‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 436 sur 1729 · CRIEURS PUBLICS · texte numérisé non relu

CRIEURS PUBLICS

accompagne d'une difformité générale. Le crélinisme n'apparaît qu'après la naissance et généralement avant l'âge de 5 ans ; il se manifeste par une sorte d'arrêt dans le développement. La physionomie devient stupide, la voix caverneuse, les chairs flasques ; la peau se flétrit et prend une teinte jaunâtre ; l'avidité pour les aliments est extrême. Dans le crélinisme complet, l'individu est entièrement

[•rivé des facultés intellectuelles et reproductrices; il est e plus souvent sourd et muet, reste plongé dans une continuelle apathie et est d'une malpropreté dégoûtante; mais tous les crétins ne présentent pas à un égal degré cet état de dégradation physique et morale. Le crétinisme ne se rencontre que dans les pays à goitre. Les goitreux engendrent presque toujours des crétins. On en trouve beaucoup dans les vallées basses, profondes et étroites du Valais, dans la vallée d'.\oste, la Maurienne, dans une partie du Tyrol, de l'Auvercne et des Pyrénées. Les races affectées de cette inlirmitc sont connues dans quelques localités sous les noms de Cagols, de Caqueux, etc.

CRÉTIQUE ^VERs). Voy. amphimacre.

CRETONNE (de Crelon, fabricant normand), sorte de toile blanche très forte qui se fabrique dans les environs de Lisicux ; est faite en entier avec du fd de lin, sur une chaîne de fds de chanvre. Il y a des cretonnes de toutes qualités. On s'en sert pour le linge de corps, surtout pour les chemises ; on en fait aussi des draps de lit. — C. de coton, tissu de coton très fort et remplaçant souvent auj. la C. de lin. — C. d'ameublement, toiles de coton imprimées ; s'emploient beaucoup pour rideaux, tentures, etc.

CRETONS (orig. inc), résidu des pellicules qui contenaient le suif avant qu'on l'eût fondu ; on en fait des pains pour les chiens de basse-cour et les chiens de chasse. Les corroyeurs et les hongroyeurs s'en servent pour adoucir leurs'cuirs.

CREUSET (jadis croisent; du b.-lat. criicibulum, sorte de lampe), vase généralement fait de terre réfraclaire (silicate d'alumine, de chaux et de fer), qu'on emploie pour chauffer certaines substances. 11 a le plus souvent la forme d'un cône tronqué, fermé à son sommet, arrondi ou triangulaire et ouvert à sa base. La nature du creuset dépend de l'usage auquel il est destiné. On emploie, en Chimie, des creusets en terre réfractaire ou en porcelaine ou en platine. Les meilleurs creusets de terre viennent d'Allemagne et portent le nom de creusets de Hesse. On »e sert également, pour réduire les oxydes, de creusets en charbon de cornue ou en plombagine mélangé d'argile. Ces derniers peuvent être remplacés par des creusets brasqués au charbon. {Voy. brasque).

CREUX. En Vélocipédie, on désigne sous ce nom une espèce particulière de bandage [Voy. ce mot). Par extension, on désigne quelquefois sous le nom de creux un cycle muni de caoutchoucs creux.

CREVASSE (de crever). En Médecine, voy. gerçure et risscRE. — Dans l'Art vétérinaire, nom donné aux gerçures de la peau dans la partie inférieure des membres chez les grands animaux [Voy. solaxdre, malandre).

En Géologie, voy. fissures.

CREVETTE (de l'allem. Krabbe) ou chevrette. Il faut distinguer parmi ces crustacés : les Crevettes alimentaires, qui appartiennent à l'ordre des Décapodes macroures, et à la tribu des Palémoniens, où elles forment les genres Salicoque et Crangon {Voy. ces mots), et les Gammares ou Fausses Crevettes, oui appartiennent à l'ordre des Amphipodes, et dont M. Milne Eawards a fait la famille des Crevettines, subdivisée en deux tribus : les C. sauteuses (Crevettes, Talitres, Orchesties) et les C. marcheuses (Corophies, Atyles, Podocères). Parmi les crevettes de cet ordre, l'espèce la plus connue est la C. des ruisseaux ou Squille aquatique [Gammarus pulex], qu'on trouve aux environs de Pans.

CRÈVE-VESSIE, appareil de Physique, servant à montrer la pression atmospliérique. C'est un cylindre de verre, dont une extrémité est fermée par une vessie, et dont l'autre se pose sur la platine de la machine pneumatique. Quand on enlève l'air contenu dans ce cylindre, l'air extérieur presse la vessie et la fait éclater avec fracas.

