‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 330 sur 1729 · CHLORIS · texte numérisé non relu

CHLORIS

CHLORION (du gr. y Awpôî), genre d'Insectes, de l'ordre des Hyménoptères porte-aiguillon, famille des Fouisseurs, renferme des insectes à tète grande, aplatie, lai-ge; aux mandibules développées et tranchantes. Leur couleur est d'iui vert émeraude doré ou un peu violet. Leur piqûre est venimeuse. Les chlorions sont remarquables par l'adresse avec laquelle ils tuent les ravels, qui servent de nourriture à leurs larves.

CHLORIQUE ., acide). Voy. chlore.

CH LORIS (du gr. -/Xwpô;), genre de la famille des Graminées, type de la tribu des Chloridées, composé de plantes d'un jK-rt élégant, à chaume simple ou rameux, à feuilles planes, à épis digités et à épillets sessiles. Ces plantes se trouvent en Amérique, au Cap et aux Indes orientales. — Le Chiendent [Cynodon] fait partie de la tribu des Chloridées.

CHLORITE ^du gr. yÀwpôî, vert). On comprend sous ce nom, en Minéralogie, des substances de couleur verte, qu'on rencontre en cristaux très facilement divables ou en paillettes dans les serpentines et dans quelques calcaires d'origine sédimentaire. Ce sont des silicates alumineux hydratés de fer et de magnésie. — On y distingue la pennine, le clinochlore et la ripidolithè. Le nom de craie chloritée donné à la partie inférieure du terrain crétacé est dû à une confusion entre la chlorite et la glauconie [Voy. ce

mot). Voy. CLINOCHLORE, PEXMSE Ct RIPIDOLITHE.

cHLORiTES (de chlore], sels de l'acide chloreux. Les chlofites sont colorés en jaune, et ont peu de stabilité.

Voy. CHLORE.

CHLORITOÏOE, minéral ressemblant aux chlorites, qui est un silico-aluminate de fer hydraté, en lames vertes facilement clivables ; se trouve dans des calcaires et certains schistes cristallins.

CHLORITOSCHtSTE, roche cristallophyllienne constituée presque uniquement par des paillettes vertes de chlorite. Les chloriloscliislês font partie de la série supérieure du terrain cristaliophyllien.

CHLOROFORMÉ (de chlore et formique, à cause de sa composition élémentaire), composé organique renfermant du carbone, de l'hvdrogène et du chlore [CHCl'), est incolore, huileux, d'une odeur éthérée et d'une saveur douceâtre. Sa densité est de 1,48. Il est insoluble dans l'eau, mais est très soluble au contraire dans l'alcool. L'acide sulfurique n'a pas d'action sur lui. II bout à 61°: il ne s'enflamme que difficilement, mais il brûle avec une flamme lx)rdéc de vert quand on enflamme une mèche de coton qui en a été imprégnée. En contact avec une solution alcoolique de potasse, il se convertit en acide chlorhydrique et en acioe formique. On loMient en distillant l'alcool avec du chlorure de chaux et un lait de chaux. — On emploie le chloroforme en chirurgie pour ses propriétés anesthésiques : quelques gouttes de ce composé, versées dans le creux d'une éponge ou sur un

mouchoir, déterminent souvent, au bout de 15 ou 20 inspirations, une iiisensibilité complète. L'inhalation du chloroforme, est moins désagréable que celle de l'éther, mais elle n'est pas non plus sans danger : il faut avoir soin de ne pas intercepter le passage de l'air, et tenir autant que possible le patient couché, en surveillant avec soin la respiration et

le pouls, qui doivent toujours conserver leur régularité.

Le chloroforme a été découvert en 1831 par Soubeiran ; Dumas en a le premier établi la composition, en 1854; mais c'est Flourens en France, et en Angleterre les D" BeÙ et Simpson, qui en 1847 le proposèrent simultanément pour remplacer l'ether comme anesthésique. Voy. anestuésie.

CHLOROLEUCITES. leucites de la celltde végéUle qui produisent la clilorophylle. Voy. celutie et leccite.

CHLOROMÉLANE (du gr. /Awpdî, vert, et (léXaç, noir), ou CROXSTÉDITE, silicatc de fer'hydraté (6Fe0.2Fe*0'.ÔSiO* -|-6II*0] en pnsmes hexagonaux, noirs ou verdàtres, qu'on trouve en Bohème et en Comouailles (très rare).

