‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 543 sur 1729 · ÉLECTION · texte numérisé non relu

ÉLECTION

éLAPHUS, nom latin du Cerf d'Europe.

ÉLAPS, genre de Reptiles, de l'ordre des Ophidiens, famille des Vipéridcs, renferme des serpents à crochets venimeux, rétractiles, à mâchoire peu dilatable : tète elliptique, couverte en dessus de grandes plaques polygonales; corps revêtu d'ccailles oblongues, égales, lisses; queue courte, un peu obtuse. L'E. corail {E. corallimis), annelc de blanc, de noir et de rouge, habite les régions méridionales des deux continents. L'E. de Marcgrave [E. lenniiscatus), de la Guyane, est gros comme le doigt et long de 0 m. 75 : sa morsure est très dangereuse.

ÉLARGISSEMENT, mise d'un détenu en liberté. Le président du tribunal correctionnel ou de la cour d'assises, après avoir prononcé l'acquittement, ordonne l'élargissement du prévenu.

ÉLASMOSE (de fKa.'3\L0i^, lame), minéral composé de soufre et de tellure unis au plomb et à l'or, dont il contient en moyenne 8 pour 10(), en masses feuilletées d'un gris de plomb, se trouve à Nagyag et à Olfenbanya (Transylvanie). On l'appelle aussi Nagyagile. Le nom à'Èlasmose a été aussi appliqué à V Allaite {Voy. ce mot).

ÉLASMOTHÉRIUM (du gr. tkaïa^a, lame, de la forme de ses molaires, et 2rT|ptov, bète sauvage), genre de Mammifères fossiles, voisins des Rhinocéros.

ÉLASTICITÉ (du gr. é>>aar/^|î, qui repousse), propriété qu'ont les corps de revenir à leur état primitif, dès que cesse la cause qui avait motlifié leur volume ou leur forme Les gaz et les liquides sont parfaitement élastiques, les premiers étant très compressibles, les autres peu. Les solides trop fortement comprimés subissent des déformations permanentes. Parmi les produits organiques, le caoutchouc, l'ivoire sont remarquables par leur grande élasticité. L'acier trempé est le plus élastique des métaux : on en fait les meilleurs ressorts {Voy. ce mot). L'élasticité se manifeste toujours à la suite d'un dérangement des molécules, soit qu'il se fasse par pression ou par flexion, soit d'il ait lieu par torsion ou par traction. Si les billes d'ivoire, de métal, de liois, etc., rebondissent après avoir heurté un corps résistant, c'est qu'elles s'aplatissent d'abord plus ou moins par le choc, et reprennent immédiatement leur forme primitive. Les eifets physiques et l'élasticité ont été particulièrement étudiés par Coulomb, Œrsted, Sturm, Savart, Wertheim, etc. Voy. compuessibilité.

ÉLASTIQUE (du gr. èXaaTVjî), se dit de tout corps à la fois flexible et susceptible de reprendre sa première forme : on donne spécialement aux gaz le nom de fluides élastiques. — Ce mot s'emploie quelquefois substantivement pour gomme élastique {Voy. caoctchocc) et pour désigner certains ressorts en métal, comme ceux qu'on emploie pour les bretelles, pour les sièges, etc.

En Rolanique, on donne cette épithète à tous les organes qui peuvent s'allonger ou se resserrer, se redresser ou se retirer subitement sur eux-mêmes par l'effet des variations d'humidité. Ainsi, p. ex., dans l'ortie, la pariétaire, le kalmia, etc., les filets des étamines sont dits élastiques, parce qu'ils se redressent tout à coup au moment de l'épanouissement. Le pollen de certaines orchidées, les capsules d'un grand nombre de fruits, l'arille de certaines graines sont aussi élastiques.

Tissus élastiques, en Anatomie. Voy. muscles, tissus

et CONTRACTILITÉ.

ELATER (du gr. êXar/ip, qui repousse), insecte. Voy.

TAUI'IX.

ÉLATÈRE (du gr. iXaT^ip), petit tube élastique en forme de ressort spiral qu'on trouve dans les capsules de quelques Hépatiques et qui, à maturité, projette les spores en dehors. Un donne aussi ce nom aux filaments spirales qui entourent les spores des Prèles. Voy. hépatiques.

ÉLATÉRIDES (du g.-typc Elater), tribu d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères pentamères, famille des Serricornes, renferme des espèces remarquables par une partie cornée et pointue qui termine le présternum, et qui, en s'enfonçant et se retirant subitement dans une cavité correspondante, permet à l'insecte, placé d'abord sur le dos, de sauter per-

fendiculairement à une hauteur relativement considéranle. lusieurs espèces sont remarquables par leur phosphorescence analogue à celle de notre Ver luisant, mais souvent beaucoup plus intense.

ÉLATÉRIE (du gr. IXar^p), se dit, en Botanique, d'une cspèct" de capsule se composant de plusieurs coques qui se s<jiparent naturellement à l'époque de la maturité, et s'ouvrent avec élasticité : tel est le fruit des Euphorbes.

