DAIS
DAMASQUINEUR
DAIS (du lat. discus. table à manger). Ce mot, qui parait avoir désigné d'alwnl une estrade garnie ou non de tentures, se dit aujourd'hui de tout ouvrage fait dans la forme des anciens ciels de lit, et que l'on met à quelque hauteur au-dessus d'un maître-autel [baldaquin, ciboire), d'une chaire à prêcher [abat-voix], d'un trône, ou de la place où siègent, dans les occasions solennelles, certains personnages éminents, roi, prince, seigneur, prélat. — On appelle spécialement dais le poêle garni de velours ou de soie, surmonté de panaches et soutenu par 2 ou 4 petites colonnes, sous lequel on porte le St-Sacrement dans les processions.
DAÏS, Dais, genre de la famille des Thjmélées, renferme des arbrisseaux originaires du Cap et de l'Asie tropicale. On cultive dans nos jardins le Dais à feuilles de fustel \D. cotinifolia], bel arbrisseau à rameaux d'un vert tendre, à feuilles ovoïdes, opposées; à fleurs purpurines, ramassées en faisceaux ombelliformes.
DALAÏ-LAMA, cheff de la religion bouddhiste chez les Tatars, réside dans un couvent voisin de Lliassa (Thibet).
DALBERGIE de Dalberg, botaniste suédois], Dalbergia, i-nre de la famille des Papilionacées, type de la tribu des ')albergiées, comprend des arbrisseaux originaires des régions tropicales dont le bois est recherché pour l'ébénisterie. Une espèce, la D. à gousse ovale, de Surinam, a le bois rouge ; sa racine laisse couler, par incision, un suc résineux analogue à la gomme laque. Le bots de palissandre (Voy. ce mot) provient de la D. à larges fettilles.
DALÉCHAMPIE (de Dalechamps, botaniste français), Dalechainpia, genre de la famille des Euphorbiacées, originaire de l'Amérique intertropicale, renferme des arbrisseaux à tige grimpante : à feuilles alternes, munies de stipules; à fleurs en ombelle, séparées pour chaque sexe. On cultive en serre chaude la D. velue, dont les rameaux se terminent par un paquet de fleurs renfermées entre deux grandes bractées.
DALÉE (de Th. Dale, botaniste anglais), Dalea, genre de la famille des Papilionacées, tribu des Lotées, renferme des herbes et des arbrisseaux de l'Amérique du Nord, à feuilles imparipennées, ponctuées en dessus, »t à fleurs petites, en épi. On cultive dans nos jardins la D. à fleurs pourpres et la D. à fleurs jaunes.
DALLE (orig. incert.), pierre sciée ou taillée en tablettes de peu d'épaisseur, et qui sert à paver des péristyles, des trottoirs, des rues même, ou l'intérieur des éghses, des salles, des balcons, etc. ; à couvrir des terrasses et des toits. On emploie à cet usage la pierre de liais, le granit, la lave, le marbre, etc. Souvent on se sert de daUes de couleurs ditîérentes mélangées ensemble, comme le marbre noir et la pierre de liais. Les dalles doivent reposer sur un terrain battu et solide, et être jointes entre «lies par un ciment imj>crméable. On donne à l'aire formée de dalles le nom de dallage. Voy. carreau et pavage.
On appelle encore dalle ou darne une tranche ou rouelle coupée sur un poisson comme le saumon ou l'alose.
DALMATIQUE. Chez les Romains, qui empruntèrent ce vêlement aux Dalmales.cC'la'il primitivement une tunique à longues manches, de couleur blanche et bordée de pourpre. Plusieurs empereurs la revêtirent à leur sacre et dans certaines cérémonies. L'usage officiel de ce vêtement fut introduit dans l'Eglise romaine par le pape St Svlvestre au vi" siècle. Les diacres seuls le portèrent d'abord; puis, vers le ix' siècle, tous les évt-ques et quelques prêtres. Auj. il est réservé aux sous-diacres, aux diacres et aux évêques, quand ils sont à l'autel. La dalmatique de l'évêque est en soie, sans broderies ni dorures, et recouverte de la chasuble pontificale. Celle des sous-diacres et des diacres est enrichie d'ornements, de galons d'argent ou d'or, et de glands pareils attachés sur les épaules. — La forme de la dalmatique se retrouve encore dans le bénysch des .\ral)es.
DALOT (orig. inc), pièce de bois placée aux côtés d'un vaisseau, et dans la longueur de laquelle on fait une ouverture pour l'écoulement des eaux qui tombent sur le pmt. — On nomme aussi dalots les ouvertures destinées a donner passage aux pompes.
OAL SEGNO. Par cette locution italienne on indique, en Musique, qu'il faut recommencer un morceau ou un passage au signe indiqué ^S^ ou -Q-.
