‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 612 sur 1729 · ÉVÊQUE · texte numérisé non relu

ÉVÊQUE

pcrafurc est plus élevée, la surface du liquide plus grande, et l'air (|ui la touche moins dense ou plus renouvelé. Elle est toujours accompagnée d'un abaissement de températurc du liquide, la chaleur nécessaire à la transformation en vapeur élant empruntée au liquide lui-même. L'évaporation est par là une source de froid et peut servir à congeler l'eau. En prenant des liquides très volatils, on obtient même des abaissements de température capables de congeler le mercure {Voy. froid et glacière artificielle). — Lévaporation est fréquemment utilisée, lorsqu'on veut recueillir les matières fixes dissoutes dans les liquides, ou celles, qui sont moins volatiles, dans la fabrication des sucres, des sirops, de certains sels; dans l'analyse chimique, etc. Lévaporation à air libre s'exécute dans des vases ouverts et plats, appelés chaudières, bassines, capsules, avec ou sans le concours de la chaleur et d'un courant d'air. L'évaporation dans un espace clos s'exécute : 4° dans le vide, en mettant la substance sous une cloche de machine pneumatique avec de l'acide sulfuriaue; 2° dans l'air sec. en enfermant la capsule dans un endroit ferme avec une substance avide d'eau (acide sulfurique), ou en faisant intervenir la chaleur, et en dirigeant à travers l'espace clos un courant de gaz très sec qui se charge de l'humiilitc. Voy. évaporateir et aussi vaporisation.

ÉVASION (du lat. evasio), fuite d'un détenu (inculpé, accusé ou condamné). Toutes les fois qu'une évasion a lieu, la loi punit non seulement ceux qui étaient chargés de la garae du détenu (geôliers, concierges, gardiens, soldats, etc.), mais aussi ceux qui ont procuré ou facilité son évasion (C. pén., art. 237-248). Quant au détenu, il n'est punissable que s'il y a eu bris de prison ou violence.

ÉVÊCHÉ, siège d'un Évêque [Voy. ce mot), étendue de sa juridiction, territoire soumis à son autorité. Ce mot désigne aussi le palais de lévèque. — Le nombre des évècnés qui existent actuellement en France est de 67 ; il y a de plus 2 évêchés en Algérie et 3 aux colonies.

ÉVECTION (du lat. eveclio), nom donné, en Astronomie, à lune des inégalités du mouvement elliptique de la Lune, découverte par llipparque. Elle se manifeste principalement aux quadratures et a pour cause l'attraction du Soleil. Elle est représentée par l'expression l»16'Sin [2(/ — L) — ni], où l et L désignent les longitudes moyennes de la Lune et du Soleil et m l'anomalie moyenne de la Lune.

ÉVENT (du préf. é, p. es, et de vent]. En Zoologie, on appelle éuenls des ouvertures que plusieurs Cétacés portent sur la tète, et qui, communiquant avec l'arrièrebouche, donnent à ces animaux la facilité de respirer sans mettre le museau hors de l'eau, et de rejeter l'eau qui s'introduit dans leur bouche avec les aliments, sous forme de jets qui s'élèvent dans l'air à une grande hauteur.

Voy. CÉTACÉS.

i>ans les Fonderies, on pratique, à la partie supérieure des moules, des ouvertures dites évenls, afin que l'air et la vapeur d'eau puissent s'échapper librement à mesure que le métal fondu arrive dans l'intérieur du moule. — En construisant les hauts fourneaux, on ménage également, dans la maçonnerie, de petits canaux rectangulaires, dits évenls, pour empêcher cette maçonnerie de se fendre ou d'éclater.

Dans l'Artillerie, on appelle évents les trous pratiqués dans le culot d'une cartouche métallique ou d'une gargousse et par lesquels le feu de l'amorce se communique à la charge.

On nomme encore évent une altération dans les liqueurs causée par l'impression de l'air, et qui en détruit, en aliaiblit ou en corrompt le goût.

ÉVENTAIL {d'éventer). L'usage de l'éventail est très ancien, et sa forme ainsi que sa matière ont souvent varié. Les premiers éventails furent simplement une queue de cheval ou de bœuf, une branche chargée de ses feuilles. On en fit aussi avec des plumes de paon, d'autruche, etc. Les plus grands servaient, comme encore auj., de chassemouches; les plus légers, plus ou moins ornés, faisaient partie de la toilette des femmes, et se suspendaient à la ceinture. — Auj. l'éventail ordinaire [É. à feuille) se compose d'une surface, ou feuille, taillée en segment de c?rcle, et faite en papier, en peau de chevreau, dite cabretille ou canepin, en soie, en gaze, en tulle ou en crêpe ; cette feuille s'applique sur une monture composée de tiges légères, ou brins, réunies d'un bout par une rivure, et se fermant ou se développant à volonté : on fait ces brins en nacre, ivoire, écaille, corne, os, laque, bois de citronnier, de santal, d'ébène, etc. ; on les rehausse de

