‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 206 sur 1729 · BOUSSOLE · texte numérisé non relu

BOUSSOLE

chaîné des supplices. Cet office, auquel s'att.nchc auj. une idée d'infamie, était conlié cliez plusieurs peuples anciens à des officiers spéciaux dont il n'entachait en rien l'honorabililé. Au moyen âge le bourreau était singulièrement décrié. A Paris ' il devait habiter la maison du pilori : on retournait le pain qui lui était destiné chez le boulanger «t on le mettait à part. Mais il avait aussi de nombreux privilèges : il avait droit à la moitié de la défroque des criminels, il prenait une pelletée de blé dans chaque sac amené au marché, il prélevait un droit sur les fruits, la marée, les porcs vaquant dans la rue, sauf ceux de l'ablwye <le St-Antoine. Le nortibre des bourreaux depuis un siècle a ditninué rapidement : à partir de 1795 il y en avait un par département; en 1832 on les réduisit à 43; auj. il nv en a plus qu'un pour toute la France et un autre en Algérie.

BOURRÉE (de bourre], assemblage de menues branches.

Voy. FAGOT.

BOURRÉE, danse rustique, originaire de l'Auvergne, et flui se danse sur un air à deux temps, qui a deux parties «gales, chacune de huit mesures ; les danseurs et les danseuses placés sur deux lignes s'avancent et se reculent, après quoi chaque danseur fait tourner sa danseuse. Quant au pas lui-même, il se compose d'un demi-coupé avec un j)as marché sur la pointe du pied pour le premier mouvement et d'un demi-jeté pour le second mouvement. — La Lourrée fut intro<luite à la cour de France en 1565 par Marguerite de Valois, fille de Catherine de Médicis, et y resta à la mode jus^fu'au règne de Louis XYI. L'air de cette danse est d'un mouvement assez rapide.

BOURRELET ^de bourre], espèce de bandeau dont on entoure la tête des enfants pour la garantir contre les coups : autrefois ils étaient rembouiTés de coton et avaient l'inconvénient, non seulement d'être louitls, mais d'échauffer la tète de l'enfant; auj. on les fait à claire- voie, en osier et eu baleine.

En Hippologie, bourrelet se dit de l'organe formateur de la corne du pied du cheval.

En Botanique, on nomme bourrelets les renflements que l'on remarque sur les végétaux ligneux, soit qu'ils proviennent d'accidents, tels que contusions, constrictions, nuisions, etc., soit qu'ils résultent de la culture par marcottes et par boutures, de la grelTe. etc.

En Blason, c'est un rouleau de rubans aux couleurs de l'écu et qui se place sur le casque comme ornement.

Bourrelet du corps calleux. Voy. cai.i.ecx ^corps).

BOURRELIER de bourre, artisan qui confectionne les liarnuis pour les bêtes de somme, tels que bâts, coUiere, brides, licous, attelages de charrette et de charrue. Leliruii a donné un Manuel du bourrelier et du sellier.

BOURRIQUE. Ce mot, qui désigne auj. une ûiiesse ou ^ilutil un àne petit et chétif, désignait chez les anciens un petit cheval à poil roux [burricus, du gr. TÛôù'.yo;), et par extension tout petit cheval, quelle que fût sa couleur.

BOURSE (du gr. ^"jOTa, cuir, bourse de cuir).

Kn Anatomie, on appelle : Bourses muqueuses et B. sébacées de petits follicules muqucux, sébacés, qu'on trouve dans l'épaisseur des membranes muqueuses et de la peau ; B. synoviales, les membranes qui revêtent les iuliculations, ou qui se déploient autour des tendons, pour favoriser leur glissement.

