ERREUR
genre type de la famille des Eriocaulonées, détachée de celle des Restiacées : ce sont des plantes herbacées à feuilles linéaires et radicales, réunies en faisceau ; à fleurs petites, en capitules plus ou moins globuleux, portés sur (le longs pédoncules pileux : réceptacle convexe, garni d'écaillés uniflores; à fruits composés de petites coques monospermes. Ces plantes, pour la plupart propres à l'Amérique et à l'Australie, habitent les lieux humides. L'E. dendroides ou Joncinelle [Voy. ce mot) est la principale espèce de ce genre.
ÉRiOOE (du grec êpiwS-riî, laineux), Eriodes, genre de la famille des Singes, tribu des Cébins et voisin des Atèles, est caractérisé par un poil doux au toucher et laineux, par l'absence d'abajoues et de callosités, ime queue longue et prenante, et des pouces rudimentaires aux membres antérieurs. Ces singes ont des formes grêles, des membres très allongés et une voix sonore. L'espèce type est le Singe-Araignée (E. arachnoïdes), du Brésil, dont le ))plage est fauve clair.
ÉRIODENDRON (du gr. Ipiov, laine, et ScvSpov, arbre), genre de la famille des Malvacées, est composé de beaux arbres qui croissent dans les régions tropicales de l'Amérique et de l'Asie, et que l'on cultive pour l'élégance de leur feuillage autant que pour la singularité de leurs grandes fleurs, roses ou blanchâtres. Son nom vient des poils laineux qui garnissent la corolle.
ÉRIOGONUM (du gr. |lptov et yôvu, articulation), genre de la famille des Polygonacées, type de la tribu des Eriogonées, se compose de plantes vivaces de l'Amérique du Nord, à feuilles radicales cl à fleurs blanches ou jaunes, qui se rapprochent beaucoup des Renouées.
ÉRIOMETRE (du gr. fpiov, duvet, et iJLÉxpov, mesure), appareil de Physique, imaginé par Young et qui sert à mesurer la grosseur des corpuscules et des filaments. Pour cela, on les place entre deux lames de verre, et on regarde à travers ces lames un point lumineux : on voit des anneaux irisés autour de ce point, et en mesurant leur diamètre, on peut en déduire la grosseur des iilaments.
ÉRIOPHORE. Voy. linaigrette.
ÉRISTALE, Eristalis, genre d'Ipsectes, de l'ordre des Diptères, famille des Athéricères, tribu des Syrphides. Ils ont les ailes écartées dans le repos et le corps couvert de poils. Leurs larves ont une queue longue et mince, portant les stigmates de la respiration. Elles se tiennent dans les lieux d'aisances, dans la vase des égouts, dans les mares et les étangs.
ÉRISTIQUE (école), secte philosophit[ue ainsi nonamée (du gr. è'ptç, dispute) parce qu'elle s'attachait surtout à la Dialectique ; elle avait pour chef Euclide de Mégare, disciple de Socrate. Voy. mégarique (Ecole).
ERMI NETTE ou herminette [A' hermine, parce qu'on a comparé sa forme au museau de l'hermine), petite hache à manche très court et en forme de houe, c.-à-d. dont le tranchant est dans un plan non perpendiculaire à celui du manche. Les charpentiers et les tonneliers s'en servent pour doler le bois dans les parties concaves.
ERMITE [du gr. IpTjfitTTiî), nom donné, du. m" au v siècle, aux chrétiens qui, pour fuir les persécutions ou pour se livrer en liberté à la vie contemplative et pénitente, se réfugièrent dans les déserts de la Thébaïde et des pays voisins ; et, dans la suite, à tous ceux qui, suivant cet exemple, se retirèrent dans des lieux solitaires, sans toutefois s'astreindre à une règle religieuse. Paul l'Egyptien, qui vécut 90 ans dans le désert (250-540), fut, dit-on, le premier ermite; après lui, on cite St Antoine, St Jérôme, St Pacôme, St Macaire, St Siméon Stylite, etc. Quelques femmes, entre autres Madeleine et Marie l'Egyptienne, menèrent la même vie [Voy. anachorète). — On a aussi donné le nom à'ermites à certains ordres religieux, tels que les Ermites de St Paul, les Ermites de St Jérôme ou Hiéroîiymites et les Augustins. Les Chartreux et les Camaldules mènent également la vie érémitique.
ÉRODIUM (du gr. ipwSiôç, héron; de la forme de la graine), genre de la famille des Géraniacées : ce sont des plantes herbacées; à feuilles pennées, à pédoncules axillaires, à fleurs élégantes, le plus souvent en ombelles. On cultive pour leurs fleurs : l'E. des Alpes, à fleurs violettes, veinées de pourpre; l'E. à feuilles de Benoîte, VE. incarnat, l'E. romain, etc.
