‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 1692 sur 1729 · VRAC · texte numérisé non relu

VRAC

plusieurs pierres (roussoirs taillées en coin : toutes ces pierres appuient lune sur l'autre, la première rangée posant sur un mur perpendiculaire qui, dans ce cas, reçoit le nom dt? pied-droit de la voiite. On nomme clef de voûte le voussoir du milieu qui soutient tous les autres. — On distingue : la voûte en berceau, dont le nom dit sufTisamment la forme; la voûle d' arêtes, constituée par l'intersection de deux voûtes en berceau égales se croisant perpendiculairement et à la même hauteur; la voûte tphérique ou coupole, composée d'assises concentriques formant un liémisphère creux; les \ . à un seul centre, dont la courbe, formée dune seule ouverture de compas partant d'un seul centre, décrit toujours une portion de cercle : telles sont la V. à plein cintre, dont lare est un demi-cercle parfait, et toutes les voûtes dont l'arc est une portion de cercle de 180 degrés; les V. à deux centres, qu'on ne saurait tracer d'une seule ouverture de compas qu'en sappuyant sur une succession contiguë de points ou de centres différents, et dont la courbe procède de celle de l'ellipse, ou se compose de deux portions de cercle ayant chacune son centre particulier et isolé : elles comprennent la V. surbaissée, la V. plate ou en anse de

{mnier, dont l'arc est une section de l'ellipse sur sa plus ongue dimension; lu V. surélevée, dont l'arc est une section de l'ellipse sur sa dimension la plus étroite; la Y. à arc rampant, qu'on pratique sous le travers d'une rampe d'escalier; la V. d'ogive, qui a un double centre, chacune des deux portions de cercle qui la composent ayant le sien: la V. annulaire, la V. cylindrique, la V. hélicoïde ou en vis, la V. conique, qui sont d'un usage moins fréquent .

La voûte remonte au moins aux Assyriens, qui l'auraient transmise aux Etrusques, originaires, croit-on. de Lydie. Par l'emploi de l'arcade et de la votïle en plein cintre, les Romains sont arrives aux plus grands résultats : ils ont pu mettre en œuvre des matériaux de dimensions médiocres, faciles à élever à de grandes bautcui's, et bâtir des édifices immenses et durables: ils ont fait ainsi en briques, en moellons et même en blocage, des constructions qui conservent encore leur solidité primitive. Les voûtes dites gothiques, et mieux dénommées voûtes en arc d'ogive, constituent un système de voûtes tout particulier et qui sont le point de déprt de l'architecture de la seconde partie du moyen âge. l)e leur établissement en elfel dépend la force à donner aux |)iliers qui les supportent, aux arcs-boutants qui maintiennent leur poussée. Elles ont amené dans l'arcbiteclurc une révolution complète de l'art du constructeur, et les œuvres qu'elles ont froduites peuvent passer à juste titre pour merveilleuses. 1 est facile de s'en rendre compte en parcourant les admirables cathédrales de cette époque : Notre-Dame de Paris, Amiens, Reims, etc. — Parmi les édifices, anciens ou modernes, remarquables par la beauté de leurs voûtes, on cite : le Panthéon de Rome, la coupole du Panthéon de Paris, formée par trois voûtes concentriques, la voûte du dôme des Invalides, etc.

En Anatomie, on nomme voûte toute partie convexe et arrondie par sa face supérieure, concave et arquée par sa face inférieure : ainsi la voûte du crâne est la partie supérieure du crâne [Voy. cràse) : elle correspond au vertex ; la voûte à trois piliers {à quatre piliers suivant quelques-uns) est une lame de substance médullaire formée par les fibres des circonvolutions postérieures du lobe moyen du cerveau; la voûte du palais, une cloison qui sépare la bouche des fosses nasales.

VOYAGES ;du lat. viaticunr. On distingue : les voyages terrestres et les voyages maritimes, et parmi ceux-ci : les F. de long cours et les V. de circumnavigation. Les V. de long cours sont ceux qui se font sur mer à de

Ï grandes distances, comme ceux qui ont pour destination es Indes orientales et occidentales. La navigation à la vapeur a considérablement abrégé la durée de ces voyages. Les F. de circumnavigation, dits aussi F. autour du monde, sont le plus souvent des voyages d'exploration ou de découverte: quelquefois ce sont des voyages de recherche, comme ceux qui ont été entrepris à la recnerclie ' La Pérouse, de sir John Frankbn, etc.

