‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 194 sur 1729 · FILANTES · texte numérisé non relu

FILANTES

BOLONAIS, petits gâteaux de pâte feuilletée.

BOMBACÉES (du g.-type fioHioaj;), tribu des Malvacées, renferme des arbres gigantesques, oil'rant le plus souvent d(^s feuilles composées ou palmées, des fleurs régulières on grappes ou en panicules : calice à 5 divisions, corolle à 5 pétales, 5 étamines, ovaire à 5 loges ; des fruits pulpeux et indéhiscents. Toutes ces plantes habitent les régions tropicales. Genres principaux : le Fromager [Bombax] et le Baobab [Voy. ces mots).

BOMBARDE. Originairement ce nom désignait tout engin susceptible de lancer des projectiles lourds ; au xv^^ siècle il fut spécialement donné à des bouches à feu, en fer forgé, de gros calibre. Les bombardes avaient des longueurs variables et se composaient généralement de plusieurs tronçons vissés ensemble. Elles lançaient des boulets en pierre. Pour le tir elles étaient couchées sur des pièces de bois et appuyées à un heurtoir qui empêchait le recul. Ces bouches à feu, incommodes et qui éclataient souvent, ont disparu à la fin du xv siècle.

Dans la Marine, on nomme botnbarde un Ijâtiment à fond plat, doublé en forts bordages croisés diagonalement, et destiné à recevoir un ou plusieurs mortiers. Les premières bombardes, dites galiotes à bombes, furent construites sous Louis XIV ]iar Hern. Renau d'Eliçagaray; Duquesne en fit le premier essai au l>ombardement d'Alger en 1684. — On donne aussi le nom de bombardes à de petits bâtiments marchands de la Méditerranée ayant un grand mât à pible qui porte des voiles carrées, et un mât d'artimon, quelquefois avec une voile latine.

BOMBARDE, cspèce de haut-bois usité aux xvi' et xvii" siècles. On appelle aussi bombarde un registre de tuyaux d'orgue, à anche.

BOMBARDEMENT, acti(m de bombarder, c'est-à-dire de lancer des bombes ou des obus. Le bombardement est employé soit comme moyen de châtiment contre une |iopulation, soit plus généralement comme moyen d'amener la reddition d'une ville ou d'un fort assiégés. Son effet est surtout moral en raison des dégâts matériels considérables qu'il occasionne et de l'inquiétude qu'il cause en particulier à la population civile. On cite les Ijombardements d'Alger 1682-1683, par Duquesne, de Gènes 1684, de Tripoli 1685, de Prague 1759, de Lille, de Mayenne 179/). de Valenciennes 1794, de Saragosse 1808, d'Anvers 187)2, de Strasbourg, de Paris, de Belfort 1871, de Fou-Tcheou 1884.

BOMBARDIER, nom vulgaire du Brachine ( Voy. ce mot).

BOMBARDIERS, iiom donné aux Artilleurs.

BOMBARDON, instrument à trois cylindres, dont le son ressemble à celui de l'ophicléide.

BOMBAX, nom botanique du Froinager. Voy. ce mot.

BOMBE (du lat. bonibus, bruit), projectile creux, sphérique, en fonte. Il contient une charge intérieure de poudre qu'on enflamme à l'aide d'une fusée ( Voy. ce motl en bois. La bombe est percée d'un trou ou œil par lequel on introduit la charge et que l'on bouche avec la fusée. De chaque côté de l'œil sont deux anses ou mentonnets servant à porter le projectile. La partie opposée à l'œil est renforcée par une surépaisseur ou culot qui empêche la bombe de tomber sur la fusée. Le diamètre des bombes varie actuellement de O^jlS à 0'",32 et leur poids de 7 kil. 400 à 94 kil. 600. Les bombes sont lancées seulement avec les mortiers, dont on fait varier la charge suivant la iHstance du but. La portée peut atteindre 400 m. La trajectoire diffère peu d'une parabole. On attribue l'invention de la lK)mbe à Malatesta, prince de Rimini, mort en 1457. Cependant, suivant (juelques auteurs, les Vénitiens en auraient fait usage dès 1376. On ne voit paraître les bombes en France qu'en 1521 au siège de Mezières. Elles furent

BO.MBUS

B(3NHEUP

perfectionnées en 1588 pendant les guerres de Flandre.

uoMUE. «iaiis l'Art culinaire, glace dont le moule rappelle la forme d'une bombe.

BOMBUS. nom latin du Bourdon. Voy. bourdon

BOMBYCIDES. Toy. bombyx.

BOMBYCILLA. nom latin du genre jasecr.