peintures, de ciselures ou de pierres précieuses ; la feuille est également peinte avec plus ou moins d'art : on recherciic sous ce rapport les É. Pompadour du dernier siècle, peints par Boucher, Watteau et Lebrun. On aupelle E. brisés ceux dont les brins, au lieu d'être colles à une feuille, sont séparés et roulent les uns sur les autres, au moyen d'un ruoan qui les traverse par le haut. Le commerce des éventails tient une place importante dans les articles dits de Paris. — Voy. Duvelleroy, Hapports du jury de l'Exposition de 1867 (t. IV, p. 522-329).

En Histoire naturelle, on nomme : Eventail, une espèce de poisson du genre Coryphène ; É. de mer, divei'ses Gorgones; É. des Memnonites, la coquille de la Vénus ailée.

En Géologie, pli en éventail. Voy. plissements.

En termes de Cuisine, on appefle éventails une pâte feuilletée coupée en petites lames, disposées de telle sorte quelles s'étendent au lieu de monter, et cuites S'Ur des plaques mouillées. On les désigne aussi sous le nom de palmiers.

EVENTUEL (du lat. eventus, événement), ce qui dépend d'un événement incertain. On ne peut, même par contrat de mariage, renoncer à la succession d'un homme vivant, ni aliéner les droits éventuels qu'on peut avoir sur sa succession (C. civ., art. 791). Les personnes qui n'ont sur un immeuble qu'un droit éventuel, suspendu par une condition, ou résoluble dans certains cas, ou sujet à rescisio:), ne peuvent consentir qu'une hypothèque soumise aux mêmes conditions ou à la même rescision (art. 2125), et plus généralement les personnes qui n'ont sur une chose qu'un droit éventuel ne peuvent transférer un droit p!us certain que celui qu'elles ont.

Eventuel, pris substantivement, désigne la portion du traitement d'un professeur qui dépend de recettes accidentelles. L'éventuel est à peu près supprimé en France. En Allemagne, où les professeurs des universités sont payés

Far leurs élèves (outre le traitement qu'ils reçoivent de Etat), l'éventuel constitue la plus grosse part des revenus pour les professeurs en renom. — Voy. casuel et mixer val.

ÉVÊQUE (du lat. episcopus; du gr. èttioxottoî, surveillant), le premier pasteur et le chef d'un diocèse, où il exerce l'autorité ecclésiastique comme successeur des apôtres. L'évèque a le droit de porter l'anneau, la crosse, la croix pectorale, la mitre, l'habit violet ; le privilège d'avoir une chapelle particulière, etc. Ceux des évoques qui sont à la tête d'une province ecclésiastique prennent le nom d'archevêques [Voy. ce mot) ou de métropolitains; ils ont une supériorité, auj. nominale {en France), sur les évoques de la province. On donne aux évêques le nom de suffragants. par rapport à leur métropolitain. Les évêques sont supérieurs aux prêtres, quant à la puissance de l'ordre et quant à la juridiction, c.-à-d. quant aux pouvoirs attachés à leur caractère et à leur siège. Ils sont chargés de l'ordination, bénissent le saint chrême, donnent la confirmation, consacrent les églises, accordent certaines dispenses, etc. L'évèque exerce ces fonctions par lui-même ou par ses vicaires généraux : toutefois il ne peut déléguer la collation des ordres ni la confirmation m la déposition d'un prêtre.

Aux termes du Concordat de 1802, les évêques de France gouvernent leur diocèse et leur clergé avec une autorité entière en ce qui concerne lé spirituel ; ils surveillent l'exercice du culte, l'administration des fabriques, etc. ; ils nomment les curés, mais ils ne leur donnent l'institution canonique qu'après qu'ils ont été agréés par le gouvernement : quant aux desservants, ils les nomment ou les révoquent à leur volonté. Les évêques doivent visiter annuellement une partie de leur diocèse, de manière à avoir parcouru dans l'espace de 5 ans leur diocèse tout entier.

Dans l'origine, les évêques étaient élus par le suffrage des fidèles, et leur élection était confirmée par l'assentiment des autres évêques de la province. Plus tard il fallut aussi l'assentiment des princes, qui ne lardèrent pas à s'attribuer la nomination directe ; les papes la réclamèrent de leur côté : de là cette célèbre querelle des Investitures, qui- se termina en 1 122 par le compromis de Worms: les souverains purent choisir les évêques et leur donner l'investiture temporelle ; les papes se réservèrent le droit de les confirmer et de leur donner l'institution canonique. En France, le choix du gouvernement ne peut tomber que sur un ecclésiastique âgé de plus de 30 ans et Français d'origine.

A la diflérencc de VE. titulaire, qui a un diocèse réel,

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