ÉLATÉRITE (de ÈîvàtTip, pin) ou caoutchouc fcssiîc, espèce de bitume demi-solide, élastique comme du caoïrtchouc, s'est rencontré à Castleton (Derbyshire) et à Moutreiais (Loire-Inférieure).

ÉLATÉRIUM (dugr. èî^aTi^ptov), purgatif très énergique, que l'on extrait de Y Ecbalitwi ou Concombre sauvage [Voy. ecbalium). C'est un purgatif drastique violent. Sa préparation varie suivant les formulaires et, par suite, sa composition. Son emploi doit être abandonné.

ÉLATÉROMÈTRE (du gr. ekaiTfip, élastique, et p'xpov, mesure), espèce de manomètre ou de baromètre à siphon'que l'on adapte aux cylindres des machines à vapeur ou aux récipients des machines à condensation, pour mesurer l'élasticité de la vapeur des cylindres ou de l'air des récipients.

ÉLATINE (dugr. èXaT-n, sapin ; de la forme des feuilles), genre-type de la famille des Elatinées, détachée de celle des Caryophyllécs, se compose d'espèces annuelles, dont le type est VE. poivre d'eau {E. hydropiper), petite plante à fleurs blanches, qui croit dans les mares et les fossés des environs de Paris.

ÉLÉAGNÉES, etc. Voy. él^agxées, etc.

ÉLÉATIQUE (école ou philosophie). L'école d'Elée est une des principales écoles philosophiques que compte la Grèce avant Socrate. Son fondateur Xénophanc, de Colophon, né vers l'an 000 av. J.-C., fut surtout un jxiètc : il attaqua les dieux du polythéisme, en leur opiwsant la conception d'un dieu unique et supérieur. Son successeur, Parménidc d'Elée, un des penseurs les plus profonds de la (îrèce, affirme à nouveau l'unité de Dieu et son immutabilité. Mais, identifiant Liieu et le monde, il fut amené à proclamer le monde lui-même un et immuable : de là, la polémique de Parménide avec le philosophe ionien Heraclite {Voy. IONIENNE [école]), qui soutenait au contraire que toutes les choses terrestres changent perpétuellement. Les successeurs de Parménide défendirent la thèse de leur maître en essayant de prouver que tout mouvement est impossible : de là, les célèbres arguments de Zenon d'Elée (argument de la flèche; argument dit « Achille et la Tortue », etc.) et de Mélittos de Samos contre la réalité du mouvement. Tous les philosophes ultérieurs, en dehors de l'Ecole Eléatique, Empédocle, Anaxagore, Démocrite, Platon, essayèrent de concilier la thèse extrême de Parménide et celle d'Heraclite, en admettant, comme moyen terme, qu'il y a des choses

3ui changent sans cesse (à savoir les choses sensibles), et es choses qui ne changent pas (à savoir les principes dont les choses sensibles sont formées). — Voy. dans notre Dict. d'Hist. et de Géogr. la biographie des divers philosophes cités plus haut. Voy. aussi Zeller, Histoire de la philosophie grecque, trad. Boutroux, t. II.

ÉLECTEUR (du lat. elector). Voy. élection et suffrage, VOTE, scrutin, liste ÉLECTORALE, CtC.

Électeurs de l'empire. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

ÉLECTION (du lat. electio), choix fait par la voie des suffrages. L'élection peut s'appliquer à tout, à la nomination de mandataires privés, de membres d'une société savante ou commerciale, comme à celle de personnages investis d'un caractère public : dans ce dernier cas, les élections sont dites parlementaires, dépaiitementales, m^unicipales, selon qu'il s'agit d'élire des députés, des membres d'un conseil général de département ou d'un conseil municipal. L'élection est : directe, lorsqu'elle confère immédiatement les fonctions auxquelles il s'agit de pourvoir; indirecte, ou à deux degrés, lorequ'elle désigne soit d'autres électeurs qui doivent eux-mêmes faire le choix, soit des candidats parmi lesquels un autre pouvoir doit nommer. Quanta ses formes, l'élection peut être pt/fc/iÇMc, secrète, au scrutin, à la majorité absolue ou relative, c.-à-d. à la pluralité des suffrages, etc. : dans le cas d'égalité de voix, ou quand aucun candidat n'a obtenu la majorité voulue, on recourt au scnttin de ballotagc. Enfin, Vélecfion peut être restreinte, réservée à certaines catégories de citoyens {Voy. cexs), ou être faite par le suffrage universel. — On appelle gouvernement électif, par opposition au gouvernement héréditaire, celui où le chef de l'Etat est nommé par voie d'élection.

L'élection est l'âme des Etats républicains : tout se faisait par élection à Athènes, à Rome; les rois de Rome étaient électifs dans l'origine; il en fut de même des premiers rois franks, que les guerriers élevaient sur le pavois ; dans la République française contemporaine, le principe électif est appliqué à la désignation des autorités les plus importantes, le Président de la République, les nieniures

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