BIBLIQUES
France. Bibliothèques pul)liqucs. — Elles sont la propriété lio l'Etat ou dos communes. Les premières sont auj. administrées par un personnel recruté à la suite d'examens spéciaux, les secondes par des conservateurs choisis par les communes. La plus considérable des biijlio- Ihèques de l'Etat est la li. Nationale, auj. rue Richelieu, dont on fait remonter l'origine à Charles V, mais qui ne fut longtemps que la bibliothèque du roi, et ne devint publique qu'en 1/55. Au début, elle comprenait environ 1000 manuscrits. Ce chilfre monta à 2 000 sous Louis XH. Les augmentations successives obligèrent plusieurs fois à la changer de local. Eu 1661, le nombre des volumes était de 16 746. A la mort de Coliiert en 1685, elle en avait déjà 50 à4'2. Le nombre des ouvrages tant imprimés que manuscrits avait atteint 100 000 lorsqu'ils lurent mis à la disposition du public. A réno<]ue de la Révolution, la bibliothèque comptait 150000 imprimés, auxquels vinrent s'ajouter plus de 300000 volumes provenant de biens ecclésia8li(|ues. En 1818, la bibliothèque possédait 800000 volumes. Auj. elle en a plus de 2000000. Elle reçoit des imprimeurs, en vertu d une loi, tous les ouvrages qu'ils impriment. Elle renferme en outre plus de 60 000 manuscrits. 600 000 estampes et 100 000 médailles, camées, etc. — La H. Mazarine, au palais actuel de l'Institut, formée pour le cardinal Mazarin, par les soins de Gabriel Naudé,
aui y réunit 12 000 volumes. Ce fut la première bibliolèqùe qui devint publique, dès 1643, dans le propre palais de Mazarin. Elle compte auj. 200000 imprimés, 2 000 incunables, 6000 manuscrits. Elle a très peu d'ouvrages moilernes. — La B. de l'Arsenal, anciennement B. de Monsieur, rue de Sully, créée par le marquis d'Argenson de Paulmy, et vendue en 178o au comte d'Artois,
{mis accrue en l'Î87 de la bibliothèque du duc de la Valièrc. Elle renferme auj. 250 000 imprimés et 6 000 manuscrits, et contient les ouvrages les plus précieux |)our l'histoire de notre littérature. — La B. Sainte-Geneviève, fondée en 1623 par les religieux génovéfains, et considérablement accrue en 1710 par les soins de Le Tellier, archevêque de Reims; elle devient bibliothèque nublique dès 1759. Elle est auj. place du Panthéon, et elle comprend env. 160000 imprimés et 5 000 manuscrits. — lin grand nombre de villes ont aussi de riches bibliothèques. Kous citerons Lyon, Bordeaux, Besançon, Grenoble. Aix. Rouen, Avignon, qui ont chacune de 100000 à 200 000 volumes; Marseille, Nîmes, Amiens, Dijon, Rennes, Toulouse, Montpellier, Chartres, Orléans, qui en ont plus de 50000, et une vingtaine d'autres villes qui en ont plus de 15000. Une mention spéciale est due à la Bibliothèque de la Ville de Paris, incendiée lors de la Commune, et reconstituée depuis à l'Hôtel Carnavalet, qui renferme des ouvrages et des documents fort intéressants pour l'histoire de Paris. Enfin, à la B. du Conservatoire des Arts et Métiers on trouvera 25 000 volumes de technologie ; aux B. du Conservatoire de Musique et de l'Opéra, environ 40000 ouvrages de musique; à l'École normale supérieure, à l'Ecole des Mines, à l'Ecole polytechnique, au Muséum d'histoire naturelle, d'importantes collections, non publiques, mais dont l'accès est possible pour des recherches scientifiques. — Les B. universitaires, existant au chef-lieu de chaque faculté, furent longtemps un peu négligées. Depuis vingt ans, le ministère de l'instruction publique, d'où elles ressortissent, a fait de grands efforts pour les organiser d'une façon vraiment utile aux hautes études et aux recherches scientifiques, et il y a consacré des sommes importantes, de sorte que dans un avenir peu éloigné on peut espérer qu'elles atteindront la prospérité des bibliothèques des universités anglaises et allemandes. — Les B. 7nilitaires furent régulièrement organisées par le général de Cissey en 1872. Elles ont pour but de réunir des collections utiles aux études des officiers, ou de mettre un certain nombre de livres spéciaux ou d'ouvrages récréatifs et moraux à la disposition des sous-officiers et soldats. Le ministère de la guerre a un dépôt de 90 000 volumes, dont beaucoup ont une grande valeur. Pour les consulter, il faut une autorisation du ministre de la guerre. — Les B. populaires, appartenant à des sociétés particulières, ou fondées par les communes, à l'intention spéciale des ouvriers, mettent à leur dis|)osition un choix d'œuvres instructives et intéressantes, chefs-d'œuvre de notre littérature, relations de voyages, science vulgarisée, etc. — Les B. scolaires poursuivent le même but pour les enfants des écoles, et de
plus doivent fournir des livres de classe aux enfants indi. gents. — Les B. pédagogiques, organisées dans presque chaque canton, fournissent aux instituteurs un chois d'ouvrages sur l'éducation et l'enseignement.
