‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 560 sur 1729 · ENCRE · texte numérisé non relu

ENCRE

. ENCHONDRÔME (du gr. èv, en, et yôvSpo;, cartilage), nom lionne par Millier à des tumeurs occupant la cavité des os longs et amincissant le tissu osseux, souvent réduit à une simple coque. Leur structure est anaJogue à celle des cartilages.

ENCISE (du lat. i/ici«ifs), mot inusité aujourd'hui, s'appliquait, dans le Droit ancien, au meurtre commis soit sur une femme enceinte pour arriver à la destruction de l'enfant, soit sur l'enfant même qu'elle portait dans son sein : c'était un des moyens d'avortement les plus sévère- 1 ment punis. j

ENCLAVE (du lat. in et clavus, clou) . terrain enfermé \ dans la proj)riélé dautrui. o Le propriétaire dont les fonds ; sont enclaves peut réclamer un passage sur les fonds de ses i voisiiis, à la charge d'indemnité » '^C. civ., art. 682). — 11 ! se dit également de portions de territoire appartenant à un i souverain autre que celui du territoire d'alentour : c'est en î Allemagne qu'on trouve le plus d'enclaves de ce genre. |

En termes d'Hydraulique , on nomme enclaves des enfoncements qu'on a ménagés, en construisant les faces des bajoyers d'une écluse, pour y loger les grandes portes, loi"s<iu'on est obligé de les ouvrir pour le passage des bateaux.

ENCLIQU ETAGE. Voy. cliquet.

ENCLITIQUE (du gr. èyxXiTixôî), se dit, en Grammaire, de certains mots qui, sappuyant sur le mot précédent, \ semblent ne faire qu'un avec lui. Tels sont, en grec, les \ adverbes Trwî, irr„ 7:o'.,, Te, toi, ys , les particules inséparables Ôî et Se, etc.; en latin, les monosvllables que, ce, ne, ve ; en français, je dans aimé-je, ce dans est-ce, etc.

ENCLOUAGE, opération qui consiste à mettre hors de service des pièces de canon se chargeant par la bouche, en forçant dans la lumière un gros clou préparé dans ce but.

ENCLOUURE (du préf. en et de clou), blessure faiteau pied d'un ciieval, lorsque le maréchal, au lieu de faire traverser la corne du pied aux clous qui doivent tenir le fer, les enfonce dans le tissu vivant. L'enclouure peut entraîner une inflanmiatiou dangereuse, ou tout au moins faire iwiter l'animal.

ENCLUME (du lat. incus, incuc/ts, enclume) , masse de fer ou de fonte sur laquelle on forge les métaux, soit à chaud, soit à froid. La surface sur laquelle on bat le métal doit être dure et unie ; on la fait en acier trempé de première qualité ; on nomme bigornes les deux extrémités, i dont l'une est ronde et l'autre carrée; une enclume sans ; bigornes s'appelle tas ; celle dont la surface présente une portion de sphère prend le nom de bouleivlle. Les enclumes sont placées sur des billots scellés en terre ou sur \ un massif de maçonnerie, à proximité des foyers de forges, j — On appelle enclumeau une petite enclume portative à l'usage des bijoutiers, des orfèvres, des ferblantiers et des ; chaudronniers.

Enclume, un des quatre osselets de l'oreille : il est placé j dans la caisse du tympan, entre le marteau et l'os lenti- i culaire. Voy. oreille. j

ENCOCHE (du préf. en et de coche, entaille), nom donné : i i° par les Serruriers, à une entaille faite sur le pêne ou i sur la gâchette d'une serrure pour lui servir d'arrêt; 2" par les Boulangers, à l'entaille faite sur la taille ( Voy. j ce mot), pour marquer le nombre des pains fournis à crc- i dit: 3» à l'établi des Sabotiers.

ENCOLLAGE (de colle), sorte d'apprêt qui donne aux matières sur lesquelles on l'applique une consistance qui ' facilite le travail, ou un lustre qui en rehausse le prix. — j Dans la peinture à la détrempe, on emploie un encollage, fait de gélatine, de lait ou de coUe-forle, afin de doniier j au liquide qui contient la couleur en dissolution une teinte ! uniforme et assez de consistance pour qu'on puisse l'ap- I pliqucr avec la brosse. — Les doreurs préparent également ' le bois, avant d'y appliauer l'or, en y étendant une ou ! plusieurs couches' de colle-forte bouillante. — Les tisse- I rands encollent les chaînes des étolTes avant de les mettre | au métier. On emploie la colle-forte pour les laines, la gomme pour les soies, la colle de farine pour les colons ! et les lilsde chanvre ou de lin. L'effet de l'encollage est a abattre le duvet et de rendre le fil lisse et plus fort, glissant et élastique. Von. empois, colle, collage et appbé-

TECR. "

ENCOLURE (lu préf. en et de col), se dit surtout du cou du cheval. L'encolure est située à la partie antérieure du tronc et supporte la tête: elle est imjwrtante comme bras de levier, mcdiliant la situation du centre de gravité

Eendant la progression. L'encolure est : droite lorsque ses ords sont rectilignes ; rouée, lorsque le bord supérieur est convexe dans toute sa longueur ; de Cygne, avec courbure seulement à la partie haute; de Cerf ou renversée, quand le bord supérieur est concave ; on dit aussi E. courte, épaisse, lonaue, grêle. La jument a l'encolure moins musclée que le cheval.