DALTONISME. C'est une variété particulière de dyschroiiialopsie ou >"ice de perception des couleurs, dans laquelle le sujet ne perçoit pas certaiues couleurs, tout
1 en conservant une perception exacte des autres couleurs. ■ Ce mot n'est pas synonyme d'achromatopsie, dans laquelle , aucune couleur n'est perçue et où la rétine distingue seulement le blanc du noir et les teintes intermédiaires. Le daltonisme est une ackromatopsie partielle.
Le daltonisme, bien décrit par le physicien Dation, qui en était atteint, est souvent congénital et héréditaire. Mais on a pu le constater aussi à la suite de blessures de tète, de fatigue de la vue. Le daltonisme porte surtout ■sur le rouge et le vert. Dalton voyait le rouge couleur vertbouteille, et le vert lui paraissait ime nuance très voisine du rouge. On conçoit quels inconvénients graves entraîne le daltonisme pour les professions qui exigent une perception nette de certains signaux rouge et vert, comme dans la marine et les chemins de fer. Bien des abordages et des collisions n'ont pas eu d'autres causes. Aussi l'examen du sens chromatique est-il rigoureusement pratiqué avant l'admission dans ces professions.
L'hystérie, l'alcoolisme, les atrophies du nerf optique, l'ingestion de certains médicaments, comme la santonine, peuvent entraîner de i'achromatopsie partielle, portant moins souvent sur la vision centrale que sur la vision périphérique.
DAM. Voy. DA]f5ATIOX.
DAMAN (de l'arabe ghannem, agneau), Hyrax, genre de Mammifères, de l'ordre des Jumentés, type de la famille des llyracidés. Ce sont de petits animaux particuliers à la Syrie et à l'Afrique : ils sont bas sur jambes, pourvus d'une fourrure épaisse, ressemblant extérieurement à des marmottes, mais se rapprochant par leurs affinités zoologiques d'animaux bien différents en apparence, des rhinocéros. Us se nourrissent de fruits et d'herbages et peuvent être apprivoisés; leur chair est d'un goût agréable. On distingue : le D. de Syrie, le Saphan de l'Ecriture que les traducteurs ont pris pour un lapin et un hérisson ; le U. ou Marmotte du Cap, dit aussi Blaireau des rochers, dont on tire une. sorte de castoréum, ïhyraceum; le D. du Gondola, et le D. d'Abyssinie.
DAMAS, étoffe de soie ornée de dessins formés en même temps que le tissu, et ainsi appelée de la ^ille de Damas en Syrie, d'où on la tirait jadis : on en fabrique partout auj., et notamment à Lyon et à Nîmes. — On a étendu le nom de damas à toutes les étoffes de laine, de fil ou de coton dont le tissu imite celui des damas de soie. — On donne particulièrement le nom de damassé au linge de table dont le tissu représente dee fleurs ou autres dessins. La fabrication de ce linge est originaire de Flandre, et remonte au xv siècle.
DAMAS, lames de sabre dont la surface présente des dessins moirés très variés obtenus en attaquant le métal par un acide. Ces lames, faites avec im acier très souple, d'une fabrication spéciale, ont été pendant longtemps importées de Damas. .\uj. elles sont d'une fabrication courante. On fait également des canons de fusil et de pistolet dont l'extérieur est damassé.
DAMASONE (du gr. SajxaTÛvtov, plantain d'eau?), Damasonium, genre de la famille des Alismacées, tribu des Alismécs, renferme des plantes aquatiques, annuelles ou rivaces, à feuilles cordiformes, à fleurs blanches en verticille, à fruits étoiles, qu'on trouve à la surface des eaux stagnantes. Outre la D. commune, vulg. Etoile deau. Flûte du berger, qui croît dans nos étangs et nos mares, on cultive quelques espèces d'ornement.
DAMASQUINEUR (de damasquin, adjectif formé de Damas], omrier qui incruste sur le fer ou l'acier des ornements en or ou en argent. Le damasquineur commence par faire bleuir la lame sur le feu ; il grave ensuite au burin ou à l'eau forte le sujet au'il veut figurer ; puis il incruste dans le trait un fil métallique qu'il achève de refouler à laide d'un mattoir; et quand le fil incrusté a fait corps avec le métal, il passe sur le tout une lime douce pour polir la lame. On damasquine aussi le bronze et le cuivre : on a des coupes et des vases de ce métal richement damasquinés. — On a appliqué au damasquinage les procédés galvanoplastiques. — L'art de damasquiner était connu des anciens : Hérodote (I, 25^ on attribue rin%ention à Glaucus de Chio. Cultivé chez les Romains et au moyen âge dans tout l'Orient, mais surtout à Damas, il n'a été Importé dans l'Occident qu'au xv* siècle. Venise, patrie de Paolo Azzimino. Milan, Rome produisirent de merveilleux artistes en ce genre : c'était sur les armures, les boucliers, les poignées et les fourreaux d'épées qu'ils exerçaient surtout
DAMASSE