‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 583 sur 1729 · CAUCHEMAR · texte numérisé non relu

CAUCHEMAR

ÉPHIPPUS (du gr. fcptrTTOî), vulg. Cavalier, poisson du genre Ghétodon, est caractérisé par une dorsale profondément échancrée entre sa partie molle et sa partie épineuse : cette dernière peut se replier dans un sillon formé par des écailles du dos.

ÉPHOD (mot hébreu), espèce de surplis en usage chez les prêtres nébreux. Celui que portait le grand prêtre était, dit l'Ecriture, d'or, d'hyacmthe, de pourpre, de cramoisi et de fin lin retors. L'éphod des simples lévites était de lin seulement. Ce vêtement paraît encore avoir fait partie du costume affecté aux juges et aux rois. David, marchant devant l'arche, portait un éphod.

ÉPHORES (du gr. l'fopoi), magistrats de Sparte. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

ÉPHYDATIE, éponge d'eau. Voy. spongille.

ÉPI (du lat. spica], nom donné, en Botanique, à un mode d'inflorescence qui consiste en une sorte de grappe dont l'axe primaire ne porte dans toute sa longueur que des fleurs sessiles ou presque sessiles. On distingue l'épi simple, dont l'axe est tout d'une venue (Plantain, Rose trémière. Verveine, Digitale) et Vépi composé, dont l'axe est ramifié (Blé, Héliotrope, Flouve odorante, etc.). Quand, au lieu de porter des fleurs hermaphrodites, l'épi porte des fleurs unisexuées, il constitue diverses variétés, auxquelles on a donné les noms de chaton, de cône et de siiadice {Voy. ces mots). — Dans le langage ordinaire, on donne spécialement le nom d'épi à cette partie du Blé et de plusieurs autres Graminées qui, placée au sommet de la tige, renferme les grains.

Un nomme : Epi celtique, le Nard ; E. d'eau, le Potamot luisant: E. de lait ou E. de la Vierge, l'Ornithogale pyramidal; E. du vent, l'Agrostide spica venti; E. sauvage, l'Asaret d'Europe.

Chez le Cheval, on a donné le nom d'épi au rebroussement formé par des poils dirigés en sens inverse et qui se rencontrent. Les peuples d'Orient attribuent une grande importance à ces épis, selon que les poils tourbillonnent, convergent ou divergent.

En Charpenterie, on nomme épi un assemblage de chevrons et liens autour d'un poinçon qui supporte la toiture et forme le comble circulaire couronnant une tourelle, un moulin, une église, etc. L'extrémité supérieure du poinçon se nomme épi de faite. On habille ce poinçon, à son extrémité, d'ornements en terre cuite, plomo ou zinc, quand on ne le termine pas par son prolongement en Iwis décoré, ce qui est moins durable. — On nomme encore ainsi les extrémités d'une digue construite en maçonnerie, ou avec des coffres en charpente remplis de pierres ou de gravier, pour résister à l'impétuosité des eaux.

Epi de la Vierge, étoile de 1" grandeur. Voy. vierge.

ÉPIAIRE, nom vul^ire de la Stachyde. Voy. ce mot.

EPIALE (du gr. ■Jixta'Xo;), nom donné par les anciens à une sorte de fièvre continue. Voy. fièvre.

ÉPICARPE (du gr. èit£, sur, et xapitôî, fruit), se dit, en Botanique, de la partie extérieure du fruit, de la membrane qui recouvre le péricarpe.

En Médecine, on donnait autrefois le nom A'épicarpes aux topiques qu'on appliquait comme fébrifuges sur le poignet (xapicôî), à l'endroit du pouls.

ÉPICE (pain n'). Voy. paix d'kpice.

ÉPICÉA, nom forestier du Pi«'rt, confondu vulgairement avec le Sapin (Abies), dont il se distingue par un cône pendant et tombant entier et par des feuilles à section quadrangulaire.

ÉPICES, épiceries (du lat. species, espèce). On entend' par épices proprement dites certaines substances végétales d'une odeur aromatique, d'une saveur forte et piquante, qui entrent dans la préparation d'une foule de compositions alimentaires pour en rehausser le goût et leur communiquer des propriétés toniques et échauffantes : tels sont le poivre, le piment, la muscade, le girofle, la cannelle, l'anis, le fenouil, le gingembre, le cumin, le carvi, la coriandre, la sauge, la moutarde, etc. Ce qu'on appelle vulg. les quatre épices est un mélange de girofle, de muscade, de poivre noir, de cannelle ou de gingembre réduits en poudre, dont on fait usage dans les cuisines. — On donne particulièrement le nom de drogues (Voy. ce mot) aux épices employées dans les préparations pharmaceutiques ou tinctoriales.

