‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 180 sur 1729 · BILLET · texte numérisé non relu

BILLET

BILHARZIA. genre de vers de l'ordre des Trcmatodes, Tamillc des Dislomidcs, découvert par Bilharz en Egypte, où il priivo(|iie chez les fellahs une hématurie grave et de fréquentes maladies de la vessie. Ce ver se rencontre surtout dans la veine porte, la veine splénique, etc. Les sexes sont séparés. Les œufs, pondus dans de petites veines, se rendent en grand nombre dans la région du bassin, où ils provoquent des phénomènes inflammatoires et des tumeurs vésiculeuses, dont la présence se manifeste par une hématurie plus ou moins marquée. Il est probable qu'une partie des phases larvaires du Bilharzia se passent dans d'autres organismes ou dans les eaux de fleuves et de rivières (Nil. etc.]. On doit donc s'abstenir de boire de ces eaux mm filtrées.

BILIAIRES (calculs), concrétions qui se forment dans la vésicule biliaire. Voy. bile et calccl.

BILIEUX, ce qui abonde en bile, ou ce qui tient à la bile. On désigne en général, mais improprement, sous le nom de Maladies bilieuses toutes les affections des organes digestifs qui paraissent avoir pour cause la surabondance ou une altération quelconque dans la sécrétion de la bile, depuis l'embarras gastrique ou intestinal jusqu'à la gastrite, l'hépatite et certaines formes de la fièvre typhoïde, qu'on appelle alors spécialement Fièvre bilieuse [Voy. bile). — Quant à la Fièvre bilieuse des pays ehauds, c'est une variété de la lièvre rémittente. Voy. FIÈVRE. — Tempérament bilieux. Voy. tempérament.

BILL (du lat. bulla), mot de la langue anglaise qui signilio, dans le langage parlementaire, un projet de loi ■quclciinquo. Chaque bill subit trois lectures et trois votes successifs, et doit avoir l'approbation des deux Chambres et la sanction du souverain; il devient alors acte du |)arlemcnl et statut du royaume. — On appelle Bill d'indemnité une résolution par laquelle le parlement déclare qu'un acte ministériel, bien qu irrégulier, ne donnera lieu à aucunes poursuites.

BILLAGE. Voy. halage.

BILLARD (jeu de) (de bille ou billard, bâton gros et •court dont on se servait autrefois pour chasser les boules et qui sert encore, sous ce nom, aux emballeurs pour ■serrer un paquet).

Le jeu de billard n'a pas été inventé en Angleterre, comme on le croit communément. C'est un jeu bien français. Certaines enseignes de cabarets au xvi° siècle portaient les mots : Au noble jeu de billard. Ce jeu, alors assez semblable au croquet actuel, consistait à pousser des boules sous des arceaux fichés en terre. Quelques chroniqueurs nous montrent Charles IX jouant au billard, le jour de la Saint-Barihélemy.

Les comptes des menus plaisirs de Fontainebleau, sous François I'"', nous signalent des salles de billard, et laisseraient présumer que le billard avait quitté la terre pour devenir un meuble d'appartement. Quoi qu'il en soit, la vogue du billard sur pied devint très grande [au xvii* siècle, quand les médecins recommandèrent à Louis XIV de faire de l'exercice après ses repas. On jouait alors au billard avec des arceaux comme dans l'ancien billard de terre. Les queues dont on se servait avaient des dimensions et •des formes spéciales à cause de la grandeur considérable des billards. L'étroilessc des appartements força à diminuer cette grandeur. La seule queue employée fut la petite du temps de Louis XIV; elle portait le nom de cadette. Continuant 1 usage mis à la mode par quelques raffinés de l'époque, on garnit cette queue, à son bout le plus mince, d un morceau de cuir, dit procédé. Grâce au procédé, la science des effets apparut et renouvela de fond en comble les combinaisons du jeu, qui, jusqu'alors, se fondaient toutes sur celte proposition : les angles d'incidence sont égaux aux angles de réflexion. La découverte du coup rétrograde, par Mingot, vint encore augmenter le nombre des combinaisons.

Les billards actuels ne possèdent plus de blouses ou trous, dans lesquelles se logeait la bille. Les parties que l'on joue le plus souvent à ce jeu sont : le carambolage, la partie du cazin, la partie Désiré, la poule aux quilles, la poule à la casserole ou la partie du chapeau, le bouchon, le cochonnet et la baraque.

On nomme billard anglais un billard incliné dont la table présente des arceaux et des numéros.

Kn 1835 Coriolis a écrit un traité fort savant portant pour titre : Théorie mathématique des effets du jeu de billard.

