‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 407 sur 1729 · CORDE · texte numérisé non relu

CORDE

œRDON

turc à celles des Cycadées. On connaît presque aussi bien l'anatomic de ces vépélaux (clamines, pollens, ovules) que celle des plantes actuellement vivantes.

CORDE (du gr. yopOTj). I,es cordes se font : i' avec toutes matières textiles : chanvre, soie, sparte ou alfa ; 2' avec des métaux ductiles; 3° avec des boyaux. On donne le nom de câbles aux plus grosses, de ficelles aux plus petites. Les cordages sont employés dans la marine. Voi/. CORDAGE et conniER.

On appelle G. à boyaux celles qu'on fabrique avec des intestins d'animaux. On se sert de ces cordes dans plusieurs arts pour établir diverses communications de mouvement et dans les instruments de musique ; on donne le nom de cordes de nerfs à des cordes faites de tendons, de ligaments battus, filés et tordus. — Dans les Instruments de musique, ou distingue spccialemenl : les C. à boyaux,

Ju'ou attaque par le frottement; les C. mélalliques, (]u'on rappe. et les C. de soie, que l'on pince. Ou appelle cordes filées celles qui sont revêtues d un fil de laiton blanchi qui les entoure d'un liout à l'autre; elles rendent les sons graves. Dans le violon, le violoncelle, l'alto et la contrebasse, les cordes filées sont en boyau, tandis que dans la guitare elles sont en soie. Les cordes des clavecins et des pianos sont métalliques, les unes en lil d'acier de deux ou trois degrés de (inesse pour les sons aigus ; les autres,

Ïtour les sons moyens, en (il de laiton de deux grosseurs ; es sons graves sont rendus par des fils de laiton filés, c.-à-d. revêtus d'un fil de laiton plus fin qui les entoure en spirale. — On se sert aussi du mot coides, en Musique, pour désigner l'ensemble des instruments à archet, par opposition aux bois et aux cuivres.

Cordes vibrantes. Quand on écarte de sa position d'équilii»re une corde tendue, en la pinçant (guitare et harpe), en la frappant (piano), en la frottant avec un archet (instruments à cordes proprement dits), elle y revient en accomplissant une série d'oscillations isochrones et en rendant par suite un son. Le nombre d'oscillations par seconde est : 1" en raison inverse de la longueur de la corde; 2° en raison inverse de son diamètre ; 3° proportionnel à la racine carrée du poids tenseur ; 4° en raison inverse delà racine carrée de la densité de la matière qui la constitue.

Dans les Arts mécaniques, on appelle corde sans fin la corde qui entoure la roue des tours, des rouets à filer, etc. Elle sert à communiquer à une roue que l'on veut faire tourner le mouvement de rotation déjà imprimé à une autre roue. Voy. courroie.

Les artificiers appellent corde à feu une mèche de corde formant une grosse étoupille, avec la composition qui leur sert pour les étoiles et avec laquelle ils forment des dessins divers. — Les drapiers appellent corde les fils dont le drap est tissu. Dans les fabriques de soie, on appelle : C. de semple une corde de fil à trois bouts ; C. de rame, une corde plus grosse que celle du semple, et où l'arcade est attachée; C. de volets, la corde qui tend la chaîne; C. encordée, une grosse corde qui roule double sur l'ensuple de derrière, et qui sert à tenir un bois garni de crochets qui arrêtent le composteur. — Les marins donnent le nom (le cordes de défense à un paquet de cordes ou de bouts de vieux câbles qu'on fait pendre le long des bordages pour empêcher les avaries dans la rencontre avec d'autres bâtiments.

En Anatomie, on appelle : corde du tympan un filet nerveux qui s'introduit dans la caisse du tympan, d'où il sort pour s'accoler au nerf lingual ; cordes vocales, les ligaments inférieurs de la glotte.

On appelait autrefois corde une certaine quantité de bois à brûler, qu'on mesurait avec une corde : elle équivalait à 2 voies, ou env. 4 stères.

En Géométrie, on appelle corde toute ligne droite qui joint les extrémités d un arc de courbe.

CORDE (jeu de la), jeu de saut qui développe le plus à la fois les muscles de la poitrine, des jambes et des bras, mais dont l'abus irrite les poumons et amène des palpitations de cœur. On distingue la petite corde et la longue corde.

CORDEAU (dimin. de corde], petite corde dont les fils sont fins et serrés, qu'on nomme aussi fouet. — Il se dit pius ord. de la petite corde attachée à deux piquets, ou tendue par les mains, dont se servent les ingénieurs, les maçons, les jardiniers, pour aligner leurs ouvrages.