Allemagne. A Berlin, la bibliothèque i)ublique, fondée par l'électeur Frédéric-Guillaume, renferme auj., comme la B. royale de Munich, ]n'ès d'un million de volumes et de nombreux manuscrits. La B. de l'Université de Leipzig est une des plus anciennes de l'Allemagne. Drestle, Gœttingue, Stuttgart, Hambourg, Gotha,, Cassel et nombre d'autres villes ont aussi d'importantes bibliothèques. Presque toutes les Universités ont également de riches collections.
Angleterre. Parmi les nombreuses bibliothèques de l'Angtcterre, les plus grandes sont : la B. Bodléicnne, à Oxford, ainsi nommée de sir Th. Bodley, ambassadeur d'Elisabeth, devenue publique en 1612; — la B. du British Muséum, à Londres; — celles de Cambridge, Edimbourg, Glasgow, Dublin, etc.
Autriche-Hongrie. La B. impériale de Vienne fut fondée en 1480 par l'empereur Maximilien. A Pest, la célèbre Bibliotheca Corvina, fondée par Mathias Corvin en 1499, fui dispersée dans les guerres des xvi« et xvii« siècles. La uibliothèque publique actuelle compte 100000 volumes. A Prague, l'Université possède 150t)0Q volumes.
Espagne. On cite la B. de l'Escurial, fondée par Charles-Quint et considérablement augmentée par P.hilippe II; — la fi. royale, à Madrid, créée en 1712; — lea Bibliothèques d'Alcala, de Salamanque, etc.
Italie. Les plus célèbres bibliothèques de l'Italie sont : à Rome, la B. du Vatican, fondée en 1455 par le pape Nicolas V, restaurée et accrue par Sixte-Quint et Léon X; elle renferme beaucoup de manuscrits précieux ; — à Venise, la B. de Saint-Marc, fondée au xv" siècle par le cardinal Bessarion; — à Milan, la B. Ambrosienne, fondée par le cardinal Fréd. Borromée et qui fut la ])remière vraie grande bibliothèque publique de l'Europe ; — à Florence, les B. Médicéo-Laurentienne et Léopoldine^ — à Naples, la Borbonica, etc.
Il faudrait enfin énumércr chacune des capitales ou des très grandes villes des autres Etats, qui comptent aussi de nos jours de grandes bibliothèques. Nous ne le faisons pas, unicjuement parce qu'elles sont en général de fondation plus récente.
Pour l'art de distribuer et d'administrer les bibliothèques, consulter la Bibliotéconomie, par L.-A. Constantin (Hcsse), Paris, 1839. — Vov. aussi : Jacob et Legallois ( Traité des plus belles bibliothèques, 1644 et 1680); Petit-Radel [Histoire des B. anciennes et modernes, 1819); Bailly [Notices historiques sur les U. anciennes et modernes, 1827) ; Hirsching [Description des plus curieuses B. de l'Allemagne, 1791); Baibi [Essai statistique sur les B. de Vienne, 1835) ; Edwards [Statistical Views of ihe principal public libraries of Europe and America, 1848) ; P. Ravaisson [Happort au ministre de l'inst. publ. sur les bibliothèques des départements de l'ouest, 1841); Eggcr [Histoire du livre depuis ses origines jusqu'à nos jours, 1880): Gabriel Richou [Traité de l'administration des bibliothèques publiques, 1885) ; Ul. Robert [Becueil des lois, décrets, etc., concernant les bibliothèques, 1883), etc.
On a donné le nom de Biblioth'eaue : 1" à des recueils d'extraits d'ouvrages anciens [Bibliothèque grecque de Photius) ; 2> à des collections d'auteurs avant tous un caractère commun [Bibliothèque des Pères de l'Eglise, B. classique latine de Lemaire, B. des voyages, B. des romans, etc.) ; 3" à des répertoires de bibliographie (fi. historique de la France du P. Lclong, B. bibliothecarum du P. Labbe, etc.). Voy. bibliographie.
On appelle Bibliothèque bleue la collection des contes et légendes populaires du moyen Age, publiés traditionnellement sous couverture bleue aux xV, xvi' et xvii' siècles; les Quatre Fils Aymon, Geneviève de Brabant, Amadis, Bobert le Diable, les Contes dS ma mère iUye, etc., sont les plus connues de ces légendes.
BIBLIQUES (sociétés), sociétés protestantes fondées pour la propagation des livres saints, sont surtout répandues en Angleterre. La plus ancienne date de 1780; la plus importante est la Soc. biblique britannique et étrangère, fondée en 1804. D'autres sociétés bibliques ont été établies sur le même plan en Russie, en Allemagne, en Amérique»
BIBLORHAPTE