ÉGLOGUE
ÉGRAPPOm
parties essentfelles de toute église sont : le porche, où se trouvent placées les portes ; les bas-côtés ou collatéraux, galeries qui entourent la nef et facilitent l'accès dans toutes les parties de l'église ; la nef, où se rassemble le peuple (la croisée ou transept) ; le chœur et le sanctuaire, consacrés aux prêtres et à l'autel, et séparés quelquefois de la nef par 1 ambon ou jubé, espèce d'arcade placée au travers de la nef; les chapelles, prises sur les bas-côtés, et qui sont spécialement consacrées à la Vierge ou à des saints. Le maître-autel est placé au fond du chœur et tourné le plus souvent vers l'orient (cependant la basilique de ,St-Pierre à Rome a le maître-autel au couchant); la chaire est dans la nef. On nomme : sacristie le lieu où s'habillent les prêtres i baptistère, ou fonts baptismaux, le lieu où l'on baptise. En outre, presque toutes les églises ont un clocher, qui, lorsqu'il est séparé de l'édifice, prend le nom de campanile. — Les églises sont faites en croix grecque ou en croix latine ; dans le premier cas, le plan forme une croix à quatre parties égales; dans le second, une partie est plus allongée que les trois autres. L'E. en rotonde est celle dont le plan est circulaire ; 1' E. simple est celle qui n'a qu'une seule nef sans aucun accompagnement.— Ou nomme: E. pontificale, celle de St-Pierre à Rome ; métropolitaine, celle où réside un archevêque ; cathédrale, celle où réside un évèque ; collégiale, celle qui est desservie par des chanoines ; paroissiale, celle qui est desservie par un curé ; conventuelle, celle qui appartient à i\ncouve7it, à un monastère. — Consulter : Melcnior de Vogué : l'Architecture civile et religieuse en Syrie du i" au VII» siècle, et les Eglises de la Terre-Sainte; Statz, Recueil d'églises et de constructions religieuses dans le style gothique ; A. de Baudot, Eglises de bourgs et de villages ; l'abbé Bourassé, Les plus belles églises.
Voy. CATHÉDRALE, BASILIQUE, etC.
Chant, Musique d'église. Voy. chant et musique.
ÉGLOGUE (du gr. ^xî^oy^, choix). Ce mot, qui rigoureusement signifie recueil de pièces choisies, désigne surtout les 10 petits poèmes qui composent les Bucoliques de Virgile. On l'a étendu ensuite à tout poème pastoral. En ce sens, il se confond souvent avec l'idylle : toutefois les Grammairiens établissent une distinction entre ces deux poèmes, et appellent idylle un tableau de la vie champêtre, et églogue un dialogue entre les bergers.
ÉGOHINEou ÉGOïNE,scie à main. Voy. scie.
ÉGOÏSME (du lat. ego, moi). En Morale, Végoïsme est l'amour de soi [Voy. ce mot et intérêt). — Le mot égoïsme est pris le plus souvent en mauvaise part, pour désigner un amour de soi exclusif de l'amour d'autrui et occupant à lui seul l'esprit tout entier. — En Philosophie, on appelle parfois égoïsme théorique la doctrine qui consiste à se croire la seule substance existant dans l'univers, et à ne considérer tous les autres individus et toutes choses que comme des idées de cet unique esprit : cette doctrine est aussi parfois appelée idéalisme absolu. — On a créé de nos jours le mot égotisme pour désigner une nuance de l'égoïsme qui consiste à parler toujours de soi.
ÉGOPHONIE (du gr. aïÇ, atyô;, chèvre, et »wv^; voix), nom créé par Laënnec pour désigner la résonance que fait entendre à l'auscultation la voix d'un individu qui a dans une des plèvres un léger épanchement. Tantôt la voix est aiguë et tremblotante, tantôt elle ressemble à un bredouillement nasal ; on l'appelle alors voix de polichinelle ou voix de jeton, parce qu'elle ressemble à la voix de quelau'un parlant avec un jeton entre les dents. On perçoit 1 égophonie aux limites de l'épanchement.
ÉGOPODE (du gr. olCc,, ctiyôi;, et ttoûî, iroSôi;, pied), jEgopodium, genre de la famille des Ombellifères, tribu des Amminées, est formé de plantes herbacées, à feuilles divisées en lanières, à fleurs blanches, à fruit ovoïde, et a pour type l'E. des goutteux, vulg. Petite Angélique, commun dans les haies et les prairies de toute la France. On l'emploYait autrefois contre la goutte.
