‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 613 sur 1729 · ÉVIAN · texte numérisé non relu

ÉVIAN

EVONYMUS

l'E. in partibus est celui dont le diocèse fait partie d'un pavs dont les catholiques ne sont plus en possession in pàrlibiis infidelium). Ce titre est purement honorifique, et ne donne droit à aucune juridiction extérieure. Le plus souvent, les évoques ih partibiis gouvernent des missions ou exercent les fonctions de coadjuteur d'un évèque diocésain.

Le titre et la dignité d'évéqtie ont été conservés dans la hiérarchie de l'Eglise anglicane, qui prend de là le titre d'Eglise épiscopale, et dans les pays Scandinaves.

ÉVIAN (Haute-SavoieU eau miner. Voy. eacx xoérales.

ÉVICTION du lat. evictio], terme de Droit, signifie la déps «session d'une chose ordonnée au profit du véritable propriétaire, au préjudice de celui qui la possédait indûment on vertu d'un acte de vente, d'échange ou de partage, consenti par un individu réputé à tort propriétaire. L'éiiclion donne à celui qui l'éprouve le droit d'exercer un recours de garantie contre celui avec lequel il avait traité. Tout ce qui concerne l'éviction se trouve réglé par le Code civil articles 1626, 1640 et 1705].

ÉVIDENCE jdu lat. évident ia\ clarté mi'offrcnt les notions et les jugements qui emportent l'assentiment de l'esprit et produisent la certitude. L'évidence, comme la certitude, se distingue en E. immédiate et £. médiate [Voy. CERTiTCDE, CLARTÉ). — iJescartes a établi que l'évidence est le critérium de la vérité. Voy. crithricm.

ÉVIER (du lat. aquarium), vulg. Pierre à laver, table de pierre légèrement creusée sur laquelle on lave la vaisselle dans les cuisines. Les éviers mal tenus sont fréquemment une cause d'insalubrité des habitations: aux parties rélrécies'et infléchies se déposent souvent des matières organiques qui adhèrent à la paroi des tuyaux, en diminuent le calibre et dégagent des odeurs de putréfaction. Le curaçe mécanique, le lavage avec des solutions de chlorure de zinc, d'huile lourde de houille sont nécessaires. Il faut en outre que les tuyaux de conduite ne s'abouchent pas directcm^^nt dans l'égout, sans quoi ils deviennent des cheminées d'évent par où l'égout se ventile dans l'appartemcnf.

On lionne aussi le nom d'évier à un canal de pierre qui sert d'égout.

ÉVITA6E, mouvement d'un navire qui évite [Voy. cide?suasi.

ÉVITER, se dit d'un navire qui fait un mouvement de rotation sur ?es ancres au changement de marée, ou par la force du vent : on peut aussi effectuer volontairement ce mouvement au moven d'aussières. — On appelle évitée une largeur suffisante pour qu'un vaisseau tenu par son ancre de flot puisse /"aire son évilage.

ÉVOCATION du lat. evocatio . sorte de prière que les Romains adressaient aux dieux tutélaires d'une ville qu'ils assiégeaient pour les engager à l'abandonner et à passer de leur côté. Tite-Live en donne la formule dans le récit du siège de Véies par Camille (liv. V. ch. 21).

ÉVOCATION-, pratique superstitieuse à l'aide de laquelle les nécromanciens prétendent faire apparaître des dieux, des démons et surfout l'âme ou l'ombre d'un mort. Dans la Bible, on voit la pvthonisse d'Endor évoquer l'ombre de Samuel. Voy. spiritisme.

ÊvocATiox. En Droit, c'est l'action d'ôfer au juge ordinaire la connaissance d'une contestation, et de conférer à d'autres juges le pouvoir de la décider. En Framte. l'évocation n'a lieu que dans un petit nombre de cas : 1° dans l'intérêt de la sûreté publique ; 2° en. cas de suspicion légitime contre les juges naturels : dans ces deux cas, l'c- vocation est prononcée par la Cour de cassation (C. d'instr. crim., art. 542 et suiv.^ C'est aussi le droit qu'a un tribunal supérieur d'attirer à lui, en certaines circonstances et sous certaines conditions, la connaissance d'une contestation dont un tribunal inférieur est saisi (C de proc., art. 473'. — Sous l'ancien régime le Conseil du Roi s'était arrogé le droit d'évoquer à lui toutes les affaires dont d'autres juridictions étaient saisies. De là de nombreux abus, qui ne sont plus possibles auj.

ÉVOLAGE Mu vieux fr. évol, aqueux; A'eue, eau\ sorte d a-S(.l. nient de certains étangs. \oy. étaxg.

