ECLIPSE
sait iTn'iTie rentrer l'ôpilopsio. On ne (lésignc plus guère sous ce nom (juc les convulsions puerpérales survenant chez les femmes atteintes d'albumiimnc {Voy. ce mot), (|ueIquefois encore les convulsions de l'enfance. — Clicz les enfants, il faut avant tout rechercher la cause du mal, qui est souvent une indigestion : on administre alors un vomitif, puis on emploie les bains tièdes prolongés et les j>urgatifs. Chez les enfants nerveux, les troubles digestifs, les difficultés de la dentition, les vers intestinaux et les aJfections fébriles au début peuvent amener des convulsions. Mais les plus graves sont celles qui sont liées à la méningite tuberculeuse.
ÉCLANCHE (orig. incertaine), le haut de la cuisse ou plutôt l'épaule de mouton séparée du corps de l'animal et destinée à la table. Voy. gigot.
ÉCLECTISME (en grecèxXexTtaixo;), choix que l'on fait dans des idées déjà connues pour en former un corps de science. On l'oppose à syncrétisme, mélange indigeste d'éléments hétérogènes. L éclectisme a été, à diverses époques, employé par des plrilosophes, des médecins, des théologiens, qui faisaient profession de prendre dans ceux qui les avaient devancés ce qu'il y avait de plus raisonnable. Le nom d'éclectiques a été plus spécialement appliqué, dans les temps anciens, aux philosophes gi*ecs ou romains qui essayèrent de fondre, vers les débuts de l'ère chrétienne, le platonisme, l'aristotélisme et le stoïcisme, les uns en se bornant à la morale (Cicéron, Sénèque, etc.), les autres en s'élevant à la métaphysique (Plotin et les Néo-Platoniciens d'Alexandrie) ; et à une secte de médecins qui, repoussant les exagérations des dogmatiques et des empiriques, admettaient ce qu'il y avait de mieux fondé dans les diverses opinions médicales. Voy. médecine (Histoire de la).
De nos jours, l'éclectisme philosophique fut érigé en système par V. Cousin, qui, après avoir reconnu les erreurs des doctrines qu'il nomma sensualisme, idéalisme, scep' ticisme, mysticistne, entreprit d'extraire la part de vérité contenue dans chacune de ces doctrines et de les concilier ainsi toutes ensemble. Dans le fait, il accomplit et il inspira surtout des travaux de critique historique, que M. Ravaisson a énumérés et appréciés dans son Rapport sur la Philosophie en France au xix" siècle (1868). Son école a quitté le nom d'éclectisme pour celui de spiritualisme, qui seul en indique la tendance conunune.
ÉCLIPSE (du gr. è'xXenj/iç, disparition), suppression momentanée, soit partielle, soit totale, de la lumière d'un astre. S'il s'agit d'un astre lumineux par lui-même, l'éclipsé résulte de l'interposition d'un corps opaque entre cet astre et la terre : les éclipses de soleil sont ainsi produites par la lune. S'il s'agit au contraire d'un corps non lumineux par lui-même, éclairé par le soleil, l'éclipsé résulte de l'interposition d'un corps opaque, entre cet astre et le soleil. Cela a lieu dans le cas des éclipses de lune qui résultent de l'interposition de la terre entre la lune et le soleil ; celles des satellites de Jupiter ou de Saturne résultent de l'interposition de la planète correspondante entre le soleil et le satellite. — Pour qu'une éclipse de lune ait lieu, il faut d'abord qu'il y ait opposition ou pleine lune. Mais à cette époque, à cause de l'obliquité de Forbitc lunaire par rapport à l'écliptique (obliquité qui est de 5° 8'), le soleil, la terre et la lune sont souvent loin d'être en ligne droite, et le cône d'ombre de la terre peut passer au-dessus ou au-dessous de la lune sans l'atteindre. Pour que l'éclipsé ait lieu, il faut donc que la lune ne soit qu'à une faible distance de l'écliptique, c.-à-d. soit voisine de son nœud à l'instant de l'opposition : si elle en est très voisine, elle peut pénétrer tout entière dans le cône d'ombre de la terre, et l'éclipsé est totale ; si au contraire elle en est à une certaine distance, elle ne pénètre qu'en partie dans le cône d'ombre, et l'éclipsé est partielle. — Pour qu'une éclipse de soleil se produise, il faut d'abord que la lune se trouve entre la terre et cet astre; les éclipses de soleil ont donc lieu à l'époque de la conjonction ou de la nouvelle lune. Or, si l'on conçoit deux cônes, l'un formé par les tangentes extérieures menées aux globes du soleil et de la lune, et dont la partie située au delà de la lune par rapport au soleil prend le nom de cône d'ombre pure, parce qu'il n'y arrive aucun rayon du soleil ; l'autre formé par les tangentes intérieures, et dont la partie située au delà de la lune prend le nom de cône de pénombre, parce que les points situés dans son intérieur ne reçoivent de rayons que d'une partie du soleil ; suivant que le premier ou le second de ces cônes atteindra un point de la
