‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1684 sur 1729 · VITRE · texte numérisé non relu

VITRE

Mélanges, Distinction de la psycholorjie et de la physiologie) ; contre le second, elle déclare que les phénomènes vitaux qu'on n'a pas jusqu'ici expliqués par les lois lie la physique cl de la chirnie ne peuvent s'expliquer que par riiypotnèse d'un principe vital. La première proposition est démentie par des preuves indirectes tirées de l'observation : car certains mouvements, dont l'àme est reconnue cause, peuvent s'accomplir tantôt volontairement, lanlôl par instinct ou par hahitude, et certains faits vitaux tombent quelquefois sous l'empire de la volonté; il n'est donc pas Mupossible que l'àme exerce une action involontaire et inconsciente sur quelques fonctions organiques. Quant à l'hypothèse d'un principe vital intermédiaire entre l'àme pensante et le corps, il complique leurs rapports au lieu de les expliquer, et soulève des difficultés insolubles aussi bien pour la physiologie que pour la psvchologie. — Le Vitalisme est né d'une réaction contre le Mécanisme cartésien et contre l'Animisme de Stahl. Il a été professé d'alwrd à Montpellier par le médecin Barthez, et il a trouvé depuis de nombreux partisans aussi bien parmi les philosophes que parmi les physiologistes. — Consulter : Lordat, liéponses à des objections faites contre le principe de la dualité du dynamisme humain ; Bouchut. la lie et ses attributs dans leurs rapports avec la philosophie, l'histoire naturelle et la médecine; î. Fournet. la Loi des deux substances; Laugel, les Problèmes de la vie; 11. Martin, les Sciences et la philosophie; Ravaisson, Philosophie au \i\' siècle (§§ 2^26).

VITCHOURA (mot polonais), vêtement garni de fourrures, que l'on mettait par-dessus ses habits pour se garantir du froid.

VITÉES fde vitis, vigne). Voy. aupélidées.

VITELLINE (du lat. vitellus], principe albuminoïdc renfermé dans le jaune d'œuf d'oiseau. — Membrane vitelline. Voit. œcf.

VITELLUS (du lat. vitellus). portion de la substance de l'œuf des animaux. On dislingue le vitellus formateur, qui n'est autre que le protoplasma ou matière fondamentale de la cellule œuf, et le vitellus nutritif, qui est une masse de substance incluse dans l'œuf et qui joue le rôle de réserve nutritive pour le développement ultérieur de l'œuf.

VITELOTTE ou viqcelotte, variété de Pomme de terre longue et rouge qui est très estimée.

VITESSE (de vite]. La définition précise et générale de la vitesse a été donnée au mot mouvement. Dans le cas où un mobile se meut d'un mouvement uniforme, c.-à-d. parcourt des espaces égaux en des temps égaux, ou appelle vitesse de ce mobile le nombre qui mesure resj)ace parcouru par le mobile pendant l'unité de temps : ce nombre dépend naturellement de l'unité de longueur et de l'unité de temps; ainsi on dira, dans le même sens,

Sue la vitesse d'un train est de 60 kilomètres à l'heure, e 1 kilomètre à la minute, de 16 m. 66 à la seconde. — En prenant la seconde pour unité de temps, et le mètre pour imité de longueur, la vitesse de propagation du son dans l'air est 540, dans l'eau 1250; la vitesse de propagation de la lumièi-c est 500 000 (XK) [voy. ci-après). Vitesse angulaire, i'oy. rotatiox.

VITESSE DE i.A LiMiÈKE. La vitcssc de la lumière a été mesurée par divers procédés, les uns (Uœmer et Bradley) reposant sur des phénomènes astronomiques, les autres (Fizeau, Foucault) re|K)sant sur des mesures physiques. Rœmer a montré, par la discussion des éclipses du !"■ satellite de Jupiter, que ce phénomène ne nous apparaît pas au moment même où il se produit, et que de l'avance ou du relard apparent de l'occultation on peut déduire le temps que la lumière met à traverser le diamètre de l'orbite terrestre. Bradley a montré le rapport qu'il y avait entre le phénomène de l'aberration [Voy. ce mot) et la vitesse de la lumière. Dans le procédé de Foucault, des rayons lumineux viennent tomber sur un miroir plan touniant rapiilement (500 tours par seconde* autour de son axe qui les renvoie sur un miroir concave. Si le miroir tournant est immobile ou animé d'une vitesse peu considérable, les ravons reviennent exactement à leur point de départ; maïs si sa vitesse est assez gi-ande pour qu'il puisse tourner d'un angle sensible pendant le temps très court que met la lumière à aller du miroir plan au miroir concave et à en revenir, l'image de retour est déplacée. Le grand intérêt de ce procédé est qu'il a permis de montrer que la lumière se propage moins vite

