‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 472 sur 1729 · DENIER · texte numérisé non relu

DENIER

un livre sur ce sujet pour expli(juer la doctrine de Platon, définit le démon de chaque homme la partie supérieure de son âme, la puissance qui préside à sa vie. p. ex. l'amour du bien et du beau; il aiimet en outre des démons engendrés par les puissances de l'âme du monde alin d'administrer toutes choses pour le bien général. PorphjTe, dans son traité De l'abstinence des viandes, distingue des bons et des mauvais démons. De là est née la théurgie { Voy. ce mot) de Jamblique. — Le démon de Socrate est célèbre ; ce philosophe pensait qu'un génie particulier le détournait du vice, lui donnait, par une espèce de seconde vue, la connaissance de faits éloignés, et l'avertissait quand ses amis formaient des entreprises inconsidérées. On peut lire sur ce sujet le Théagès de Platon et le Dé/non de Sacrale du D' Lélut.

Les Juifs et les Chrétiens appellent démons les mauvais anges qui désobéirent à Dieu et se perdirent par leur orgueil et leur ambition : Satan ou le Diable ijoy. ce mot) est leur chef. Ils furent précipités dans l'enfer. L'occupation des démons est, d'après les théologiens, de causer tous les maux, guerres, infirmités, stérilité, orages, etc., mais surtout de tenter les hommes (Voy. possession). Ce pouvoir durera jus«|u'à la fin du monde.

DÉMONÉTISATION. Voy. mon.naies.

DÉMONOMANIE, monomanie dans laquelle le malade croit être possédé du démon. Les femmes sont plus sujettes à la démonomanie que les hommes. — Voir i. Bodin, De la Démonomanie; \V. Scott, Histoire de la Démonologie.

DÉMONSTRATIF (gexre). Voy. ÉLoietEscE et gesre.

DÉMONSTRATION (du lat. démonstratio), forme de déduction par laquelle d'un principe admis comme vrai on tire une conclusion évidente : c'est dans les Mathématiques, ou Sciences exactes, qu'on peut le mieux étudier ce genre de raisonnement. Pour le bien comprendre, il y a deux choses à considérer : les bases de la démonstration, c.-à-d. les axiomes et les définitions ; puis la démonstration elle-même, dont l'art consiste dans la manière de diriger la déduction pour arriver au but que l'on se propose. St^-s procédés sont l'analyse et la synthèse : la 1" sert à décou>Tir la preuve d'un théorème ou la solution d'un

Iiroblème ; la 2*, à exposer ce cju'on a trouvé par l'analyse ; a 1" s'emploie pour l'invention; la 2'. pour l'enseignement. On distingue encore la D. directe ou ostensive, et | la D. indirecte ou Réduction à l'absurde : la l''^ établit ' la vérité par une preuve tirée de la nature même de la chose dont il s'agit ; la 2* fait voir l'absurdité de l'hypothèse contraire à la vérité qu'on veut prouver; elle ne doit d'ailliurs s'employer que quand l'autre est impraticable, parce

Ï[u"elle ne montre pas la véritable raison de ce qu'on est orcé d'admettre (Voy. dédcction, axiome, défoition, analyse, SYNTHÈSE, RÉDucTiox À l'absurde). — La méthode démonstrative n'est pas propre aux Mathématioues; elle s'emploie aussi dans les sciences fondées sur l'observation et sur l'expérience. Ainsi dans l'Astronomie, la Mécanique, la Physique mathématique, elle fait sortir des lois déjà découvertes ou admises hypothétiquement des théories nouvelles et des conséquences impre\Ties. concernant des phénomènes que l'observation et l'expérience seules n'auraient pas permis de trouver, ni de convertir en applications utiles ; il aiTÏve même souvent que rol)servation et l'expérience peuvent vérifier les résultats du calcul, p. ex. dans la prévision des éclipses de lune et de soleil, dans la construction des instruments d'optique, etc. Enfin, dans les Sciences morales, la méthode démonstrative a les mêmes

[trocédés, analyse et synthèse, quoique les définitions et es vérités premières qui lui servent de prinei|)es dans ces si'iences soient d'une autre nature que aans les Mathématiques (Voy. méthode); dans la logique, l'art de raisonner, fonnulé par Aristote dans les règles du svllogismc, est établi par la déduction avec la même évfdence qu'une théorie mathématique; dans la Morale et dans la Métaphysique, l'usage de la démonstration est indispensable t>ur tirer des données de la conscience et des principes de raison toutes les conséquences qu'ils renferment. On peut en dire autant de la Théologie et de la Jurisprudence. — En dehors de ces diverses démonstrations, qui sont des démonstrations par le raisonnement, il y a aussi, dans les sciences exp<''rimt'ntales, des démonstrations par les faits. Cest ainsi que plusieurs théories (la thé«)rie des ondulations en Optiijue. la théorie atomisle en Chimie, la théorie évolulionniste en Biologie, etc.) sont dénwutrées d'une

façon plus ou moins proluinte par certains faits qui resteraient inexplicables sans elles. — Voir ,\ristote. Logique; Amauld, Logique de Port-Royal; Pascal, De [Espnl géométrique ; Duhamel, Des méthodes dans les sciences de raisonnement.