ÉGOUT {èi'égoutter) c&n&l souterrain destiné à éloigner de l'habitation les immondices, les ordures et les eaux pluviales. On divise les égouts en 2 systèmes : le système unitaire, où un seul égout reçoit les eaux ménagères, les eaux de rue. les excréments, l'urine; le système séparé [separate sy.item des Anglais), où l'égout proprement dit reçoit tout, sauf les excréments et les urines, qui sont transportés par un canal à petite section indépendant du premier. Ce dernier système est employé à Oxford, à Mem-
phis, dans quelques parties de Paris (rue Vieille-du-TempIe, rue des Francs-Bourgeois), à Nice, à Cannes et dans de nombreuses villes d'Amérique. Il est formé de tubes en poterie vernissée de 15 à 20 cent, de diamètre et recevant des tuyaux de chute également en poterie de 10 cent, de diamètre. La circulation y est obtenue par des chasses d'eau et une pente suffisante. L'aération s'obtient par les tuyaux de chute prolongés au-dessus du toit des maisons. Peu coûteux, il nécessite de fréquentes réparations, dues aux fractures du système. L'égout à grande section, comme dans le système unitaire, est toujour? adjoint, dans le separate System, aux tubes de poterie.
Le système unitaire comprend les égouts de rue, qui reçoivent les branchements particuliers et les conduites de maison. Il aboutit aux galeries principales et aux collecteurs. Ces canaux sont ordinairement construits en meulière ou en briques hourdées avec un mortier hydraulique. Ils se composent d'un radier ou lit portant sur une forme en béton et fermé par une voûte portant sur 2 murs latéraux droits ou obliques. De distance en distance sont des regards pour la chute des eaux, ainsi que des trous d'homme pour le curage. Les collecteurs ont, en outre, des trottoirs latéraux. Le lavage des égouts se fait par des chasses d'eau, des panneaux vannés qui barrent l'égout pendant quelque temps et, s'ouvrant ensuite, précipitent une énorme masse d'eau en aval. Les égouts bien faits, comme à Berlin, se lavent eux-mêmes. Aussi à Berlin n'at-on qu'une douzaine d'égoutiers. tandis que Paris en emploie 1200.
L'admission dans les égouts des matières excrémentitielles a dû forcément entraîner des modifications dans la ventilation des égouts, qui se fait ordinairement par les bouches et les regards. On y arrive au moyen de siphons, d'interrupteurs placés en bas des regards, de cheminées de ventilation, que nous ne pouvons décrire ici. Les conduites particulières sont également isolées de l'égout par des siphons, des tampons, etc.
Les eaux dégoût renferment des millions de bactéries, souvent pathogènes (fièvre typhoïde, choléra, etc.) et on sait quelle cause de souillure puissante elles sont pour les rivières. Ainsi, tandis que l'eau de Seine prise au Port-àl'Anglais, en amont ie Paris, ne contient que 20000 bactéries par cent, cube, elle en contient 250 000 au pont de l'Aima, et immédiatement en aval de l'égout d'Asnières, à Saint-Ouen, 4 500000.
Aussi les rivières ne doivent-elles pas devenir le réceptacle des égouts. En aval de Paris, la pollution de la Seine est extrême. Pour la purifier, on a recours à Vépuralion par le sol, en irriguant de vastes espaces qu'on livre à la culture. Dans le sol, les matières organiques se transforment sous l'influence des microorganismes nitrificatcurs. à condition qu'on n'irrigue pas continuellement et que de temps à autre on permette l'accès de l'air. Cette méthode, employée à Gennevilliers, a donné de bons résultats. On trouvera facilement autour de Paris les terrains nécessaires à Vépandage des eaux d'égout. Alors la circulation par les égouts de tous les déchets — eaux ménagères excréments — permettra de supprimer les fosses fixes et ne souillera plus les rivières. Ce système constitue le lout-àl'égout. Il n'est malheureusement pas prouvé que ce procédé détruise tous les microbes pathogènes. Le problème est des plus difficiles. On a cherché aussi des procédés pour l'épuration chimique des eaux d'égout. M. Buisine en a fait connaître un récemment.
En Architecture, on donne le nom d'égout aux dernières tuiles ou ardoises qui sont au bas d'un comble, et rejettent les eaux pluviales en avant du mur. — Tout propriétaire doit faire établir ses toits de manière que les eaux pluviales s'écoulent sur son terrain ou sur la voie publique; il ne peut, sans y être autorisé, les faire verser sur les fonds de ses voisins (C. civ., art. 681). Voy. mitoyenneté.
ÉGRAIN ou ÉGRiN, jeune poirier ou jeune pommier provenant de graines de sauvageon, et qu'on réserve dans les pépinières, à raison de la beauté de sa tige, pour être greffé en fente à l'âge de 3 ou 4 ans.