■■jrini les voyageurs qui se sont fait un nom dans la

11 ■ ". on cite en première ligne : chez les anciens,

Pvtliiâ'' ^'•'3'^"' Pausanias, llannon. Eudoie, Scylax,

• ■ ^A^Euthymènes, Xéarque, le Chinois Fa-hien, le

nas Indicopleustes : — chez les modernes.

comme voyageurs terrestres : Duplan de Carpin, Marco Polo, Kaempfer, Chardin, Levaillant, .Mungo-Park, Bruce, A. de Humboldt, Clapperton, Caillié, Jacquemont. Vogel, Livingstone. Stanley, Brazza, Crevaux. etc.; comme navigateurs : Christophe Colomb, Magellan, Drake, Anson, Byron, Cook, La Pérouse, d'Entrecasteaux, Bougainville, Vancouver, Krusenstcrn, Langsdorf, Freycinet, Duperrey, Dumont d'Urville, Parry, Ross, Franklin. Nordenskiôlâ, etc. — La plupart de ces voyageurs ont écrit des lielations de leurs voyages. Plusieurs des relations de vovages marilimes qu'ont laissées les anciens portent le nom "de Prriples [Voy. ce mot . Parmi les relations des navigateurs modernes, on remarque : les Voyages de l'amiral Anson (1748), de J. Bvron (1767), de Bongain\ille (1771 et 1858), de Cook (177S), de La Pérouse (1797), de Krusenstern (1810), de Freycinet (1824 , de Duperrev (18'28), de Dumont d'Urville (ifeS), d'A. du Pelit-Tlioiiars'(1840), etc.

Les principaux recueils de voyages sont : l'Histoire générale des rouages de l'abbé Prévost (174G, 20 vol. m-4), souvent abrégée; la Bibliothèque des voyages d'Albert- Montémont (1855-56, 46 vol in-8); les Nouvelles Annales des voyages de M. Vivien de St-Martin; le Tour du Monde, fondé par Edouard Cbarton, etc. — Il existe aussi des relations de Voyages imaginaires, les uns écrits dans un but tout scientifique, comme le Voyage d'Anacharsis en Grèce par l'abbé Barthélemv, le F. de Polyclète de Théis, le F. d'Anténor de l.antîer, le F. d'un Gaulois à Home au siècle d'Auguste de M. Dezobry, etc. ; les autres comme œuvres de fantaisie et de pure imagination, comme les Voyages de Gulliver de Swift, les nombreux Voyages dans la Lune de Lucien, de Cyrano de Bergerac et autres, le Voyage souterrain de i\'iel Klim par Uolberg, etc., le I Voyage au centre de la Terre, Cinq Semaines en ballon. De la Terre à la Lune de Jules Venie.

VOYAGEUR (du lat. viator). Pour tout ce qui concerne le transport de l'individu et de ses bagages, voy. transport. VOITURES PUBLIQCES, PASSEPORT, AUBERGISTE, etC.

Voyageur de commerce ou Commis voyageur. La loi le considère comme mi mandataire salarie. Voy. mandataire.

VOYELLE (du lat. vocalis], terme de Grammaire, désigne une lettre qui a \m son par elle-même et sans être jointe à une autre lettre. On compte ordinairement 5 voyelles : fl, e, i, o, u, qu'on appelle aussi voyelles simples. On appelle voyelles composées celles qui sont représentées par plusieui-s lettres, mais qui ne rendent cependant qu'un son unique proféré par une simple émission de voix : telles sont ou, eu, ai, ei, et les voyelles nasales cui, en, in, on, un. On appelle diphtongues les sons formés par le concours de plusieurs voyelles. — En Prosodie, les voyelles peuvent être brèves, longues ou douteuses.

Voy. PROSODIE.

Dans les langues sémitiques, comme l'hébreu et l'arabe, où toutes les lettres sont des consonnes, les voyelles sont représentées par de petits signes appelés points-voyelles. Voy. POINT.

Prononciation des voyelles. Les divers sons qu'on appelle voyelles dépendent de la configuration que prennent les caisses de résonance, c.-à-d. le pharynx et la lx>uche. Lorsqu'on prononce a, e, i, le diamètre longitudinal de la cavité pliaryngo-buccale se raccourcit et le diamètre transversal augmente; c'est le contraire pour o, ou, u. Les intonations nasales in, an, on, tin, se produisent par l'abaissement du voile du palais. L'as|)iration exige le concours de la glotte : l'orifice se réduit alors, et l'air s'écoulant par une fente étroite donne le bruit d'un frôlement contre les lèvres vocales. Dans les sons gutturaux, l'épiglolte s'abaisse, les lèvres vocales se pressent l'une contre l'autre, et, l'orifice étant fermé, le courant d'air heurte contre la voûte et détermine ainsi une vibration sous l'épiglolte dans la fissure pharyngienne.

VOYER (de voie), se dit, dans ^Administration, des architectes, commissaires, officiers de police» agents de toute sorte, préposés à l'entretien ou à la police des rues dans une ville et des routes dans la campagne. — Sous Henri IV, un édit de mai 1599 créa la charge de Grand Voyer et en revêtit Sully : cette charge fut supprimée dès 1626. Voy.

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