Dans l'origine, le commerce de Vépicerie était exercé par les chandeliers vendeurs de suif. Sous François \", les épiciers furent constitués en corporation; en 1520, on leur donna la qualité d'é/)jcîers simples, et il leur fut défendu de rien entreprendre sur les attributions des apothicaires; en 1742, cette quaUficalion fut changée en celle d'E. droguistes [Voy. drogue) et d'E. grossiers. Aujourd'hui leur profession est libre et les épiciers ont joint au commerce des épices propr. dites celui de toute espèce de denrées indigènes ou coloniales, (sucre, café, thé, savon, huile, chandelle, bougie, etc.), des comestibles de tout genre, des vins et liqueurs, etc., en un mot de tous les articles qui peuvent être d'un usage journalier dans l'économie domestique.

La plupart des épices sont originaires de l'Asie orientale et de l'Océanie : aussi, jusqu'au xvi« siècle, furent-elles très rares en Occident, et considérées comme un objet de luxe. Il était d'usage d'en offrir en présent, comme on fait encore des dragées ou bonbons ; on en donnait aux juaes devant qui on avait eu un procès : cet usage, d'abord* de

[(ùre politesse, devint une obligation, et l'on appela épices es honoraires que les juges étaient autorisés à exiger des parties, et qu'ils se taxaient eux-mêmes au bas des jugc^ meiits. Cet abus n'a disparu qu'en 1789.

ÉPICHÉRÈME (du gr. èT::yv.pT\]x.x), syllogysme dont chaque prémisse est accompagnée de sa preuve : le discours de Cicéron pour Milon se réduit à l'épichérèmc suivant : « Il est permis de tuer quiconque nous dresse des embûches : la loi naturelle, le droit des gens, les exemples, tout le prouve; — or Clodius a dresse des embûches à Milon : ses armes, ses soldats, ses manœuvres le démontrent ; — donc il était permis à Milon de tuer Clodius. » Cette forme d'argument s'emploie surtout dans la discussion : aussi Aristote l'appelle-t-il un syllogisme dialectique.

ÉPICLINE(du gr. irS, sur, et xXwtj, réceptacle), se dit, en Botanique, du nectaire lorsqu'il est placé sur le réceptacle, c.-à-d. lorsque le disque est hypogyne, comme dans les Labiées, la Rue, etc.

ÉPICONDYLE (du gr. èitî, sur, et de co?i(/j//p) , éminence que présente en dehors l'extrémité inférieure de l'humérus, parce qu'elle se trouve placée au-dessus du condyle de cet os.

ÉPICRÂNE (du gr. ÈTnxpàviOî). On a appelé muscle épicrâne le muscle occipito-frontal qui recouvre le dessus ae la tête, et aponévrose épicrâne l'aponévrose qui unit les deux parties de ce muscle, et forme la calotte aponévrotique.

ÉPICURISME. L'école épicurienne a duré pendant les trois siècles qui ont précédé l'ère chrétienne et les trois siècles qui l'ont suivie. Son fondateur, Épicure, mena une vie aimable, mais digne : frugal et désintéressé, honorant les Dieux et cultivant l'amitié, il fut, après sa mort, révéré par ses disciples comme un saint et presque comme un Dieu. De ses nombreux écrits il ne nous est presque rien parvenu ; mais nous avons heureusement l'admirable poème {De Rerum Natura), où un de ses disciples latins, Lucrèce, a résumé très fidèlement sa doctrine. Pour Épicure, la philosophie comprend 3 parties : l" la canonique, sorte de logique réduite à quelques règles, dans lestiuelles le maître

firoclamait que toute connaissance vient nés sens et nue es sens ne peuvent nous tromper; — 2° la physique, toute matérialiste, et empruntée à Démocrite : le rriii:iJe

EPICYCLE

ÉPIGÉNÏE

a été formé par la rencontre d'atomes, tombant dans le vide, et capables df décliner spontanément de leur route ; ainsi se sont orgîinisés les astres, puis les corps bruts, puis les corps vivanls, puis l'iiomme et la société ; l'univers va sans cesse en progressant; les dieux ne sont pour rien dans sa formation: — 5° la morale, hédoniste, est empruntée à Aristippe de Cyrène. Le plaisir est Tunique but de l'homme : la vertu n'est que le moyen de se le procurer. Los plaisirs les plus doux sont ceux 3e l'âme. La souveraine félicité consiste dans la paix de l'âme, que l'homme obtient en s'afTranchissant des passions et en cultivant sa raison, en- ne se mêlant pas aux agitations politiques et en prati- <]uant l'amitié.