ÉGRAPPOIR (de grappe), instrument dont se servent les vignerons pour détacher de leurs grappes les grains du raisin : c'est un petit râteau muni de dents longues et serrées. On se sert aussi, pour le même usage, d'un grillage en fil de fer, à mailles assez larges et reposant sur une claie à laquelle on donne un mouvement transversal; les grains qui passent à travers les mailles sont saisis et
EGREFIN
ÉLAPHRE
ail achés par les barres de la claie et tombent dans la cuve.
ÉGREFIN, poisson. Voy. jiobue.
EGRENAGE (do graine). Pour les céréales, voy. bat- .y^GE. — Pour les plantes non céréales, cette opération se fait le plus souvent à la main ou avec des instruments fort simples : ainsi on égrène le lin avec un peigne à dents de fer : le chanvre avec Végrugeoir ( Voy. ce mot), ou une batte dont on frappe le haut (fes tlçes ; le maïs, le trèfle, la luzerne, le sainfoin, avec des égrenoirs mécaniques que met en mouvement une simple manivelle.
ÉGRISAGE, ÉGRisÉE (degrés ou de l'allem. Gries, gravier), opération qui consiste à user un corps par le frottemont. — Les Marbriers donnent ce nom à l'opération qui précède le polissage du marbre, et qui consiste à faire disparaître, avec du grès pilé et de l'eau, les traces que le cisoau et la scie ont laissées sur la surface du marbre. Les Lapidaires appellent ainsi l'action de tailler les diamants, soit en les frottant l'un contre l'autre, soit en les usant avec ïégrisée ou poudre de diamant. Voy. dumast.
ÉGRUGEOIR (de gmiger; de l'allem. Grïttze, orge mondé, gruau). Outre l'ustensile de cuisine qui sert à réduire le sel en poudre et qui est composé d'un petit mortier et d'un pilon, on nomme ainsi un instrument en bois dur et en l'orme de molette à brover les couleurs, qui sert à égriiger ou à réduire en poucire très fine la
Eoudre à fusil ordinaire ; ainsi qu'une sorte de râteau de ois à l'aide duquel on peigne le chanvre pour en détacher le chènevis.
ÉGYPTIAC, sorte d'onguent, qu'on suppose originaire d'Egypte, est vmc sorte d'oxymel composé de miel, de vinaigre fort, et de vert-de-gris. On s'en servait autrefois pour déterger les ulcères. Il n'est plus guère employé que par les vétérinaires comme caustique léger.
ÉGYPTIENNES (langce et littératcre). On distingue, dans l'égyptien, deux langues : la langue sacrée, morte auj., et la langue vulgaire ou copte, à l'aide de laquelle on a essayé de retrouver la langue sacrée. Cette dernière employait les hiéroglyphes (Voy. ce mot), tandis que la langue vulgaire se servait de l'écriture démotique {Voy. ce mot). C'est Champollion qui a découvert que les Egyptiens connaissaient, outre l'écriture figurative ou par nuages, une écriture phonétique ou représentative des sons. Peu de monuments de la littérature égyptienne sont parvenus jusqu'à nous, les œuvres de cette littérature ayant été en partie consumées par l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie et finalement détruites lors de la dévastation du Sérapéum.
EIDER, sous-genre du genre Canard, caractérisé par un bec allongé, haut à sa base, à peau nue et à tubercule charnu sur le front. Le mâle est blanchâtre, à ventre et à queue noirs. La femelle est grise, émaillée de brun. Cette espèce habite les mers glaciales, et vit de poissons, de coquillages, de plantes marines et d'insectes ; elle niche sur des terres baignées par la mer, construit son nid de fucus, et le recouvre intérieurement du duvet soyeux et élastique qu'elle porte sous le ventre. La femelle dépose dans ce nia 5 ou b œufs, qu'elle renouvelle plusieurs fois lorsqu'on les lui enlève. A chaque fois, elle s'arrache, ainsi que le mâle, une nouvelle quantité de duvet pour les couvrir. Ce duvet est Védi-edon, si recherché pour faire les coussins et les couvre-pieds les plus chauds et les plus moelleux. On distingue i'E. commun [Ayias inollissima], qui fournit le duvet le plus fin, et \'E. à tête grise [À. spectabilis).
EIFÉLIEN, étage inférieur du Dévonien moyen, composé de schistes et de calcaires très développés dans les Ardennes ou dans l'Eifel (d'où le nom). Fossiles caractéristiques : Phacops latifrons, Bronteus flabellifer, Athyria concenlrica, bpirifer speciosus, Calceola sandalina.
EiSSPATH [Spath de glace), var. de Sanidine ou feldspath orthose vitreux (Voy. orthose).
ÉKEBERGITE, s\-n. de Scapolite.