énoPHlLE ou Drave printanière. Voy. drave.
ÉROSION (du lat. erosio), sorte d'écorchure, destruction superficielle de la peau, produite par l'action d'une sub-
stance corrosive. — On donne aussi ce nom à la destruction lente et progressive d'un tissu par une tumeur.
En Géologie, ce mot désigne le creusement par les eaux courantes de vallées plus ou moins profondes, au sein de terrains préexistants. Les vallées d'érosion se reconnaissent généralement à ce que sur leurs flancs et de part et d'autre on trouve, à la môme hauteur, la tranche de couches identiques, lesquelles, avant l'érosion, formaient un terrain continu. C'est ce qu'on observe surtout dans les canons du Colorado, cl dans la région des Causses, au sud du Plateau central.
EROTIQUE (poésie), du gr. ÈpuTixô;; poésie qui a pour objet la peinture de l'amour. L'élégie, l'ode, l'épitre, l'héroïde sont surtout affectées à ce genre de poésie. Les plus fameux poètes erotiques sont, chez les anciens, Anacréon, Sapho, Tibulle, Ovide, Properce, etc. ; et, chez les modernes, Marot, du Bellay, Ronsard, Baïf, Bertin, Parny, André Chénier, etc. Le genre anacréontique est une des formes les plus gracieuses de la poésie erotique ; le genre grivois en est l'abus.
ÉROTYLE (du latin erotylus, pierre précieuse), Erotylus, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères tétramères, famille des Clavipalpes, se compose d'espèces particulières à l'Amérique. Ce genre, érigé en famille par Lacordaire, sous le nom d'Erotyliens, est un des plus remarquables par l'éclat des couleurs et les formes singulières des espèces qui le composent : il a pour type VE. histrio, qui vit dans les agarics et les bolets.
ERPÉTOLOGIE (du gr. ëpTiexov, reptile, et Xôyoî, discours), partie de la Zoologie qui s'occupe de l'étude des Reptiles [Voy. ce mot). Lacépède, G. Cuvier, Daudin, Duméril et Bioron sont les créateurs de l'Erpétologie moderne.
ERPÉTON (du gr. è'pirsTov), nom donné par Lacépède à un serpent dont le seul spécimen connu se trouvait en 1792 dans la collection du stathouder de Hollande : il avait près de \ m. de long, le corps régulièrement cylindrique, revêtu en dessus de larges plaques rhomboïdales, en dessous de lamelles étroites, et était remarquable surtout par deux tentacules charnus placés à l'extrémité de la mâchoire supérieure. On le croit originaire de la Nouvelle- Guinée.
ERRATA, mot latin employé en Typographie pour désigner la liste des fautes reconnues dans l'impression d'un livre, avec l'indication des correclions qu'elles exigent. Le Juvénal imprimé à Venise en 1478 est le premier livre qui contienne un errata.
ERRATIQUE (du lat. erralicus), nom donné, en Géologie, aux fragments de roche isolés et qui ne se rattachent pas aux couches sur lesquelles ils reposent [Voy. bloc) ; — en Ornithologie, aux oiseaux qui, sans être oiseaux de passage, vont souvent d'un endroit à un autre; — en Médecine, aux fièvres intermittentes qui reviennent à des intervalles irréguliers.
ERREMENTS de plaids (du vieux fr. errer, cheminer), gages donnés autrefois par les plaideurs au moment où se liaient les instances civiles. — En Procédure, on nomme auj. errements la série d'actes qui se succèdent depuis la citation devant le juge de paix jusqu'à l'arrêt définitif. Les derniers errements sont les dernières procédures faites de part et d'autre dans une affaire (C. de proc, art. 375).
ERREUR (du lat. error), jugement par lequel l'esprit nièce qui est, ou affirme ce qui n'est pas. Bacon, dans son Novum Organum (liv. I. 38-70), a distingué quatre classes d'erreurs : les E. communes à tous les hommes [Idola tribus), les E. propres à chaque individu [E. specus), les E. provenant au langage (/. fori), les E. provenant des systèmes [l. theatri). L'erreur provient de quatre grandes causes : \' La cause générale est le mauvais emploi que nous faisons de chacune de nos facultés, soit en l'appliquant à un objet qui n'est pas de sa sphère, soit en n'observant pas ses lois, soit en formulant une affirmation absolue, quand nous n'avons qu'une connaissance incomplète de la réalité. 2" Si des idées nous passons au langage qui les exprime, il peut arriver que nous n'attachions point aux mots un sens précis, ou que nous croyions sans fondement connaître un objet parce que nous en avons entendu répéter le nom. 3» A ces causes intellectuelles d'erreur se joignent des causes morales; l'inattention et les passions (l'intérêt, l'amour-propre, une confiance aveugle dans l'autorité ou dans sa propre opinion, etc.) engendrent
ERRHIN
ERYTHÈME
les prévenions, la précipitation du jugement, etc. 4* Enfin les conclusions de nos raisonnements, déductifs ou inductifs, peuvent cire incorrectes, illégitimes, douteuses ou absurdes : c'est le groupe des so/?/ii«/He» et des paralogismes, c.-à-d. des faux raisonnements avec ou sans intention de tromper. — Quant aux remèdes à opposer aux erreurs, ils sont indiqués iMir leurs causes mêmes: ils consistent dans lapplicatioi) des règles de la méthode, dans lusage des définitions, dans le soin de n'admettre aucune opinion qu'après un examen attentif et impartial et de n'affirmer comme vrai que ce qui est évidemment tel. Cette dernière règle, excellente en théorie, n'est pas toujours possible à suivre dans la pratique, où l'on est souvent obligé de se contenter de la probabilité. Voy. Descartes. Médit. IV; Spinoza. Réforme de l'entendement: Rabier. Logique, p. 347-368: Brochard, De Ceireur, 1879; Hamilton, Logique parlementaire.