BOMBYLE du gr. ^oix6jXt„ sorte d'abeille'. Botnbylius, genre d'Insectes, de l'ordre des Diptères, famille des Tanystomes, renferme une quarantaine d'espèces. Les Bombyles ont le corps ramassé, large, couvert de poils denses: la tète petite, arrondie, armée d'une longue trompe et de palpes cylindriques: le coi-selet élevé, les pattes longues, les ailes grandes, étendues horizontalement, le vol extrêmement rapide. Ils sont plus communs et plus grands dans le Midi que dans Je Nord.

BOMBYX. BOMBYCIDES 'du gr. ^ôijl6j;. ver à soie). Les Bombycides sont des Insectes, de l'ordre des Lépidoptères nocturnes, caractérisés surtout par leurs antennes pectinées. par l'imperfection de leur bouche, qui souvent ne leur permet pas de manger à l'état adulte, et par leurs larves, qui produisent de la soie. L'espèce principale du

fenre Bombyx, auquel ce groupe doit son nom, le Bomyx du mûrier, ou Ver à soie, forme auj. un genre à Iiart sous le nom de Sericaria Voy. ver à soie . Parmi es autres espèces, nous citerons : le B. de la ronce, dont la chenille velue se roule dès qu'on la touche: le B. du chêne, dont la chenille est dite processionnaire, parce que chaque soir les chenilles de cette espèce sortent du nid commun en véritable procession : les poils de ces chenilles passent pour venimeux; mais, en réalité, ils ne causent qu'une cuisson brûlante comme l'ortie ; le B. neustrien, dont la chenille est nommée livrée, à cause de ses lignes longitudinales de diverses couleurs : toutes ces espèces, ainsi que les B. du saule, du pin, etc., sont plus ou moins nuisibles aux plantations: il en est de même du Liparis chrysorrhea. papillon blanc dont les chenilles dévastent les arbres (te nos promenades et assemblent des paquets de feuilles avec des lils de soie pour y passer l'hiver. .\u nombre des Bombvcides il faut encore ranger les Paons de nuit Pavoma major et P. niinor et d'autres genres moins importants, les Dicranures. les Harpyies, les Zeuzères. les Orgyies, les Psychés, etc.

BÔME ou BACME. terme de Marine. Voy. cri. BON. En Comptabilité, on appelle ainsi tout ordre, toute autorisation par écrit adressée à un caissier, à un correspondant, à un fournisseur, de payer ou de livrer pour le compte de celui qui a signé le bon et qui en avait le droit. — La formalité de l'approbation \Voy. ce mot exigée dans les actes sous seing privé s'appelle aussi le bon pour

BONS Dc TRÉSOR, bous portant intérêt et payables à échéance fixe, que le Ministre des finances peut créer pour le service de la Trésorerie et ses négociations avec la Banque. Ils font partie de la dette flottante. — Ces bons, créés sous le nom dc bons royaux par l'ordonnance du

4 août 1824. ont pris en 1851 le nom de bons du trésor; leur montant. limité d'abord à 140 millions, s'est élevé à certains moments jusqu'à plus de 500 millions : de là, pour le trésor, des embarras auxquels il a fallu remédier en consolidant une partie de ces bons et en les convertissant en rentes sur l'Etat. — Bons de l'Echiquier. Voy.

PILI.ET.

BONACE de l'ital. bonaccia], calme de la mer, se dit surtout d'un temps d'arrêt dans un mauvais temps : c'est souvent l'annonce d'une grande tempête.

BONAPARTEA dédié au gén. Bonaparte^, genre de la famille des Broméliacées, créé pour des plantes herbacées <le l'Amérique méridionale. La B. juncea donne de belles fleurs jaunes en spirale autoiu" d'une hampe haute de

BON AS E. groupe du genre Bœuf, comprend \' Aurochs et le Bison. Voy. ces mots.

BONBONS. r«j/. coNFiSErR.

BON -CHRÉTIEN, sorte de Poire dont il y a deux espèces, l'une d'été, l'autre d'hiver: on cueille cette dernière en novembre, et on la conserve pour en faire des compotes. Elle doit son nom à saint François de Paule, qui l'apporta d'Italie.

BONDE. Voy. tonseau.

BONDON. sorte de fromage frais, de consistance molle, qui se fahrique avec du lait suiThargé dc crème. On le

I produit surtout aux environs de NcuRhâtel (Seine-Inféj rieure).