dans l'eau que dans l'air et par suite a condamné sans retoiu: le système de l'émission [Voy. lumière). Dans le procédé de M. Fizeau, la lumière n une lampe traverse une lentille et vient former une image réelle au foyer d'une grande lentille; les rayons rendus parallèles parcourent un espace de plusieurs kilomètres, tombent sur une autre lentille qui les fait converger sur un miroir placé en son fover, lequel les renvoie suivant leur direction primitive : l'image de retour peut être observée grâce à une lame de verre placée après leur converçencc sur les rayons de retour, qui les renvoie latéralement. Au point même on se forme la 1" image réelle, se trouve une roue dentée, animée d'une grande vitesse. On conçoit

3ue pour une vitesse convenable, les rayons qui ont passé ans l'intervalle de deux dents, viennent former l'image de retour sur un intervalle plein; les rayons arrêtés ne peuvent plus aller rencontrer la lame de verre qui les renverrait à l'œil; l'image observée disparait. En connaissant la vitesse de rotation de la roue dentée et la distance des deux stations, on calcule facilement la vitesse de la lumière. Ce procédé, appliqué d'alwrd par 5L Fizeau entre Montmartre et Suresnes (1848), l'a été ensuite, avec divers perfectionnements, par M. Cornu entre l'Observatoire de Paris et Monllhéry.

Le nombre moyen donné par ces divers procédés, dont le dernier paraît être le plus exact, est de 300 000 kilomètres par seconde et semble être connu à 1/^00 de sa valeur.

VITEX, nom latin botanique du genre Gattilier. Voy. ce mot et agxus-castcs.

VITICULTURE (du lat. vitif, vigne, et de culture].

Voy. VIGNE et VIGNERON.

VITILIGO ^c.-à-d. en latin tache sur la peau\ Cette dénomination, qui a reçu des aweptions fort différentes^ a été réservée par Bielt et Cazenave pour désigner une maladie cutanée qui consiste dans une décoloration partielle de la peau et des poils. On la combat en excitant dans les surfaces malades les fonctions languissantes, à l'aide de pommades au rhum, au quinquina, au tannin.

VITIS, nom latin et botanique de la Vtgne.

VITRAUX pluriel de vitrail). On appelle ainsi les grands panneaux de vitres le plus souvent colorées qui ornent les églises. L'ensemble des divers vitraux enchâssés dans du bois, de la pierre ou du plomb, et dont se compose une fenêtre, une rosace, etc., prend les noms de verrière ou de vitrine. — Pour les vitraux ]>eints et l'art de les peindre, voy. verre (^peintcre sur).

VITRE du lat. vitrum], pièce de verre qui se meta une fenêtre. Les matières premières avec lesquelles on fabrique les vitres sont le sable siliceux, la craie ou la chaux grasse éteinte, et le carbonate de sodium, ou plus généralement un mélange de sulfate de sodium et de charbon. Ces matières une fois fondues, l'ouvrier cueille, c.-à-d. enlève au bout de la canne tige de fer creuse), une masse de verre en pâte qu'il souffle pour !ui donner la forme d'une sphère ; puis, lui imprimant un mouvement continuel de rotation, et la lançant simultanément dans un plan vertical, il produit un cylindre de plus en plus allongé qu'on fend dans toute sa longueur à l'aide d'un fer rouge ; enfin, des ouvriers, amiés de balais de bouleau, l'aplatissent en passant vivement le balai dessus pendant que le verre est encore chaud. On fabrique de cette manière d'énormes plaques de verre, qui souvent sont dune épaisseur suffisante pour être dressées à la manière des glaces. On a récemment supprimé le soufllage du verre à vitres en le coulant sur une table et le roulant avec des rouleaux. On réchauûe la plaque de verre et on l'étiré pour I lui donner l'épaisseur voulue. On fabrique par le procédé ; du manchon des verres à vitres cannelés en se servant de moules à profondes cannelures. — Depuis quelque temps MM. Appert ont imaginé de fabriquer des vitres perforées qui sont utiles pour assurer la ventilation [Voy. ventilation) des locaux fermés. Les trous, au nombre de 5 000 par mètre carré, sont tronconiques, ayant 5 à 4 millimètres de diamètre pour la petite section et 7 à 8 pour la grande. On pose ces vitres de manière que la petite section soit à l'extérieur, ce qui diminue la vitesse d'entrée de l'air et supprime les courants d'air.

L'emploi du verre à vitres ne paraît pas remonter au delà du m* siècle de notre ère. Les premiers édifices à fenêtres fermées de vitres enchâssées dans des rainures de bois furent les églises de Brioude et de Toui-s, vers la fin du

Page 1