‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 372 sur 1729 · ABRÉGÉ · texte numérisé non relu

ABRÉGÉ

COMPENSATEUR (de compenser), mécanisme destiné à corriger les ellets des variations de la température sur la marche des horloges et des chronomètres. Dans les horlogers, c'est un pendule formé de plusieurs tiges de métaux dilîérents dont les dilatations se contrarient, de manière que le centre d'oscillation ne se déplace point [Voy. pendule). Dans les chronomètres, c'est un balancier formé de matières inégalement dilatables tellement disposées que leurs dilatations ne produisent aucun changement dans la durée des oscillations.

COMPENSATEUR MAGNÉTIQUE, appareil dû à Barlow et destiné à compenser les déviations qu'éprouve la boussole par l'action du fer qui entre dans la construction des vaisseaux. Sur les navires en fer cet appareil est insuffisant.

COMPENSATION (du lat. compensatlo). En Droit, c'est l'extinction de deux obligations qui se soldent mutuellement jusqu'à concurrence de la plus faible d'entre elles, à raison de ce que les personnes entre qifi elles existent sont respectivement créancières et débitrices l'une de l'autre. Elle n'a lieu qu'entre dettes fongibles, liquides et exigibles ; elle n'a pas lieu à l'égard de choses dont le propriétaire a été injustement dépouillé, en cas de dépôt, ni pour des aliments déclarés insaisissables (God. civ., art. 1289-1300). — Voy. dépens.

COMPENSATION (BourSCj. Voy. LIQUIDATION.

COMPENSATIONS (sïSTÈME DEs), Système de Philosophie, prétendant qu'il existe un équilibre parfait dans la vie humaine (entre les peines et les plaisirs) et même dans toutes les parties de l'univers par voie de compensations exactes. L'auteur de ce système, Azaïs, ne l'avait appliqué d'abord qu'aux destinées humaines ; il l'étendit ensuite au monde entier.

COMPÈRE-LORIOT. Voy. orgelet.

COMPÉTENCE (du lat. cojnpetenlia). G'esl le droit pour une certaine autorité (un maire, un préiet, un ministre, etc.) de faire un acte, et plus spécialement le droit pour un tribunal de connaître d'une all'aire. A ce point de vue il y a autant de compétences que de juridictions distinctes : il y a une C. administrative (celle du Conseil d'Etat et des conseils de préfecture), une C. critninelle, une C. civile, une C. commerciale. — On distingue aussi, pour chacune de ces juridictions, plusieurs espèces de compétence : 1° la C. ratione materiœ et la C. ratione personx : la première est le droit qu'a un tribunal de connaître d'une atfaire à raison de sa nature; la seconde est le droit

au'a un tribunal de connaître d'une alfaire à raison du omicile des parties ou de la situation de l'objet litigieux. Ainsi le conseil de préfecture est compétent ratione malerix pour connaître des atfaires administratives, la cour dassises pour le jugement des crimes, le i'uge de paix pour les actions possessoires ; parmi les trilunaux est compétent ratione personw, au moins en principe, le tribunal du domicile du défendeur [aclor seqiiitur forum rei). Le défendeur traduit devant le juge incompétent peut y proposer l'exception dite d'incompétence, et le tribunal doit même se déclarer d'office incompétent, si c'est une incompétence ratione materise ; 2° la C. de principe et la C. de souveraineté : la première est le droit qu'a une juridiction de statuer à charge d'appel, la seconde est le droit de statuer en dernier ressort : ainsi les tribunaux de 1" instance jugent en dernier ressort les affaires qui ne dépassent pas 1 500 francs, et à charge d'appel, toutes les autres (C. de proc, art. 2, 3, 59, 60, 168-170; C. de comm., art. 632-639, etc.). — Voir : Carré, Lois sur la compétence (Rennes, 1839); Orillard, Traité de la compétence des tribunaux de commerce

(Paris, 1855) ; Scrrigny, Traité de la compétence en ma~tière administrative (Paris, 1842).

COMPIÈGNE, t. de Pâtisserie, grosse pièce de pâtisserie faite avec la pâte à baba, à laquelle on ajoute des cerise» ou du sucre à l'orange.

COMPITALIES. Voy. le Dict. d'IIist. et de Géogr.

