‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 544 sur 1729 · ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

ÉLECTRICITÉ

Hes deux Cliambres et ceux des conseils locaux. Dans les ! navs monarchiques mêmes, l'élection a encore une grande j ulaco. surtout dans les gouvernements représentatils. j

Avant 1789, l'élection n'avait guère lieu en France que j pour les corps municipaux, pour la répartition de certams i impots [Voy ci-après élection (pays d')]. pour les Etats de ' Tuelques provinces, et, à de longs intervalles, pour les Ktats généraux du royaume. Directe pour le clergé et la noblesse, elle était le plus souvent à deux degrés pour le ; tiers état. L'Assemblée constituante adopta en 1790 l'élection à deux degrés, et imposa comme conditions électorales : pour les électeurs du premier degré, qui composaient les assemblées primaires, l'âge de 25 ans et une ronlribution foncière de trois journées de travail ; pour le deuxième degré, un revenu évalué à 150 ou à 200 journées de travail, suivant les localités. La constitution de 1795 abolit le cens électoral, et établit le suffrage à la fois universel et direct; celle de 1795 rétablit le cens, mais en admettant comme suffisante une taxe foncière ou personnelle quelconque; elle revint aussi au mode indirect, DU il deux degrés, qui subsista, avec diverses modifications, jusqu'à la Restauration. La loi du 5 février 1817 établit [lour l'élection des députés le suffrage direct : tous les Français âgés de 50 ans et payant 300 fr. de contributions directes furent électeurs et répartis dans 86 collèges électoraux. La loi du 29 juin 1820, dite du double vole, modifia celte répartition, et distingua les grands collèges, assemblés au clief-lieu de chaque département jiour l'éleclioii des députés, et comjiosés d'électeurs payant 500 fr. de conlribulions. et les petits collèges ou collèges d'arrondissement, dont le cens resta fixé à 500 fr. : ces derniers nommaient seulement les électeurs des grands collèges. La monarchie de juillet 1830 supprima les deux degrés et abaissa le cens à 200 fr. ; en outre, il suffit pour être électeur d'être âgé de 25 ans, de jouir de ses aroits civils, et d'avoir son domicile politique dans l'arrondissement : les électeurs furent répartis en collèges électoraux correspondant en général aux arrondissements, et nommant chacun un député. La révolution de 1848 supprima définitivement toute espèce de cens électoral et rétablit le suffrage universel et direct : tout Français âgé de 21 ans, et jouissant de ses droits civils et politiques, devint électeur. La loi du 51 mai 1850 avait impose la condition de 3 ans de domicile : le décret organique du 2 février 1852 a réduit à 6 mois la durée du domicile nécessaire pour être inscrit sur les listes électorales. La 3' République a élargi encore les principes de l'électoral : le droit de suffrage appartient à tout citoyen mâle et majeur, sans condition de cens : il est donc, en ce sens, universel; il est aussi direct, sauf

Pour l'élection du Sénat, où se maintient le système de élection à deux et même (pour partie) à trois degrés.

Pays d'élection, kulrcfo'is on appelait ainsi en France une circonscription territoriale qui comprenait un certain nombre de paroisses soumises pour les impc'jts à un même tribunal, composé de membres qui primitivement avaient été élus j)ar les habitants, et dit, pour cette raison, tribunal d'élection : ce qui n'empêcha ses membres de devenir assez tôt des fonctionnaires à la nomination du |)ouvoir royal ou de ses agents: la mission de ces tribunaux était de répartir les impôts entre les habitants de la circonscription. On comptait 181 élections; elles ne devaient avoir chacune que 5 à 6 lieues d'étendue; plusieurs élections formaient une généralité. Dans les pays d'état il n'y avait pas d'élections.

Election de domicile. Voy. domicile élu.

ÉLECTIVE (affinité). Voy. affinité.

ELECTRE, b des Pléiades, étoile de grandeur 4,5. Voy. pléiades.

ELECTRE, 130* petite planète, trouvée le 17 fév. 1873 jwr C. II. F. Pejcrs, à Clinton (Etats-Unis). Voy. planètes.