CHLOROMÉTRIE (de chlore et du gr. {aêtoov, mesure), méthoile d'essai des chlorures décolorants [( l'ôy. chloruhes décolorants).

CHLOROPALE, var. de noxtrosite (Foy. ce mol]. CH LOROPHYLLE (dugr. x^^wpôç, vert, et çôXXov, feuille), pigment vert qui donne aux feuilles, aux "tiges et en général aux végétaux verts leur coloration. Elle existe le plus souvent dans les cellules sous forme de petits gl<v nules; dans les Algues elle présente des formes variées : I rubans spirales, plaques étoilées, lames, etc. La suljstance ; colorante de ces grains chlorophylliens a été isolée et ! obtenue cristallisée ; sa formule esl C'^H'^'AzO*. C'est par I la chorophylle que les plantes vertes décomposent l'acide carbonique de 1 air et fixent le carbone en dégageant de , l'oxygène : ce phénomène de l'assimilation du carbone ne ! se produit que dans la cellule vivante et en présence de la lumjère. Une autre fonction est due au pigment vert, ! une transpiration que l'on peut appeler transpiration chlorophyllienne ou chlorovaporisation. La chlorophylle est Sarfois masquée par d'autres pigments : un pigment brun ans les Algues brunes, rouge dans les Floridées, bleu dans les Cyanophycées; elle est associée dans les Phanérogames à une matière jaune [xanthophylle] qui se développe seule quand les plantes poussent à l'obscurité.

CHLOROPS, genre d'Insectes, de l'ordre des Diptères, famille des Muscidés, caractérisé par les yeux d'un lioau vert, et par la teinte jaune du corps, parsemé de lignes noires. La larve du C. lineata vit sur le blé et y commet de grands dégâts.

CHLOROSE (du gr. yXwpô<), vulg. Pâles couleurs, maladie caractérisée généralement par la décoloration, la pâleur excessive de la peau et des muqueuses, la flaccidité des chairs, un état de langueur générale, la dépravation des fonctions digestives, la petitesse et la fr«iuencc du pouls, les palpitations ; la gène de la respiration, les lassitudes spontanées, la tristesse, etc. Cette maladie paraît tenir principalement à im atîaiblissement des qualités stimulantes du sang; les globules roiiges. souvent diminués de nombre, sont moins riches en hémoglobine IVoy. axémie). Le cœur et les gros vaisseaux sont souvent peu développés. Enfin le tout se complique parfois d'une altération du svstème nerveux. La chlorose se manifeste le plus souvent 'chez les jeunes filles à l'époque de la puberté ; il y a aussi quelques exemples d'hommes clilorotiques. Un tempérament lymphatique, une constitution faible, la vie sédenUire, "l'habitation dans les grandes villes, le manque d'air et de lumière, l'exercice insufrisant. le sommeil trop prolongé ou les veilles immodérées, l'influence du froid humide, la mauvaise nourriture prédisposent à cette maladie. On peut ajouter à ces causes l'ennui, le chagrin, la nosUlgie, la menstruation irrégulière, l'abus de certains plaisirs, en un mot toutes les causes débilitantes. Un des symptômes les plus remarquables de la chlorose, c'est la vibration sonore que rendent sous le stéthoscope les artères carotides et sous-clavières, et au'oii appelle bruit carotidien, bruit de soufflet, etc. Ce bruit se perçoit facilement en appliquant l'oreille à la base du cou, au-dessus de la claMCule; il est continu ou intermittent. La durée de la chlorose est variable : dans les cas les moins graves, on la voit céder en 20 ou 30 jours; il n'en est pas de même lorsqu'elle est ancienne, et surtout compliquée d'autres afl'ections. La première indication à remplir est de rendre au sang ses propriétés et de combattre l'afl'aiblissement général. On y parvient à laide d«

CIIf.OUOSI'INELLK

CIIŒROPOTAME

médicaments toniques variés, parmi lesquels le plus efficace est le fer, que l'on emploie seul ou associé à d'autres sul>slances, notamment à l'iode; on y joint utilement les eaux ferrugineuses de Spa, de Bussang, d'Orezza, et les hains sulfureux. Sous le rapport de l'hygiène, il faut aux malades des liabitations saines, aérées et bien éclairées, des vêtements chauds et légers, une alimentation tonique; on recommande la gymnastique, la danse, l'équilation, la promenade, les voyages, la natation dans l'eau froide, surtout dans l'eau de mer.

cHi-onosE, maladie de la vigne, qui se traduit par une teinte jaunâtre de la feuille ; c'est surtout sur les sujets américains greftés qu'on l'observe. Elle semble due à diverses causes physiques ; on la traite par des arrosages au sulfate de fer et aussi par des soins attentifs dans la culture.

