CARTES
Les mcillourps races françaises de carrossiers sont fournies par la Normandie et la Vendée.
CARROUSEL, sorte de jeu équestre. Voy. quadrille et, au Dicl. (IHist. et de Géogr., l'art, carrocsel.
CARTAHU ou CARTAHEC, cordage volant qui sert, en Marine, à monter ou à descendre un objet quelconque. Quand l'objet est lourd, on passe le carlahu dans une poulie placée en tète du mât, pour faciliter la manœuvre.
CARTE (du lat. charta], cartes à jocer. On attribue pénéralement l'inventioa tles- cartes à jouer à Jacquemin Grinponneur. peintre de la fin du \\\* siècle ; mais elles sont mentionnées dès 15'J8 par un vieux poète français. Bien plus, Polydore Virgile les ferait remonter aux Lydiens. A tout prendre, cette invention date de plus loin encore. Les quelques tarots du x\'* siècle que nous possédons encore montrent d'une façon évidente leur analogie avec les échecs et semblent prouver que cartes et échecs ont eu le même berceau. .\près avoir amusé la démence de Charles VI, elles ne tardèrent pas à devenir une récréation à la mode. Sous Charles VII les figures reçurent les noms qu'elles portent aujourd'hui. On prétend que David (roi tle pique!, tourmenté par un fils rebelle, est l'emblème de Charles Vil, menacé par son fils (Louis XI), et i\\ïArgine (reine de trèlle;. anagramme de Hegina, désigne Marie d'Anjou, femme de ce prince; (\uePallas (dame de pique) représente la Pucellc d'Orléans ; Rachel (dame de carreau], Agnès Sorel ; enfin, Judith (dame de cœur), la reine Isabeau. Les 4 valets ou varlets sont 4 vaillants capitaines : Ogier et Lancolot, compagnons de Charlemagne, Hector de Gallard et Lahirc, généraux de Charles VII. Le reste du jeu offre également une sorte d'allégorie guerrière. Le cœur est la bravoure: le pigue elle carreau, les armes; le trèfle, les vivres: et l'a*, l'argent, nerf de la guerre.
En Angleterre, on se sert de deux sortes de cartes à jouer, les unes à peu près semblables aux nôtres, les autres d'un tiers plus hautes et plus larges. C'est aussi en Angleterre qu'on a inventé les cartes à deux têtes, dont l'usage est très répandu chez nous. — En .\llemagne, on ajoute quelquefois aux rois, dames et valets une quatrième tigiire, les chevaliers. — Enfin, en Espagne et en Italie, les noms des 4 couleurs, pigue, trèfle, carreau et cœur, sont souvent remplacés par les dénominations à'épée. denier, bâton et coupe. Les Italiens font aussi usage de longues cartes analogues aux anciens tarots. Ces cartes représentent des figures bizarres, et servent en France à former le grand jeu des tireuses de cartes.
Pour les différents jeux et la manière d'y jouer, voy., outre l'article jeux de hasard, l'article particulier consacré à chaque jeu, les Cartes à jouer de Boiteau d'Amblv (1854i, et beaucoup d'autres traités plus modernes et spéciaux à chaque jeu.
Pour fabriquer les cartes, on emploie trois sortes de papier : au milieu on place le papier dit tracé : ce papier est recouvert, d'un côté par le papier cartier, tantôt blanc ou de couleur unie (bleue, jaune ou rose), tantôt taroté, c.-à-d. moucheté de dessins variés; et, de l'autre, par le papier pot. sur lequel sont peintes différentes figures. On appelle têtes les cartes où sont figurés des rois, des dames et des valets; et points, celles qui ne sont marquées que de simples cœurs, carreaux, trèfles et pigues. (le un (as) à dix. L'impression des tètes ne peut se faire qu'à l'Im-
rrimerie nationale et pour le compte de la régie ; mais enluminure des figures et celle des points se fait chez les cartiers : elle s'opère à l'aide de patrons découpés et avec des couleurs à la gomme. L'enluminure achevée, les cartes sont séchées avec soin et passées au savon, ce qui leur donne du brillant et la faculté de couler facilement les unes sur les autres. On les redresse ensuite en les soumettant à la presse ; enfin on les taille pour les égaliser, et on les assemble. — On distingue les jeux entiers, qui sont composés de 52 cartes, et les jeux de piguet, de 32 : ces derniers ne renferment pas les 2, 3, 4, 5 et 6. — Paris et Nancy sont, en France, les deux endroits où l'on fabrique le plus de cartes. On on consomme annuellement à l'intérieur pour plus de 2 millions de fr., et l'exportation atteint une valeur au moins égale. L'Etat perçoit sur cette branche de notre industrie des droits qui s'élèvent au quart du produit. Chaque jeu de cartes français paie au Trésor un droit de 50 centimes. Les caries à portrait étranger et toutes espèces de cartes dont la forme ou les dimensions diffèrent de celles des cartes ordinaires uaienl 0 fr. 70 (loi du 21 juin 1875;. Ces taxes sont passrfclcs de 2 décimes et
demi (loi de déc. 1873). — Celui qui vend des cartes sans être fabricant patenté, ou bien sans avoir été agréé et commissionné par la régie, est passible d'une amemle de 1000 à 3000 fr., de la confiscation des objets de frauric et d'un mois d'emprisoimement. En cas de récidive, l'amende est toujours de 3000 fr. — Toutes les formalités auxquelles est assujettie en France la profession de cartier sont déterminées par la loi du 9 vendémiaire an vi. les décrets du 1" germinal et du 4 prairial an xiii. la loi du 28 avril 181t), l'ordonnance du 18 juin 1817 et la loi de finances du 7 août 1850.