ÉLECTRICITÉ (du gr. T.XexTpov, ambre, substance dans laquelle on découvrit d'abord les phénomènes électriaues). On appelle Electricité l'agent inconnu cause des phénomènes d'altraclion et de répulsion que présentent certaines substances, comme le verre, la soie, la résine, etc., lorsi|uo, après les avoir frottées, on les approche de corps légers, p. ex. de feuilles d'or ou de clinquant, de balles de sureau, de sciure de lx)is ou de barbes de plume. Ces corps sont ap|Xîlés mauvais conducteurs, parce qu'après s'être électrisés pr le frottement, ils conservent bien l'électricité; on les emploie comme isoloirs des corps bons conducteurs, tels que les métaux. Ceux-ci, quand Us

sont isolés, peuvent aussi s'éleclriser par frottement, mais l'électricité ne se maintient pas au iwint frotté, elle se répand dans le corps entier, et s'il est mis en communication métallique avec la terre, qui constitue un conducteur de dimensions pratiquement infinies, l'électricité ne produit plus aucun elfet. On reconnaît à l'aide des cleotroscopes [Voy. ce mol) si un corps est électrisé. — Quand un corps conducteur isolé est chaîné d'électricité, elki se porte tout entière sur la surface extérieure; les phénomènes électriques sont nuls dans une cavité creusée au milieu du corps. On démontre que ce fait est une conséquence nécessaire des lois de Coulomb [Voy. plus l)as). Sur un conducteur, l'électricité est en plus grande quantité sur les points où la courbure est la plus forte; elle s'accumule sur les pointes.

11 V a deux électricités : VE. positive, qui se développe dans le verre poli frotté avec de la laine, et l'E. négative, qui se produit dans la résine frottée. Deux corps qui ont la même espèce d'électricité se repoussent; ils s'attirent au contraire quand leurs électricités sont différentes. Quand on électrisé un corps par frottement, s'il prend une charge positive par ex., le corps frottant se charge d'une quantité égale d'électricité négative, deux charges égales et de nom contraire étant par définition deux charges qui ajoutées se neutralisent et ne produisent plus aucun effet. Les lois des attractions et répulsions électriques ont été établies par Coulomb ; deux masses électriques de même nom se repoussent avec une force proportionnelle aux masses en présence et en raison inverse du carré de la distance. — Les masses ou quantités d'électricité s'expriment en nombres à l'aide de la définition suivante : l'unité de masse électrique est celle qui agissant sur une masse égale placée à 1 unité de distance la repousse avec une force égale à l'unité de force.

C'est de la répulsion mutuelle de masses de même nom

S[ue résulte ce lait que l'électricité se maintient à la suràce des conducteurs, et qu'elle s'accumule aux points où la courbure est la plus forte. En ces points, l'électricité tend à s'échapper dans l'air et exerce sur lui une pression. Les particules d'air ainsi électrisées sont repoussces, et l'électricité s'échappe par les pointes; c'est le pouvoir des pointes. Quand l'air est humide, il est meilleur conducteur et la déperdition de l'électricité est plus sensible. De plus, quand on emploie comme isoloirs des tiges de verre, elles se recouvrent d'humidité et deviennent conductrices : d'où la nécessité de vernir ou de chauffer ces tiges, et de donner toujours aux conducteurs des formes arrondies.

Un corps électrisé peut en électriser un autre, soit par contact, et alors il lui donne une partie de son électricité, soit par influence, c.-à-d. à distance, et dans ce cas les deux électricités apparaissent en quantités égales sur le corps influencé s'il est isolé. S'il est mis en communication avec le sol, il se charge seulement d'électricité de nom contraire à celle du corps influençant, l'électricité de même nom étant repoussée dans le sol. Si alors on supprime la communication avec le sol, et si on éloigne les deux corps, on aura chargé le corps influencé d'électricité contraire à celle du corps influençant. Quand le corps m-, flucncé non isolé est terminé par une pointe, l'électricité de nom contraire développée par influence s'échappe par la pointe et va neutraliser le corps influençant. Une application capitale de ce fait est le paratonnerre [Voy. ce

mot). ...... J 1 •

On produit l'électricité soit a 1 aide de machines reposant sur l'emploi du frottement et de l'influence [Voy. machines électriques!, soit par la pression ou l'echauflement des corps [Voy. piézo- et pyro-électricité), soit surtout par l'emploi des piles et des machines d'induction

\V0U. PILES VOLTAÏQCES Ct MAGNÉTO-ÉLECTRIQUES (maCHINES)].

On arrive à des effets plus intenses en augmentant la charge d'un conducteur par l'emploi des condensateurs [Voy. ce mot).

Quand deux corps électrisés sont mis en communication par un fil métallique, il y a en général passage de lélectricilé d'un corps sur l'autre, et ils se mettent en équilibre ; on dit alors que le fil est parcouru par un courant [Voy. ce mot). Ce courant arrive à un état permanent si les deux corps sont capables de récupérer la charge perdue, comme cela arrive dans les piles et dans les machines électromagnétiques. Le conducteur parcouru par le courant est le siège de phénomènes calorifiques, électro-magnétiques, électro-chimiques, etc. Si la décharge s'opère à

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