‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 232 sur 1729 · CALENDRIER · texte numérisé non relu

CALENDRIER

(Foy. courge) ; 2° au fruit d'un arbrisseau des Autillos, appelé vulg:. Calcbassier ( Voij. cntscENTiE) ; — 5' au Irnil du Baobab.

CALEBA*!<K, fourneau à creuset servant à fondre de petites quantités de fonte de fer ou d'autres métaux destinés au moulajje.

CALÈCHE (du polonais kolaska, petite voiture à 1 cheval). Ce nom. «jin passe de mode, désigne une voilure de promenade à 4 roues, s'attelant ordinairement à 2 et parfois à 4 chevaux. Elle est munie d'une capote mobile <)ui en se relevant couvrir le sièçc de derrière. Un tablier peut au besoin f,'arantir de la pluie la partie non recouverte par la rapotc. dont la fermeture est parfois complétée en hiver à l'aide d'un châssis vitré mobile.

CALÉDONITE, Plomb sulfaté carbonate cuprifère PbO. SO^ -f (Pb.Cu)O.CO*, minéral vert bleuâtre qui crislallise en prismes ortliorhombiques. Il se trouve à Leadhills, en Ecosse.

CALÉFACTEUR. nom donné à un appareil où une double enveloppe, remnlie de ouate ou de rapure de liège, empêche le refroidissement d'un corps chaud qu'on y place.

CALÉFACTION (du lat. calefactio), action d'un corps solide très cliaud sur un liquide. Loi-squ'une goutte d'eau est projetée dans une capsule de métal incandescente, elle prend la forme d'un globule arrondi [état sphéroïdal), qui ne touche pas le métal, et qui s'éva|)ore lentement, sans ébullition; la température de ce globule est inférieure à 100°. Le globule se volatilise à la surface, et c'est en grande partie la vapeur dégagée qui empêche le contact. — Ce genre de phénomène a été observé la première fois en 1746 par Eller, puis étudié dix ans après, par Leidenfrost. Depuis, Klaproth, Rumford et plus récemment Baudrimont et Boutigny ont fait des recherches importantes sur cette question. Ce dernier a imaginé une îoule d'expériences ingénieuses, dont l'une des plus curieuses consiste à congeler de l'eau dans un creuset incandescent [Voy. co.ngélatio.n) . — La caléfaction explique comment on peut plonger la main dans un métal en fusion, passer la langue sur un fer rouge, sans se brûler; les verriers utilisent fréquemment la caléfaction. Elle peut aussi occasionner l'explosion des chaudières à vapeur ; car, en se refroidissant, le métal finit par être touche par le liquide, et alors celui-ci entre vivement en ébullition, et produit instantanément une grande quantité de vapeur; si donc un point de la paroi d'une chaudière se trouvait accidentellement séparé de l'eau qu'elle contient et chaulTé au T(tuge, l'eau, en y revenant, entrerait en caléfaction, et quand on cesserait de cliautîer la chaudière, cette eau entn-rait brusquement en vapeur et la chaudière pourrait ne pas résister à l'énorme pression qui en serait la conséquence.

CALÉIDOPHONE, CALÉIDOSCOPE.Foy. kalkidopho.ne, ka-

LÉIDOSCOPK.

CALEMBOUR ou calemboirg (de l'abbé de Calemberg, personnage plaisant des contes allemands, ou de l'italien".'), jeu de mots fondé sur une équivoque et le plus ordinairement sur une similitude de sons, sans égard à l'orthographe. Pierre de Montmaur au xvu* siècle et le marquis de Bièvre au XVIII' se sont fait une renommée par leurs calemlx)urs ; aui. généralement mal accueilli dans la Iwnne société, le calembour s'est réfugié dans les théâtres secondaires et dans les petits journaux satiriques. On a dit, avec trop de sévérité, que « c'est l'esprit de ceux qui n'en ont pas » ; on pourrait dire, avec plus de vérité, que le calembour, plaisant quand il n'est pas prémédité, devient insupportable chez les gens qui en font profession. — Le calemlwur remonte à une haute antiquité ; les amphilwlogies de plusieurs oracles qui nous ont été conservés étaient de véritables calembours : Aristophane chez les Grecs, Plaute et Cicéron -chez les Latins, nous en ont laissé un grand nombre dans leurs écrits; dans les temps modernes, Rabelais, Shakespeare et Molière n'ont pas dédaigné ce genre de plaisan- -terie ; de nos jours, le célèbre peintre Carie Vemet et le romancier Balzac ont eu une grande réputation de calembourixtes. Voy. équivoqce.

