‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 209 sur 1729 · BOUVIER · texte numérisé non relu

BOUVIER

platine est foiiflu par la décharge d'une forte l>atlerie: les corps mauvais conducteurs, couune le verre, sont percés ou brisés; il ne faut pas des batteries très fortes pour tuer des oiseaux, des lapins, et même des animaux de plus gi-ande taille.

La bouteille de Leyde a été ainsi nonunée parce que cest à Leyde qu'on en a fait l'invention : les uns l'attribuent à P. van Mussclienbroek, d'autres à son disciple Cuneus. Voy. comde.nsatecr.

DOUTEiLLES, nom donné, en Manne, à un ornement en forme de demi-tourelle qui. autrefois, faisait saillie à l'arriére d'un navire et de chaque côté. C'est là qu'étaient placés les waler-closels du commandant et des officiers, lie nos jours le nom s'est conservé quoique les water-closets ne fassent plus saillie apparente sur les lianes du navire.

BOUTEILLER ou boctillier (du bas-lat. bulicularius). l^'étaif. au moyen âge, l'ofiicier de la couronne chargé d'administrer les vignobles du domaine et leurs produits. Il avait sous ses ordres des échansons. On trouve le bouteiller à la cour de Charlemagne, et ensuite dans les plus grands fiefs ; seulement, au temps de la féotialité, ces charges étaient devenues héréditaires. Le grand échanson succéda au grand bouteiller dans ses fonctions, mais non dans tous ses privilèges [Voy. éciiassox)

BOUTEROLLE (de bouter], outil en forme de poinçon roml. dont se servent les lapidaires pour percer les pierres dures [Voy. glyptique). — Les bijoutiers, pour faire les clialons de bague ; les boutonnicrs, pour estamper [emboutir] le cuivre, etc., se servent d'outils qui portent le même nom.

BOUTE-SELLE, sonnerie de trompettes pour avertir les cavaliers de seller les chevaux et de monter à cheval.

BOUTIQUE, BOUTIQUIER idu lat. apotheca. du gr. à~o-

6"r,XT,;. Voy. MARCHAND, E.NSEIGNE, ETALAGE, Ct aUSsi MAGASIN, BAZAR. MARCHÉ. etC.

BOUTISSE, se dit, en Architecture, d'une pierre qui, sans faire parpaing, c.-à-d. sans faire un double parement, est placée dans un mur selon sa longueur et ne laisse voir qu'un de ses bouts; d'où son nom.

BOUTOIR (de bout', nom primitivement donné au museau du sanglier, et depuis étendu à ceux du cochon, du tapir, du coati, dubalisaur, de la taupe, etc. Dans l'intérieur ilu museau se trouve un osselet appelé os de boutoir, qui lui donne de la solidité et le rend propre à fouiller la terre.

BOUTOIR, instrument tranchant dont les maréchaux ferranls se servent pour couper la corne du pied des chevaux.

BOUTON ^de bout]. En Botanique, on appelle bouton : 1' la fleur qui n'est pas encore épanouie ; 2" le bourgeon naissant ( Voy. bourgeox) ; 5" le ca'ieu qui se forme à l'aisselle d'une des écailles extérieures du bulbe [Voy. bulbe). — On nomme vulg. : Bouton-d'argent, l'Achilléc stcrnulatoire, la Camomille romaine, la Renoncule aux feuilles d'aconit, etc. ; — B. de bachelier. B. de la mariée, la Lychnide visqueuse ; — B. de ctdotte, un Radis blanc ; — B.-tl'or, plusieurs Renoncules ct l'Immortelle jaune; — B. noir, la Belladone commune; — B. rouge, le Gainier du Canada.

En Conchyliologie, on donne vulg. le nom de bouton à plusieurs coquilles de forme ronde, qui appartiennent aux genres Trochus. Hélix et Bulia. Voy. ces divers mots.

En Médecine, on nomme vulgairement bouton de petites tumeurs arrondies, rouges, isolées, à peine douloureuses, qui se terminent sans suppuration. \oy. papule.

Bouton d'Alep, clou de Biskra, de Gafsa, maladie cutanée d'origine parasitaire, endémique en Algérie, en Tunisie, en S^Tie et sur les bords du Tigre et de l'Euphrale. C'est un tubercule, plus ou moins volumineux, intéressant toute l'épaisseur du derme, et qui peut se montrer indistinctement sur toutes les parties du corps • ce tubercule s'accroît lentement pendant 4 ou 5 mois ; alors surviennent de vives douleurs à la suite desquelles la suppuration s'établit : celle-ci dure de 5 à 6 mois et laisse après elle une cicatrice ineffaçable. Le traitement se borne à des lotions de propreté ; il faut préserver la plaie par un pansement antiseptique soigné.

En Chirurgie, on donne le nom de bouton à un instrument qui sert dans l'opération de la taille, et qui consiste en une tige d'acier longue de 0 m. 20, terminée à une de ses extrémités par un Ixmt olivaire.

