BILE
2' une massp en bois avec laquelle les corroyeui's foulent les peaux mouillées.
C est encore le nom d'un petit coquillage univalve du genre Litloriiie. la L. lillornlis, qui s'attache aux rochers. On le nomme aussi bigorneau, vignot, giiignelte, etc. Il est comestible.
BIGRE (en b.-lat. bigan(s). Ce nom désignait autrefois un earde forestier ou un mdividu riverain dune forêt auquel était commis le soin de veiller à la conservation des abeilles et de recueillir leur miel et leur cire. — l/cs bigres avaient le droit de couper ou d'abattre les arbres où se trouvaient les essaims. Un cdit de 166!» leur ôla ce droit.
BIQUES (du b.-lat bigus, biga], màtereaux qui ont à leur extrémité (les poulies, et qui servent à élever ou à soutenir des fardeaux, à étaycr une machine à mater, un bâtiment couche, etc.
BIHOREAU, espèce de Ilëron. Voy. héron.
BIJOUX, BiJocTERiE (de bis, 2 fois, et jocare, jouer, briller). On emploie à la confection des bijoux, outre les perles, les diamants et autres pierres précieuses, toutes sortes de matières, or, argent, cuivre, fer, acier, ivoire, os, nacre, écaille, bois même ; mais c'est surtout aux ouvrages faits en métaux précieux qu'on applique le nom de bijoux, et l'on nomme bijoutier celui qui fabrique ou qui vend ces ouvrages. On distingue : la bijouterie en fin, qui travaille l'or; la B. en argent; la li. en faux, qui travaille le cuivre doré, le similor, l'or de Manheim, le chrysocalque, etc.; la U. en acier, introduite en France en l740, et qui eut longtemps une vogue méritée. On peut y joindre la li. en fonte, importée de Berlin en 1822 : elle oi)ère par le simple moulage de la fonte de fer. — Après la bijouterie de Paris, on cite celles de Londres, Anvers, Genève et New-York, et pour la bijouterie en faux, Manheim cl Nuremberg. Voy. joyaux.
La loi du 19 brumaire an vi admet 5 titres pour les bijoux d'or: le \", 920 millièmes de fin et 80 d'alliage; le' 2", 840 de fin et 160 d'alliage; le 5«, 750 et 250. Il y a seulement 2 titres pour l'argent : le 1"% 950 d'alliage et 50 de lin ; le 2°, 800 d'alliage et 200 de fin. Un poinçonnage que porte chaque objet indique le titre particulier de chaque bijou. Par addition à la loi précédente, les bijoux et autres objets d'or et d'argent destinés à l'exportation peuvent être fabriqués à tous titres, à la condition d'être marqués d'un poinçon particulier (Loi du 25 janvier 1884; Officiel du 9 juin). Il a été créé pour les boîtes de montre destinées à l'exportation un quatrième titre légal, à 583 millièmes.
Le goût des bijoux a régné en tout lieu et en tout temps, surtout chez les femmes; dans ranti(|uité il fut porte à l'excès ; au moyen âge les bijoux étaient l'attribut de la noblesse; auj. ils sont indistinctement portés par toutes les classes de la société.
BIJUGUÉ [du lat. bijugiis), se dit, en Botanique, des feuilles pennées dont le pétiole commun porte deux paires de folioles.
BILABIÉ (du lat. bis et labium, lèvre), se dit, en Botanique, d'un organe dont les parties distinctes ou sou- <lées sont disposées de manière à représenter deux lèvres, l'une supérieure, et l'autre inférieure. Les Labiées, les Acanthacees, offrent des calices et des corolles labiées.
BILAN (du lat. bilanx, balance, état ou inventaire de l'actif ou du passif d'un négociant). On dit vulg. d'un négociant qu'i7 a déposé son bilan, pour dire qu'il se déclare en état de faillite. Dans ce cas, en effet, le failli est obligé de fournir son bilan, c.-à-d. l'état actif et passif de ses alTaires; cet inventaire doit, en outre, contenir lénumération et l'évaluation de ses biens mobiliers et immobiliers, le tableau de ses profits, de ses pertes et de ses <lépenses [Voy. faillite). — Tout failli qui ne pourrait fournir de bilan, faute d'avoir eu ses livres de commerce en règle, pourrait être poursuivi comme banqueroutier (C. de comm., art. 586).
BILATÉRAL (du lat. bis cl latus, lateris, côté), se dit, en Botaniciue, des parties d'une plante disposées des deux côtés d'un organe central. Les feuilles sont bilatérales.
BILATÉRAL (contrat), conveutiou qui lie les deux parties. l'oy. COMBAT et synallagmatiqce.
