DÉMON
(rmps qui court au delà du terme auquel on devait satisfaire à tiiie oblipalion. Dans ce sens, on dit : constituer quelqu'jtn en demeure, dans le sens de : constater son relard et le sommer de donner satisfaction. Le débiteur est mis en demeure de satisfaire à son obiififation, après qu'elle est ccbue, par une sommation, ou autre acte équivalent; par l'efTel de la convention, quand elle poric que le débiteur sera en demeure jwr la seule échéance du terme; par l'effet de la loi, quand l'obligation ne pouvait être exécutée que dans un certain temps que le débiteur a laissé passer. L'effet de la demeure est de rendre le débiteur passible de dommages-intérêts et responsable de la perte de la chose due. Le créancier peut aussi être en demeure quand c'est par sa faute que l'obligation n'est pas exécutée, et alors, si le débiteur était déjà en demeure, les effets de cette demeure cessent de se produire (C. civ., art. 1139 et 1146). — On dit qu'eV y a péril en la demeure lorsque le moindre retard peut causer du préjudice. Cette locution du Palais a passé dans le langage usuel.
DEMEURE. Yoy. DOMICILE.
DEM I • BEC, Hemirampkus balao, sous-genre de Brochets, famille des Esocidés, renterme des poissons des mers tropicales, caractérisés par leur mâchoire niférieurc qui se prolonge sans dents au delà de la supérieure, en forme de demi-bec.
DEMI-BRIGADE. Voy. brigade.
DEMI-CIRCULAIRES (canaux). Foj/. oreille.
DEMI-CLEF, sorte de nœud.
DEMI-COURONNE, monnaie. Voy. couronne.
DEMI-FLEURON, se dit, en Botanique, d'une disposition (les fleurs dans la famille des Composées, lorsque le limbe de la corolle se termine par une lame unilatérale et dentée. Voy. composées.
DEMI-LUNE, ouvrage accessoire de la Fortification bastionnée, généralement formé de deux faces droites se coupant à angle aigu. Il se place devant la courtine pour donner des feux en avant des saillants des bastions. Dans la fortification polygonale, cet ouvrage prend le nom de ravelin et se place en avant de la caponnièrc.
DEMI-MEMBRANEUX, muscle de la partie postérieure de la cuisse, fléchit la jambe sur la cuisse, porte celle-ci en dedans ou en arrière et maintient le bassin horizontalement sur le membre inférieur.
DEMI-MÉTAUX, nom donné par les anciens chimistes aux métaux cassants et qui n'ont pas les propriétés regardées alors comme essentielles, la conductibilité, la malléabilité, etc. Tels sont l'arsenic, l'antimoine, le bismuth, le manganèse, etc.
DEMI-PALMÉ, se dit, en Histoire naturelle, des pieds des oiseaux lorsque la membrane qui les unit entre eux ne s'étend que jusqu'à la seconde phalange.
DEMI-PAUSE, demi-soupir, signes de notation musicale.
Voy. PAUSE, SOUPIR.
DÉMISSION ;du lat. demissio), acte par lequel on renonce à une dignité, à un emploi. La démission peut être volontaire ou forcée. Si elle est volontaire, le fonctionnaire est obligé de rester en fonctions jusqu'à ce qu'il soit pourvu à son remplacement. Les officiers ministériels, notaires, avoués, agents de change, etc., ont le droit, en donnant leur démission, de présenter leur successeur. — Tout ce qui concerne la démission des officiers militaires est réglé par la loi du 19 mai 1834.
Démission de biens. On appelait ainsi, dans l'ancien Droit, le partage d'ascendant. Voy. ce mot.
DEMI-TEINTE, se dit, en Peinture, d'un ton de couleur moyenne entre la lumière et l'ombre. — En Gravure, il indique le passage des clairs aux ombres.
DEMI-TENDINEUX, muscle situé dans la région superficielle postérieure interne de la cuisse, a, pour ainsi dire, les mêmes fonctions que le muscle demi-membraneux. Voy. ci-dessus.
DEMI-TON, intervalle de musique valant à peu près la moitié d'un ton. 11 y a deux sortes de demi-tons : le demiton diatonique (d'une note à une autre note, ut à ré[>] et le demi-ton chromatique (d'une note à la même note altérée, ut à utH). Le demi-ton est le plus petit des intervalles appréciables à l'oreille qui soit employé dans la musique moderne européenne.
DÉMIURGE (du gr. ôT^jjLtoopYdi;, artisan), nom que les Platoniciens donnaient à Dieu, considéré seulement comme l'ordonnateur du monde {Voy. cause). — Suivant les Gnostiques, le Démiurge est un intermédiaire entre l'Etre suprême et la créature.