Lépicurisme eut en Grèce et à Rome de nombreux sectateurs. Mais, combattu par les Stoïciens, par les disciples de Platon et par ceux d'Aristote, oui se réunirent contre lui pour former 1' « éclectisme » 'dont Cicéron est un des représentants}, il disparut peu à peu. Au xvii' siècle Gassendi, au xviu* siècle d'Holbach, au xi\' siècle les utilitaires et les matérialistes ont repris pour leur compte les principales thèses d'Epicure. — Voy. j.-M. Guyau, la Morale d'Epicure.

EPICYCLE (du gr. è-rixuxXoî), se disait, dans l'ancienne Astronomie, dune orbite circulaire sur laquelle les planètes étaient supposées se mouvoir, et dont le centre se déplaçait lui-même sur la circonférence d'un cercle plus grand, appelé déférent [Voy. ce mot,. On s'en servait

(lour expliquer par des mouvements réguliers les irréguarités apparentes des mouvements des planètes.

ÉPICYCLOÏOE [à'épicycle et du gr. eIooî, forme , courbe décrite par un pomt d'une circonférence de cercle roulant sur une autre circonférence. Les épicycloïdes jouent un rôle dans le tracé des roues dentées. Leur découverte est attribuée à l'astronome danois Rœmer; elles furent l'objet d'un traité particulier publié par Lahire en 1694, et occupèrent les plus grands géomètres. Newton, Jean Bernouili, Hallcv, Maupertuis, Nicole et Clairaut ont successivement étudie leurs propriétés.

ÉPIDÉMIE (du gr. È-TriOTjtxtoî). On appelle épidémies, ou maladies épidémiques, toutes les maladies qui, dans une localité, frappent sur un grand nombre d'individus à la fois, mais dont la cause est accidentelle, fortuite, passagère : elles diffèrent en cela des maladies endémiques. 3ui, propres à certains pays, s'y développent sous l'influence e causes persistantes [Voy. esdéjuqces . Les maladies épidémiques affectent des formes très diverses. Quelquefois elles n'atteignent qu'une certaine classe d'individus, les enfants, les femmes ou les vieillards ; quelquefois elles frappent indistinctement toute la population, ou spécialement certaines professions, certains tempéraments. Les causes des épidémies sont auj. mieux connues. Les affections épidémiques sont des maladies infectieuses d'origine microbienne. Tantôt les maladies épidémiques sont des endémies [Voy. ce mot transportées loin de leur foyer d'origine, comme le choléra, la fièvre jaune, la peste, la grippe; tantôt ce sont des maladies régnant ordinairement dans la région, qui revêtent momentanément la forme épidémique. comme la coqueluche, le croup, la scarlatine, la dysenterie. Dans les deux cas, la virulence des bactéries se trouve momentanément actionnée par des influences dynamiques, phvsiques ou chimiques, telles que la lumière, la sécheresse, la chaleur, l'électricité. Le sol, l'air, l'eau sont, dans certaines conditions, d'excellents milieux de culture; aussi les anciens rattachaient-ils avec raison la production des épidémies à certaines conditions climatiques, cosmiques et météorologiques. Ajoutons que le passage successif dans des oi^anismes affaiblis exalte la virulence des germes. — Les grandes épidémies, grippe, choléra, suivent en général dans leurs marches les grandes voies de communication humaines. Leur vitesse de propagation ne dépasse pas la vitesse de nos moyens de communication ou de transport. Aussi l'usage de mesures quarantenaires appliquées avec soin et discernement peut-il dans une certaine mesure entraver la marche des fléaux. De même, les précautions hygiéniques, les mesures de désinfection, en restreignant les chances de contagion et en mettant l'organisme à même de mieux soutenir la lutte, rendent les épidémies moins meurtrières qu'autrefois. La durée des épidémies est fort capricieuse et incertaine ; il est rare qu'elles cessent avant trois ou quatre semaines, et elles se prolongent quelquefois pendant une année et plus. Rarement deux maladies épidémiques graves régnent si-

multanément ; et, durant les épidémies, les maladies sporadiques sont sensiblement plus rares que de coutume. Voy. contagtos, utgièxe, désinfection, eao, etc., et aiissi

ÉPUOOTIE.