DocRSE. Dans le Commerce, on donne ce nom à un édifice ou lieu public où s'assemblent, à des heures délermniées, les agents de change, les courtiers, les banquiers, les négociants, etc., pour traiter d'affaires (C. de comm., iirt. 71). A la Bourse de Paris, on nomme : parquet l'enceinte exclusivement réservée aux agents de change ; coulisses, les avenues oîi stationnent et négocient des entremetteurs clandestins, qui ont reçu de là le nom de coulissiers. La Bourse est ouverte (Ordonn. du 12 janvier 1851) tous les jours, excepté les jours fériés : il v a des heures distinctes pour la négociation des effets publics et pour les opiTalions commerciales. En ce qui concerne les effets publics, les principales opérations sont : les marchés au comptant; les marchés à terme, qui se distinguent en ventes fermes, où l'acheteur et le vendeur sont engagés, Fun à recevoir le titre contre payement, l'autre à le livrer au terme convenu, et ventes à primes, dans lesquelles Facheleur n'est engagé que conditionnellement et peut se dédire en abandonnant une prime ou acompte qu il a dû préalablement payer; le report, qui consiste à acheter au cumptant, pour lin spéculateur, une certaine quantité de

rentes et à les lui revendre à terme au même instant, afin d'obtenir le bénéfice stipulé pour l'argent qu'on prête ainsi sur le dépôt du titre ; et le déport, qui consiste, au contraire, à prêter un titre à un spéculateur, moyennant un certain bénéfice, sur dépôt dune somme d'argent. Depuis la loi <<u 28 mars 1885, les marchés à terme sont licites, même quand ils se résolvent dans le payement d'une simple différence. La loi de finances pour 1895 a établi un impôt sur les opérations de Ijourse.

Les Bourses, telles qu'elles existent auj., ne remontent pas au delà du xvi' siècle. Les premières furent établies à Bruges, Amsterdam, Venise et Londres. En France, les premières bourses furent établies à Lyon et à Toulouse, en 1549, et à Bouen, en 1556. A Paris, le Pont-au- Change fut assigné dès 1304 aux réunions des négociants; mais ce n'est que bien plus lard, en 1724, que la Bourse fut réellement constituée. — Comme monuments publics, les plus belles Bourses sont celles : d'Amsterdam, bâtie de 1608 à 1615 ; de Londres [Boyal-Exchange, édifiée en 1844, distincte du Stock-Exchanye ou Iwurse des fonds publics'i ; de St-Pétersljourg, construite de 1804 à 1811 par l'architecte français Thomon; de Paris, édifice périptère, commencé en 1808 par Brongniart et achevé en 1825 par La BaiTC. Consulter sur les opérations de Bourse : Emile Worms, Sociétés jmr actions et opérations de Bourse.

BOURSE, monnaie de compte en Turquie et dans tout le Levant : la B. d'argent vaut 500 piastres de 150 à 165 fr.); la B. d'or vaut 30000 piastres de 9000 à 9900 fr.). En Egypte une bourse équivaut à 25000 médines ou 75000 aspres.

BOURSE, pension payée par l'Etat, par un département, une ville, un particulier, dans un Ivcée ou collège, dans une école, dans un séminaire, pour 1 entretien d'un élève, dit boursier, durant le cours de ses études. Il y a dans les Ivcées et les collèges des B. nationales, communales et départementales. Suivant le décret du 7 févr. 1852 et les arrêtés des 9 févr. 1852 et 21 mai 1853. les boursiers nationaux sont nommés par le chef de l'Etat sur la proposition du ministre de l'instruction publique, à raison des services de leurs parents. Les préfets confèrent, sous la confirmation du même ministre, les bourses départemetiiales et communales, ces dernières d'après une liste dressée par les conseils municipaux. Les candidats aux dillérentes bourses subissent un examen préalable. Suivant la fortune des familles, il est accordé une bourse entière, trois quarts de bourse, ou une demi-bourse, avec ou sans exemptiou de trousseau. Il y a aussi des bourses de licence, données, après concours, aux étudiants des Facultés : des bourses d'agrégation, des bourses d'études, à destination plus large, des bourses de voyages. Les noms des élèves nommés boursiers paraissent, depuis une loi de 1890, dans les journaux officiels.

BOUSAGE. opération qui, dans la fabrication des indiennes, succède au mortlançage, et dans laquelle on se sert de la bouse de vache. Elle a pour objet de fixer le mordant par la matière albumineuse que renferme la bouse de vache, et en même temps de saturer l'aciile acétique qui reste du mordançage. On peut remplacer la Iwuse de vache par des phosphates et des arséniates.

BOUSE, fiente de bœuf ou de vache. Voy. fumier et

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