CHLOROSPINELLE, var. verte de spinelle [Voy. ce moti.

CHLOROXYCARBONIQUE ou oxyciiLOROCARBO.MQUE (gaz), dit aussi j)/iosgèni', combinaison de chlore et d'oxyde de carlwiie fCOdl^. correspondant à l'acide carbonique [CO*], qu'on olilient en exposant des volumes égaux de ces gaz à 1 action directe des rayons solaires. C'est un gaz extrêmement vénijneux : il est d'ure odeur suffocante; le contact de l'eau le décompose en acide carbonique et acide chlorhvdrique ; il se liquéfie à 8° au-dessus de zéro. — Il a été découvert par J. Davy.

CHLORURE, nom commun à toute combinaison du chlore soit avec un élément, soit avec un groupe d'éléments jouant le rôle de radical. Les chlorures formés par un même élément ou un même radical avec divers atomes de chlore sont désignés soit à l'aide des préfixes proto, bi, tri, tétra..., soit à l'aide des terminaisons euxei iqiie. On distingue : 1» les Chlor. des métalloïdes, tels que les chlorures de phosphore (chlorure phosphoreux PCI', chlorure phosphorique PCl^) ; ils s'obtiennent, sauf les chlorures d'azote et de carbone, par l'union directe des deux mélalloïdes; l'eau les décompose et donne un acide; 2" les Chlor. métalliques; on obtient les chlorures métalliques soit en combinant directement le chlore avec les métaux, soit en dissolvant les oxydes ou les carbonates dans l'acide chlorhvdrique. La plupart des chlorures sont solides et cristaliisables; il existe aussi des chlorures liquides et fumant à l'air, tels que le tétrachlorure d'étain. A part le chlorure d'argent et les chlorures cuivreux et 7nercureux, tous les chlorures sont solubles dans l'eau ; aussi on recoinnît aisément un chlorure en ajoutant à sa solution une goutte de nitrate d'argent, qui] torme alors un précipité caillebotté de chlorure d'argent, insoluble dans les acides, très soluble dans l'ammoniaque. Les chlorures d'or et de platine sont décomposables par la chaleur seule.

Un hydrocarbure tel que l'éthylène C*H* j)eut fixer 2 atomes de chlore et former un bichlorure ( Voy. étiiylèxe). La combinaison du chlore avec les radicaux mélhyle, éthyle..., donne les Chlorures d'éthyle, de tnéthyle..., qui sont des éthers chlor hydriques. Lorsque le radical est oxygéné, on a des chlorures d'acides : tels sont l'oxychlornre de phosphore POCl', le chloriire d'acétyle C^IPO.CI.

Chlorure de chaux, composé blanc obtenu en faisant passer un courant de chlore sur de la chaux éteinte. Il répand à l'air une forte odeur de chlore, due à la décomposition du chlorure par l'acide carbonique de l'air. Par suite de cette propriété il est employé pour blanchir la pâte à papier et la toile. On l'emploie également comme désinfectant.

Chlorures décolorants. On donne ce nom aux mélanges d'hypochlorites et de chlorures obtenus par l'action du chlore sur les dissolutions alcalines. Ces comiwsés dégagent facilement leur acide hypochloreux et servent, par suite de cette propriété, au blanchiment des étoffes. L'eau de Javel est un mélange d'hypochlorite et de chlorure de potassium. On prépare maintenant les chlorures décolorants destinés au blanclument de la pâte à papier en électrolvsant un mélange de chlorure de sodium et de chlorure de magnésium. Le liquide électrolysé se charge d'hypochlorite de magnésium, qui tend à remplacer maintenant le chlorure de chaux (Hermite).

Chlorométrie. Le chlorure de chaux commercial a d'autant plus de valeur qu'il peut dégager une plus grande Quantité de chlore. On appelle chlorométrie l'ensemble des méthodes destinées à doser le chlore que peut dégager un chlorure. La chlorométrie peut servir également à

déterminer la valeur commerciale d'un bioxyde de manganèse par le dosage de la quantité de chlore qu'il peut dégager au contact de l'acide chlorhydrique.