CORDELIERE, t. de Blason, ornement extérieur de l'écu. Il était de soie noire et blanche entrelacée, et les veuves en entouraient leur écu. On en attribue l'institution

i Anne de Bretagne, quand elle eut perdu Charles VIII t mais on la trouve dès 1442 en Bretagne dans les armes du duc François I"^, et en 1470 dans les armes de Louise de la Tour-d'Auvergne, veuve de Claude de Monla;.ai. — C'est aussi le nom d'une ceinture lâche en gros cordon de soie que les femmes portent comme parure. Elle fui surtout employée sous Louis XII, au temps d'Anne de Bretagne.

En Architecture, on appelle cordelière une baguette sculptée en forme de corde.

CORDELIERS, religieux. Voy. le Dict. d'IIisf. et de Géogr.

CORDELINE (de cordelle), petite tringle de fer avec laquelle le verrier prend le verre liquide nécessaire pour faire le cor<lon du goulot d'une bouteille. — Fil de soie ou de fleuret servant de lisières aux étoffes de soie.

CORDIA, nom latin du Sébeslier. Voy. ce mot.

CORDIAL (du lat. cor, cœur). On donne le nom de cordiaux aux médicaments qui ont la propriété de réconforter eu augmentant promptement la chaleur générale du corps et en activant la circulation et la digestion. Ce sont des^ excitants et des stimulants diffusibles, tels que les alcoolats aromatiques, les vins généreux, la cannelle, le girolle, la vanille, etc.

CORDIER, ouvrier qui fabrique la corde {l^oy. ce mot). Ses instruments sont, pour le filage : un rouet à plusieursbroches: un touret, espèce de dévidoir: et des râteliers, placés de distance en distance pour soutenir le fil à mesure qu'il se forme : l'ouvrier, muni d'un peignon de chanvre attaché à sa ceinture, marche à reculons en lâchant peu à peu une certaine quantité de brins de chanvre qui se tortillent et se forment en fil par le mouvement continuel du rouet et du touret. Pour le commettage, il disnose sur des supports isolés et mobiles les tourcts chargés (le fils de caret, et tous ces fils viennent se réunir sur un chaiiot dispose de telle sorte qu'en roulant il dévide les tourcts et tord les fils en même temps. — On appelle corderie l'atelier où l'on fabrique les cordes. La plupart sont en plein vent, dans une allée d'arbres ; dans les ports de mer, on a construit pour cet usage des hangars d'une immense longueur; Cherlwurg, Brest et Toulon possèdent en ce genre de magnifiques corderies. Dans ces grands arsenaux, les machines les plus ingénieuses sont substituées au travail manuel de l'ouvrier' cordicr.

CORDIÉRITE (du géologue Cordier) , ou Fahlunite dure, silicate double d'alumine et de magnésie [3Mg0.3Al*0^.8SiO*] avec un jieu de fer remjilaçant l'aluminium. On le trouve en fragments roulés, ou en prismes orthorhombiques. Il est bleu ou violet gris suivant le sens où on l'examine, d'où le nom de Dichroile qu'on lui donne quelquefois. Quand il est limpide, on l'emploie en bijouterie sous le nom de sajihir d'eau. On le trouve dans les granités, en Bavière et au Groenland. 11 existe aussi dans les basaltes et les trachytes, au Puy en Velay, er Espagne, etc. Les plus beaux se trouvent roulés à Ceylan

CORDIFORME, se dit, en Botanique, des feuilles ou des pétales qui ont la forme d'un cœur.

CORDON (de corde). On donne ce nom : 1° à une netile corde ; — 2° en Architecture, à une corniche peu saillante, à un petit ornement en relief sur la façade d'un édifice; — 3" dans les monnaies, au petit Irord, façonné en creux ou en relief, qui forme la circonférence d'une pièce.

Autrefois, en France, on appelait Cordons bleus les chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit, et Cordons rouges, ceux qui portaient la grand'croix de Saint-Louis, à cause de la couleur de leur ruban. — Auj. on appelle Grand Cordon le large ruban rouge que portent les grand-croix de la Légion d'honneur.

On appelait cordon de Saint-François le cordon garni de nœuds que portaient les divers ordres monastiques qui reconnaissaient saint François pour leur fondateur : les Cordeliers, les Capucins, les Minimes, les Récollets, le portaient blanc; les Pénitents et les Picpus le |>oitaient noir.

En Blason, c'est un ornement extérieur qui accompagne les armoiries des prélats. Les cardinaux ont un chapeau rouge à larges bords accompagné de cordons de même couleur entrelacés et garnis de quinze houppes de chaque côté. Les archevêques ont le chapeau vert, et les pendants n'ont que dix houppes : les évoques ont aussi le chapeau vert avec six houppes.

Les Horticulteurs taillent les arbres fruitiers en cordons lorsqu'ils ne laissent qu'une ou deux branches de charpeale» tantôt horizontales, iantôt verticales.

Page 1