‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 198 sur 1729 · BOTANIQUE · texte numérisé non relu

BOTANIQUE

BOSSE, nom vulgaire (ioiiiié aux déviations <lo la colonne vertébrale et dues à l'exagération des courbures normales ou à des déviations de nouvelle formation. En Patliolo^ne, on les désigne sous le nom générique de gibbosités. La déviation à convexité postérieure se nomme cyphose. La déviation à convexité antérieure s'appelle /orduse. \.u flévialion latérale constitue la scoliose. Oli comlwt ces aH'cclion» par des moyens orthopédiques appropriés. Le mal de Pott donne lieu à des variétés de gibbosité. Voy.

GIBnOSITK.

En Anatomie, on appelle bosses les éminences arrondies que l'on voit à la surface îles os plats : telles sont les Bosses frontales, la li. pariétale, la B. occipitale, etc. — On doime aussi ce nom aux protubérances du crâne, sur lesquelles Gall a fondé son système de crànioscopie [Voy. i'muéxologie). — Enlin, on appelle vulg. bosses les petites saillies résultant d'un coup violent sur un os plat : elles sont constituées par un petit épancbement sanguin dans le tissu cellulaire sous-cutané et guérissent par la compression et les résolutifs. Voy. contusion.

En Zoologie, on nomme bosses certaines grosseurs que quelques animaux, le dromadaire, le chameau, le zébu, le bison, ont naturellement sur le dos; ces bosses ne sont que des ilépôts graisseux. Elles sont recherchées comme un excellent manger.

Dans les Arts, tout travail en relief est dit relevé en bosse : en Sculpture, on appelle roude-bosse tout ouvrage de plein relief; demi-bosse, les bas-reliefs saillant en partie. Dessiner d'après la bosse, c'est dessiner d'après un buste ou une statue. Le dessin de ces figures prend le nom de ronde-bosse. — Dans l'Orfèvrerie, on appelle bosselagc le travail qui consiste à protluire avec le marteau des dépressions ou des saillies formant dessin sur des vases d'or ou d'argent.

Dans la Marine, on appelle bosse un cordage très court, terminé par de forts nœuds, iixé par une de ses extrémités à une des pointes du navire, et qui sert à rejoindre une manœuvre rompue, ou à tendre un câble. — On appelait autrefois bosseman le matelot chargé spécialement du soin des câbles, des ancres et des bouées; auj. c'est un sous-oflicier dont le grade varie avec la grandeur du bâtiment. — Quelques-uns font venir bosseman, non de bosse, cordage, mais de l'allemand Bootsmann, homme de bateau.

BOSSOI RS (de boèse) , nom donné par les Marins à deux pièces de bois qui forment saillie au-dessus de l'éperon, à l'avant du vaisseau, et qui servent à y suspendre l'ancre pour la tenir prête à mouiller ; elles ont pour objet d'empêcher par leur saillie que l'ancre n'olfense les membrures du vaisseau en tombant lorsqu'on la jette ou qu'on la remonte. Il y a un ou deux rouets à la tête de chaque bossoir pour aider à lever l'ancre, c.-à-d. à la remonter.

BOSTON (jeu de). Ce jeu commença à être en usage en 1778 : il doit son nom à la ville de Boston, où fut

tiroclamée l'indépendance américaine, et semble consacrer e souvenir de cet événement. Ce fut Franklin qui l'apporta en France. Il se joue à 4 personnes et avec un jeu de 52 cartes; on donne 13 cartes à chaque joueur. La manière de jouer ce jeu a changé plusieurs fois; la plus usitée est le B. de Fontainebleau. On fait boston ou chleni quand on fait toutes les levées seul ou avec son partner, c.-à-d. avec celui qui vous soutient. Les autres coups du jeu sont : la demande simple, qui consiste à faire 5 levées seul ou 8 levées à deux; la petite et la grande indépendance, lorsqu'on fait seul 6 ou 8 levées ; la petite et la grande misère, simple, ou sur table, qui consistent à ne faire aucune levée; le piccolissimo, dans lequel on ne doit faire qu'une seule levée ; la demande de 9, 10, 11 ou 12 levées dans une couleur quelconque. Les couleurs se rangent sous le rapport de 1 importance dans l'ordre suivant : cœur, carreau, trèfle et pique; l'atout est toujours la couleur dans laquelle on fait la demande d'un certain nombre de levées. Un tableau indicateur règle combien chacun des coups rapporte au gagnant.

BOSTRICHUS (du gr. pôcr^puyo;), genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères tétramères, famille des Xylophages. Ce sont des insectes très petits, dont les larves causent de très grands dégâts dans les forêts : elles attaquent de

Iiréférence les arbres résineux. Les principales espèces sont e B. abielis, B. dactyliperda, le B. typographies, etc.

Voy. XYLOPHAGES.

