‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 508 sur 1729 · DOMESTICATION · texte numérisé non relu

DOMESTICATION

DOMLNOTERIE

En Architecture, c'est une espèce de comble, déforme ordinairement liémisphérique, quelquefois à pans ou à l)asc carrée, dont on recouvre une église ou tout autre édifice. On le construit en charpente , et on le recouvre en ardoises ou en plomb : on le surmonte quelquefois d'une lanterne. On cite : les d'jmes des Invalides, du Panthéon, du Val-de-Gràce, de rinstilut, de la cathédrale de Marseille, les dômes du Panthéon et de St-Piorre, à Rome ; celui de Sf-Paul, à Londres, et celui de Ste-Sophie, à Constantinople, etc. A l'Exposition universelle de 1889 à Paris, il a été élevé sur les Palais des Boaux-Arts, d'après les plans de l'arcliilecle Formigé, des dômes d'un très bel etlet, dont la charpente métallique a été revêtue d'une couverture en faïence émaillée, très décorative et très durable. — Consulter Isabelle, les Édifices circulaires et les dômes (1855). Voy. cocpole. DOMESTICATION, domesticité. En Zoologie, la domestication est l'action de réduire des animaux sauvages à l'état de domesticité , c'est-à-dire à un état tel qu'ils puissent vi\Te et se proj»ager près de l'homme, soumis désormais à son empire et servant à ses besoins. Il ne faut pas confondre cet état avec celui de captivité, ni avec celui d'apprivoisement, qui ne s'appliquent qu'à des individus isolés et non à la race tout entière. L'honune soumet certains animaux à la captivité dans un but soit de curiosité, dans les ménageries, par exemple, soit d'utilité réelle, comme les civettes et les autruches pour avoir leurs produits , les ortolans pour les engraisser. V apprivoisement est un degré de plus : il suppose chez l'animal une certaine intelligence et une disposition spéciale à l'éducation : le faucon et l'éléphant offrent l'exemple d'animaux apprivoisés aussi utiles à l'honune que les espèces domestiques; certains perroquets et autres oiseaux de volière, celui d'animaux apprivoisés seulement pour l'agrément. Mais ces animaux ne transmettent point à leur progéniture les habitudes et les mœurs qu'ils ont reçues, tandis que la domestication est la conquête de la race une fois pour toutes. Elle ne s'applique, au reste, avec succès qu'à des espèces sociables, c.-à-d. qui, en liberté, vivent par bandes ou par troupeaux. — Le nombre des espèces domestiquées ne dépasse pas 40, et pour presque toutes la domestication remonte à la plus haute antiquité. Les uns servent à l'homme d'auxiliaires : le chien, le chat, le cheval, l'âne, le mulet, le chameau, le lama, le renne, le bœuf, le furet, etc.; d'autres sont surtout alimentaires : le cochon , la vache, le mouton, la chèvre, le lapin, le pigeon , la poule, l'oie, le canard, le dindon, le faisan, la pintade, la carpe, etc.; d'autres, surtout industrielles, l'alieille, le ver à soie, la cochenille, etc.; d'autres enfin ne servent qu'à l'agrément , le cygne, la tourterelle, le serin, le cyprin dore, etc. Voy.

ACCLIMATATION, NATURALISATION et ABÂTARDISSEUENT.

00IVIESTIC:TÉ. Voy. domestication et domestiocb.

DOMESTIQUE Jdu lat. domesticus). Ce mot, qui aujourd'hui ne s'appiioue qu'aux serviteurs, aux gens à gages, se donnait dans l'origine à toute personne vivant dans la maison, en qualité de commensal. — A la cour de Byzance. on appelait Grand Domestique un des premiers dignitaires do l'Etat : ce n'était d'abord que le chef des gardes du corps de l'empereur: mais dans la suite cette chaîne prit une extension considérable et répondit à celle de connétable en Occident . Chez les premiers rois franks et chez les emixTCurs d'Allemagne, la domesticité devint un des privilèges de la noblesse : de là, les titres de grand chambellan, de grand échanson, de grand écuyer, de grand veneur, etc. Abolie en France avec la royauté, la domesticité de cour fut rétablie en 1804 par Napoléon I'^ ; et elle existe encore aujourd'hui dans presque toutes les couis de l'EuroiM;. — Les princes et les seigneurs ont eu comme les rois leurs domestiques nobles : jusqu'au xvin' siècle, tout seigneur un peu puissant avait pour pages des fils de noble famille qui [jortaient sa livrée. En Pologne, la petite noblesse vivait à l'état de domesticité dans les palais des riches familles.

Quant à la domesticité proprement dite, c'est une institution toute moderne, qui a remplacé l'esclavage antique et la servitude du moyen âge (l'oy. ces mots). Chacun sait qu'elle consiste dans un contrat librement formé entre le r a Ire et le serviteur, que ce contrat peut être rompu dès

auc les parties contractantes ont à le regretter; (ju'il est 'usage de donner le denier à Dieu au domestique qu'on arrête , de se prévenir réciproquement huit joui-s d'avance. Les domestiques ont privilège sur les meubles de leurs maîtres pour les salaires de l'année échue (G. civ., art.