ÉVOLUTION (du lat. evolutio), désignait, dans la première moitié de ce siècle, le svstème physiologique dont les partisans supposent que le germe an nouvel être qui résulte de l'acte de la génération préexi-tait à cet acte : celte doctrine était opposée à Véntgenrse (Voy. ce mot). Le mot évolution est auj. employt; : 1° dans la théorie trans-

I formiste, pour exprimer la marche continue, dans le cours ' du temps, d'une forme inférieure vers les formes compli-

3uées actuelles ; l'évolution d'une race porte aussi le nom e phylogénie. Le transformisme s'appelle aussi théorie de l'évolution; 2" en Embryogénie, pour désigner les transformations que subit un être donné pour passer de l'état d'oeuf à l'état adulte. L'évolution d'un être s'appelle ! aussi ontogénie. Différentes phases du développement I d'un être reproduisent, d'une façon passagère, des formes I conservées toute la vie par d'autres animaux, inférieurs j en organisation à celui que l'on considère. L'ensemble de j tous ces faits se trouve résumé dans la formule : « L'ontogénie reproduit la phylogénie ». Consulter à ce sujet \ Haeckcl, Histoire de la création des êtres organisés d'après les lois naturelles (trad. Letourneau).

ÉVOLUTION (Philosophie de 1"). La transformation incessante de toutes choses avait été affirmée, dès l'antiquité, par Heraclite, Démocrite, Anaxagore, Aristote, les Stoi- ; ciens, les Epicuriens, les Néoplatoniciens; dans les temps i modernes, par Leibniz et Hegel. Elle est devenue de nos I jours la base d'une philosophie nouvelle. Le transfor- I misme, établi en sciences naturelles par Charles Darwin et i Ernest Haeckel, a été étendu à. l'ensemble des sciences, ! sous le nom d'évolutionnisme, par M. Herbert Spencer. j Voici les principales propositions de l'évolutionnisme, telles qu'elles sont exposées dans les travaux de M. Spencer i [Premiers Principes, Principes de Biologie, Principes ! de Psychologie, Principes de Sociologie, Principes de . Morale, etc.). — I. Cosmologie. Rien ne se perd, rien ne i se crée, tout se transforme incessamment. La matière, le ; mouvement et la force qui sont en jeu dans le monde se { redistribuent sans cesse d'une façon nouvelle. Parti d'un état d'homogénéité, indifférenciée et diffuse, l'univers tend à im état de différenciation, c.-à-d. d'hétérogénéité co- ^ ordonnée. L'apparition d'un être particulier au sein de la masse totale se fait par une intégration de matière avec dissipation de mouvement; sa disparition s'explique par i une désintégration de la matière avec mise en liberté du j mouvement. Ainsi se sont formés successivement, au sein i du chaos primitif, les nébuleuses (hypothèse de Laplace et de Kant] et dans celles-ci les astres. Sur ces astres, et en j particulier sur la Terre, se sont formés par une série d'acj lions et de réactions physico-chimiques, les corps minéraux. I — II. Biologie. Une action chimique plus complexe que les autres a donné naissance, par génération spontanée, à un être vivant. Partie de la forme rudimentaire du proto-

Elasme, la vie s'est perfectionnée peu à peu, chaque être éritant des propriétés utiles de ses ancêtres, et en acquérant de nouvelles par son adaptation à son propre milieu. De plus, les êtres vivants étant condananés à lutter entre eux pour vivre, parce que la quantité de subsistances existante est trop faible pour nourrir tous les germes produits (principe de Malthus), ceux-là seuls subsistent parmi les êtres A-ivants qui sont les mieux organisés : c'est la sélection naturelle des meilleurs. Par là s'explique le

[)rogrès continu qu'on voit se manifester dans l'organisation nologique, quand on passe des êtres qui existaient dans les premières périodes géologiques aux êtres qui existent maintenant. — III. Anthropologie. L'homme est un animal mieux adapté, plus parfait que les autres. Sa nature physique et morale s'explique, comme celle de tous les êtres, par l'évolution. Les instincts, les principes rationnels dits innés, les croyances morales, sont en lui le résumé de l'expérience de ses ancêtres. La société humaine évolue, elle aussi, suivant les mêmes lois que l'ensemble de l'imivers : elle va en progressant sans cesse, de l'anarchie à l'oi^nisation, puis de l'organisation oppressive à la liberté. Les remarnuables travaux de Fustel de Coulanges sur l'histoire de la civilisation au moyen âge s'appuient sur la doctrine de l'évolution historique des sociétés. — Cf. Camille Dreyfus, VEvolution des mondes et des sociétés; Hœckel, la Création naturelle. Voy.

TRASSFORMISSIE, HÉRÉDITÉ, ADAPTATIOX, SÉLECTION NATURELLE.

ÉVOLUTION. En termes militaires on appelait évolutions les mouvements d'ensemble que l'on faisait exécuter à un régiment, à une brigade, etc., sur le terrain de manœuvTes. — On appelle évolutions navales les mouvements qu'exécutent les navires d'une flotte qui prend les diverses formations de marche, de combat ou de parade.

EVOLVULUS, genre de la famille des Convolvulacées.

Voy. 1 ISEROLLE.

EVONYMUS, ÉVONTMCES. Voy. FUSAI.^ et CÉLASTRINÉES.

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