Dans l'Industrie, on appelle bouton une petite pièce ronde et plate, quelquefois Iwmbée ou en boule, qui sort à retenir les différentes parties d'un vêlement. Les boutons

sont en bois, en métal, nacre, ivoire, os, corne, cuir bouilli ; en soie, en fil, en lasting, etc. Leur fabrication comprend un grand nombre d'opérations qui constituent l'industrie du boulonnier. Elle est considérable en Angleterre, surtout à Birmingham et à Londres. En France, Paris, Lyon, Chantilly, Méru sont les endroits où se fabriquent le plus de boutons. L'usage des boutons remonte au xii« siècle ; ils constituaient alors un ornement, souvent de grand prix, ct il en a été de même jusqu'à la fin du xviii» siècle.

Chez les Chinois, le bouton est un insigne honorifique : selon sa couleur ou la matière dont il est fait, il sert à distinguer les rangs.

BOUTONNIÈRE. En Géol(^e, on appelle boutonnière un dôme dont la partie centrale a disparu par suite d'érosions. Il en résulte une disposition particulière des couches, aui forment des bandes plus ou moins concentriques et e plus en plus anciennes à mesure que l'on se dirige vers le centre de l'affleurement.

BOCTOXMÈRE, se dit aussi, en Chiruipe, d'une incbion des tégunicnls de l'abdomen et de la vessie dans la taille hypogastrique, et même d'une incision dans une cavité naturelle ou accidentelle.

BOUTS-RIMÉS, mots qui riment ensemble dans l'onîre où riment ordinairement nos vers, et que l'on choisit pour derniers mots de vers à faire sur un sujet donné. On rapporte l'origine de ce jeu d'esprit à Dulot, poète médiocre du xvii' siècle. Ce poète s'étant plaint d'avoir perdu 500 sonnets, dont il avait par avance fait les rimes, cette manière de procéder parut si singulière qu'on imagina d'en faire l'essai par forme de passe-temps. Le Mercure galant contient un recueil assez considérable de liouts-rimés.

BOUTURE (de bouter], branche d'un arbre ou dune plante vivace que l'on sépare de la tige, et que l'on plante en terre pour qu'elle prenne racine et produise un nouvel individu. Toutes les plantes grasses, les arbres à feuilles caduques, et même certains arbres résineux, se reproduisent ainsi. Les boutures se font à la fin de l'hiver ou à la fin de l'automne, suivant qu'on veut planter des arbustes de pleine terre ou des arbres résineux. — On distingue : la B. simple, qui se fait avec un rameau de la dernière pousse, et qui est propre à la multiplication d'une foule de plantes de serre chaude ; la B. Iierbacée, qui se fait avec de jeunes pousses ou boui^eons de 0 m. 02 ou 0 m. 03 de longueur; la B. à bois de 2 ans, qui est employée pour les arbres et arbustes au moment où ils sont en sève; la B. à talon, qui se fait avec une jeune branche de l'année précédente, qu'on a séparée de la tige avec l'empâtement qui les réunissait; la B. en plançon, qui se fait avec mie forte branche de 2 à 5 m., en forme de pieu; la B. en rameau, jeune branche ramifiée qu'on enfouit sous la terre dans toute sa longueur à l'exception du gros bout, qui fait une saillie de 0 m. 05 ou 0 m. 04; la B. en ramée, grande branche munie de rameaux, et placée horizontalement en terre à 0 m. 10 ou Om. 12 de profondeur, et dont les rameaux font saillie de 0 m. 10 : la B. avec bourrelet par étranglement, bouture d'une branche munie d'un bourrelet au-tlessus duquel on a fait une incision; la B. à bourrelet par incision, qui consiste à enlever de la branche un anneau d'écorce au-dessus duquel le bourrelet ne tarde pas à se former; la B. à crossette, qui se fait avec un rameau taillé en forme de petite crosse [Voy. crossette), etc. — La multiplication des végétaux au moyen de boutures s'appelle bouturage. Ce procédé est bien préférable au semis, toutes les fois que l'on lient à conserver exactement les races et les variétés.

BOUVART, B0UVEAC, BO0VELET, jeune laureau OU jeuiic bauf.

BOUVERIE (de bœuf), nom donné aux élables à bœufs.

BOUVET (du nom de l'inventeur), espèce de rabot, qui sert pour faire des rainures et des languettes. Voy. rabot.

BOUVIER (du lat. boarius, de bos, bovis], celui qui garde et qui soigne les ba-ufs. La plupart des qualités qui font le bon berger [Voy. ce mot) sont aussi celles qu'on doit exiger du bouvier. On doit à BoyanI un traité spécial sur cette matière.

BOUVIER, constellation de l'hémisphère bort-al, voisine de la Grande Ourse ou Chariot. Elle comprend une étoile de 1" grandeur, appelée Arcturus [Voy. ce mot), 8 de 5', 7 de 4*, 19 de 5*. Son ascension droite moyenne est H"" 35", sa déclinaison 30°.

En Ornilholi^ie. c'est le nom vulg. du Gobe-mouches gris, de la Bergeronnette et du Motleux.

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