CARTES GÉOGRAPHIQUES, représentation, sur une surface plane, de la ligure du globe terrestre, soit dans son ensemble, soit dans une de ses parties. Dans le premier cas, on distingue les mappemondes, qui offrent deux hémi- «)hèrcs terrestres projetés cote à côte sur le plan de l'un des grands cercles du globe ; et les planisphères, qui offrent toute la surface terrestre en une seule et même projection (Voy. projection). Dans le second cas, une carie est dite : générale, quand elle renferme une grande éttmdnc de pavs ; particulière, quand elle est bornée à une seule contrée ; chorographigue, quand elle offre le détail d'une province ou d'un canton ; topographigue, lorsque les accidents du terrain y sont indiqués. Les cartes physigues représentent exclusivement les montagnes, les coure d'eau et la nature du sol [C. orographigues, géologiques, minéralogigues. phytographigues ou botanigues, zoologigues, etc.); les caries politigues et spéciales donnent les divisions administratives, les itinéraires, etc. (C. administratives, militaires, routières, historigues, elc.]. Enfin on appelle carte hydrographigue ou marine celle qui, négligeant les détails terrestres, ne représente que la mer, les îles et les côtes, pour l'usage de la navigation. — Les cartes particulières se construisent le plus souvent dans le système du développement conique soit pur, soit î moilifié. Les cartes marines sont faites dans le svstème du , développement cvlindrique ou de Mercator. Ouan^ am cartes en relief, fe premier essai en ce genre date de 1726. ' On fait remonter l'invention des cartes géograpliiques I jusqu'au Grec Anaximandre. Chez les anciens, Agathodé- . mon, Eratosthène, Marin de Tyr, etc., avaient construit \ des cartes itinéraires, auj. perdues ; quant aux cartes de ! Plolémée, celles que nous possédons sous son nom ont été faites aux xiii* et xit« siècles d'après les ouvrages de ce I géographe. La carte itinéraire de l'empire romain dite de \ Peutinger est du m* siècle, ou peut-cire postérieure. Vient ensuite la carte du monde faite au vi* siècle par le moine Cosmas Indicopleustès. Chei les Arabes, on cite surtout les Cîtrtes d'Ednsi, qui sont du xii* siècle : c'est d'après ces dernières que les cosmographes d'Orient ont dressé toutes les leurs, en se contentant d'y ajouter les nouvelles découvertes. — Au xiv« siècle, les Majorquins, puis les Catalans, dressèrent les premières cartes-planés; la Bibliothèque nationale possède en ce eenre un précieux Atlas catalan de 1575. — Au xv" siècle, les progrès de l'astronomie, l'invention de la boussole et la découverte de l'Amérique firent faire de nouveaux progrès à la cartographie ; on construisit d'excellentes cartes nautiques; on cite aussi les mappemondes d'Andréa Bianco (1456) et de Frà Mauro (1459), et le globe terrestre construit en 1492 par Martin Behaim et qui se trouve aujourd'hui à Nuremberg. — Le xvi« siècle fut signalé par les travaux d'Orlélius et de Mercator, qui firent révolution dans la science et l'affranchirent désormais du joug des anciens. Guillaume de risle et d'Anville, au xviii» siècle, en profitèrent pour refondre en entier le système de la géo^phie moderne, et |M)ur le soumettre à une nouvelle critique. — Ces vingt dernières années la cartographie en France a de nouveau reconquis la place d'honneur qu'elle occupait du tom|)s dos d'Anville. Parmi les meilleurs ouvi-ages cartographiques nous devons citer tout d'abord l'Atlas Lniversei de Géogra-
Ïihie, commencé par M.Vivien de Saint-Martin et continué jtar I. F. Schrader. Cet atlas contient un chef-d'œuvre incontesté de gravure, la carte de Suisse. L'.VIlemagne jxissède les atlas de Stieler, de Kiejiert, d'Andrée; l'Angleterre celui (!e K. Johnston. La France: l'Atlas de Géographie moderne, par F. Schrader, F. Prudent et E. Anthoine, ceux de Levasseur, de Vidal-Lablache, etc. Chaque pays possède des caries d'état-major à échelles plus ou moins grandes. La plus belle est sans contredit celle de la Suisse au 25000" et au 50000*. — En France, tout le monde connaît; la belle Carte topographigue de France, en 267 feuilles, au