VITALISME
on appelait mézail un masque de fer remplissant le même oflice et qui s'a(iai)lait an casque au moyen de charnières latérales. — Dans les tournois, les épces étaient fort larges, pour ne point passer à travers les trous des visières. Rompre en visière se disait quand un chevalier rompait sa Jancc dans la visière de celui contre lequel il courait. Celle expression ne s'emploie ])Ius que métaphoriquement, pour dire : attaquer quelqu'un sans ménagement ou lui dire en face quelque injure grave.
VISION (du lat. Visio), action de voir, exercice du sens de la vue. I^a vision s'accomplit au moyen de deux ordres de faits, les uns physiologiques, les autres psychologi(pies. L'œil est une espèce de chambre noire, tapissée par la rétine ( Voy. n:n.) ; les rayons lumineux rendus convergents par les milieux réfringents de l'œil viennent former sur la rétine l'image réelle et renversée des objets extérieurs. Quand la distance de l'oJjjet à l'œil varie, l'imago est maintenue sur la rétine par la contraction plus ou moins grande du cristallin. C'est ce qu'on appelle V accommodation. Pour les vues normales ou emmétropes, le cristallin étant complètement détendu, l'image des objets très éloignés se fait sur la rétine; les objets se rapprochant, le cristallin se contracte de plus en plus; cette faculté a évidemment une limite, ce qui fait que les objets plus près de l'œil qu'une certaine distance, dite distance minimum de vision distincte, ne peuvent plus être vus nettement; celte distance est de 15 à 20 cm. dans les vues normales. Chez les myopes, les rayons venant de l'infini convergent dans l'œil avant d'arriver à la rétine ; ce n'est que lorsque l'objet est à une certaine distance [distance maxima de vision distincte) que l'image commence h être nette ( Voy. myopie); chez les hypermétropes, les rayons venant de rinlini convergent derrière la rétine; il leur faudrait, pour voir nettement les objets, un cllbrl d'accommodation qui en général est trop considérable : la vision n'est nette à aucune dislance. Eiilin, chez les presbytes, la faculté d'accommodation, d'ailleurs par un elTct naturel <le l'âge, se perd peu à peu et la distance minimum de vision distincte recule jusqu'à une limite gênante. — L'impression reçue par la rétine est transmise au centre cérébral j)ar le nerf optique. A la suite de cette transmission ont lieu les piiénomènes psychologiques de la sensation et de la perception des objets. 11 n'y a d'ailleurs, comme il est facile de le comprendre, aucun rapport entre la manière dont les images se forment dans lœil et l'idée que nous nous faisons de leur forme et de leur direction ; celle-ci résulte d'une éducation simultanée de l'œil et du toucher. On peut remarquer cependant, par ce fait que deux impressions simultanées dans les deux yeux ne produisent qu'une sensation unique, que ceci parait tenir à l'existence dans les deux yeux de points dits correspondants, pour lesquels les libres nerveuses iraient se terminer dans le cerveau à une cellule unique ; mais c'est plutôt une hypothèse qu'une vérité scicnliliquemcnt démontrée.
l'ision en Dieu, théorie philosophique imaginée par Malebranche pour expliquer la perception des corps par l'esprit. Suivant ce philosophe, les corps, bien qu'existant réellement, ne feraient point une impression réelle sur noire âme, de même que notre âme n'aurait point d'action sur les corps; mais ce serait Dieu qui ferait continuellement celle double action sur nous et sur la nature; l'intelligeucc divine serait comme un immense miroir dans lequel viendrait se réfléchir l'imago des objets et où l'intelligence humaine viendrait les contempler. Cette hypothèse se rattache à celle des causes occasiojinelles . Voy. ce mot.
En Théologie, le mot vision désigne les diver.ses manières dont Dieu s'est manifesté aux patriarches; c'est ainsi que l'on dit la vision de Jacob pour désigner le songe dans lequel il vit l'échelle mystérieuse. Ezéchiel et presque tous les prophètes, St .loseph, St Jean, St Paul, eurent des visions non moins célèbres. — La vision héatifique est l'action par laquelle les bienheureux voient Dieu dans le ciel. — Il est hérétique de croire que l'homme puisse, par ses seules forces, jouir de la vision intuitive Ae. Dieu.
Vision se dit encore pour désigner les chimères qu'enfante rimaginalion, et il est alors synonyme d'halbicination {^'oy. ce mot). Ceux qui ont "de semblables visions sont dits visionnaires. La plupart des fanatiques, Jean de Leyde, Ravaillac, et des théosophes, Weishaupt, Swedenborg, Mme de Kriiilencr, eurent des visions. — J. Nyder. Taillepied, Loloyer, dom Calmet, Lenglet-Dufresnoy ont donné do curieux traites Sur les visions et les apparitions.