Voici comme exemples deux calembours fort connus : M. de Bièvre ayant appris que le comédien Mole, célèbre par sa fatuité, était .retenu au lit par une indisposition, s'écria : « Quelle fatalité [qtiel fat alité] ! » Le roi Louis XVI lui oifrant de servir lui-même de sujet à sa -verve, il répondit aussitôt : « Ah ! sire, le roi n'est pas un sujet. »

CALENDES (en lat. calendse, nom que les Romains donnaient au premier jour du mois, parce (pic ce jour-là, avant la puiilication de» fastes, un pontife appelait le peuple au Capitole, pour lui annoncer l'ordre des fêtes qui devaient être célébrées dans le mois [Voy. cai.enduieh). — Les mois grecs n'avaient pas de calendes ; c'est de là que vint le dicton : l'envoyer aux calendes grecques, pour dire renvoyer indéfiniment.

CALENDRIER (du lat. calendarium, de calendw. calendes). Ce nom désigne chez nous : 1° un tableau de concordance de la ilivision de l'année civile en mois, en semaines et en jours, ce qui permet de trouver le nom d'un jour donné, connaissant son quantième, et réciproquement; 2° dans un sens plus général, le système adopté par chaque peuple dans la numération du temps. — Aux détails que nous avons donnés sur ce sujet à l'article année, il est à propos d'ajouter les suivants :

X" Calendrier Israélite. L'année sacrée des Israélites se comjKJsait de 12 mois lunaires alternativement de 29 et de 30 jours; on les appelait : niçan ou abib, iyar ou :-ù', sivan, thammouz, ab, elloul, tichri ou aithanim, héchvan, kislev, tliebet, chebath, et adar. Le mois complémentaire, que l'on intercalait tous les 5 ans, s'appelait véadar ou 2° adar. Le mois de nisan, 1" mois de l'année, commençait à l'équinoxe du printemps : la Pâque se célébrait dans ce mois. — Les Israélites avaient aussi une année civile commençant par le mois de lisri, c.-à-d. à l'équinoxe d'automne. — Outre cette division du temps, empruntée aux Cbaldéens, les Israélites partageaient les jours en semaines ou périodes de 7 jours ; chaque 7° jour était célébré sous le nom de sabbath, et correspondait à notre samedi.

2° Calendrier des Grecs. L'année des Grecs, après la réforme de leur calendrier par Melon en 433 av. J.-C, se composait, comme l'année chaldéenne, de mois alternativement de 29 et de 30 joui-s. On les appelait : hécatombéon, métagitnion, boédromion, viémactérion, pyanepsioii, posidéon, gantélion, anthestérion, élaphébolton, munychioii, thargélion et scirophorion. L'année grecque avait d'abord commencé au mois de gamélion, qui correspondait à peu près au mois de décembre. On la fit ensuite commencer à celui d'hécatombéon, qui correspondait à notre mois de juillet. Chaque mois se partageait en trois décades; le l" jour du mois s'appelait néoménie (c.-à-d. nouvelle lune).

3° Calendrier romain. Chez les Romains, depuis la réforme julienne, l'année se composait, comme elle se compose encore auj., de 12 mois, les uns de 31 jours, les autres de 30, ou même de 28 ou 29 jours. On les appelait : januarius, febi'uarius. inartius, aprilis, maïus, junhts, quintilis ou julius sextilis ou augustus, seplember, oclober, november, december. Les noms de six derniers mois rappellent l'époque où, chez les Romains, tnars était le \" mois de l'année. Ces mois étaient partagés en parties inégales par les calendes qui tombaient le 1" jour du mois, les ides qui tombaient le 5° ou le 7°, suivant le nombre des jours du mois, et les nones qui tombaient 9 jours après les ides, c.-à-d. le 13° ou le 15° jour. Les autres jours se désignaient par leur numéro d'ordre compté au rebours à partir de ces éjKxjues. Ainsi la veille des calendes s'appelait pridie calendarum ; l'avant-veille, tertio calendarum, et de même les autres : quarto, quinto... calendarum, etc. ; la veille des ides et celle des nones, s'appelaient pridie idus, pridie nouas. — Dans ce même calendrier les jours étaient distingués en fastes et néfastes, suivant qu'il était permis ou non de rendre la justice ces jours-là; certains jours étaient appelés mixtes, c.-à-d. moîtié fastes et moitié néfastes ; d'autres n'étaient fastes que pendant certaines heures de la journée [Voy. intercis) ; les jours de marché étaient indiqués par des lettres dites nundinales [Voy. ce mot). Enfin chaque jour était consacré à une divinité particulière.

4° Calendrier grégorien. Dans ce calendrier, dû à la réforme du calendrier julien par le pape Grégoire XIII, les noms des mois sont les mêmes que dans le calendrier i"omain; ce sont: janvier, férrier, mais, avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre et décembre. — Ceux qui ont 31 jours sont : janvier, mars, mai, juillet, août, octobre et décembre ; les autres ont 30 jours, à l'exception de février qui a 28 ou 29 jours, suivant que [ l'année est commune ou bissextile. — En adoptant les mois I des Romains, les modernes ont rejeté leur manière de

Page 1