EXÉGÈSE
EXFOLTATION
dépens, la décision judiciaire qui contient la liquidation des dépens.
EXÉGÈSE [du gr. £;/|YT)at;), explication d'un texte, se dit spécialement de l'interprétation de la Bible et des livres sacrés. — Selon les protestants, il est permis à tout homme de commenter, d'expliquer les livres sacrés ; les catlioliques croient, au contraire, qu'il appartient à l'Eglise seule d'en expliquer le sens. Voy. exégètes.
Le mathématicien \iète a nommé exégèse numérique ou linéaire la recherche dès racines des équations et leur solution numérique ou géométrique.
EXÉGÈTE (du gr. ÈÇ-riyrix-/);), nom donné, chez les Athéniens, à des hommes habiles dans les lois, et que les juges consultaient dans les causes capitales.
On nomme auj. exégètes les savants qui se consacrent à l'explication et à l'interprétation des livres saints. Les I)lus célèbres exégètes, parmi les Pères de l'Eglise, sont Urigcne, St Jean CÎirysostome, Théodoret, Diodore de Tarse, St Jérôme. Au moyen âge, on compte fort peu d'exégètes ; mais depuis la Réforme, leur nombre s'accrut considérablement, surtout chez les protestants. On cite principalement Grotius, A. Schultens, Michaëlis, Roscnniuller, Gesenius, Schleussner, Vater, Paulus, etc. Chez les catholiques, R. Simon, auteur d'une Histoire critique du Vieux Testament (1678), dom Calmet, dom Guarm, Silvestre de Sacy, se sont distmgués comme exégètes. — Voy. Kuenen, Recherches historiques et critiques sur la formation et la réunion des livres de V Ancien Testatnent (trad. du holland. par Pierson, 1866).
EXÉGÉTIQUE (méthode), méthode qui consiste à s'attacher aux textes, et à en suivre phrase par phrase et mot par mot le commentaire. Dans la science du Droit, p. ex., l'exégète, au lieu de présenter d'abord des idées générales, puis d'en tirer le développement logique, se borne à paraphraser les textes des lois positives ; cette méthode, qui a l'inconvénient de ne présenter les principes qu'à propos de leurs applications, est auj. généralement abaiidonnée.
EXEMPLE (du lat. exemplum). En Rhétorique et en Logique, c'est un argument qui n'est qu'une forme de la comparaison. L'exemple conclut : a pari, c.-à-d. par la même raison ; a contrario, par la raison contraire ; a fortiori, à plus forte raison. Ex. a pari : Dieu pardonna à David à cause de son repentir; donc il vous pardonnera, si vous vous repentez. Ex. a fortiori : les infidèles pratiquent la vertu; donc, à plus forte raison, les clirétiens doivent la pratiquer. Ex. a contrario : l'oisiveté est la mère de tous les vices; donc le travail en est le préservatif. Aristote range parmi les exemples V apologue et Xa parabole. — Voy. PARADIGME.
EXEMPT (du lat. exetnptus), nom donné, avant 1789, à des sous-officiers de cavalerie, dont le grade était audessus du brigadier et au-dessous de l'enseigne, et qui commandaient en l'absence du capitaine et de ses lieutenants, parce qu'ils étaient exemptés du service ordinaire des simples cavaliers. L'exempt portait un petit bâton d'ébène garni d'ivoire, nommé bâton d'exempt.
Exempts de police. Dans les corporations préposées jadis au maintien de la police, on nommait E. des gardes de la prévôté de l'hôtel, E. de la maréchaussée et du guet, des officiers subalternes chargés de notifier les ordres du roi et de faire les arrestations. Le grand prévôt de l'hôtel avait sous lui 12 exempts qui servaient par quartier. Les quatre plus anciens se nommaient grands exempts. Ils relevaient le guet et informaient des délits commis à la cour. — On appelait E. de la connétablie des officiers ayant rang de capitaines de cavalerie, et chargés de notifier les ordres des maréchaux de France et d'arrêter les personnes compromises.
Dans l'ordre clérical, on qualifiait exempts de l'ordinaire certains monastères, certains ecclésiastiques, séculiers ou réguliers, ^ui n'étaient point soumis à la juridiction ordinaire de l'evêque diocésain.
EXEMPTION (du lat. exemptio], privilège par lequel une personne se dérobe à une charge commune. Auj. ce mot désigne presque uniquement la dispense du service
(^'oy. SERVICE MILITAIRE Ct GARDE NATIONALE). Autrefois
on distinguait : VE. en matière de finances, qui dispensait une personne ou une corporation du pavement des contributions publiques : c'est ainsi qu'avant "1789 les membres de la noblesse et du clergé étaient exempts de la plus grande partie des charges publiques : — VE. en matière ecclésiastique, qui enlevait une corporation religieuse ou
une personne engagée dans les ordres à la juridiction épiscopale ordinaire (}'oy. ci-dessus exempt); — VE. de procédure, qui donnait à un accusé le droit de ne pas paraître en justice, en anpelant le juge lui-même au combat judiciaire. Plus tara, ce privilège devint un simple droit de récusation. Voy. dispense.