En Droit. l'Erreur peut être une cause de nullité, p. ex. si elle porte sur la suDstance même de l'objet du contrat, ou sur la nature du contrat : si elle porte sur la personne du co-contractant, elle ne devient une cause d'erreur que si la considération de cette personne a été la cause principale de cette convention, p. ex. dans le mariage iC. civ., art. 180, 1109,1110;.
ERREuits, terme de Mathématiques appliquées. Lorsqu'on mesure une quantité, cette mesure n'est qu'approchée : la différence entre la quantité observée et la quantité vraie est l'erreur. On ne connaît pas celte erreur, mais les instruments de mesure permettent d'évaluer luie limite supérieure au-dessous de laquelle tombe certainement l'erreur. Les observations répétées d'une même quantité permettent, au moyen de certaines règles fondées sur le calcul des probabilités, et en particulier par l'emploi des moyennes, de diminuer notablement les erreurs. Une autre
auestion se pose ensuite : quand on part, pour effectuer es calculs, de données inexactes, pour lesquelles on a une limite de l'erreur, le résultat du calcul est mexact : trouver une limite de l'erreur. Cette question se complique d'une autre : les opérations arithmétiques ne se font pas toutes exactement : lors même qu'elles pourraient se faire ainsi, la longueur des calculs deviendrait bientôt insupportable ; si. p. ex., on se borne à employer des nombres décimaux, on est amené à néghger les chiffres décimaux après un certain ordre; quelle est l'influence de ces nouvelles erreurs sur le résultat final, et combien convient-il, à chaque opération, de garder de décimales pour que l'erreur finale soit de même ordre que l'erreur sur les données, ou, si les données sont regardées comme exactes, pour que l'erreur soit moindre qu'une quantité prescrite à l'avance? I/imf)orlance pratique de toutes ces questions est évidente, car il est déraisonnable de donner, comme on la fait trop souvent, les résultats d'un calcul avec plus de décimales que n'en comporte l'exactitude des données. — L'erreur qui a été définie plus haut est l'erreur absolue : c'est surtout l'erreur relative qui est à considérer, c.-à-d. le rapport de l'erreur absolue au nombre exact.
ERRHIN du gr. lpû:vov'. Foy. stebsutatoire.
ERS. Ervum. Voy. lentille.
ERSE (orig. inconn.\ nom donné, dans la Marine, aux cordages de différentes grosseurs, épissés ensemble des deux bouts, pour former une espèce de bague ou petite élinguc destinée à lever des objets qui ont un grand poids sons un petit volume. On nomme erse du gouvernail une erse narticulière qui sert à lier le gouvernail à l'étambot et à le retenir en place.
ERSE, langue (jue parlaient les anciens Irlandais, est un des dialiHiosdu celtique. On en possède de nombreux monuments.
ÉRUBESCITE, syn. de Cuivre panaché {Voy. ce mot".
ERUCA. nom latin botanique de la Hoquette {Voy. ce mot . — Nom latin de la Chenille {Voy. ce mot).
ÉRUCTATION, émission bruyante, par la bouche, des gaz renferiiK-s lians l'estomac.
ÉRUPTION du lat. eruptio). Ce terme, qui désigne proprement toute période a activité d'im volcan et en particulier l'émission des laves Voy. volca>\ est appliqué, en Médecine, à toutes les maladies de la peau qui surviennent avec rapidité, et spécialement à la rougeole, à la variole, à la scarlatine, à la miliaire. etc., en un mot à toutes les maladies fébriles dites fièvres éniptives. — On nomme encore éruption les taches, rougeurs ou boutons qui surviennent à la peau sous l'inilueuce des causes les plus diverses.