COMPLAINTE (de complaindre) , chanson |)opuluire sur un sujet tragique ou pieux, dont la versification négligée rappelle celle de nos premiers trouvères. Quelques-unes de ces complaintes ont acquis une sorte de célébrité : telles sont la Complainte du Juif-Errant, celles de Geneviève de Brabanl, de La Palisse, la C. sur la Passion, etc. Auj. on n'en fait plus guère que sur Ics'grands procèscriminels, tels que ceux de Fualdès, de Papavoine, de Fieschi, de Dumolard, de Troppmann, etc.

En Droit, on nomme Complainte une action possessoiredans laquelle il s'agit de se faire maintenir en possessiond'un immeuble, lorsqu'on y est troublé. Voy. possessoire. (action).

COMPLAISANCE (billet de). Voy. signature de crédit.

COMPLANT (bail à). Voy. bail.

COMPLÉMENT (du lat. complementum) . En Arithmétique, le complément d'un nombre à un autre nombre est ladiÎTérence entre ces deux nombres. Ainsi le complément de 7 à 10 est 3. Quand on dit le complément d'un logarithme, on entend habituellement son complément à 10; quand on a le complément d'un logarithme, on peut, pour retrancher d'un nombre ce logarithme, ajouter le complément à cenombre et retrancher 10 du résultat; la soustraction est ainsi remplacée par une addition, ce qui peut être avantageux. — En Géométrie, le complément d'un angle est ce qu'il faut y ajouter pour obtenir l'angle droit. Les deux angles aigus d'un triangle rectangle sont toujours complémentaires.

En Grammaire, on appelle compléments les mots qui servent à compléter le sens d'une préposition, d'un verbe, etc., et en général à déterminer la signification des mots auxquels on les joint. Voy. régime.

En Musique, le complément d'un intervalle est la quantité qui lui manque pour arriver à l'octave ; ainsi la seconde et la septième, la tierce et la sixte, la quarte et la quinte sont compléments l'une de l'autre.

COMPLEXE, en Géométrie, s'entend d'un ensemble de courbes dans l'espace dépendant de trois paramètres. Ainsi l'ensemble des droites de l'espace assujetties à une seule condition constitue un complexe de droites. La géométrie des complexes, qui a pris de grands développements, est due à PlUcker.

complexe (nombre). Voy. nombre complexe.

COMPLEXION. Voy. constitution et tempérament.

COMPLEXUS, nom donné par les Anatomistes à deux, muscles à fibres entre-croisées : le Grand Complexus, qui renverse la tête en arrière ; et le Petit Complexus, qui la porte un peu en arrière et de côté.

COMPLICE, complicité (du \&i.complex). Les complices d'un crime ou d'un délit sont punis de la même peine que les auteurs mêmes de ce crime ou de ce délit, sauf les cas où la loi en aurait disposé autrement (C. pén., art, 59). Le Code détermine en outre les caractères de la complicité

COMPLIES (pour complémentaires, s.-ent. heures), 8" et dernière partie de l'office canonial dans l'Eglise latine, se dit le soir après Vêpres, et se compose du Confiteor, d'une leçon, de quatre psaumes, d'une antienne, d'une hymne, d'un capitule, d'un répons bref, du cantique de Siméon [Nunc dimittis), et d'une oraison. — Chez les Grecs, les Vêpres terminent l'office du jour, et il ne se dit point de compiles.

COMPLOT (orig. inc), résolution concertée pour un attentat politique. Voy. attentat et conspiration.

COMPONCTION (du lat. compunctio). Voy. attrition.

COMPONÉ, t. de Blason, attribut des bandes, barres, croix, sautoirs, etc., qui sont composés de pièces carrées, de compons faits d'émaux alternés.

COMPOSANTES (forces). Voy. forces.

COMPOSÉ. En Chimie, on nomme composés les corps qui renferment au moins deux corps simples, mais qui peuvent en contenir 3, 4, 5, etc. ; de là leurs dénominations de corps binaires, ternaires, r/uaternaircs, etc. — En Botanique, on nomme : fleur composée, celle qui est formée par la réunion de plusieurs petites Heurs portées sur un réceptacle commun, comme la reine-marguerite, le-

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