BILLARDER (de billard, boiteux). On dit qu'un c!i"yal billarde ouand en marchant, et surtout en trottant, il jette ses pieds en dehors du plan de mouvement de ses membres.

BILLE (du b.-lat. billa pour bulla), se dit : 1^ des petites boules de pierre, de stuc ou d'agate avec lesquelles les enfants jouent à la bloquette, à la tapette, au pot, au triangle, à la poursuite, etc. ; 2° des boules d'ivoire qui servent au billard.

En Vélocipédie, les billes sont les petites boules d'acier trempé qu'on place à l'intérieur des coussinets, dans tous les roulements d'un cycle, afin de diminuer la résistance due au frottement, lïans les machines actuelles, toutes les pièces qui tournent ont des coussinets à billes. Ainsi on fait tourner sur billes les axes, les pédales et le tube de direction lorsque la tête est à douille. — Dans un roulement à billes, le moyeu de la roue est formé d'un tube muni aux deux extrémités de joues creusées en forme de cuvettes circulaires. L'axe autour duquel la roue tourne et qui traverse le moyeu, porte deux bagues ayant la forme de troncs de cône, dont la surface latérale est creusée en forme de gouttière. Ces bagues sont appelées les cônes de roulement ; l'un des cônes est fixe et l'autre, appelé cône de réglage, est mobile et peut être vissé ou dévissé comme un écrou. Les deux cônes pénètrent latéralement dans les deux cuvettes, et les espaces vides, annulaires, qui séparent chaque cône de la cuvette correspondante sont remplis par des billes. Par cette disposition, la roue, au lieu de frotter directement sur l'axe, repose par ses deux cuvettes sur les billes. En tournant, la roue, au lieu de glisser sur un essieu lisse, roule sur les billes qui, elles-mêmes, roulent (en glissant un peu) sur les cônes. Par là on remplace presque complètement le frottement de glissement, toujours considérable, par un frottement de roulement, toujours faible. Les roues ainsi montées ont une mobilité très grande, les coussinets (ensemble de la cuvette, du cône et des billes) ne s'échaufTent pas et ont à peine besoin d'être lubrcfiés.

BILLE (du b.-lat. billa, tronc d'arbre; orig. celtique). Ce mot désigne, dans l'Industrie, un morceau de tronc d'arbre brut et destiné à être équarri et un morceau d'acier carré destiné à être travaillé. — Il se dit aussi d'un rejeton qui pousse au pied d'un arbre, et d'une espèce de bateau connu aussi sous le nom de fustereau. Voy. fus-

TEREAU.

BILLET (du lat. bulla). Outre son acception vulg., ce mot a pris par extension plusieurs significations spéciales : 1° on donne le nom de billet à tout acte sous seing privé dont la rédaction exige certaines formalités Voy. acte, APPROBATION, DOUBLES) ; 2° uue obligation souscrite par une personne au profit d'une autre personne. On nomme Billet à ordre un effet commercial par lequel le souscripteur s'engage à payer à échéance une certaine somme à une pei'sonne désignée ou à toute autre personne qui la représentera et à laquelle le billet aura été passé par endossement [Voy. ce mot). Tout billet à ordre doit être sur papier timbré et être daté; il doit énoncer la somme à payer, le nom de celui à l'ordre duquel il est souscrit, l'époque à laquelle le payement doit s effectuer, la valeur qui a été fournie en espèces, marchandises, en compte ou de toute autre manière (C. de comm., art. 188). On appelle un billet B. à domicile, quand il est jiavable dans un lieu autre que celui ou il a été souscrit : B. au porteur, quand il est sans désignation aucune de la personne Eour laquelle il est souscrit : il devient alors une véritale monnaie et peut circuler de main en main sans qu'il soit nécessaire n'en constater la transmission. Voy. aussi

RECONNAISSANCE et LETTRE DE CHANGE.

Billets de l'Epargne, nom donné avant 1789 à des rcscriptions payables sur le Trésor royal, qui s'appelait alors l'Epargne.

Billets de l'Echiquier, effets mis en circulation par l'Echiquier ou Trésorerie de l'Angleterre ; portent intérêt jusqu'à leur remboursement : ils sont ordinairement île 100, 500 ou 1000 liv.st. chacun.

Billet de banque, papier de crédit qui lient lieu d'argent monnayé et qui est payable à vue; c'est une espèce d'efTet au porteur, qui diffère de celui dont il est parlé cidessus en ce qu'il offre la garantie d'une société autorisée par l'Etal, au lieu de celle d'individus isolés. Il se transme» de la main à la main, sans autre formalité ; mais il

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