‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 262 sur 1729 · CARTILAGE · texte numérisé non relu

CARTILAGE

80000°, aile Carte du Dépôt de la Guerre ou «le l'Etalmainr. Conçu sous l'Knipire dès 1808, ce vaste projet n'a ))ii ("Ire misa exécution qu'à partir de 1818, et les premières leuilies n'ont paru qu'en 183a. Dirigée de 1830 à 18.50 par le p'-néral Pelet, continuée depuis 1851 d'abord par le ffénér.il Morin. puis par le colonel Peirier, cette Carte est lei'iiiiiii'e aujoiu'd'luu. On en a fait une réduction à l'échelle lie S'iOOOO". 11 faut ajouter une carte du ministère de l'Intérieur, gravée en cinq couleurs, aujourd'hui complète en 587 feuilles, à l'échelle du 100000°; une carte du ministère des Travaux publics au 200000°; une carte <lu Dépôt des Fortifications au 500 000°.

Tous les Etals maritimes de l'Europe, les Etats-Unis et le Ja|)on possèdent des Caries marines. Les plus usitées sont celles de l'Amirauté anglaise et celles du Dépôt des cartes et plans de la marine (France).

CABTEs ASTRONOMIQUES OU CAKTEs cKi.ESTES, représentation sur le papier des différentes constellations du ciel dans liîiirs j)ositions relatives. Dans le système des projections orthographiques (Voy. projection), qui s'applique à la r('|nvs('iit,ilion de tout un hémisphère, on conçoit les astres de cet iiéiuisphère projetés sur l'équateur, et la carte n'est autre chose que la réduction de la figure formée par ces diirérentes projections. On réunit d'ailleurs les cartes des deux hémisphères, ce qui donne le planisphère céleste. Dans ce système, les cercles horaires sont figurés par les rivons de l'équateur, et les parallèles célestes par des circoîiférences concentriques à l'équateur. Son inconvénient principal est d'altérer les dimensions des constellations l'ipiatoriales dans le sens perpendiculaire à l'équateur. Pour obtenir la représentation exacte de ces dernières on emploie le système des projections cylindrimies, dans l('i|U('l les cercles horaires sont représentés par des droites parallèles et équidistantes, et l'équateur ainsi que les parallèles célestes par des droites perpendiculaires aux premières et de plus en plus écartées les unes des autres à mesure que les parallèles qu'elles représentent sont plus éloignés de l'équateur. — On emploie d'ailleurs pour la construction des cartes célestes les divei"s systèmes <lc projection (Voy. projection). — Les Atlas célestes les plus célèbres sont ceux de Bayer, d'Hévélius, de Flamsteed, de Lemonnier, de Bode. de llarding; les Cartes partielles de Bessel et Argelander, les C. éqidnoxiales de Valz, les C. écliptiques de (Jhacornac continuées à Paris notamment par MM. P. et P. Henry, les 20 cartes de Petcrs. Les astronomes viennent, sur l'invitation d'un Congrès international, réuni à l'observatoire de Paris en 1887 par l'amiral Mouchez, d'entreprendre la carte photographique du ciel, comprenant toutes les étoiles jusqu'à la 14° grandeur.

CARTES POSTALES, mode de correspondance à découvert et économique, a été établi pour la j)remièrc fois en Angleterre en 187') et a été mis en pratique en France depuis le 1°' janvier 1873. La carte postale consiste en une simple feuille de carton non pliée. sur l'une des faces de laquelle l'expéditeur écrit le nom du destinataire, en inscrivant sur l'autre face le texte de sa communication. Cette feuille circule et est distribuée comme une lettre, mais coûte moins cher (0 fr. 10 au lieu de 0 fr. 15, en France).

CARTES TÉLÉGRAPHIQUES, exteusion aux télégrammes du système des cartes postales, en usage à Paris. Le coût d'une carte télégraphique est de 0 fr. 30. — Il ne faut pas confondre avec les cartes télégraphiques, non plus qu avec les cartes postales, des feuilles fie carton pliées que l'administration met à la disposition du public pour le même usage : celles-ci peuvent être fermées, et par suite coûtent plus cher (0,15 pour les feuilles postales, 0,50 pour les feuilles télégraphiques).

CARTEL (dimm. de carte), lettre de défi par laquelle on provoque quelqu'un à un combat singulier. L'usage des cartels existait déjà chez les anciens : Plutarque rapporte qu'Antoine envoya un cartel à Auguste qui le refusa. Mais ce fut surtout au moyen âge, à l'époque de la chevalerie, que cet usage fut le plus fréquent. — On appelle aussi cartel l'accord qui se fait entre deux Etats belligérants, pour la rançon des prisonniers de guerre. Voy. Bry, Traité de droit international public.