CHOC (du picard choque, souche; heurt contre une souche), rencontre brusque de deux corps qui se heurtent. On distingue le choc droit, lorscjue le point de contact des corps se trouve sur la droite qu'on suppose menée par leurs centres de gravité, cl le choc oblique, qui se fait de toute autre manière. Au moment du choc, la vitesse se partage entre les deux corps dans un rapport qui dépend de leurs masses. Lorsque les corps sont déjxiurvus d'élasticité, il y a perte de force vive : ils restent en contact, et se meuvent ensemble avec une vitesse moyennt;. Lorsque les corps sont élastiques, ils se séparent après le choc. Si leur élasticité était parfaite, la force vive du système serait la même avant et après le choc ; mais, comme les corps ne jouissent que d'une élasticité toujours imparfaite, une partie de leur force vive est perdue dans le choc : aussi, dans l'exécution des machines, évite-t-on le plus jwssible les i)ercussions, qui diminuent ou détruisent la puissance motrice. — Toutes les fois qu'un choc est accompagné d'une perte de force vive, il v a création de chaleur : on dit alors que la force vive perdue est convertie en chaleur. L'effet calorifique est le plus grand possible avec les corps mous. Ainsi de l'eau tombant d'une hauteur de 425 m. dégage environ une calorie. Il en est de même pour tout corps qui tombe sur le sol de la même hauteur, et ne rebondit pas. — C'est un effet de ce genre qu'on utilise dans le briquet à pierre; le silex choque le fer, en détache des parcelles et le choc crée de la chaleur, qui rend les parcelles incandescentes.

Choc en retour, phénomène électrique qui consiste en ce qu'un homme ou un animal placé sous un nuage orageux peut être foudroyé au moment où la foudre éclate à une assez grande distance de lui. Il est tué par le mouvement de l'électricité qui avait été accumulée dans son corps sous l'influence du nuage, et qui, aussitôt que le nuage est déchargé, retourne rapidement dans le sol.

CHOCOLAT (d'un mot mexicain), préparation alimentaire, aussi salutaire qu'agréable, et qui se compose de cacao torréfié et de sucre, broyés ensemble par des procédés manuels ou mécaniques ; souvent on l'aromatise avec de la vanille, ou de la cannelle. Le chocolat est très nourrissant, et de facile digestion quand il est bien préparé; il fortifie l'estomac, et répare promptement les forces épuisées ; aussi le recommande-t-on aux personnes d'une constitution faible ou fatiguée. On mange le chocolat soit cru, en tablettes, en bâtons, en pastilles, soit délayé dans de l'eau ou du lait chaud; combiné avec les œufs et le lait, il sert à faire des crèmes excellentes. — En Espagne, on sucre peu le chocolat, mais on l'aromatise fortement; en Italie, on torréfie beaucoup le cacao, ce qui le rend plus léger et plus digestible. On falsifie le chocolat en y ajoutant de la farine ou de la fécule, ce qui le fait épaissir en cuisant. Le Ixin chocolat a une cassure unie, d'aspect légèrement cristallin; le mauvais a une cassure inégale, graveleuse, poreuse, de couleur blanchâtre. On appelle chocolat de santé celui qui est composé exclusivement de sucre et de cacao : contrairement à l'opinion commune, il est moins digestibh; Îuc les autres, parce qu'il ne renferme aucun condiment, •n prépare aussi des cliocolats médicamenteux par l'addition de certaines substances appropriées aux effets que l'on veut produire : on y incorpore par exemple du salep, de l'arrow-root, du lichen, du fer, de la magnésie, etc. — On prépare le chocolat pour le repas au moyen de cafetières faites exprès et dites chocolatières : le couvercle est percé d'un trou pour donner passage à un instrument dit moussoir, à l'aide duquel on agite le chocolat pour le faire mousser.

Ix)rsque les Espagnols découvrirent le Mexique (1520), le chocolat faisait une grande partie de la nourriture des indigènes. Importé en Europe, il se répandit bientôt dans tout le Midi; son usage ne devint commun en France que sous la régence d'Anne d'Autriche. De nos jours, la fabrication du chocolat, à l'aide de machines, a pris une importance considérable.

CHOÉPHORES (du gr. yoTj'jôpo'.). On nommait ainsi chez les Grecs ceux ou celles qui portaient les offrandes destinées aux morts. C'est le titre d'une tragédie d'Eschyle où le chœur est composé de choéphores.

CHŒROPOTAME (du gr. yo'.po;, porc, et itOTajA^î, rivière), Chœropotanms, Mammifère fossile de l'ordre des

CHŒLIJ

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