BOSWELLIA (de l'anglais Bostvell), genre de la famille des Hurséracées. Le B. thuri/'era ou serrata est un arbre de l'Inde, à fleurs petites et verdàtres. C'est lui qui donne Voliban ou encens de l'Inde. Voy. encens.

BOTAL (trou I)e). Voy. trou de botal.

BOTANIQUE (du gr. ^OTavixi^, de poxàvT|, plante), science qui a pour objet la connaissance, la description et la classification des végétaux, l'étude de leur structure et de leurs fonctions. — Elle comprend : 1° la Morphologie végétale ou Organographie végétale, description de la forme et du développement; 2" la Physiologie végétale, qui étudie les phénomènes et les lois de la vie végétale. Les deux parties forment la Botanique générale •,\di Botanique spéciale s'occupe de la classilication. — On peut y joindre, comme accessoires, la B. géographique, qui traite de la distribution des plantes à la surface du globe ; la Paléontologie végétale, qui étudie les végétaux fossiles.

Voy. VÉGÉTAL (règne).

Dans l'antiquité, la Botanique était un amas confus de connaissances incomplètes, sans unité et sans lien commun. Trois noms apparaissent dans cette première période : Théophraste, élève et ami d'Aristote ; Dioscoride, qui vivait sous Néron, et Pline le Naturaliste, qui mourut sous Titus. Au moyen âge, l'étude de la Botanique se borne à des commentaires sur les livres des anciens. A la lin du XV" siècle, on commence à revenir à l'étude de la nature : Brunsfels, de Mayence, Jérôme Tragus, Léonard Fuclisius écrivent les résultats de leurs propres observations. Au xvi° siècle, Clusius (Lécluse) décrit et figure avec précision les plantes qu'il a observées par toute l'Europe ; Conrad Gesner en Suisse, Césalpin en Italie, les frères Bauliin et Magnol en France, Ray en Angleterre, s'efforcent tour à tour de jeter les bases d'une classification rationnelle et d'une nomenclature des végétaux. Au xvii» siècle, la découverte du microscope vient ouvrir un nouveau champ à l'observation; Malpighi en 1676 et Grew en 1682 abordent presque toutes les grandes questions de la structure des végétaux; et vers le même temps, les travaux de Geoff'roy, de Séb. Vaillant, de La Hire et surtout de Haies dévoilent successivement une partie des mystères de la vie végétale. — Cependant la Botanique n'avait encore ni classification rationnelle, ni nomenclature. Tournefort le premier (1694) invente le genre, et crée un système régulier de classification basé sur l'absence ou la présence de la corolle, et empruntant ses divisions à la diversité de formes que présente cet organe. Après le Français Tournefort, le Suédois Linné refond les genres et les espèces d'après les organes de la reproduction, et simplifie la nomenclature ; il donne à chaque genre un nom à part, désigne chaque espèce en ajoutant au nom du genre un qualificatif, et crée la langue botanique telle qu'elle est encore en usage auj. Un dernier progrès restait à accomplir. Les classifications de Tournefort et de Linné étaient purement artificielles, et ne pouvaient suffire aux progrès de la science. Bernard de Jussieu en 1759, et son neveu A.-L. de Jussieu en 1789, publient une nouvelle classification où les végétaux sont rangés en familles naturelles d'après leurs rapports les plus intimes. Cette méthode, jointe aux travaux des Lamarck, des Candolle, des Richard, des Endiicher et d'une foule d'autres savants, compte pour beaucoup dans les progrès que la Botanique a faits clepuis entre les mains des Saussure, Mirbel, Ad. de Jussieu, Ad. Brongniart, Decaisne, Dutrochet, Martins, Treviranus, Kunth, Brown, Lindley, etc. L'étude de la Cryptogamie, née on peut dire en ce siècle, a fait des progrès considérables grâce aux travaux de Pringsheim, Bary, Tulasn?, Thuret et Bornet, Pasteur, Van Tieghem, etc. L'anatoniie a été transformée par les recherches de Strasburçer, Van Tieghem, Guignard ; la physiologie par les recherches de Pasteur, Bonnier et Mangin, etc. — Parmi les abrégés classiques de Botanique, nous citerons Sachs, Van Tieghem, Duchartre.

Signes employés par les Botanistes •

0, signe du Soleil, désigne les plantes annuelles ; %, signe de Mars, les plantes bisannuelles; "if, signe de Jupiter, les plantes qui sont vivaces; I), signe de Saturne, les plantes ligneuses (arbres, arbrisseaux) ; Ç . signe de Vénus, les individus ou fleurs femelles; J, signe de Mars (dont la flèche, au lieu d'être inclinée, est placée verticalement), les individus ou fleurs mâles; -c», signe de Mars et Vénus réunis, les individus ou fleurs hermaphrodites; 0-0, les individus ou fleurs qui, par suite d'avortement.

BOTARGLE

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