terre, il y aura pour ce point éclipse totale ou éclipse partielle de soleil. Toutefois, pour qu'il en soit ainsi, il faut non seulement qu'il y ait conjonction, mais encore (|ue le soleil, la terre et la lune soient sensiblement en li;4ne droite; et, à cause de l'obliquité de l'orbite lunaire, ciici n'arrive que quand, à l'époque de la nouvelle lune, la lune est voisine de son nœud. Lorsque cette condition est remplie, le cône d'ombre et le cône de pénombre atteignant à la fois la terre, au même instant certains points ont éclipse totale, tandis que d'autres ont éclipse partielle, et que d'autres n'ont pas d'éclipsé du tout. D'ailleurs, même pour un point de la terre qui doit avoir éclipse totale, il y a, par suite du déplacement des deux cônes, d'abord éclipse partielle de plus en plus étendue, puis éclipse totale, puis de nouveau éclipse partielle, et enfin réapparition de la totalité du soleil. — Souvent il arrive que, toutes les conditions précédentes se trouvant remplies, la dislance de la lune à la terre est trop grande pour que le cône d'ombre pure puisse atteindre la terre. Dans ce cas il n'y a éclipse totale pour aucun point de la terre; mais les points qui se trouvent dans le prolongement du cône d'ombre voient alors le disque de la lune se projeter sur le disque du soleil sans en cacher les bords. Pour ces points l éclip.se prend le nom d'éclipsé annulaire. L'éclipsé annulaire est centrale pour les points de la terre rencontrés par la droite qui joint le centre du disque lunaire au centre du disque solaire. — L'éclipsé totale de soleil peut durer au plus 5 minutes en un lieu donné.
Les éclipses de lune sont moins fréquentes, absolument parlant, que les éclipses de soleil; mais comme elles sont visibles à la fois pour tout un hémisphère, tandis que les éclipses de soleil ne le sont que pour une zone de la terre toujours assez étroite, il en résulte qu'en un lieu donné il y a plus d'éclipsés de lune que de soleil.
La connaissance exacte du mouvement de la terre et de la lune par rapport au soleil, et du déplacement du nœud, permet de prédire, un temps indéfini à l'avance, les éclipses soit de lune, soit de soleil, avec toutes leurs particularités. Mais il est un moyen plus simple d'arriver au même but. En effet, la période de Saros, qui a une durée de 18 ans 11 jours, se compose de 19 révolutions synodiques du nœud et de 223 lunaisons ; elle ramène donc la lune dans une position identique par rapport au soleil, à la terre et au nœud; en sorte que les circonstances qui ont réalisé une éclipse avec certaines particularités d'étendue, de durée, etc., la ramènent avec les mêmes particularités au bout de 18 ans 11 jours. Le tableau des éclipses pour une de ces périodes peut servir en conséquence pour toutes les périodes suivantes. Un habile astronome autrichien, M. Oppolzer, a publié récemment un bel ouvrage, le Canon des Eclipses, qui permet de calculer rapidement avec précision les éclipses qui se sont produites ou qui se produiront dans l'intervalle compris depuis l'an 1207 av. J.-C. et l'an 2163 de notre ère.
Les éclipses de soleil et de lune ont été pendant longtemps un objet de terreur pour les hommes. Auj. cette crainte superstitieuse serait sans fondement, puisqu'il est démontré que les éclipses, loin d'être des manifestations de la colère céleste, sont au contraire des phénomènes assujettis à des lois régulières et revenant à des époques fixes.
Les premières observations d'éclipsés sont dues aux Chinois : on en trouve une mentionnée dans leur histoire à l'année 2155 av. J.-C. Après eux, les Chaldéens avaient, dès l'an 720, fait des observations d'éclipsés, dont Ptolémée se servit dans ses calculs. Chez les Grecs, on attribuait à Thaïes la prédiction d'une éclipse, vers 640, et à Anaxagore l'explication scientifique de ce phénomène ; mais, avant Hipparque et Ptolémée, les astronomes grecs n'étaient guère en état de prédire les éclipses. Durant le moyen âge, on ne trouve, en Occident, quelques observations d éclipses de soleil et de lune que dans les annales du règne de Louis le Débonnaire, écrites par un moine anonyme : encore sont-elles fort incomplètes. Depuis l'invention du télescope, l'étude des éclipses s'est considérablement perfectionnée, et ce genre de phénomène est devenu, entre les mains des astronomes, une source de découvertes intéressantes et d'applications utiles. Ainsi les éclipses ont appris à l'astronome que la lune est un corps opaque, et que la terre est sphérique. l'endant longtemps, c'est seulement durant les éclipses totales de soleil qu'on a aperçu ces fameuses protubérances roses dont l'observation atten-
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