Livre de bord Voy. livre
BORDAGE, en termes de Marine, planches épaisses qui couvrent en dehors les côtes ou les membrures d'un navire. i)i\ les fait en chêne et en sapin, et, de nos jours, le plus souvent en fer ou en acier. Leur épaisseur varie suivant la matière qui les compose et le degré de solidité quV»n veut donner au navire.
BORDÉE, en termes de Marine, espace parcouru par un navire sous l'allure du plus près et sans virer de nord : on court des bordées lorsqu'on est obligé de louvoyer. — C'est aussi la décharge simultanée de tous les canons placés sur un même bord du bâtiment, et encore une des deux moitiés de l'équipage.
BORDELAGE (du vieux franc, borde, ferme), tenure en roture, en usage surtout dans le Nivernais. Faute de payement de la redevance, le seigneur pouvait rentrer dans l'héritage: le tenancier ne pouvait démembrer les choses qu'il tenait en bordelagc; ses collatéraux ne pouvaient lui succéder : et si le détenteur vendait l'héritage, le seigneur pouvait ou le retenir en remboursant l'acquéreur, ou prendre la moitié du prix (ixé par le contrat.
BORDER uxE VOILE, c'est mettre au contact le point inférieur de la voile qui est sous le vent, et la vergue inférieure qui doit lui servir de point d'appui.
BORDEREAU (dimin. de bord, petit bord de papier), état récapitulatif des espèces diverses qui composent une somme, noie des espèces que l'on donne en payement ou que l'on reçoit. Un appelle : B. de compte un extrait de compte dans lequel on récapitule les sommes du débit et du crédit, afin de les balancer: — B. de collocation, un acte que le gi'effier d'un tribunal délivre à chacun des créanciers hypothécaires utilement colloques dans un ordre et qui indique leur tour de payement ; — B. d'inscription, un extrait d'acte que l'on remet à un conservateur des hypothèques pour que ce dernier le copie sur ses registres; cet extrait contient la désignation des sommes dues en principal et accessoires avec diverses autres indications prescrites par l'article 2148 du C. civ. : c'est l'inscription de ce bordereau sur les registres qui fixe la date et le rang <le l'hypothèque.
BORDER lE. nom donné à la métairie dans la vallée de la Loire et dans le Limousin : le métayer est dit bordier.
BORDIGUE. se dit, en Pisciculture, des enceintes faites de claies et de filets qu'on établit au l)ord de la mer pour prendre le poisson à la marée descendante.
BORE, Bo= 10.9. corps simple, brun-verdâtre, sans saveur ni odeur, infusible, qu'on extrait du borax et de Y acide borique [Voy. ces mots). Il brûle au contact de l'air quand on le chaulTe au-dessous du rouge, et se convertit alors en acide borique: au rouge, il donne avec l'azote de Vazoturede bore. — Le bore fut isolé en 1808 par Gay-Lussacet Thenard. 11 a été depuis l'objet de nouvelles reciierches de la part de Ste-Claire Deville et Wœhler, qui ont obtenu le bore amorphe par l'action de sodium sur 1 acide borique. Ils avaient cru obtenir le bore cristallisé en chaull'ant de l'acide borique et de l'aluminium dans un creuset de charbon, mais ils n'ont préparé ainsi que des carbures de bore et des combinaisons ne bore et d aluminium. M. Moissan a repris l'étude du bore par l'action de la chaleur sur un mélange de magnésium et d acide borique, et a obtenu ainsi du bore à peu près pur.
BORÉAL (de Borée, vent du nord), qui est au nord, qui appartient au nord.
BOREAL (hévispbère, pôle). Voy . hémisphère, pôle. —
BORÉALE (aurore). Voy. ACRORE.
BORGNE (orig. inconnue), qui a perdu un œil ou qui ne voit que d'un œil. — En Ânatomie, on appelle borgnes certains conduits qui n'ont qu'un seul orifice, comme le trou borgne, situe à la face interne de l'os frontal. De même, en Chirurgie, on appelle borgnes des fistules qui n'ont qu'une ouverture.