VISITANDINES. Voy. le Dict. d'fliit. et de Géogr.
VISITATION (i,a), fête que l'Eglise célèbre le 2 juillet en mémoire de la visite que la Ste Vierge à l'époque où elle portait Jésus dans son sein fit à Ste Elisabeth, enceinte de St Jean-Baptiste, qui, en tressaillant dans le sein de sa mère, rendit hommage au Fils de Dieu.
VISITE. La loi autorise, dans certains cas. les visites domiciliaires, p. ex. pour faire chez un prévenu la recherche des pièces, j)apiers et objets relatifs au délit qui lui est imputé. Ces visites ne peuvent avoir lieu que de jour dans les maisons privées: mais les officiers publics peuvent entrer en tout temps dans les lieux publics, pour y prendre connaissance des désordres et contraventions, j)our vérifier les poids et mesures, le titre des matières d'or et d'argent, la salubrité des comestibles, médicaments, etc. (Loi du 19 juillet 1791; C. d'inslr. crimin., art. 59). Voy. peuquisitiox.
Dans la Marine, les bâtiments marchands sont soumis à plusieurs sortes de visites, soit, au moment du départ, pour constater l'état de navigabilité du navire, soit, à l'arrivée comme au départ, pour constater la nature des marchandises qu'ils ont à bord et percevoir les droits dédouane ou autres.
Droit de visite, droit reconnu par les traités, aux bâtiments de guerre, de visiter, en mer, les bâtiments de la marine commerciale, pour s'assurer, pendant la guerre, s'ils ne transportent pas des marchandises de contrebande, dites de guerre, et, pendant la paix, si les traités concernant la traite des noirs sont exécutes. Le droit de visite réciproque, qui avait été consacré dans ce dernier but par des traités conclus entre la France et la Grande-Bretagne en 1850 et 1851, ayant élé réprouvé depuis en France |)ar l'opinion publique, une nouvelle convention fut signée le 29 mai 18*5 pour parvenir à l'abolition do la traite au moyen de croisières faites en commun par les deux puissances. En fait, la visite s'est restreinte à Venqiiétc du pavillon, c.-à-d. à la preuve, par le navire visité, du droit qu'il a d'arborer le pavillon de la nation dont il se réclame.
De récentes négociations internationales, faites à Bruxelles (1891) j)our rétablir le droit de visite dans toute son ancienne étendue, n'ont pas jusqu'ici abouti, du moins en ce qui concerne la France, qui persiste à limiter ce droit.
Voy. TltAITE.
VISNAGE, Visnaga, plante ombellifèrc. Voy. ammi.
VISON, cs|)èce de .Marte. Voy. maiite.
VISQUEUX. Voy. viscosité et liquide.
VITAL (du lat. vitalis), ce qui appartient à la vie; la circulation du sang, la respiration, etc., sont des fonctions vitales.
Force vitale, celle qui présiderait aux fonctions des corps organisés vivants. Voy. vie. — « La force vitale, a dit Cl. Bernard, en tant que force distincte opposée aux phénomènes chimico-pliysiques, n'a pas d'existence : c'est une hypothèse contraire au véritable esprit de la science, et qui l'écarterait de la voie féconde qu'elle suit pour la faire retourner en arrière. Il n'v a |)as, en un mot, d'antagonisme entre les forces physiques et les forces vitales. Le théâtre de l'action, et les conditions dans lesquelles elle s'accomplit, constituent la seule distinction réelle qui existe entre elles. Lorsque Liebig. p. ex., parlant d'un poison mortel, dit que celui-ci a vaincu les forces vitales, il ne faut voir là qu'une formule métaphorique, car dans son sens rigoureux ce serait l'expression d'une erreur philosophique. »
VITALISME (de vital), doctrine philosophique et physiologique d'après laquelle les phénomènes vitaux ne peuvent s'expliquer ni par une activité inconsciente de iàme, ce qui est l'hypothèse de V Aniinisme, ni par les propriétés des organes, ce qui est l'hypothèse de VOrganicisme [Voy. ces mots), mais supposent un principe spc- • cial. 11 y a d'ailleurs diverses opinions sur la nature du principe vital : suivant les uns, il consiste dans une substance simple, intermédiaire entre l'âme pensante et le corps; suivant d'autres, dans une force surajoutée aux forces physico-chimiques et propre à la matière organisée et vivante; suivant (l'aulres, dans un agent impondérable, comme l'électricité, etc. Ces deux dernières formes du Vitalisme peuvent se concilier avec l'Organicisme. La première seule est également opposée à l'Animisme et à l'Organicisme : contre le premier, elle affirme qu'on ne peut attribuer à l'àme aucune action autre que celles dont elle a conscience et souvenir (Jouffroy, Nouveaux
VITCIiOLRA