BONDRcE, Pemis. genre d'Oiseaux de proie diurnes,

section des Buses, est caractérisé par ses tarses courts,

I robustes, réticulés, son bec faible, noirâtre, à cire brune,

' et surtout par les plumes écailleuscs qui recou\Tent

' l'espace situe entre la commissure du bec et l'œil. Un ne

; trouve en Europe que la B. commune Falco apivorus),

• qui se nourrit d'abeilles, mais aussi d'insectes nuisibles,'

; ainsi que de mulots, grenouilles, lézards, etc. : cet oiseaa

court facilemeiU, mais il ne vole guère; son plumage est

j mêlé de^ brun et de blanc jaunâtre ; sa longueur est de

j 0 m. 65 environ. On n'a encore bien constaté qu'une

I seconde espèce, la B. huppée de Java.

I BON DUC. Guilandina, genre de la famille des Céstl-

piniées, renferme des arbres et des arbrisseaux épineux à

j tleurs en épis et en grappes. Le B. jaune iG. bonducella),

vulg. Œil-de-Chat, Guétiic. etc., est originaire des Indes;

son fruit fournit une huile inodore.

1 BONELLIE ou bosnellie, Bonellia, ver du groupe des

1 GéphjTiens. (Voy. ce mot).

BONGARE, Bongarus, genre de Serpents venimeux, de l'ordre des Ophidiens, qu'on a longtemps confondus avec les Boas, a pour caractères : tête courte et couverte de grandes plaques, dos caréné; pas de crochets mobiles, mais les premières maxillaires antérieures fort grandes et communiquant avec une glande venimeuse. On en distingue 5 espèces : le B. à anneaux, qui dépasse 2 m., le B. bleu, toutes deux communes dans le Bengale, et le B. à demi-bandes de l'ile de Java.

BON-HENRI nom vulg. d'une espèce du genre Blette [Voy. ce mot , qui croît sur les montagnes et autour des maisons, et que Ion mange préparée comme les épinards. BONHEUR de bon heur, bonne chance), état complexe de santé jJiysique, d'harmonie sensitive et intellectuelle, et de force morale. Il résulte de l'adaptation normale de l'individu à son milieu et à ses corrélations d'existence, de la réalisation des fins recherchées par ses facultés, et de l'accord favorable des circonstances, mais en même temps et surtout de sa capacité de juger et d'apprécier, c.-à-d. de son tour d'imagination et desprit, naturel ou acquis. Le plaisir en est la marque, et non l'essence, vu que le perfectionnement de notre être et de nos facultés est au prix de l'efl'ort ou de la lutte contre des diflicultés diverses et renaissantes. Les conceptions du bonheur sont sujettes à varier. Pour le commun, il est le bien-être et la satisfaction des besoins physiques; aux yeux des raffinés de l'épicurisme et du cyrenaïsme [Voy. école cybéxaïqce) il est plutôt la suppression et l'ateence de douleurs physiques ou morales, une douce indolence de l'être. Par une inspiration remarquable et tout opposée, l'ascétisme jMiien {Voy. ÉCOLE CYXiQUE! OU chréticu fait de la résistance à la soufl'rance. aux privations, aux besoins même légitimes, une condition de la santé morale comme de la vigueur physique. Le bonheur, par sa complexité mime, est donc expose à de multiples causes d'altérstion, mais Aristole a raison de déclarer qu'il est une conciliation des besoins de la vie matérielle et des fins supérieures de l'àme. Va sentiment profond d'amitié ou d'atlection fait ressentir au cœur la joie stable de posséder un bien dont la grandeur est en raison de l'affection elle-même; la contemplation de la vérité exprime le plus haut degré de la félicite pour l'intelligence. De là suit que le bonheur est à la fois en nous et hors de nous, pour une part inégale, selon les âmes. On ne doit pas omettre, eu ce point, que la force d'âme est l'élément dc bonheur le plus à notre portée. Elle élève en effet à leur perfection la puissance de la volonté, qui surmonte les obstacles, et l'amour, oui est le principe de tout dévouement; par l'habitude, elle adoucit ce que la pratique du devoir a de pénible, elle la transforme en penchant, elle en rend plus vives les jouissances, les seules qui soient pleinement en notre jKtuvoir. La vertu est donc la principale condition du wmheur, mais elle n'est pas la seule, comme le prétendaient les stoïciens, et il v faut d'autres conconlances parfois bien fragiles. Le bonheur complet n'est peut-être qu'un idéal, un objet de rêve où l'illusion est aussi nécessau-e: le réel est plus modeste, en quelque sorte fragmentaire, a Depuis des siècles on se figiire que le Ijonheur est une grosse pierre précieuse* qu'il est impossible de trouver, que l'on cherche, mais sans espérance. Point du tout, le Iwnheur est une mosaïque composée de mille petites pierres qui

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