BILBOQUET (jeu de) (de bille, petit morceau de bois, et de hoquet ou bocquet, fer de lance dans le Blason). Ce jeu d'adresse remonte certes à plus de trois siècles. Rabelais le mentionne dans la liste des jeux auxquels se livrait
Gargantua: au temps de Henri III, qui aimait ce jeu avec passion, le billwquet eut une grande vogue
On appelle /y/7t>0(/»e< : dans la fabrication des Monnaies, un outil servant à ajuster le flan; c'est un morceau de ferovaleau milieu duquel est un cercle creux de la grandeur du flau que Ion veut ajuster; — dans la Tvjwgraphie, certains petits ouvrages de ville, tels que billets de faire part, avis au public, etc.
BILE (du lat. fc«îV), pro<luit de la sécrétion du foie. On ne la connaît pas pure, parce qu'au moment où on la recueille, les glandes des comhuts biliaires y ont mêlé leur sécrétion. C'est un liquide filant, légèrement vis- (jucux, jaune-brunâtre chez les herbivores, d'un vert plus ou moins foncé chez les carnivores ; ro<leur en est nauséabonde, la densité plus grande que celle de l'eau. Dissoute dans l'acide sulfurique, elle donne un liquide fluorescent à un haut degré. La bile est composée d'élément» organiques et d'éléments minéraux. Les premiers comprennent : deux acides copules, l'acide glycoc/iolique (C»6H*SAzq«) cl l'acide taurocholique (C*«li*«Az5 0'), unis à des alcalis, la soude et la potasse ; des matières colorantes spéciales, biliverdine, bilifuchsine, bilijnasine ; une substance qui est un alcool d'ordre élevé, la cholestérine (C*''n**0) : de plus, la bile contient, en jiroportions variables, de la graisse, des produits saponifiés et du mucus. Les éléments minéraux sont le chlorure et le carbonate de sodium, et des jihosphates alcalino-terreux. Des expériences ont établi que des deux ordres de vaisseaux que reçoit le foie, le système de la veine porte et l'artère hépatique, le premier seulement préside à la sécrétion de la bile. La bile n'est pas apportée toute faite à la glande, et l'action du foie ne consiste pas en une simple séparation : au contraire, l'organe ne reçoit du sang que les matériaux générateurs, et son rôle est une fabrication véritable. Ces matériaux générateurs sont, pour les acides de la bile, les substances azotées amenées jiar la veine porte ; quant aux matières colorantes, elles proviennent du contenu des cellules colorées du sang.
L'homme sécrète par 24 b. de 1200 à 1800 gr. de bile. Cette sécrétion se faisant d'une manière continue, et d'autre part n'étant utile qu'au moment de la digestion, il faut qu'en attendant le moment d'agir elle s'amasse dans un réservoir, la vésicule biliaire. On appelle B. hépatique celle qui va directement du foie dans l'intestin ; B. cyslique, celle qui séjourne dans la vésicule biliaire avant de couler dans le duodénum par le canal cholédoque. C'est dans cette dernière qu'on trouve la cholcstérine, qui forme la base des calculs biliaires fréquents dans la vésicule des vieillards. Le rôle de la bile dans la digestion et l'absorption alimentaire a été longtemps mal connu. Ce liquide est étranger aux transformations chimiques qui constituent la digestion propr. dite; mais il sert à émulsionner les graisses et, mélangé avec le suc pancrc'aliquc (Cl. Bernard, Dastre), il est l'agent principal de leur absorption à la surface de l'intestin grêle. C'est en vertu de ce rôle que, dans l'industrie, on voit les dégraisseurs employer le fiel ou bile du bœuf pour détacher les étoffes. Enfin certains auteurs lui ont attribué un rôle accessoire, antiseptique, et ont considéré sa présence comme indispensable pour prévenir la putriililé du contenu de l'intestin. Certains médicaments, l'iodure de potassium, les sels de cuivre, le sucre de canne, passent en nature dans la bile : d'autres, comme la quinine, le calomel, le nitrate de potasse, n'y apparaissent jamais. Quant à la destination dernière de ce liquide versé en si grande quantité dans l'intestin, on peut dire que la plus grande partie repasse dans le sang et s'y transforme immédiatement; le reste est expulsé au dehors, et c'est lui qui contribue à colorer les excréments.
Les gens du monde font intervenir à tout propos dans leurs maladies l'action et les mouvements de la bile : en réalité la bile n'a d'influence ])athoIogique que dans les circonstances suivantes : lorsque, au lieu d'être résorbée dans ses éléments dissociés à la surface de l'intestin, elle est résorbée en nature dans le foie ou dans l'appareil excréteur, elle produit directement alors une coloration spéciale des téguments [ictère ou jaunisse) et un ralentissement plus ou moins marqué du pouls, lequel est dû à l'action exercée sur le cœur par les sels biliaires. Enfin, les sels de la bile, passant en nature dans le sang, peuvent dissoudre les globules rouges et rendre les urines sanguinolentes.
BILHARZIA