CRI (de crier). On appelle cri d'armes la devise que les seigneurs féodaux faisaient graver ou peindre sur leurs armes, et qui, sur le champ de bataille, servait de mot de ralliement. Celui des anciens rois de France était Montjoie et St-Denis ; relui des premiers ducs de Dourgogne, Chaatillon au noble duc; celui de la maison de Savoie,

I Savoie, St-Maurice, et Bonnes-Nouvelles ; les ducs de

Bretagne criaient : St-.Malo au riche duc ; ceux d'Auvergne,

Clermont au dauphin d'Auvergne; ceux de Brabant,

; Louvain au riche duc; les seigneurs de Coucy, Coucy à

la merveille; les comtes de Flandre, Flandres au lion;

I les rois de Navarre, Bigorre, Bigarre, etc. Tous les gen-

tilsiiommes n'avaient pas le droit du cri d'armes; c'était

un privilège qui n'appartenait qu'aux chevaliers bannerets. —

, Il ne faut pas confondre le cri d'armes avec le cri de

i guerre, qui a été employé de tout temps, et qui le plus

1 souvent, surtout chez les anciens, n'était qu'une clameur

j confuse. C'était aussi quelquefois une phrase courte ou un

! mot expressif, ou bien le nom d'un saint ou celui du

; chef.

I CRIS SÉDITIEUX. L'article 8 de la loi du 25 mars 1822 ' punit d'un emprisomiement de six jours à deux ans et d'une amende de 16 fr. à 4 000 fr. tous cris séditieux I publiquement proférés.

CRIBLE (du lat. cribrum], instrument qui sert à classer

I un produit par grosseurs diverses, ou, dans certains cas, à

j séparer d'un corps utile des matières étrangères. Le plus

simple des cribles est le tamis {Voy. tamis), plaque de

j peau tendue ou de tôle, percée de trous égaux, qui sert

pour les grains et se tient à la main. On emploie aussi

dans les grandes fermes le crible allemand, le tarare, le

crible cylindrique à trois tôles percées de trous : 1° larges et

étroits ; 2° ronds ; 3'' longs et étroits. — Dans les houillères

on se sert de cribles à charbon pour séparer les schistes

des fines de houille : ils opèrent dans I eau et reçoivent

quelquefois le nom de cribles hydrauliques.

On appelle encore crible une planche percée de trous, destinée à maintenir les tuyaux dont les embouchures sont placées dans le sommier de l'orgue.

Crible d'Eratosthène, méthode inventée par le mathématicien grec Eratosthène pour dresser la table des timbres premiers. Elle consiste à écrire la suite des nombres naturels 1, 2, 3, 4, 5,..., puis à barrer tous les nombres de 2 en 2 à partir de 2, tous les nombres de 3 en 5 à partir de 3, tous les nombres de 5 en 5 à partir de 5. Si, en procédant ainsi, on a barré tous les nombres à partir du nombre a, on est sûr que tous les nombres qui figurent dans la table sans être barrés et qui sont moinares que le carré du nombre b qui, dans la table, suit a sont tous premiers.

En Botanique, voy. liber. '

CRIBLURES. résidus du criblage des grains. Les criblures sont employées à la nourriture du bétail et des animaux de basse-cour.

CRIC (par onomatopée), machine destinée à soulever des fardeaux à une faible hauteur. Le plus simple se compose d'une tige en fer dentée en crémaillère, engrenant avec un pignon qui reçoit son mouvement d'ime manivelle, l'n encliquetage empêche le mouvement de la crémaillère en descendant. On peut soulever les matériaux soit par la têle de la tige, soit par le pied-griffe faisant saillie. On nomme crics à vis ceux dans lesquels la crémaillère est remplacée par une vis sans fin {Voy. verriss).

CRIC ou CRISS. Voy. CAMARE.

CRICHTONITE. Voy. ilmémte.

CRICKET, jeu de balle qui est national en Angleterre. On en peut retrouver l'origine dans Vépiscyre des Spartiates et la spkéromancie des Romains combinés avec le jeu de balle national des Indiens Choctaws et le tchoèkah des Patagons. Les joueurs se partagent en deux camps : ils sont armés de raquettes ou de crosses en bois et ont auprès d'eux des bâtons [wickets] fixés en terre et supprtant horizontalement des baguettes mobiles : le principe du jeu consiste à lancer la balle de manière à enlever les wickets du parti opposé et à empêcher les adversaires de toucher les siens.

CRICOÏDE (du gr. xpixo£i6f,;], un des cartilages du larvnx : c'est une espèce d'anneau qui occupe la partie inférieure de cet organe, et qui a plus de hauteur en arrière qu'en avant. Sa surface intérieure est tapissée par la membrane muqueuse du larynx.

CRI-CRI, nom vulgaire du Grillon. Voy. ce mot.

CRIÉE, vente publique de biens, meubles ou immeubles, faite aux enchères {Voy. enchère). — On appelle au Palais audience des criées celle qui est consacrée à l'adjudication des immeubles, tant sur expropriation forcée que sur vente volontaire.

CRIEURS PUBLICS. D'après les lois du 10 juillet 1830

Page 1