ÉPIOENDRE (du gr. èxî, sur, et 5iv5pov, arbre), Epidendrum, genre de la famille des Orchidées, type de la tribu des Epidendrées, se compose de plantes nerbacécs épiphvtes des régions tropicales, dont plusieurs sont cultivées clans nos serres, notamment VÉ. en coquille [E. cochleatum], des Antilles, espèce à grandes llcure roses, qui tire son nom de son labelle recourbé en forme de coquille. j — La tribu des Epidendrées renferme les genres : Lpi- I dendrum, bletia, Catlleya, Cœlogyne, etc.

ÉPIOERME (du gr. ètîiSeoijlîî), couche membraneuse qui recouvre le derme ( Voy. ce mot) : c'est l'épithélium spécial de la peau. Il se compose de trois couches : 1° la couche pigmentaire, qui repose sur le derme et en suit toutes les dépressions : elle est formée de cellules où s'amasse le pigment [Voy. ce mot), matière colorante de la peau ; 2° le réseau muqueux de Malpighi, formé de cellules plus lâches; 3° la couche cornée, formée de cellules lamelleuses, minces : c'est le développement exagéré de cette couche qui donne naissance aux cors et aux durillons.

Dans les Végétaux, Vépidervie est constitué par une ou plusieurs assises de cellules plus ou moins régulières, aplaties, généralement dépourvues de chlorophylle. Les parois externes des cellules épidermiques sont épaissies et cutinisées; elles constituent une sorte de membrane continue, anhyste, à laquelle on donne le nom de cuticule. La cuticule forme une enceinte close partout, excepté aux stomates ( Voy. ce mot). La cellulose cutinisée des cellules [ épidémiques est insoluble dans la liqueur de Schweizer ou solution ammoniacale de cui^Te.

ÉPIDERMOSE. Les Cliimistes appellent épidermose le produit que l'on retire de la fibrine fraîche en la traitant par l'eau acidulée avec de l'acide chlorhydrique, et qui )jarait analogue à la matière qui constitue les cellules de l'épiderme, des soies, plumes, ongles et laine : cette matière, moins riche en carbone, plus riche en azote et en soufre que l'albumine, est insoluble dans l'eau; elle ne donne pas de gélatine quand on la surchauffe à la marmite autoclave.

ÉPI DOTE (du gr. È-niSoai;, accroissement; à cause de l'allongement particulier des crbtaux), silicate d'alumine, de fer et de chaux [4(Ca.Fe)0.5(Al*.Fe«,O^GSiO*). Le fer ' y existe soit à l'état de protoxyde, soit à l'état de ses(|uioxyde, remplaçant en quantité variable la chaux ou l'alu- I miine. L'épidote cristalhse en prismes allongés appartenant au système clinorhombique ; on le trouve aussi en masses baciUaires, fibreuses, ressemblant même à l'amiante ; sa couleur est le vert plus ou moins foncé, allant du jaune au noir. On l'a appelé Thallite, Pistaùte. Oisanite, etc. — On rencontre 1 épidote parmi les ampliibolites, les micaschistes, les gneiss, dans le Tyrol, le Piémont, le Dauphiné, la Norvège, etc.

ÉPIEU (du lat. spiculum), arme à fer plat et pointu, dont se servaient les anciens et dont on se sert encore quelquefois à la chasse du sanglier. — Au moyen âge, c'était une arme propre à l'infanterie française.

ÉPIGASTRE (du pr. sriYàorpiov), partie supérieure de l'abdomen, située entre les deux hypocondres, et s'élendant depuis l'appendice du sternum jusqu'au-dessous du creux de l'estomac. Quelquefois on ne donne le nom d'épigastre qu'à la région comprise entre les côtes asternales, c.-à-fL au creux de l'estomac lui-même. Cette région est le siège d'une sensibilité extrême. — On nomme : artère épigastrique une branche de l'iliaque externe, qui s'anastomose vers l'épigastre avec la mammaire interne ; veine épigaatrique, une veine qui suit le même trajet et se jette dans l'iliaque externe.

ÉPIGÉ (du gr. ènCvatoî). Voy. cotylédon.

ÉPIGÉNÈSE (du gr. ir.i, sur, exprimant addition, et vévEaiî, génération), système de Physiologie qui explique la formation des corps par genèses successives : c'est l'opposé de celui de Vévolution. Voy. cé.nékatiox.

ÉPIQÉNIE (du gr. èitt, sur, et y&vr^i, engendré), se dit, en Minéralogie, de l'altération subie par certains minéraux qui, ayant perdu une partie de leurs éléments par l'effet prolongé des actions naturelles, ou quelquefois s'en étant associé d'autres, ont cependant conservé leur forme cristalline primitive. C'est ainsi que souvent la pyrite de fer s'épigénise en se transformant en sesquioxydc de fer, tout

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