DÉ^yiOCRATIE (du gr. 6T|ii.oxpaTta|, forme de gouvernement dans laquelle le peuple possèoe la souveraineté : on roppos(î à la monarchie et à V aristocratie. La démocratie ne se confond pas avec la République : car il est des Républiques aristocratiques, où le pouvoir est entre les mains, non de l'ensiîmble des citoyens, mais de quelques-uns d'entre eux seulement : telle fut la République de Venise au moyen âge et jusf^ue dans les temps modernes. Le gouvernement démocratique implique l'égalité civile et politique et l'absence de tout privilège; le nombre seul y fait la loi. Dans les démocraties peu nombreuses de l'antiquité, comme Athènes et Rome, le peuple pouvait prendre une part directe à la décision des affaires; dans les Etats si peuplés des temps modernes, il ne peut guère exercer sa souveraineté que par les suffrages donnés dans les élections. Les Pays-Bas, au xvi" siècle, la Suisse, les Etats-Unis d'Amérique, la France, sou» la première République (1792-1800), la 2° République (1848-51) et la 3« Republique (depuis 1871) offrent des exemples de démocratie. 11 importe de remarquer que l'opposition entre la démocratie et l'aristocratie, qui était surtout une opposition politique jusqu'au siècle (lernier, est devenue également en ce siècle, une opposition «ocza/e. F^es classes les moins fortunées de la société, après avoir obtenu l'égalité des droits civils et politiques, luttent aujourd'hui pour obtenir, sinon l'égalité, du moins une moindre inégalité des fortunes. Mais cette dernière égalité n'est pas nécessairement impliquée dans la notion d'un Etat démocratique : pour qu'il y ait démocratie, il faut que tous soient virtuellement égaux, c'est-à-dire légalement aptes à acquérir toutes les satisfactions qu'ils pourront se procurer par leur travail et leur mérite, et . non pas qu'ils soient clicctivement et absolument égaux, ce que les lois de la nature ne sauraient permettre de réaliser.
DÉMODEX, espèce d'Acarides; provoque chez les animaux, chez le chien en particulier, une variété de gale extrêmement grave, rebelle à tout traitement. Voy. simonée.
DÉMOGRAPHIE, science qui, à l'aide de la statistique, traite de la vie humaine considérée principalement dans la naissance, le mariage et la mort, dans les rapports qui résultent de ces phénomènes et dans l'état général des populations qui en est la conséquence. Par ses procédés elle relève de la science des nombres; par ses résultats elle est une science sociale. Elle fait connaître les éléments intimes dont se compose une population, elle analyse les phénomènes de la vie et de la mort, en mesure l'intensité et montre comment les sociétés humaines se perjjétuent, augmentent ou diminuent, comment les populations s'agglomèrent ou se disséminent sur le sol. La démographie est une science récente, qui a commencé au xviu" siècle avec Deparcieux, Sussmilch, Buffon, Moheau, etc., et qui n'a pris une assiette solide et un grand développement que dans la seconde partie du xix* siècle, depuis que se sont multipliés les recensements et les publications officielles sur le mouvement de la population. — Voy. Moheau, Recherches et considérations sur la population de la France, 1778; Dufau, Traité de statistique, 1840; Guillard, Eléments de statistique ou démographie humaine, 1855; Quételet, Physique sociale, 1869; Block, Traité théorique et pratique de statistique, 1886; Bertillon, articles dans le Dictionn. encyclopédique des sciences médicales ; Levasseur, là Population française, 1889-1891.
DEMOISELLE, pour damoiselle (dimin. de dame), se disait autrefois d'une fille née de narents nobles. Au xn" siècle, la qualification de demoiselle était propre aux femmes d'écuyers ; celles de chevaliers portaient le titre de dames. Jusqu'au xvii», les femmes nobles portèrent seules le titre de dames; les femmes de la bourgeoisie portaient alors le norti de demoiselles. Voy. mademoiselle.
En Zoologie, on donne vulgairement le nom de Demoiselles : aux insectes des genres Libellule et Hémérobe ( Voy. ces mots) ; à plusieurs poissons, au Marteau, à la Donzelle, à l'Holacanthe; à divers oiseaux, tels que la Mésange à longue queue, le Troupiale doré, etc.
Demoiselle de Numidie (Anthropoïdes), espèce de Grue. Voy. grue.
DEMOISELLE, outil de paveur. Voy. hie.
DÉMON. Les Grecs appelaient démon (5a£[xwv] ce que les Latins ont nommé génie, une puissance invisible présidant à la destinée de chaque homme, c. à-d. son essence, la vertu la plus intime de son être. Plotin, qui a composé
DEMONETISATION