EXENCÉPHALES (du lat. ex, hors de, et de encéphale), monstres caractérisés par une déformation de l'encéphale, incomplet et sortant plus ou moins de la cavité crànieuiie.
EXEQUATUR, mot latin signifiant : Qu'il exécute, désignait, dans l'ancienne Pratique, l'ordre d'exécution qu'un juge inscrivait au bas d'une sentence émanée d'un autre tribunal. — On ne s'en sert plus guère que pour désigner l'ordonnance en vertu de laquelle un souverain autorise un consul étranger à exercer sur son territoire les fonctions qui lui sont confiées, ou la décision d'un tribunal français ordonnant l'exécution en France d'un jugement rendu par un tribunal étranger.
EXERCICE (du lat. exercitium], se dit, dans l'Art militaire, des pratiques qui ont pour objet de former le soldat au maniement des armes. On distingue dans l'infantoiic : VEcole du soldat, où l'on apprend la position du soldat sans armes, les principes du pas et du port d'armes, les charges et les feux, les principes d'alignement, les convei^ sions, les changements de direction, etc. ; VE. de compagnie, c.-à-d. les mouvements à faire exécuter à la compagnie pour prendre ses diverses formations de mairiie, de stationnement ou de combat; VE. de bataillon et VE. de régiment, qui comprend les mêmes exercices appliqués à ces unités. Dans la cavalerie et l'artillerie, l'exercice prend plus communément le nom de manœuvre ( Voy. ce mot). — De tout temps, l'exercice a été pratiqué scrupuleusement dans les armées; mais jusqu'au xviii" siècle on ne suivait que des règles routinières. Les premiers règlements sur l'instruction théorique de l'infanterie datent de 1703; ceux de l'artillerie, de 1732, et ceux de la cavalerie, de 1753. Des modifications importantes v ont été introduites en 1765, 76, 91, 1831, 62, 69, 74, 84' 90, 94.
En Marine, Vexercice est également l'apprentissage de tous les mouvements qui se font sur les bâtiments de guerre, pour la manœuvre et le combat.
En Musique, on nomme exercices des recueils de traits plus ou moins difficiles, destinés à l'étude du chant ou du jeu dos instruments. Les exercices dilfèrcnt en général des études, en ce qu'ils ne sont pas arrangés en forme de morceau.
Exercices spirituels. On donne ce nom à des pratiques chrétiennes journalières ou à certains jours de retraite que l'on emploie à méditer, à réfléchir sur sa conduite, et aussi aux livres qui renferment les méditations destinées à ces retraites.
EXERCICE. En Droit, on oppose Vexercice à ïbl jouissance. La /o»«ss«nce des droits civils, c.-à-d. leur principe même, appartient à tout Français qui ne l'a pas perdue par (|ucl-
aue condamnation judiciaire; Vexercice, c.-à<l. la faculté e les mettre en action, en est enlevé aux incapables, tels que le mineur ou l'interdit légalement ou judiciairement, pour être confié à un administrateur (tuteur ou curateur).
Voy. ÉTAT.
En matière de Finances, exercice se prend pour l'emploi des fonds conformément au budget vote annuellement. On distingue autant d'exercices que d'années financières.
Il se dit aussi spécialement des visites que les agents de la régie font chez les marchands et les débitants de vins, de liqueurs, etc., pour constater la quantité de boisson vendue, et assurer la perception de l'impôt indirect. L'exercice donne lieu à de vives réclamations; beaucoup de débitants s'en affranchissent au prix d'un abonnement avec l'administration, c.-à-d. du paiement d'une somme fixe. Voy. DÉBIT (de boissons).
EXÉRÈSE (du gr. È^atpsatî), se dit. en Chirurgie, de toute opération par laquelle on enlève du corps tout ce qui lui est inutile, nuisible ou étranger.
EXERGUE (du gr. è», hors, et è'pvov. œuvre), petit cspncc pratiqué au bas du type d'une médaille, ordinairement au revers, pour mettre une date, une inscription, une devise. On applique aussi le nom d'exergue à l'inscription même.
Voy. MÉDAILLE.
EXFOLIATION (du lat. exfoliaré], séparation, par feuilles ou par lames, des parties d'un os, d'un tendon, il'un cartilage, etc., qui sont frappées de nécrose, h' ex foliation s'opère naturellement : les parties voisines s'enflannnent,