CARTEL, boîte de pendule en forme de cul-de-lampe, qui s'applique contre le mur. Les cartels ont quelquefois des sonneries en musique, d'où le nom de cartel donné aussi aux boites à musique. Ces dernières sont des espèces d'orgues à cylindre et à ressort de petite dimension. Les pointes qui garnissent le cylindre soulèvent et font vibrer,

en les abandonnant à leur élasticité naturelle, les dents d'un peigne d'acier, dont les longueurs sont calculées pour donner les différentes notes de la gamme. Ces instruments se montent à l'aide d'une clé.

Cartel, sorte d'encadrement. Voy. cahtouche.

CARTELLES (de carte), petites planches de peu d'épaisseur. On débite par carlelles les bois, tels que le frêne, l'érable noueux ou loupeux, etc., dont se servent surtout les ébénistes, les tabletiers et les armuriers.

CARTELLES. Eu Musique, feuilles de peau ou de toile, préparées et vernies, sur lesquelles on trace des porléci pour composer de la musique et elfacer à volonté avec une éponge. Les cartelles, en usage en France au xviii* siècle, venaient toutes d'Italie.

CARTELLO (di priuo). On désigne ainsi en Italie les théâtres de premier ordre, tels que la Scala de Milan, le San Carlo de Naples, etc. — Artistes di primo cartcllo, se dit des artistes qui ont chanté ou joué dans des théâtres de premier ordre et, plus généralement, de tous les artistes émineiits.

CARTERON. Voy. quarteron.

CARTÉSIANISME, doctrine philosophique de Descartes. Voici les principales propositions de ce système : 1" il existe un être infini, intelligent et libre, auteur et conservateur du monde ; 2° l'àme est distincte du corps : l'ànie est un être pensant, le corps est un être étendu ; 3° l'ànie humaine est libre, le reste du monde est pur mécanisme ; 4° la raison humaine peut seule construire la science et elle peut la construire tout entière. Le cartésianisme admet, en outre, l'existence d'idées innées; il a une morale et une esthétique purement rationnelles. Il a été reproduit assez fidèlement par Malebranche et très modifié par Spinoza et par Leibniz. — Voy. Francisque Bouillier, Histoire du cartésianisme ; Louis Liard, Descartes.

CARTHAME (de l'arabe kirthim), Carthamus, f^cnrc de la famille des Composées, tribu des Cinarées, est formé de plantes herbacées, à racines fibreuses, à tiges ramifiées, à feuilles glabres, souvent épineuses, à fleurs d'un beau rouge un peu safrané. L'espèce la plus commune et en même temps la plus utile est le C des teinturiers [Ctinctorius), dit aussi Faux Safran et Graine de perroquet. Cette plante annuelle, originaire de l'Inde, est cultivée dans le Levant, en Egypte, en Espagne, en Italie et dans le midi de la France, surtout aux environs de Lyon. Les fleurs sont la partie de cette plante dont on fait le

[dus d'usage : elles servent à la teinture; on les récolle orsqu'elles commencent à se flétrir. Le carthaine d'Egypte est le plus estimé pour sa matière colorante. On se sert du carthame pour teindre la soie, le coton et le lin en ponceau, cerise, rose et couleur de chair; ces couleurs sont très brillantes, mais peu solides. Dans le Midi, les pauvres cultivateurs emploient le carthame à la place ilu safran pour colorer leurs mets. 11 entre aussi dans la préparation du rouge de toilette ou rouge végétal. Enfin on a employé les graines de carthame comme purgatives.

CARTHAMINE ou acide cartiiamique, la principale des trois substances tinctoriales du carthame du commerce. On l'en retire en le faisant macérer à froid avec une solution de carbonate de soude, et précipitant par un acide. La carthamine est d'un beau rouge cerise, à reflets verdàtrcs.

CARTILAGE (du lat. cartilago], tissu particulier, d'un blanc opalin et nacré, souple, élastique, d'une consistance moyenne entre celle des os et des ligaments, formé par des cellules dites chondroplastes situées au milieu d'une substance dite fondatnentale qui tend à s'ossifier avec l'âge. On distingue : les C. articulaires, qui revêtent les surfaces articulaires des os, et qui amortissent par leur élasticité les efforts de pression et les chocs que peuvent éprouver les articulations; les C. non articulaires, qui constituent une portion ou la totalité de la charpente osseuse de certaines parties : tels sont les cartilages des côtes, du larynx, de la trachée-artère et des bronches, etc. ; les fibro-cartilages, qui sont membraneux, et présentent une flexibilité plus gi-ande que les précédents : tels sont les cartilages des paupières, des narines, de l'oreille, de l'épiglotte, etc. — Dans les articulations mobiles, les cartilages, dits alors C. diarthrodiaux, ont la forme de lames aplaties, plus minces à la circonférence qu'au centre sur les extrémités articulaires convexes, et au contraire plus épaisses à leur bord qu'à leur centre sur les surfaces concaves.

Les cartilages sont tous revêtus d'une membrane fibreuse appelée périchondre, analogue au périoste, dont elle ne

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