ÉLABORATION fdu lat. elaooratio), action vitale par la-
3uclle les êtres organisés impriment aux substances venant u dehors, et même aux matériaux puisés dans leur intérieur, des modifications qui les rendent capables de servir aux usages que la nature leur a assignés. Voy. digestion,
ASSIMILATION, NUTRITION, CtC.
ÉL>EAGNÉES ou éléagnées (du g.-tj-pe Eleeagnus), famille de plantes Dicotylédones apétales à ovaire supère, renferme des arbustes à rameaux épineux, à feuilles simples, à fleurs hermaphrodites ou dioïques, petites, solitaires, placées à l'aissellc des feuilles, et à fruits en
forme de noix monospermes. Toutes les parties de ces plantes sont couvertes d'écaillés sèches et blanchâtres. Genres : Elaeagnus (Chalef), Hippophaé (Argousier), Shephei'dia, etc.
EL^AGNUS, nom latin du Chalef. Voy. ce mot.
ÉL^OCARPÉES. Voy. éléocarpcs.
ÉL>EOCOCCA. Voy. éléococca.
ÉLAGAGE (du préf. es et de l'anc. ht-allem. lah, incision dos arbres), opération d'Arboriculture qui consiste à retrancher d'un arbre les branches superflues et nuisibles soit à son développement, soit à la nourriture des branches fécondes. On élague les arbres des allées de jardins, pour donner aux promenades plus d'agrément et se ménager des points de vue, et les autres arbres pour élever leur tige. Les divers systèmes d'élagage usités pour les plantations d'alignement peuvent se ramener à quatre : l'£. complet, I'E. en colonne, VE. en cône, VE. progressif ou en tête. Quel que soit le système adopté, il faut toujours enlever les branches situées au-dessous de la moitié de la hauteur de l'arbre, en avant soin de ne pas les couper immédiatement près de la tige principale, ce qui pourrait amener le dessèchement du tronc; on laisse un tronçon ou chicot de 0 m. 20 ou 30, que l'on rase près de la tige 1 ou 2 ans après. L'élagage ne doit se faire que dans la jeunesse de l'arbre. Cette opération s'exécute le plus souvent avec le croissant; elle a lieu vers l'automne ou à la fin de l'été ; on couvre les plaies de terre mouillée et de bouse de vache. — On nomme taille au crochet l'élagage des jeunes arbres après leur transplantation : il consiste à couper près du tronc les branches le moins avantageusement placées, ou qui menacent d'attirer à elles une trop grande partie de la sève. On appelle ébarbage l'élagage des petites branches et du chevelu des plantes que l'on met en terre; et tonte, celui des haies et des charmilles.
ÉLAÏDINE (du grec iXxtx, olive), substance grasse solide, en laquelle se convertit l'oléine, lorsqu'on la met en contact avec le nitrate acide de mercure ou l'acide azoteux, dans le but d'en essaver la qualité. L'élaïdine fournit l'acide élaîdique , aciae gras, solide, isomère de l'acide oléique, qu'on obtient en traitant l'acide oléique par de l'acide nitrique chargé de vapeurs nitreuses. Cet acide fond à 44°, et donne des sels qui ont même composition que les oléates. Il a été étudié par Boudet, Meyer, Laurent et Gottlieb.
ÉLAÏS (du gr. iXaia), EUeis, genre de la famille des Palmiers, tribu des Cocoïnées, se compose de grands arbres qui habitent la côte équinoxiale et occidentale de l'Afrique et quelques contrées de l'Amérique. h'E. de Guinée ou Avoira a une tige élevée, hérissée d'épines aiguës et saillantes, et terminée par des touff"es de .feuilles ailées qui ont jusqu'à 5 mètres de long. Son fruit, dit maba, est ovale et d'un jaune doré. On retire de l'amande ime huile, nommé huile de palme, insipide, d'odeur agréable , em-
Eilovée comme substance médicinale et alimentaire et dans a fabrication de certains savons.
ÉLAN (orig. germaniq.), Alce, genre de Mammifères, de l'ordre des Ruminants, famille des Cervidés, est caractérisé par des bois courts, terminés par une forte empaumure. L'élan est de la taille du cheval ; son train de devant est plus allongé que celui de derrière ; son cou est court, robuste et garni d'une sorte de crinière. Il habite l'hémisphère septentrional des deux continents, et se plaît dans les forêts et les contrées marécageuses. Son pelage est d'un fauve plus ou moins sombre, il vit en troupes, et se nourrit de feuillage. Son naturel est doux et timide ; cependant il est doué d'une grande force. La chair de cet animal est agréable et nourrissante. Sa peau sert pour la buffleterie, et son bois s'emploie aux mêmes usages que celui du cerf.
Elan du Cap, espèce d'Antilope. Voy. cas.'ja. ÉLANCEMENT, synonyme de douleur lancinante. Voy.