DÉMOTIQUE (écrittre) (du çr. ST.aof.xô;, populaire', écriture abrégée de l'écriture hiératique ou cursive des anciens Egvpliens, qui avait été appropriée à la langue vulgaire, tout en conservant les mêmes éléments que l'écriture hiéroglyphique. Voy. écrittre et hiérocltphe.

DENDRITE, dendrolithe (du gr. oÉ-yôpov, arbre, etXtOo;, pierre), groupement de cristaux simulant une branche avec des rameaux ; on désignait autrefois également sous le nom de dendrites les arbres fossiles, qu'on appelait aussi Dendrolithes [Voy. fossiles).

DENDROBATES (du gr. oÉ-i^Soov et ^ixT^î, qui marche), genre de Batraciens anoures, de la famille des Crapauds, renferme des espèces pour la plupart américaines di>nt les pattes sont terminées par des doigts à pelotes visqueuses, ce qui leur permet de se fixer sur les arbres. L'espèce la plus curieuse est la Grenouille à tapirer [D. tinctorius) au sang de laquelle on attribue la propriété de panacher [tapirer dans la langue créole) le plumage des perroquets. DENDROBION (du gr. SévSpov et ^io;, vie), Dendrobion, genre de la famille des Orchidées, tribu des Malaxidées, renferme un grand nombre d'espèces originaires de l'Inde, qui vivent en parasites sur les arbres et (ju'on cultive sur Dois suspendu ou dans des corbeilles remplies de morceaux de terre tourbeuse ou de mousse. Leurs fleurs portées sur de courts pédoncules lilas clair sont grandes, d'un violet pourpre foncé au centre et bordées de blanc.

DENOROLOGIE (du gr. Ss'/opov et Xôvoç, discours), partie de rilistoire naturelle qui traite des arbres.

DENDROPHAGE (du gr. Ss'^pov et <pâvw, manger), se dit des Insectes «jui se nourrissent de la matière des ariircs. DENDROPHIDE (du gr. Sé'/opov, arbre, et oçi;, serpent), Dendropkis, genre de Reptiles, de l'ordre des Ophidiens, famille des Lolubridés, se compose d'espèces de l'Afrique et des Indes, qui se tiennent ordinairement sur 1 les arbres.

I DENGUE (de l'espagn. dengue], maladie fébrile, épidémique et contagieuse, obserY'ée pour la première fois dans le cours de ce siècle, et qui sévit dans 1 Inde, l'Afrique et I les États-Unis. Le malade est aliattu et ressent de Yi^es douleurs dans les os, les muscles et les articulations; il éprouve des nausées et présente du délire ; au début et à la fin de la maladie se produisent des éruptions se terminant par une alxtndante desquamation. La période de convalescence est longue, mais la mortalité est assez faible.

DÉNI DE JUSTICE, refus fait par le juge de rendre la justice. — D'après la loi française, il y a déni de justice même lorsqu'un juge, sous prétexte du silence, de l'obscurité ou de l'insuffisance de la loi, refuse de rendre la justice (C. civ., art. 4; C. de proc., art. 506) ; et, dans ce cas, le juge est puni d'une amende de 200 à 500 fr. et de l'interdiction des fonctions publiques depuis 5 jusqu'à 20 ans (G. pén., art. 185).

DENIER (du lat. denaritis), pièce de monnaie dont la valeur a souvent varié. Chez les Romains, c'était une pièce d'argent, marquée d'un X, qui valut 10 as, puis 16 : il y eut 84 deniers à la livre jus^i'à Auguste, et plus tard 96. Le denier \alut - d'abord 0 fr. 82 c, puis 0 fr. 72 c. — Introduit par les Romains dans les Gaules, le denier contint 21 grains d'argent sous les Mérovingiens, et même de 28 à 50 grains sous Charlemagiie ; mais peu à peu il diminua de valeur par une addition de cuivre de plus en plus forte, et finit par perdre toute valeur, même comme monnaie de cuIytc. — Les premiers deniers de cuivre pur furent frappés sous Philippe I" : ils valaient la 12° partie d'un sou du temps. On appelait D. tournois, ceux (jui étaient frappés par l'archevêque de Tours ; et D. parisis, ceux qui étaient frappés à Paris par l'ordre du roi : ces deniers valaient un quart de plus. Il y avait encore les D. toulousainsou tolza. les D. viennois, les D. toulois, etc.; les D. de gros, monnaie de compte qui valait la moitié d'un sou ; D. de poids de marc, tiers du gros ou 24* de l'once, etc. — On trouve souvent aussi le nom de denier appliqué à une monnaie d'or sous les rois de la troisième race; il est alors synonyme de florin. Voy. ce mot.

En termes de Monnayage, on nommait : denier de poids 24 grains ou la 785* (>artie du kilogr. ; denier de fin ou de loi, le degré de pureté de l'argent, ou, plus ex ctement,

DÉÎSIZATION

Page 1