ÉRUPTIVES (roches', nom sous lequel on comprend, en
Géologie, toutes les roches ignées ou plutoniques, provenant des régions profondes du globe. Elles ont traversé les couches sédimentaires et se sont généralement épanchées à la surface de la terre. Mais, dans certains cas. elles n'arrivent pas à la surface et se sont solidifiées en profondeur, formant dans les dépots stratiliés des masses intrusives, quelquefois désignées sous le nom de laccolithes. Voy. roche.
ÉRUPTIVES I fièvres). Voy. éruption et fièvre.
ERVUM, nom latin du genre Lentille.
ERYNGIUM, nom latin du genre Panicaut.
ÉRYON. Eryon, genre de Crustacés décapodes macroures, fossile dans les terrains jurassiques.
ÉRYSIMUM ^du gr. ÈpJaifJiov), genre de la famille des Crucifères, tribu des Sisyrabriées, renferme des plantes ordinairement bisannuelles, à feuilles étroites, petiolées ou atténuées à la base ; à fleurs jaunes, disposées en petites tètes terminales. LE. précoce ou Cresson de terre peut remplacer le cresson de fontaine ; VE. officinal ou Herbe au chantre [E. cheirantoides), que l'on trouve le long des ruisseaux et des rivières, est quelquefois rangé dans le genre Sisymbrium [Voy. vélar) ; l'E. de Sainte-Barbe est la Barbarée vulgaire [loy. barbarée). On cultive comme plantes d'ornement l'E. petrowskianum et l'E. marschallianum, toutes deux du Caucase.
ÉRYSIPÈLE du gr. Èpusî-eXaî), exanthème fébrile caractérisé par l'apparition sur la peau de plaques rouges limitées par un rebord saillant, et qui est produit par un agent infectieux, un streptocoque qui s'mtroduil dans l'organisme à l'occasion d'une plaie ou d'une minime excoriation. Le caractère épidémique de l'érysipèle est depuis longtemps connu. La notion de sa contagiosité est de date plus récente. La distinction entre l'érysipèle accidentel ou chirurgical et l'érysipèle spontané ou médical n'est plus admise de nos jours. Si l'on a cru à un érysipèle spontané, c'est que la porte d'entrée est parfois petite : Muton, pustule d'eczéma ou d'impétigo où pénètrent les germes. Ceux-ci ont un siège de prédilection : les cheveux et la barbe, les ongles, et les plis cutanés. Après des symptômes généraux fébriles, on voit, autour de la plaie, naître une rougeur limitée par un bourrelet et s'accompagnant d'une adénite précoce. Suivant son mode d'envahissement, l'érysipèle peut être fixe, ambulant, serpigineux, à distance. Certaines variétés tirent leur nom de Quelques sj-mptômes spéciaux : E. phlycténoïde, huileux, hémorragique. Enfin parfois l'érysipèle suppure : il devient phlegmoneux. Il se termine presque toujours par desquamation, quelquefois par résolution, par délitescence, avec ou sans métastase, gangrène, ulcération des parties. Les \iscères, les articulations, comme dans beaucoup d'infections, sont atteints. Autrefois l'érysipèle se terminait quelquefois par pyohémie. septicémie, phlegmon diffus. L'antisepsie est venue enrayer la plupart de ces accidents en aiminuant le nombre des érysipèles et en atténuant leur gravité, car l'antisepsie empêche surtout ces associations microbiennes qui rendaient parfois les érvsipèles si graves.
1, 'antisepsie des plaies sera donc le traitement prophylactique par excellence. Lorsque l'érysipèle existera, on pourra par des pulvérisations phéniquées, des onctions avec de la vaseline boriquée et cocaïnisée. etc.. modifier avantageusement l'érysipèle. On a aussi vanté les scarifications et les applications antiseptiques, de même que les injections hj-podermioues de même nature. On surveillera attentivement l'état des voies digestives.
ÉRYSIPHÉ, Erysiphe, genre de Champignons Ascomycètes. Ce sont les Érysiphés qui forment ces taches blanchâtres ou grises, qu'on remarque sur les feuilles des végétaux cultivés en touffes serrées dans les lieux hi.mides et peu aérés et qu'on appelle le blanc (Voy. ce motl ou meunier. On rencontre aussi ces cryptogames sur les rosiers, les pommiers, le frêne, la vigne, etc. Voy. oÏDim.
ERYTHÈME (du gr. Èpû6Tiu.a), maladie le plus souvent apjTélique, caractérisée par des taches rouges, de grandeur variable, disséminées sur une ou plusieurs régions du corps. L'érythème peut être produit par le simple frottement de la peau, surtout chez les individus qui ont de l'embonpoint; par le contact des urines, par l'action du soleil (coup ae soleil), la pression de certains appareils. L'administration de certains médicaments, comme le copahu, provoque aussi de l'érythème.