comme cela a lieu à la fin de la messe, soit d'mie manière plus soleiuielle, en tenant à la main, pendant qu'ils font ce signe, l'ostensoir ou le ciboire renfermant l'hostie consacrée comme dans la B. du Saint Sacrement. Le pape, les évêques, donnent la bénédiction en faisant le signe de la croix ; le pape donne solennellement une fois |iar an, à Pâques, la grande bénédiction : urbi et orbi. On prononce encore la bénédiction sur les animaux au service de l'homme

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