En Marine, on donne ce nom à la hauteur du milieu de chaque varangue, tribord et bâbord, au-dessus de la ràblure de la quille.

ENCORBELLEMENT (du préf. en et de corbeau), construction faite en saillie du plan vertical d'un mur et soutenue en porte-à-faux par plusieurs pierres superposées, dites corbeaux [Voy. ce mot), engagées dans le mur. Telles sont les guérites en poivrière aux encoignures des anciens châteaux ; telle est à Paris la niche de la chapelle de la Vierge à Saint-Su Ipice. — On appelle balcon, galerie en encorbellement, un balcon, une galerie, tenus eh saillie du mur à l'aide de consoles.

ENCORNET, mollusque. Voy. calmar.

ENCOUBERT, genre d'Edentés. Voy. tatou.

ENCOURAGEMENT (sociétés d'). Il existe en France et à l'étranger un grand nombre de sociétés d'encouragement, destinées à propager le goût des sciences, des lettres, des arts et de l'industrie et à en favoriser les progrès. Ces sociétés fournissent les fonds de prix et de médailles qu'elles distribuent à des époques déterminées : elles publient des aimuaires ou des journaux mensuels. Nous citerons à Paris seulement : \i Société d' encouragement pour l'industrie nationale, fondée en 1801 ; la Société d'encouragement à l'agriculture; la Société d'encouragement pour l'amélioration des races de chevaux en France (Jockeyj Club) ; l' Association pour l'encourage^nent des études , grecques en France; V Association philotechnique, tfc. j ENCRE (du lat. encaustum, en gr. l-pcauorov). L'encre ordinaire se compose essentiellement de tannate et de j gallate de peroxyae de fer tenus en suspension dans l'eau et mélanges avec de la gomme, qui donne du corps au liquide et l'empêche de s'étendre sur le papier. On la pré- I pare avec une décoction de noix de galle, à laquelle on ; ajoute de la gomme arabique, et qu'on abandoime ensuite à l'air, après l'avoir mélangée avec une solution de sulfate de fer ou de vitriol vert. Les meilleures recettes donnent i les proportions suivantes : noix de galle, 125; vitriol vert, ! 24; gomme arabique, 24; eau, 1000, ou encore: noix de galle, 32; vitriol vert, 19; gomme arabique, 8; sucre 2; eau, 1000. On agite le mélange de temps à autre et on le ; soutire quand il est assez noir. Les dépôts noirs qui s'y j forment [boues d'ena-e) servent aux emballeurs pour marquer les caisses et aux ébénistes pour teindre les bois en '. noir. L'encre ordinaire se détruit aisément par les agents ' chimiques et notamment par le chlore : pour éviter cet j inconvénient, on a compose des encres indélébiles : elles t se préparent avec du noir de fumée ou de l'encre de Chine ! [Voy. plus bas), qu'on délaye dans de l'eau rendue alcaline i par de la soude caustique. — L'£. rouge s'obtient soit en I faisant dissoudre du carmin dans l'ammoniaque, soit en faisant infuser du bois de Brésil dans du vinaigre, et épais- ' sissant la décoction avec de la gomme arabique, du sucre j et de l'alun. L'£. jaune se prépare avec la graine d'Avignon ou la gomme- gutte ; 'v'E. rerte, avec l'acétate de cuivre et la crème de tartre ; VE. bleue, avec l'indigo ou le bleu de Prusse. — L'E. de transport ou E. auto-

fwaphique, qu'on emploie pour les presses à copier les ettres, se préparc en faisant dissoudre du sucre dans de l'encre ordinaire. h'E. pour écrire sur les métaux, avec laquelle on étiquete les objets qui restent exposés à l'humidité, est une composition de vert-de-gris, de sel ammoniac, de noir de fumée et d'eau. L'E. àmarquer le linge est une dissolution de nitrate d'argent dans l'eau, additionnée d'un peu de gomme arabique, et colorée avec un peu d'encre de Chine.

L'encre ordinaire à la noix de galle [atramentum) était connue près de 400 ans avant l'ère chrétienne ; mais les anciens employaient surtout l'encre faite avec du noir de fumée et de la gomme. Les empereurs et les rois écrivaient avec une encre pourprée [sacrum encaustum) qu'eux seuls avaient le droit d'employer. Les anciens connaissaient aussi la sépia {Voy. ce mot).

ENCRE DE CHINE, encrc sèche, qu'on emploie en détrempe, surtout pour le lavis. Les Chinois la préparent au moyen de décoctions de diverses plantes, de colle de peau d'âne

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