2i0i). Les maîtres sont responsables des dommages causes par leurs domestiques dans les fonctions auxquelles ils les ont employés (art. 1384). Les vols commis par les domestiques chez leurs maîtres sont punis de la réclusion (C.pcn., art. 408). — Un décret du I" août 1853 avait soumis les domestiques à l'obligation du livret. Mais cette exigence n'existe plus.

En Angleterre, les maîtres payent un impôt annuel d'une livre sterling;(25 fr.)pour chaque domestique mâle attache à leur service.

Animaux domestiqxies. Voy. a5ij(aitx et dojœsticatiox.

DOMEYKITE, arséniure de cuivre [Qu'As], en masses d'un blanc d'étain, du Mexique.

DOMICILE (du lat. domicilium), lieu où l'on fait sa résidence ordinaire. On distingue le D. civil et le D. politique : le D. civil, ou lieu de la demeure ordinaire fixe et permanente, comprend le D. réel, où l'on réside de fait, où l'on a son principal établissement (C. civ., art. 102\et le D. élu, domicile fictif que l'on indique, le plus souvent, chez son avoué ou son notaire, pour l'exécution de certains actes judiciaires; le D. politique est celui où l'on exerce ses droits de citoven ; il se confond d'ordinaire avec le domicile civil. — il est important de connaître le domicile d'une personne dans une foule de circonstances, par ex. pour qu'une citation ou une assignation aient un effet utile; pour le tirage au sort, les publications de mariage, l'ouverture des successions . etc. — Le changement de domicile résulte d'une habitation réelle dans un autre lieu avec l'intention d'y fixer sa résidence ordinaire.il se prouve parles circonstances ou par une déclaration expresse à la mairie du lieu que l'on quitte et à celle de celui où l'on s'établit.

La femme mariée n'a d'autre domicile que celui de son mari ; le mineur, que celui de son tuteur ; le domestique,que celui de son maître (C. civ., art. 108, 109).

Violation de domicile. Voy. violation.

DOMICILIATAIRE. Dans le Commerce, la lettre de change est souvent payable en un domicile autre que celui du tiré ; la personne chez laquelle le payement doit s'effectuer s'appelle domiciliataire.

DOMINANTE, nom donné à la note placée une quinte juste au-dessus de la tonique : ainsi , dans le ton d'ut, sol est la dominante. C'est Rameau qui a donné à cette note le nom de dominante, parce qu'elle détermine le ton et qu'elle se trouve dans la plupart des accords naturels. — Dans chaque ton du Plain-Cbant, la dominante est la note qu'on y fait entendre le plus souvent.

DOMINATIONS, anges du premier ordre de la seconde hiérarchie. Voy. axge.

DOMINICAINS, ordre religieux. Voy. le Dict. d'Hist. et

DOMINICALE (lettre], lettre de l'alphabet qui serti marquer dans le calendrier les dimanches [dcmini dies) pendant tout le cours de l'année. Voy. calendrier perpé->

TUEL et CTCLE.

dominicale (oraison), le Pater. Voy. oraiso.n.

DOMINO. Ce nom, qu'un donnait autrefois, par allusioo sans doute à quelque passage de la liturgie , au camail dont les prêtres se couvrent la tête et les épaules pendant l'hiver, ne désigne aujourd'hui qu'mi habit de déguisement pour les bals masqués, se composant d'une grande robe fermée par devant, et surmontée d'un capuchon qui couvre toute la tête à l'exception de la figure, et descend sur la poitrine et les épaules. Les dominos sont portés par les nommes comme par les femmes.

DOMINOS (jeu de). Ce jeu est fort ancien ; on ne sait au juste s'il faut l'attribuer aux Hébreux, aux Grecs ou aux anciens Chinois. Quoi q^u'il en soit , son nom semblerait prouver qu'on le regardait autrefois comme un jeu de grand seigneur ou dominus. Chacun sait que l'on se sert pour y jouer de 28 jielits morceaux d'os ou d'ivoire, de forme rectangulaire, blancs d'un côté et noirs de l'autre; ce qui leur donne quelque ressemblance avec les anciennes robes de moines appelées dominos.

DOMINOTERIE. On ap|)elait autrefois dominotiers ou tailleurs d'histoires et de figures les graveurs sur bois. Aujourd'hui on comprend encore sous le nom de dominoterie toute sorte de papier peint et imprimé de diverses couleurs, dont on se sert pour dilférents jeux, tels que jeu de dames, jeu de l'oie, jeu de loto, etc., pour la couverture des layettes [Voy. ce mot), et même comme papier de tejw lure ; les traits, les dessins et les personnages ou paysages y sont imprimés avec des planches de bois grossiércmeat

DOMITE

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