BORIQUE (acide^ ou Acide boracique, la Sassoline des minéralogistes, combinaison de bore et d'oxygène fBoO^H']. blanche, solide, sans couleur ni odeur, d'une saveur acide faible, peu soluble dans l'eau froide, assez
soluble dans l'eau chaude, où elle cristallise par le refroidissement en paillettes nacrées. L'acide borique se dissout aussi dans l'alcool; cette solution brûle avec une flamme verte. Il fond par la chaleur, en im verre transparent. Il forme avec les bases les borates. — L'acide borique existe en dissolution dans les eaux de plusieurs petits lacs, particulièrement en Toscane, dans les lagoni ou amas boueux de Sasso (près de Sienne), de Castebuovo, de Monte Cerboli et de Cerchiajo, qui en contiennent une grande quantité : on le rencontre aussi en Saxe, dans le Thibet, à Ceylan, dans de petits lacs semblables à ceux de l'Italie. Il suffit, pour l'en extraire, de concentrer les eaux par l'évaporation, et de purifier l'acide par des cristallisations; ce procédé est exploité sur les lieux mêmes, dans un grand nombre d'établissements. On peut aussi extraire l'acide borique du borax, en décomposant une solution de ce sel par de l'acide sulfurique concentré. Actuellement on retire presque tout l'acide borique du borate de chaux trouvé en Asie Mineure. Un le transforme en borax par le carbonate de soude et on extrait l'acide borique de ce borax. — L'acide borique sert à fabriquer le borax artificiel et à vernir les poteries. Il entre dans la composition de quelques verres; on en imprègne la mèche de nos bougies stéariques. On l'emplovait autrefois en médecine sous le nom de sel sédatif. Il sert maintenant comme antiseptique (eau boriquée) . Il fut découvert par Homberg vers 1702.
BORLASIE. genre d'Helminthes marins. Voy. >éxertes.
BORNAGE. Voy. bor>e et savigatios.
BORNE, bornage ou aborxemext. On entend par borne toute marque, soit naturelle, soit artificielle, indiquant la ligne de séparation de deux héritages contigus. L'art. 646 du C. civ. reconnaît à tout propriétaire le droit d'obliger ses voisins au bornage de leurs propriétés contiguës: le C. pénal punit le déplacement ou la suppression des bornes de la réclusion ou de l'emprisonnement avec amende, selon les cas (art. 389, 456).
L'origine des bornes remonte au berceau de la civilisation : on les attribue aux Egyptiens, auxquels les inondations du Nil en avaient fait une nécessité; les Grecs consacraient les bornes à Hermès; les Romains les mettaient sous la protection du dieu Terme.
Bornes niilliaires, bornes placées de distance en distance le long des routes pour indiquer les milles, les lieues, les kilomètres, etc. Les Romains en plaçaient sur toutes leurs routes, et on en trouve encore un grand nombre dans les pays qu'ils avaient soumis. Ce fut Caïus Gracchus qui introduisit le premier cet usage. Le milliaire d'or à Rome était une colonne dorée où aboutissaient toutes les grandes voies militaires.
B.-fontaine, petites fontaines en forme de bornes, établies dans les villes, et auxauelles sont adaptés des robinets qu'on ouvre à certaines neures pour arroser les rues.
BORNÉOL, C'°H'*0, corps cristallisé en petits prismes à six faces, d'une odeur de camphre ou de poivre, qu'on retire du Dryobalanops camphora (Camphre de Bornéo). C'est un alcool monoatomique corresponcfant au térébentliène (hydrocarbure) et au camphre (aldéhyde). On le nomme aussi camphol.
BOR N I N E, Sulfo-tellunire de bismuth [2Bi*Te5-f Bi*S'], minéral très rare que l'on trouve en petites lames hexagonales d'un gris d'acier en Hongrie et en Norvège. Ce minéral contient un peu de sélénium, remplaçant le soufre. On l'a appelé aussi Tétradymite.
BORRAGINÉES (de Borrago, bourrache, g.-type), famille de plantes Dicotylédones gamopétales à ovaire supère, à fleurs disposées en épis unilatéraux, à feuilles alternes et souvent hérissées de poils rudes, à racine vivace. Les Borraginées sont, en général, mucilagineuses et émoUienles, et aussi diurétiques, à cause de l'azotate de potasse qu'elles contiennent; quelques espèces fournissent à la teinture un principe colorant. — Genres principaux : Bourrache, Héliotrope. Buglosse, Cynoglosse, Consoude, Myosotis, Vipérine, etc. (Voy. ces mots).
BOSPHORE. Voy. détroit.
BOSSAGE. En Architecture on nomme bossage les saillies brutes ou façonnées laissées aux pierres, par assises, ce qui permet d'accuser les assises et l'appareil de la construction. Les bossages peuvent être alternés horizontalement avec des assises lisses ou monter verticalement pour affirmer un pilastre. On en trouve aussi dans les arcs archivoltes, etc. C'est une décoration raisonnée.